Opération de sauvetage sur le Vatnajökull (Islande) // Rescue operation on Vatnajökull (Iceland)

Avec une superficie de 7 900 km2, le Vatnajökull (Islande) est la deuxième plus grande calotte glaciaire d’Europe après celle de l’île Severny de Novaya Zemlya en Russie. Le glacier est très populaire auprès des touristes et plusieurs agences y organisent des excursions. En particulier, les voyageurs espèrent pouvoir visiter les grottes creusées dans le glacier par l’activité hydrothermale de cette terre volcanique.
Cependant, randonner sur un immense glacier comme le Vatnajökull n’est pas tâche facile et la compagnie d’un guide local est fortement recommandée. Il existe de nombreux exemples d’accidents mortels sur le glacier. En novembre 2011, un touriste suédois de 25 ans est mort de froid. Son corps a été retrouvé dans une crevasse du Sólheimajökull, une langue glaciaire du Mýrdalsjökull. En février 2014, un touriste allemand aq laissé la vie sur leVatnajokull alors qu’il explorait une grotte de glace avec un guide professionnel. En janvier 2018, un touriste français de 27 ans est tombé et s’est blessé en escaladant l’Öræfajökull; il est mort d’hypothermie.
Plus récemment, le 17 juin 2022, quatorze randonneurs polonais et deux guides islandais ont eu plus de chance et ont pu être secourus sur le mont Hvannadalshnjúkur, le point le plus haut du glacier Öræfajökull. L’opération de sauvetage, qui a duré près de 24 heures, a été l’une des plus importantes jamais entreprises ces dernières années. La température était proche de zéro, il pleuvait et il neigeait. Les conditions n’étaient donc pas bonnes et la visibilité était pratiquement nulle. Les sauveteurs ont déclaré que la situation était quasiment «critique» lorsque le groupe a été retrouvé. Ils pensent que les voyageurs n’auraient pas pu résister beaucoup plus longtemps. « La situation aurait pu être bien pire. »
Source : Revue islandaise.

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With an area of 7,900 km2,Vatnajökull in Iceland is the second largest ice cap in Europe after the Severny Island ice cap of Novaya Zemlya in Russia. The glacier is very popular among tourists and several agencies organise trips to the glacier. In particular, travellers look forward ti visiting ice caves dug in the glacier by hydrothermal activity.

However, visiting a huge glacier like Vatnajökull is not an esay task and the company of a local guide is highly recommended. there are examples of deadly accidents on the glacier. In November 2011, a 25-year-old Swedish tourist died from exposure. His body was found in a narrow crevasse of Sólheimajökull, a glacial tongue of Mýrdalsjökull. In February 2014, a German tourist fell to his death in Vatnajokull glacier while exploring an ice cave with a professional guide. In January 2018, a 27 year old French tourist fell and got injured while climbing Öræfajökull and died of hypothermia.
More recently, on June 17th, 2022, fourteen Polish hikers and two Icelandic tour guides were more fortunate and could be rescue from Mt. Hvannadalshnjúkur, the highest peak of the Öræfajökull volcanic glacier. The operation, which took almost 24 hours, was one of the most extensive rescue missions to have been undertaken in recent history. The temperature was just around freezing, it was raining, sleeting, snowing. So the conditions weren’t good and the visibility was basically nill. The rescuers said the situation was verging on “critical” when the group was first found. They don’t think the travellers could have stayed there much longer. « It could have been much worse.”

Source: Iceland Review.

Photos: C. Grandpey

Glaciers des Bossons : travaux au niveau du lac glaciaire

Comme l’ensemble des glaciers alpins, le très célèbre Glacier des Bossons continue de fondre et de reculer avec la hausse des températures provoquée par le réchauffement climatique. En 2018, un lac glaciaire s’est formé au pied du glacier à 1695 mètres d’altitude et son volume augmente au fur et à mesure que le glacier fond. Pour éviter une vidange potentiellement trop importante et une crue torrentielle très dangereuse, la commune de Chamonix a décidé d’entreprendre des travaux pendant le mois de juin 2022.

Des glaciologues ont étudié l’évolution de la pièce d’eau et leur travaux ont mis en évidence sa rapide poussée de croissance. En juillet 2021, le volume du lac était estimé à 3 700 m³, mais parce que le débit de son exutoire reste inférieur au débit entrant, le lac périglaciaire gonfle, surtout l’été en période de fonte. En fondant, le glacier des Bossons recule de 4,5 à 6,5 mètres par an dans la zone du lac. Les glaciologues pensent que dès l’automne 2022, le lac pourrait atteindre 20 000 m³, soit cinq fois le volume enregistré au cours de l’été 2021.

