Pandémies et réchauffement climatique // Pandemics and global warming

Concentrations de CO2 : 431,84 ppm (15 mai 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,43 ppb (janvier 2026)

Voici une information qui interpelle : Selon Jean-Luc Mélenchon, figure de proue de La France Insoumise (LFI), l’hantavirus serait un « nouvel exemple de maladie écologique ». Les médias, en général habitués à critiquer le bonhomme, sont bien obligés d’admettre qu’il a très probablement raison, et les faits sont là pour le confirmer.

Pour J.L. Mélenchon, les pandémies sont avant tout un problème environnemental. Les zoonoses se multiplieraient à cause de la chute de la biodiversité et du changement climatique. Une zoonose est une maladie infectieuse qui est passée de l’animal à l’homme.

Il suffit d’observer l’histoire des pandémies pour se rendre compte qu’elles sont effectivement plus fréquentes que par le passé. Jusqu’au 20ème siècle, il y avait une pandémie tous les 100 ans. Au 21ème siècle, il y en a déjà eu six : une pneumonie partie d’Asie en 2003, l’alerte maximale face à la grippe A en 2009, le virus Zika en 2016, l’épidémie Ebola en 2019, le coronavirus en 2020.

Les scientifiques ont expliqué que l’une des raisons derrière cette prolifération se trouve dans le recul des forêts, l’élevage, la déforestation et le développement urbain. En effet, les villes se rapprochent de plus en plus des animaux sauvages, porteurs de virus, et ces virus se transmettent de l’animal à l’homme, ce qui correspond bien à la définition de la zoonose.

Source : Encyclopédie de l’Environnement

Ce lien entre le développement urbain et l’émergence de pandémies est aujourd’hui largement documenté. On peut lire dans une étude de l‘Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) que « les activités économiques favorisent, en périphérie immédiate de grands centres urbains, l’émergence de microbes jusqu’alors peu ou jamais mis au contact d’humains. »

S’agissant du possible rapport entre le réchauffement climatique et l’émergence de pandémies, il n’existe pas forcément de lien direct, mais sur le fond les experts considèrent que le climat est un facteur aggravant. Toujours selon l’INRAE, le réchauffement climatique provoque l’augmentation des vecteurs pour certaines maladies. L’exemple classique, c’est le chikungunya. Le réchauffement climatique a provoqué l’expansion du moustique tigre Aedes albopictus.. En plus, ce type de bactéries se développe mieux quand il fait chaud et humide.

Moustique tigre (Crédit photo : CDC)

Au final, Jean-Luc Mélenchon a raison. La destruction de la biodiversité et le réchauffement climatique favorisent le passage des maladies de l’animal à l’homme. C’est bien l’activité humaine qui explique la multiplication des pandémies.

Plusieurs autres exemples mentionnés dans mon blog apportent de l’eau au moulin. J’ai eu l’occasion de montrer que le dégel du permafrost dans l’Arctique était susceptible de réveiller des virus jusqu’alors emprisonnés et donc inactifs dans le sol gelé. Dans une note publiée le 14 octobre 2024, je rappelais que dans un cimetière du Svalbard des chercheurs américains ont découvert que le virus de la Grippe Espagnole était toujours actif sur des prélèvements d’organes de mineurs norvégiens enterrés dans l’archipel en 1918 !

Le pergélisol dans l’Arctique

Les scientifiques ont également découvert des virus en étudiant la fonte des glaciers. Dans une note publiée le 23 février 2021, j’explique qu’une équipe de chercheurs américains et chinois partie pour forer des glaciers de l’Himalaya a extrait deux carottes de glace qui ont permis de mettre au jour pas moins de 33 virus dont 5 seulement étaient connus du monde scientifique. Dans leur étude, les chercheurs expliquent que «dans le meilleur des cas, la fonte des glaces nous fera perdre des données microbiennes et virales précieuses qui pourraient nous renseigner sur les régimes climatiques passés de notre planète. […] Dans le pire des cas, le réchauffement climatique pourrait être à l’origine d’une libération de nouveaux agents pathogènes dans notre environnement».

