Paluweh (Petites Iles de la Sonde / Indonésie) (Lesser Sunda Islands / Indonesia)

drapeau francaisD’après un témoin indonésien, le 4 août 2013, le dôme de lave qui se trouvait au sommet du Paluweh s’est effondré, entraînant des explosions et probablement des coulées pyroclastiques. Un panache de cendre est monté jusqu’à environ 3 km d’altitude. D’après cette personne qui s’est rendue sur le volcan, environ 20% du dôme ont été détruits durant cet événement. Vous pourrez voir des photos sur Facebook à cette adresse :

https://www.facebook.com/NdesoNdeso#!/photo.php?fbid=10152073343886102&set=a.10150359263581102.425672.579271101&type=1&theater

L’éruption la plus meurtrière du Paluweh a eu lieu en 1928 avec 226 morts. Elle est décrite dans mon dernier livre « Killer Volcanoes » (voir colonne de gauche de ce blog)

drapeau anglaisAccording to an Indonesian witness, on August 4th 2013, the lava dome at the summit of paluweh partially collapsed, generating explosions and possible pyroclastic flows. An ash plume rose up to 3 km a.s.l. According to this person who climbed the volcano, about 20% of the dome were destroyed during the event. You will see photos on Facebook at this address:

https://www.facebook.com/NdesoNdeso#!/photo.php?fbid=10152073343886102&set=a.10150359263581102.425672.579271101&type=1&theater

 

Lusi (Indonésie): Le séisme de Yogjakarta responsable de la catastrophe?

Tout le monde s’en souvient : Le 27 mai 2006, un séisme de M 6,3 a secoué l’île de Java. L’épicentre était situé à 25 km au sud-ouest deYogyakarta, à une profondeur de 12 km. Le séisme a tué et blessé des gens, détruit des bâtiments et des maisons. 47 heures plus tard, à environ 250 km de l’hypocentre du tremblement de terre, un volcan de boue sortait brusquement du sol. Il faut baptisé « Lusi », abréviation de «Lumpur Sidoarjo ». La boue a jailli à proximité d’un forage pétrolier, avec un jet atteignant 50 mètres de hauteur, ce qui a provoqué des inondations catastrophiques dans la région. Les scientifiques pensent que le volcan de boue restera actif pendant de nombreuses années encore.

Une question fut posée suite à cet événement : L’éruption de boue avait-elle été déclenchée par un événements naturel (le séisme ?) ou était elle le résultat d’une erreur humaine lors du forage du puits d’exploration à proximité? Au final, les différentes études ont tenu l’entreprise Lapindo pour responsable et cette dernière a dû mettre la main à la poche pour dédommager (même si les sommes consenties sont très insuffisantes) les victimes du volcan de boue.

 

Aujourd’hui, des géophysiciens de l’Université de Bonn (Allemagne) et de l’ETH Zürich (Suisse) ont de nouveau étudié la situation et en particulier la propagation des ondes sismiques par le biais d’expériences numériques. En utilisant des simulations informatiques qui prennent en compte les caractéristiques géologiques du sous-sol de Lusi, l’équipe scientifique a conclu que le séisme était le déclencheur de l’éruption de boue, en dépit de la longue distance.

L’explication donnée est la suivante : La couche de boue solide en surpression a été piégée entre des couches possédant des propriétés acoustiques différentes. Ce système a été secoué par le séisme et ses répliques comme une bouteille de champagne. La clé de l’énigme réside dans la réflexion provoquée par la géologie en forme de dôme sous Lusi qui a concentré les ondes sismiques comme l’écho à l’intérieur d’une grotte. Les simulations montrent que la structure en forme de dôme, avec des propriétés différentes, a concentré l’énergie sismique dans la couche de boue qui a très bien pu être liquéfiée et ensuite injectée dans les fractures à proximité.
Selon les chercheurs, les études antérieures auraient sous-estimé l’énergie des ondes sismiques car les mouvements du sol n’ont été examinés qu’en surface. Toutefois, les géophysiciens de l’Université de Bonn pensent que ces mouvements étaient beaucoup moins intenses qu’en profondeur. La structure en forme de dôme a « maintenu » les ondes sismiques en profondeur et amorti celles qui atteignaient la surface.

 

Les scientifiques de Bonn et Zürich pensent que leur étude suffit pour démontrer que les séismes peuvent déclencher des processus sur de longues distances et  qu’elle peut s’appliquer à d’autres systèmes hydrothermaux et volcaniques.

 

A titre tout à fait personnel, je pense que le travail des scientifiques allemands et suisses appelle plusieurs remarques. Tout d’abord, l’étude a été effectuée 7 ans après la catastrophe, alors que le débit de la boue et sa surpression, même s’ils sont encore importants, ont beaucoup diminué par rapport à la phase initiale.