Selon les autorités chamoniardes en charge de la sécurité et de la montagne,. « lorsque le glacier va se retirer, l’écoulement risque de basculer en rive gauche vers le torrent des Bossons et son quartier, car la pente du lit rocheux est orientée dans ce sens. » C’est pourquoi la commune de Chamonix a décidé d’entreprendre des travaux de déroctage pendant le mois de juin pour limiter l’impact d’une vidange soudaine imprévisible. Il s’agira de déplacer quelques gros blocs autour du déversoir actuel, afin d’abaisser le niveau du lac et réduire le danger.

Cette opération permettra une purge partielle du lac. Un suivi sera ensuite réalisé sur le lac et la langue glaciaire à l’aide de nouvelles sondes, de radars et de drones.

Le coût total de ces interventions est estimé à 128 000 euros.

Source: Le Dauphiné Libéré.

Avec le réchauffement climatique et la fonte des glaciers, les lacs qui se forment à leur front sont un sujets d’inquiétude pour les localités situées en aval. Toujours dans les Alpes, le glacier de Tête Rousse cache une volumineuse poche d’eau à 3200 mètres d’altitude. Lors de sa découverte en 2010, les autorités ont décidé de mettre en place une spectaculaire opération de pompage pour éviter une catastrophe. Tout le monde avait en tête le drame du 12 juillet 1892 quand la rupture d’une poche glaciaire avait entraîné une gigantesque vague de 300 000 mètres cubes qui avait enseveli les thermes de Saint-Gervais et fait au moins 175 victimes. Voir la description de cet événement sur ce blog en cliquant sur ce lien :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/04/23/saint-gervais-haute-savoie-toujours-sous-la-menace-du-glacier-de-tete-rousse/

Photos: C. Grandpey

Vue du lac glaciaire (Crédit photo: Le Dauphiné)

La fonte des glaciers islandais (suite) // The melting of Icelandic glaciers (continued)

En cliquant sur le lien en bas de cette note, vous aurez accès à un document montrant la fonte des glaciers islandais à travers les âges. Les prises de vues et les photographies ont été compilées par une équipe de scientifiques de l’Université d’Islande. Elles montrent trois décennies de fonte glaciaire en un peu plus de trois minutes. Les chercheurs ont superposé des photos aériennes d’archives et des images récentes de drones pour montrer l’effet dramatique du réchauffement climatique sur les glaciers du sud-est de l’Islande. Certains de ces glaciers reculent à un rythme de 150 mètres par an. Depuis 2000, on estime que les glaciers islandais ont diminué d’environ 800 km2.
L’équipe scientifique était dirigée par Þorvarður Árnason, directeur du Centre de recherche Hornafjörður. Le scientifique a pris des photos du glacier Hoffellsjökull une fois par mois pendant huit ans.
L’Islande compte vingt glaciers émissaires qui partent de la calotte glaciaire du Vatnajökull. Tous ont reculé. Certains scientifiques affirment que si les conditions de réchauffement climatique se poursuivent au rythme actuel, les glaciers islandais risquent de disparaître complètement.
Þorvarður Árnason dit que nous devons expliquer la réalité à la population, sans toutefois l’effrayer. Nous devons faire prendre conscience de la gravité de la situation.
Après avoir documenté la situation actuelle, l’équipe scientifique se tourne maintenant vers l’avenir. Les chercheurs veulent prévisualiser à quoi ressemblera dans un siècle le Breiðamerkurjökull, le glacier islandais qui recule le plus rapidement, en prenant en compte les scénarios les plus optimistes et les plus pessimistes.

https://edition.cnn.com/videos/world/2022/05/04/iceland-glaciers-melting-over-time-c2e-intl-lon-orig.cnn

Source: Iceland Review, CNN.

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By clicking on the link at the bottom of this post, you will have access to a document showing the melting of Icelandic glaciers through the ages. The footage and photography were compiled by a team of scientists at the University of Iceland. They show three decades of glacial melt in just over three minutes. The team superimposed archival aerial photos on top of contemporary drone footage to show the dramatic effect that warming climates have had on glaciers in Southeast Iceland. Some of these glaciers are retreating at a rate of 150 metres a year. Since 2000, it has been estimated that Iceland’s glaciers have decreased by some 800 km2.