Source : France Info, blog « Claude Grandpey, Volcans et Glaciers ».

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Here’s a thought-provoking piece of information: According to Jean-Luc Mélenchon, a leading figure in La France Insoumise (LFI), hantavirus is a « new example of an ecological disease. » The media, usually quick to criticize him, are forced to admit that he is very likely right, and the facts seem to confirm it.
For Mélenchon, pandemics are primarily an environmental problem. Zoonoses are multiplying due to the decline in biodiversity and climate change. A zoonosis is an infectious disease that has passed from animals to humans. A simple look at the history of pandemics reveals that they are indeed more frequent than in the past. Until the 20th century, there was a pandemic every 100 years. In the 21st century, there have already been six: pneumonia originating in Asia in 2003, the heightened alert for H1N1 influenza in 2009, the Zika virus in 2016, the Ebola epidemic in 2019, and the coronavirus in 2020.
Scientists have explained that one of the reasons behind this proliferation lies in the shrinking of forests, livestock farming, deforestation, and urban development. Indeed, cities are increasingly encroaching on wild animals which carry viruses, and these viruses are transmitted from animals to humans, which fits the definition of a zoonosis.
This link between urban development and the emergence of pandemics is now widely documented. A study by the French National Research Institute for Agriculture, Food and the Environment (INRAE) states that « economic activities in the immediate vicinity of large urban centers promote the emergence of microbes that have previously had little or no contact with humans. »
Regarding the possible link between global warming and the emergence of pandemics, there isn’t necessarily a direct connection, but fundamentally, experts consider climate to be an aggravating factor. According to INRAE, climate change leads to an increase in the vectors of certain diseases. The classic example is chikungunya. Global warming has caused the expansion of the Aedes albopictus tiger mosquito. Furthermore, this type of bacteria thrives in warm and humid conditions.
Ultimately, Jean-Luc Mélenchon is right. The destruction of biodiversity and global warming facilitate the transmission of diseases from animals to humans. It is indeed human activity that accounts for the proliferation of pandemics. Several other examples mentioned on my blog support this point. I’ve had the opportunity to demonstrate that the thawing of permafrost in the Arctic can reactivate viruses that were previously trapped and therefore inactive in the frozen ground. In a post published on October 14, 2024, I reminded readers that in a Svalbard cemetery, American researchers discovered that the Spanish Flu virus was still active in organ samples from Norwegian miners buried in the archipelago in 1918!
Scientists have also discovered viruses while studying glacial melt. In a post published on February 23, 2021, I explained that a team of American and Chinese researchers drilling into Himalayan glaciers extracted two ice cores that revealed no fewer than 33 viruses, only 5 of which were previously known to the scientific community. In their study, the researchers explain that “in the best-case scenario, melting ice will cause us to lose valuable microbial and viral data that could inform us about our planet’s past climate patterns. […] In the worst-case scenario, global warming could lead to the release of new pathogens into our environment.”
Source: France Info, blog “Claude Grandpey, Volcans et Glaciers.”

Mégatsunami en Alaska // Large-scale tsunami in Alaska

Je viens de lire dans la presse de l’Alaska que le 10 août 2025, un glissement de terrain a provoqué un tsunami dans le Tracy Arm, au sud-est de Juneau.

Carte montrant Tracy Arm, le long fjord permettant d’accéder au glacier Sawyer (Source : NASA)

La vague a atteint 481 mètres de hauteur, ce qui en fait le deuxième tsunami le plus haut jamais enregistré. Une étude publiée dans la revue Science le 6 mai 2026 a décrit cet événements en y apportant des explications scientifiques. Plus de 64 millions de mètres cubes de matériaux se sont effondrés près du glacier South Sawyer, que j’ai visité le 3 septembre 2016 et où j’ai assisté à un effondrement spectaculaire du front du glacier :

https://www.youtube.com/watch?v=jZtvNMxoxdY

Le glissement de terrain s’est produit à 5 h 26 (heure locale), lorsqu’une importante portion de flanc de montagne s’est effondrée au-dessus du front du glacier Sawyer et a plongé dans le fjord.