De plus, l’étude s’appuie sur des simulations informatiques qui sont fort utiles pour expliquer le déroulement d’un événement (les coulées pyroclastiques par exemple) mais doivent être utilisées avec la plus grande prudence pour interpréter des phénomènes  naturels qui  n’appartiennent pas au domaine des sciences exactes.

Enfin, j’ai du mal à admettre qu’un séisme (M 6,3 est certes intense mais pas exceptionnel) dont l’épicentre se situe à 250 km puisse provoquer le déclenchement d’un flot de boue.

De toute façon, cette étude ne changera pas grand-chose à la situation sur le terrain. La boue continue à s’écouler et l’argent distribué ne permettra jamais de compenser les dégâts subis par la population.

Source : Science Daily.

Lusi-blog

(Avec l’aimable autorisation de la NASA)

Episode explosif sur le Merapi (Indonésie) // Explosive episode at Mount Merapi (Indonesia)

drapeau francaisSelon la presse asiatique, le Merapi a connu un épisode éruptif explosif entre 4 heures et 5 heures ce matin (heure locale). Le volcan a émis des panaches de gaz et de cendres jusqu’à 1000 mètres de hauteur, obligeant des centaines de personnes à fuir leurs villages sur ses pentes. L’événement a eu lieu au cours d’une période de fortes pluies de sorte que les nuages ​​cachaient la zone sommitale. Le volcan est d’ailleurs invisible sur les webcams. Le bruit de l’explosion a été entendu à 30 kilomètres, mais aucun autre événement éruptif n’a été observé et le niveau d’alerte du volcan n’a pas été relevé.
La dernière grande éruption du Merapi en 2010 a tué plus de 300 personnes. Elle est décrite en détail dans mon livre « Killer volcanoes » (voir colonne de gauche de ce blog).

 

drapeau anglaisAccording to the Asian press, Mount Merapi went through an explosive eruptive episode between 4 and 5 o’clock this morning (local time). The volcano spewed gas and ash up to 1,000 metres high, forcing hundreds of people to flee their villages along its slopes. The event took place during a period of heavy rain so that the clouds concealed the summit area. By the way, the volcano can’t be seen on the webcams. The sound was heard 30 kilometres away, but no other eruptive event was observed and the volcano’s alert level was not raised.

Mount Merapi’s last major eruption in 2010 killed more than 300 people. It is fully described in my book “Killer volcanoes” (see left-hand column of this blog)..

Galunggung (Indonésie): Ne pas oublier le 24 juin 1982 ! // We should not forget June 24th 1982 !

drapeau francaisPlusieurs journaux ont rappelé en début de semaine que le 24 Juin1982 un Boeing 747 qui assurait la liaison entre Singapour et Perth a rencontré un réel problème lorsque tout à coup les quatre moteurs ont perdu de leur puissance sans raison apparente. Les pilotes ont réussi à descendre lentement en planant et se préparaient pour le pire – un atterrissage d’urgence sur la mer – lorsque les moteurs ont redémarré et l’avion a repris de la hauteur.

C’est seulement plus tard la cause de cet incident a été découverte: le responsable était le volcan Galunggung qui avait envoyé un panache de cendre volcanique à plus de 16 km de hauteur.
L’étrange lumière observée par les pilotes et les passagers autour de l’avion était également due à la cendre volcanique. Son frottement sur la carlingue électrisait les particules et donnait naissance au feu de Saint Elme autour de l’avion.
On estime qu’en moyenne six colonnes éruptives mettent en danger chaque année le trafic aérien et, depuis 1982, 80 avions ont été endommagés par les cendres volcaniques ; 10 ont connu une perte de puissance du moteur. Connaissant les effets désastreux possibles des cendres volcaniques sur les moteurs à réaction modernes, l’espace aérien au-dessus de l’Europe a été fermé en 2010 suite à l’éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull.

L’incident aérien causé par l’éruption du Galunggung est décrit dans mon livre « Killer Volcanoes » (voir colonne de gauche de ce blog).

 

drapeau anglaisSeveral newspapers reminded us earlier this week that on June 24th, 1982 a Boeing 747 flying from Singapore to Perth encountered a real problem when suddenly all four engines lost power without apparent reason. The pilots managed to descend slowly by gliding and were preparing for the worst – an emergency landing on the sea – when the engines restarted and the aircraft regained height.  The plane barely made it back to the airport of Jakarta.

Only later the cause of this bizarre incident was discovered: the increased volcanic activity of Mount Galunggung which had sent a plume of volcanic ash more than 16 km in the sky.

The strange light noted by pilots and passengers around the plane was also due the volcanic ash, as the friction with the hull of the plane electrified the ash grains, forming the haunting appearance of a St. Elmo’s fire around the aircraft.

Estimated six eruption columns per year rise high enough to endanger air traffic and since the year 1982 80 modern jets were damaged by volcanic ash, 10 experienced the loss of engine power. Knowing of the possible disastrous effects of volcanic ash on modern jet engines in 2010 the airspace above Europe was closed in response to the ash plume coming from the Icelandic volcano Eyjafjallajökull.