The team of scientists was led by Þorvarður Árnason, director at the Hornafjörður Research Centre. The scientist started to do repeat photography at Hoffellsjökull, and did it once a month for eight years.

Iceland has twenty outlet glaciers that extend from the Vatnajökull ice cap. All of them have receded. Some experts say that if global warming conditions continue at the current pace, Iceland’s glaciers are at risk of disappearing completely.

Þorvarður Árnason says that we need to tell people what the reality is without frightening them; however, we should make them aware how serious the situation is.

Having documented the present situation, the scientific team is now turning their attention toward the future. They want to pre-visualize what Iceland’s fastest retreating glacier, Breiðamerkurjökull, will look like 100 years from now, taking into account both worst case and best case scenarios.

https://edition.cnn.com/videos/world/2022/05/04/iceland-glaciers-melting-over-time-c2e-intl-lon-orig.cnn

Source: Iceland Review, CNN.

Front du Solheimajökull et du Vatnajökull  (Photos: C. Grandpey)

De la glace sur la Lune? Et si Hergé avait raison? // Ice on the Moon? What if Hergé was right?

Si des humains avaient vécu il y a 2 à 4 milliards d’années, ils auraient peut-être pu apercevoir du givre à la surface de la Lune. Les scientifiques pensent qu’une partie de cette glace se cache peut-être encore aujourd’hui à l’intérieur des cratères sur la surface lunaire. C’est ce qu’avait imaginé le dessinateur belge Hergé dans son album On a marché sur la Lune quand Milou tombe dans une cavité remplie de glace pendant que Tintin et ses amis visitent la planète.

Il y a des milliards d’années, le Lune a été secouée par une série d’éruptions volcaniques et la lave a recouvert des centaines de milliers de kilomètres carrés. Au fil des millénaires, cette lave a créé les mers, ces taches sombres qui donnent à la Lune l’aspect que nous lui connaissons aujourd’hui.
De nouvelles recherches effectuées par des scientifiques de l’Université du Colorado à Boulder indiquent que les volcans ont pu avoir laissé derrière eux des plaques de glace au niveau des pôles de la Lune et, à certains endroits, ces plaques pourraient mesurer des dizaines de mètres d’épaisseur. Un article publié dans The Planetary Science Journal nous apprend que les chercheurs se sont appuyés sur des simulations informatiques pour tenter de recréer les conditions sur la Lune bien avant que la vie n’apparaisse sur Terre. Ils ont découvert que les anciens volcans lunaires émettaient d’énormes quantités de vapeur d’eau qui se sont ensuite déposées à la surface, formant des couches de glace qui pourraient encore se cacher dans les cratères lunaires. Selon les chercheurs, il est possible qu’à 5 ou 10 mètres sous la surface se cachent de grandes plaques de glace. C’est une bonne nouvelle pour les futurs explorateurs de la Lune qui auront besoin d’eau utilisée comme boisson et, une fois transformée, comme carburant pour la fusée.
La nouvelle étude apporte de nouvelles preuves que la Lune pourrait contenir beaucoup plus d’eau que les scientifiques ne le pensaient autrefois. Dans une étude publiée en 2020, on estimait que près de 16 000 kilomètres carrés de la surface lunaire était susceptible de détenir de la glace, principalement près des pôles nord et sud.

Les chercheurs n’ont pas réussi à vraiment déterminer l’origine de cette eau. Ils pensent que les volcans pourraient être une source majeure. En effet, il y a 2 à 4 milliards d’années, la Lune était un lieu chaotique. Des dizaines de milliers de volcans sont entrés en éruption à sa surface pendant cette période, générant d’immenses rivières et lacs de lave, un peu comme à Hawaï aujourd’hui, mais à une échelle beaucoup plus grande.

Reliefs montrant que les coulées et lacs de lave ont probablement recouvert la surface de la Lune à une certaine époque (Source: NASA)

Coulées de lave à Hawaii (Source: HVO)

Des recherches récentes menées par des scientifiques du Lunar and Planetary Institute de Houston (Texas) montrent que ces volcans ont probablement également émis d’énormes nuages ​​composés principalement de monoxyde de carbone et de vapeur d’eau. Ces nuages ​​ont ensuite tourbillonné autour de la Lune et peut-être créé des atmosphères ténues et éphémères qui ont permis l’apparition de givre sur la surface lunaire.