Front du Glacier Sawyer (Photo: C. Grandpey)

Ce glissement de terrain a été précédé de plusieurs jours de microsismicité, dont la fréquence et l’intensité ont augmenté jusqu’à environ une heure avant la rupture du flanc de montagne. Il a généré des ondes sismiques longue période, observées à l’échelle mondiale, d’une magnitude équivalente à celle d’un séisme de M5,4. À noter qu’en avril 2026, plusieurs compagnies de navigation ont cessé d’envoyer des navires dans le fjord en raison car leurs capitaines s’inquiétaient de l’instabilité des pentes du fjord et des risques de tsunami.

Les abords du fjord portent les traces de l’érosion glaciaire. Quand je l’ai visité en 2016, le Glacier Sawyer avait reculé de plusieurs centaines de mètres en quelques mois à cause du réchauffement climatique. Photo : C. Grandpey)

L’impact du tsunami a déplacé un volume d’eau considérable. La vague a arraché la végétation des parois du fjord et laissé des marques à plusieurs centaines de mètres au-dessus du niveau de la mer.
Les auteurs de l’étude placent le tsunami du 10 août 2025 juste derrière celui de la baie de Lituya en Alaska en 1958, où une vague déclenchée par un glissement de terrain a atteint environ 524 mètres de hauteur. (voir ma note du 11 octobre 2020).

Image satellite montrant Lituya Bay, Lituya Glacier, et Desolation Lake avant et après l’événement d’août 2020 (Source : NASA)

Les témoignages recueillis par les chercheurs montrent que le tsunami s’est propagé bien au-delà de la zone immédiate du glissement de terrain et a produit de fortes vagues et des courants dangereux dans Tracy Arm et Endicott Arm. Les observations documentées dans l’étude proviennent de kayakistes, de petites embarcations et d’un navire de croisière situé à plusieurs dizaines de kilomètres du lieu de l’effondrement. Des observations supplémentaires ont été recueillies à No Name Bay, à environ 50 km du glissement de terrain. Un témoin à bord du bateau à moteur Blackwood a décrit une vague de 2 à 2,50 m de haut, se déplaçant le long du rivage, en provenance de Tracy Arm. Il a ajouté qu’une seconde vague d’environ 1 m de haut a suivi la première.
Le navire du National Geographic Venture, avec environ 150 personnes à son bord, était ancré près de l’embouchure de Tracy Arm lorsque le tsunami s’est produit. Le capitaine a signalé de forts courants et des remous près des bords du fjord, mais aucune vague clairement définie à l’endroit où se trouvait le navire. Un épais brouillard limitait la visibilité à l’intérieur du fjord, bien que d’importantes quantités de glace et de débris flottants fussent visibles dans l’eau.

Icebergs dans le Tracy Arm, devant le Glacier Sawyer (Photo : C. Grandpey)

L’étude a établi un lien entre cet événement et le réchauffement climatique actuel. Elle a attribué l’effondrement de la paroi du fjord à la déstabilisation des pentes dans un environnement glaciaire en rapide évolution. Les chercheurs ont indiqué que le recul du glacier Sawyer avait réduit le soutien à la base de la pente avant la rupture. Le tsunami de Tracy Arm a remis en lumière les risques de tsunamis liés aux glissements de terrain dans les fjords glaciaires, notamment dans les zones côtières escarpées où le recul rapide des glaciers est accentué par le réchauffement climatique. Suite à plusieurs effondrements importants survenus récemment, les chercheurs et les spécialistes des risques naturels surveillent de plus en plus ces environnements en Alaska et au Groenland.

L’étude complète, publiée dans la revue Science, est accessible via ce lien :
https://www.science.org/doi/10.1126/science.aec3187

Source : Science, USGS et médias d’information de l’Alaska.

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I have just read in the Alaskan press that on 10 August 2025, a landslide-generated a tsunami in Tracy Arm, southeast of Juneau, with a wave that reached 481 meters, ranking it as the second-highest tsunami runup ever recorded. This was revealed by a study published in Science on May 6, 2026. More than 64 million cubic meters of rock collapsed near the South Sawyer Glacier that I visited on 3 September 2016.

The landslide occurred at 05:26 (local time), after a large section of unstable mountainside failed above the toe of the Sawyer Glacier and plunged into the fjord.

The landslide was preceded by several days of microseismicity, which increased in rate and magnitude until about one hour before failure. It produced globally observed long-period seismic waves equivalent in size to an M5.4 earthquake. In April 2026, several cruise operators stopped sending vessels into the fjord because of continuing concerns over slope instability and localized tsunami hazards.

The impact displaced a massive volume of water and generated a localized tsunami that stripped vegetation from steep fjord walls and left high-water marks hundreds of meters above sea level.

The authors of the study placed the Tracy Arm tsunami behind only the 1958 Lituya Bay event in Alaska, where a landslide-triggered wave reached about 524 meters. (see my post of 11 October 2020).

Eyewitness accounts collected by the researchers showed that the tsunami propagated far beyond the immediate landslide area and produced strong surges and hazardous currents throughout Tracy and Endicott arms. Observations documented in the study came from kayakers, small vessels, and a cruise ship located tens of kilometers from the collapse site at the time of the event.

Additional observations came from No Name Bay, about 50 km from the landslide, where a witness aboard the motor vessel Blackwood described a cresting wave 2-2.5 m high moving along the shoreline from the direction of Tracy Arm. The observer reported that the initial wave was followed by another surge about 1 m high.

The expedition cruise ship National Geographic Venture, carrying about 150 people, was anchored near the mouth of Tracy Arm when the tsunami occurred. The vessel’s captain reported strong currents and white water near the fjord margins, but no clearly defined wave at the ship’s location. Dense fog limited visibility inside the fjord, although large amounts of floating ice and debris were visible in the water.

The study made a link of the event with the current global warming. It linked the collapse to slope destabilization in a rapidly changing glacial environment. Researchers reported that the retreat of South Sawyer Glacier had reduced support at the base of the slope before failure occurred.

The Tracy Arm tsunami drew renewed attention to landslide-tsunami hazards in glacier-fed fjords, particularly in steep coastal terrain undergoing rapid ice retreat with global warming. Researchers and hazard specialists have increasingly monitored such environments in Alaska and Greenland following several large recent collapses.

The complete study published in Science can le read using this link :

https://www.science.org/doi/10.1126/science.aec3187

Source : Science, USGS and Alaskan news media.

Nouveau risque de crues glaciaires au Népal // New risk of glacial outburst floods in Nepal

Concentrations de CO2 : 429,62 ppm

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

J’ai alerté à plusieurs reprises sur ce blog sur le danger que représentent les lacs glaciaires qui se forment au front des glaciers en train de fondre Dans l’Himalaya et les Andes, ces lacs sont souvent retenus par des moraines fragiles qui peuvent s’éventrer à tout moment et provoquer de dangereuses crues glaciaires.
En 2026, les scientifiques préviennent que les lacs glaciaires himalayens constituent une menace de plus en plus grande pour les communautés situées en aval, car « un manque de neige et des pluies de plus en plus fréquentes et abondantes » déstabilisent les sols de la région.
Par exemple, le Nepali Times explique que le lac glaciaire de Thulagi, au pied du glacier du même nom, près du mont Manaslu au Népal, s’est agrandi au cours des dernières décennies avec la fonte des glaces environnantes. Ce qui n’était qu’une petite pièce d’eau dans les années 1960 est devenu aujourd’hui un lac de plus d’un kilomètre carré qui contient un volume d’eau considérable.