Pour savoir si une telle situation avait pu se produire, les scientifiques ont tenté de recréer la surface de la Lune il y a des milliards d’années. Ils ont utilisé des estimations selon lesquelles, à son apogée, la Lune a connu une éruption tous les 22 000 ans, en moyenne. Les chercheurs ont ensuite tenté de comprendre comment les gaz volcaniques pouvaient avoir tourbillonné autour de la Lune, en s’échappant dans l’espace au fil du temps. Ils ont découvert que les conditions pouvaient être glaciales. Il semble qu’environ 41% de l’eau des volcans se soit condensée sous forme de glace. Il y avait tellement de glace sur la Lune qu’elle aurait pu, en théorie, être aperçue depuis la Terre. Les scientifiques ont calculé qu’il y avait probablement plus d’eau sur la Lune à cette époque qu’actuellement dans le lac Michigan. Les recherches laissent supposer qu’une grande partie de cette eau lunaire pourrait encore être présente aujourd’hui.
Toutefois, ces reliquats de glace ne seront pas nécessairement faciles à trouver. La majeure partie de cette glace s’est probablement accumulée près des pôles de la Lune, enfouie sous plusieurs mètres de poussière lunaire. Au dire des scientifiques, c’est une bonne raison d’envoyer des astronautes ou des robots et de commencent à creuser!
Source : Université du Colorado à Boulder.

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If any humans had been alive 2 to 4 billion years ago, they may have looked up and seen a sliver of frost on the Moon’s surface. Scientists believe that some of that ice may still be hiding in craters on the lunar surface today. This is what Belgian cartoonist Hergé had imagined in his book Explorers on the Moon when Snowy fell into an ice during a visit of the planet

Billions of years ago, a series of volcanic eruptions occurred on the Moon, blanketing hundreds of thousands of square kilometers in hot lava. Over the eons, that lava created the dark blotches, or maria, that give the face of the moon its familiar appearance today.

Now, new research from Colorado University at Boulder suggests that volcanoes may have left sheets of ice that dot the Moon’s poles and, in some places, could measure dozens of meters thick. An article published in The Planetary Science Journal explains that the researchers drew on computer simulations to try to recreate conditions on the Moon long before complex life arose on Earth. They discovered that ancient Moon volcanoes emitted huge amounts of water vapour, which then settled onto the surface, forming layers of ice that may still be hiding in lunar craters. According to the researchers, it is possible that 5 or 10 meters below the surface, you have big sheets of ice. This is good news for future Moon explorers who will need water to drink and process into rocket fuel.

The new study adds to a growing body of evidence that suggests that the Moon may harbour a lot more water than scientists once believed. In a 2020 study, it was estimated that nearly 16,000 square kilometers of the lunar surface could be trapping ice, mostly near the Moon’s north and south poles. Where all that water came from in the first place is unclear. Volcanoes could be a major source. Indeed, from 2 to 4 billion years ago, the Moon was a chaotic place. Tens of thousands of volcanoes erupted across its surface during this period, generating huge rivers and lakes of lava, a little like in Hawaii today, but at a much larger scale.

Recent research from scientists at the Lunar and Planetary Institute in Houston (Texas) shows that these volcanoes likely also ejected huge clouds made up of mostly carbon monoxide and water vapor. These clouds then swirled around the Moon, potentially creating thin and short-lived atmospheres that caused frost to appear on the lunar surface. To find out if this couls have happened, the scientists set out to try to put themselves onto the surface of the Moon billions of years ago. They used estimates that, at its peak, the Moon experienced one eruption every 22,000 years, on average. The researchers then tracked how volcanic gases may have swirled around the moon, escaping into space over time. They discovered, conditions may have bedome icy. It looks as if roughly 41% of the water from volcanoes may have condensed onto the moon as ice. There may have been so much ice on the Moon that it could, conceivably, have been spotted from Earth. The scientists calculated that more water than currently sits in Lake Michiganprobably existed on the Moon by that time. And the research hints that much of that lunar water may still be present today.

Those space ice cubes, however, won’t necessarily be easy to find. Most of that ice has likely accumulated near the moon’s poles and may be buried under several meters of lunar dust. Scientists say that this is one good reason for people or robots to head back and start digging.

Source : University of Colorado at Boulder.