Source : The Nepali Times

Des scientifiques ont classé le lac Thulagi parmi les lacs glaciaires les plus dangereux de l’Himalaya ; il figure sur la liste de surveillance de l’ICIMOD (Institut indien de normalisation des eaux et des maladies). On craint une rupture brutale du lac.
Une étude de 2018, portant sur l’évolution de trois lacs glaciaires, dont le lac Thulagi, a révélé qu’une rupture brutale du Thulagi menacerait les localités et quatre centrales hydroélectriques situées en aval.
Des modélisations ont montré qu’en cas de rupture du lac Thulagi, les déferlantes pourraient atteindre les localités en aval en quelques heures, avec une hauteur dépassant les 12 mètres par endroits. Des villages entiers pourraient être rasés, des routes et des ponts détruits, et le cours des rivières définitivement dévié.
Les habitants du district de Manang, au Népal, sont encore traumatisés par les inondations de 2021, lorsque de fortes pluies ont provoqué une crue importante de la rivière Marsyangdi. Ces phénomènes météorologiques extrêmes détruisent et perturbent les moyens de subsistance, le tourisme, l’agriculture et la production d’énergie des localités vulnérables. Les pluies extrêmes qui se sont abattues sur la région ont déjà dévasté des exploitations agricoles au Népal et fait doubler le prix des denrées alimentaires. Par le passé, les inondations glaciaires ont emporté des maisons et des dispensaires, et ont coûté des vies.
Au-delà des destructions immédiates, les inondations peuvent contaminer l’eau potable, propager des maladies et déstabiliser les écosystèmes dont les communautés dépendent pour la pêche et l’agriculture.
Ce n’est qu’après les inondations de 2021 que des systèmes d’alerte précoce ont été installés sur les rives du fleuve Marsyangdi et dans les villes voisines. Cependant, les mesures d’alerte restent insuffisantes et aucun système ne couvre le lac Thulagi. En 2025, le Fonds vert pour le climat a approuvé une subvention de 36,1 millions de dollars pour contribuer à réduire le risque d’inondations glaciaires en abaissant le niveau d’eau de quatre lacs glaciaires, dont le Thulagi, dans le cadre du Programme des Nations Unies pour le développement.

Source : The Cool Down (TCD).

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I have alerted several times on this blog to the danger caused by glacial lakes that form at the front of melting glaciers. In the Himalayas and in the Andes, such lakes are often dammed by fragile moraines that may break open at any time and cause dangerous glacial outburst floods (GLOFs).

In 2026, scientists are warning that Himalayan glacial lakes are becoming a growing threat to communities downstream as « too little snow and too much rain » destabilize the region’s terrain.

For instance, the Nepali Times explains that the Thulagi Glacial Lake, at the base of the retreating Thulagi Glacier near Mount Manaslu in Nepal, has expanded over the past few decades as surrounding ice melted. Once a small pool in the 1960s, the lake is now more than 1 square kilometer and holds a huge volume of water.

Scientists have classified Thulagi as one of the most dangerous glacial lakes in the Himalayas, among 47 others on an ICIMOD watchlist. They fear a glacial lake outburst flood.

A 2018 study followed the evolution of three glacial lakes, including Thulagi, finding that a GLOF from Thulagi posed a risk to communities and four hydropower projects downstream.

Modeling showed that if Thulagi were to burst, floodwaters could reach downstream towns within hours, with surges over 12 meters in some locations. Entire villages could be wiped out, roads and bridges destroyed, and rivers permanently rerouted.

Residents in Nepal’s Manang district still carry trauma from flooding in 2021, when heavy rainfall led to surging water in the Marsyangdi River. Extreme weather events like these destroy and disrupt livelihoods, tourism, agriculture, and energy production for vulnerable communities. Extreme rainfall in the region has already devastated farms in Nepal and doubled food prices for families, and past GLOFs have washed away homes and healthcare clinics and taken lives.

Beyond immediate destruction, flooding can contaminate drinking water, spread disease, and destabilize ecosystems that communities depend on for fishing and farming.

It was not until the 2021 floods that early warning systems were installed on the banks of the Marsyangdi River and nearby towns. However, there is currently little preparation beyond that, and no warning systems cover Thulagi. In 2025, the Green Climate Fund approved a $36.1 million grant to help reduce the risk of GLOFs by reducing water levels in four glacial lakes, including Thulagi, under the United Nations Development Program.

Source : The Cool Down (TCD).

Les tempêtes de sable et de poussière // Sand and dust storms

Une importante tempête de sable a balayé le nord-ouest de l’Afrique le 30 mars 2026. D’après les images satellites, elle s’étendait sur environ 1 600 km. Ce phénomène est attribué à une dépression située au-dessus de l’Algérie, qui a aspiré de l’air en provenance d’Europe et soulevé des poussières sahariennes à travers la région. La tempête a touché le sud et le centre du Maroc, l’Algérie et la Mauritanie, avant de se déplacer vers l’océan Atlantique et les îles Canaries où la population a été surprise, car personne ne s’attendait à ce qu’elle atteigne l’archipel.
Source : Médias internationaux.

Tempête de sable dans le nord de l’Arabie saoudite les 4 et 5 mai 2025

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) explique que les principales sources de poussière à l’échelle de la planète se concentrent dans les régions arides et semi-arides, notamment les grands déserts comme le Sahara en Afrique, le Gobi en Asie et le désert d’Arabie au Moyen-Orient. Le Sahara est responsable à lui seul de plus de la moitié des émissions de poussière dans le monde.
L’activité des tempêtes de sable et de poussière varie considérablement en fonction de la situation géographique, des conditions climatiques et des facteurs environnementaux locaux. Elles proviennent de sources naturelles telles que les déserts, les lits de lacs asséchés et les régions côtières aux sédiments instables. Les activités humaines aggravent le problème par le biais de la construction, de l’agriculture et de mauvaises pratiques de gestion des terres qui détruisent la végétation et exposent les sols à l’érosion éolienne.

Le réchauffement climatique amplifie la fréquence des tempêtes de sable et de poussière en modifiant les régimes météorologiques et en réduisant le couvert végétal. Toutefois, la relation entre le réchauffement climatique et les tempêtes de sable ou de poussière est complexe. D’une part, la hausse des températures assèche les sols et accélère la désertification, ce qui facilite grandement le soulèvement des fines particules par le vent. Dans des scénarios de réchauffement extrême, la quantité de poussière saharienne soulevée dans l’atmosphère pourrait augmenter de 40 % à 60 % d’ici la fin du siècle. Cependant, l’impact futur des tempêtes de sable et de poussière dépend aussi des régimes de vent. Certaines tempêtes sahariennes sont devenues plus rares et moins intenses au cours des deux dernières décennies. Cela s’explique en partie par une augmentation de la végétation dans la région du Sahel, à la frontière sud du Sahara. Mais c’est aussi dû à un affaiblissement général des vents de surface et à des changements dans certains régimes climatiques à grande échelle.

Les tempêtes de sable et de poussière sont des phénomènes environnementaux et météorologiques qui touchent presque tous les pays du monde. Dans les pays situés dans ou à proximité de sources de poussière désertiques, ces tempêtes peuvent nuire gravement à l’élevage, à l’agriculture et à la santé humaine. Les tempêtes les plus violentes peuvent également entraîner la fermeture de routes et d’aéroports en raison d’une visibilité réduite et endommager les infrastructures. Elles peuvent aussi perturber la production d’énergie solaire.
Dans des régions plus éloignées, la poussière en suspension dans l’air peut dégrader la qualité de l’air, bloquer la lumière du soleil ou perturber les transports. Comme on a pu le constater récemment, les tempêtes de poussière saharienne peuvent être transportées sur des milliers de kilomètres à travers l’océan, impactant la vie quotidienne dans les Caraïbes ou aux îles Canaries.

Source: NASA

En ce qui concerne l’Europe, la poussière saharienne peut fortement dégrader la qualité de l’air, faisant grimper les niveaux de particules invisibles au-delà des seuils sanitaires recommandés. Ces fines particules, connues sous le nom de PM10, peuvent pénétrer profondément dans les poumons, déclenchant des crises d’asthme et des problèmes cardiovasculaires.

Ces dernières années, les habitants d’Espagne, de France et du Royaume-Uni ont observé des levers de soleil d’un orange intense et un ciel avec une brume jaunâtre. Ces ciels brumeux déposent souvent une fine couche de poussière couleur rouille sur les voitures et les vitres. Une intrusion de poussière saharienne dans les Alpes européennes en mars 2022 a contribué à une fonte glaciaire record cette année-là, car elle a réduit la capacité de la surface de la glace à réfléchir la lumière du soleil.

Dépôts de sable sur le domaine de Piau-Engaldans les Hautes-Pyrénées (Source: Twitter)

Cependant, cette poussière peut aussi présenter des avantages. Les nutriments qu’elle contient contribuent à fertiliser les écosystèmes marins et terrestres, ce qui est bénéfique pour l’agriculture et la pêche.

Source : Organisation météorologique mondiale (OMM).

Voir aussi une note parue sur mon blog le 6 mai 2025. Elle est intitulée « tempêtes de sable et réchauffement climatique »:

Tempêtes de sable et réchauffement climatique // Sandstorms and global warming

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A large sandstorm swept across northwestern Africa on March 30, 2026. The storm was estimated to be approximately 1 600 km long based on satellite imagery. The event was driven by a low-pressure system over Algeria, which drew in air from Europe and lifted Saharan dust across the region. The storm affected southern and central Morocco, Algeria, and Mauritania as it moved across the region into the Atlantic Ocean and the Canary Islands where people were surprised as they did not expect the sorm to reach the archipelago.

Source : international news media.

The World Meteorological Organization (WMO) explains that the most significant dust sources globally are concentrated in arid and semi-arid regions, particularly major deserts such as the Sahara in Africa, the Gobi in Asia, and the Arabian Desert in the Middle East. The Sahara accounts for more than half of the world’s total dust emissions.

Sand and dust storm activity varies widely depending on geographical location, climate conditions, and local environmental factors.  They originate from natural sources like deserts, dry lake beds, and coastal regions with loose sediment. Human activities exacerbate the problem through construction, agriculture, and poor land management practices that strip vegetation and expose soil to wind erosion.

Global warming amplifies the occurrence of sand and dust storms by altering weather patterns and reducing vegetation cover. However, the relationship between global warming and dust storms is complex. On one hand, rising temperatures dry out soils and accelerate desertification, making it far easier for wind to dislodge fine particles. Under extreme warming scenarios, the amount of Saharan dust lifted into the atmosphere could rise by 40% to 60% by the end of the century.

However, the future impact of dust storms also depends on wind patterns. Certain Saharan sand and dust storms have actually become rarer and less intense over the past two decades. Partly, this is due to an increase in vegetation in the Sahel region at the southern border of the Sahara. But it’s also due to a weakening of surface winds in general, and changes in certain large-scale climate patterns.

Sand and dust storms are environmental and weather-related phenomena that affect nearly all countries across the world. In countries within or near desert dust sources, sand and dust storms can seriously harm livestock, agriculture, and human health. Strong storms may also close roads and airports due to poor visibility and damage infrastructure. They can also disrupt solar energy production.

In distant regions, dust in the air can reduce air quality, block sunlight, or disrupt transportation.  As could be seen with the recent event, Saharan dust storms can be transported thousands of kilometers across the ocean, impacting daily life in the Caribbean or the Canary Islands.

As far as Europe is concerned, Saharan dust can substantially degrade air quality, pushing levels of invisible particules beyond health guidelines. These fine particles, known as PM10, can penetrate deep into the lungs, triggering asthma and cardiovascular issues.

In recent years, residents of Spain, France and the UK have observed deep orange sunrises and skies thick with a yellowish haze. These hazy skies often deposit rust-colored precipitation that leaves a fine grit on cars and windows. An intrusion of Saharan dust into the European Alps in March 2022 contributed to record glacier loss that year, as it makes the ice surface less able to reflect sunlight . However, transported dust can also bring benefits. Nutrients in the dust help fertilize marine and land ecosystems, benefiting agriculture and fisheries.

Source : World Meteorological Organization (WMO).