Réchauffement climatique : les glaciers libèrent leurs secrets // Global warming: glaciers unlock their secrets

Avec la chaleur, les glaciers fondent et libèrent leurs secrets. Un nouveau squelette humain a été retrouvé le 3 août 2022 en Valais suisse sur le glacier Chessjen, dans la région de Saas Fee. Le 26 juillet, un premier corps avait été découvert sur le glacier du Stockji, près de Zermatt. Aucun autre détail ne sera donné car le dossier est désormais en main de la médecine légale.

La police suisse explique qu’elle fait face à ce grosses difficultés pour essayer d’identifier les corps. La première consiste à avoir suffisamment d’informations pour se limiter à une ou deux identités présumées; la seconde est de trouver du matériel de comparaison génétique. Plus les ossements sont anciens, plus cela devient compliqué.

A la réception d’ossements ou de corps momifiés, les enquêteurs commencent par analyser sa localisation ou encore les effets personnels retrouvés sur place, s’il y en a, afin de donner un ordre d’idée de l’époque de la disparition. En parallèle, la médecine légale appuyée par des anthropologues examine le corps et fournit d’autres indications pour affiner les recherches.

Dès qu’une identité présumée peut être établie, la police essaye de trouver du matériel de comparaison pour l’identification. Très souvent, il s’agit d’un échantillon d’ADN d’un proche, mais cela peut aussi être un dossier dentaire.

La police valaisanne dispose d’une liste de quelque 300 personnes disparues depuis 1925, dont la grande majorité a disparu avant l’utilisation de l’ADN. Les policiers ne disposent donc pas d’échantillons de comparaison pour tous les disparus, mais ils essayent de compléter les dossiers de la manière la plus exhaustive.

Source: Radio Télévision Suisse.

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With the heat, the glaciers melt and release their secrets. A new human skeleton was found on August 3rd, 2022 in Swiss Valais on the Chessjen glacier, in the Saas Fee region. On July 26th, a first body had been discovered on the Stockji glacier, near Zermatt. No other details will be given because the file is now in the hands of forensic medicine.
The Swiss police explain that it is confronted with great difficulties while trying to identify the bodies. The first is to have enough information to narrow down to one or two presumed identities; the second is to find genetic comparison material. The older the bones, the more complicated it becomes.
Upon receipt of bones or mummified bodies, the investigators begin by analyzing its location or the personal effects found on the spot, if any, in order to give an idea of ​​the time of the disappearance. In parallel, forensic medicine supported by anthropologists examines the body and provides other indications to refine the research.
As soon as a presumed identity can be established, the police tries to find matching material for identification. Very often it is a DNA sample from a loved one, but it can also be a dental record.
The Valais police has a list of some 300 people missing since 1925, the vast majority of whom disappeared before DNA was used. The police therefore does not have comparison samples for all the missing persons, but they try to complete the files as comprehensively as possible.
Source: Radio Télévision Suisse.

Photo: C. Grandpey

La fonte des glaciers en Autriche

La fonte des glaciers alpins est particulièrement importante cette année avec la multiplication des vagues de chaleur. Aucun pays n’est épargné, France, Italie, Autriche. Le site web de la chaîne ARTE a consacré un article à la fonte du glacier autrichien Jamtal (massif de la Silvretta) dont la fonte est tellement rapide qu’elle entrave la récupération de données précieuses par les glaciologues.

Les glaciers sont des capsules temporelles uniques qui permettent de remonter à des milliers d’années. Les glaciologues prélèvent régulièrement des carottes de glace pour obtenir des données précieuses. Ils peuvent ensuite les dater en procédant à des mesures de Carbone 14 sur des débris végétaux restés emprisonnés à travers le temps. L’analyse des différentes couches permet de comprendre le climat du passé et de créer des modèles pour l’avenir.

Avec l’accélération du réchauffement climatique et la fonte ultra rapide des glaciers, cette tâche devient de plus en plus complexe. En effet, la fonte, indicatrice du changement climatique, s’est accélérée ces 20 dernières années. Sur les 220.000 glaciers de la planète, ceux des Alpes – leur nombre est estimé à 4000 – ont particulièrement rétréci et la plupart sont voués à s’évaporer. Au train où vont les choses, le Jamtal ne sera plus un glacier dans cinq ans. Au cours de l’été 2022, les glaciologues ont même dû avancer de quelques jours une opération de forage à 14 mètres de profondeur, à cause des températures exceptionnellement élevées.

En temps normal, la neige protège le glacier du soleil pendant l’été, mais la faible quantité tombée l’hiver dernier avait déjà disparu début juillet. Le glacier est donc entièrement exposé au soleil pendant deux mois. La situation est vraiment problématique pour les chercheurs qui pronostiquent une perte d’épaisseur de sept mètres de glace cette année, contre un mètre habituellement. C’est l’analyse de 300 ans de changement climatique qui part en vapeur.

Les vagues de chaleur rendent les terrains instables, comme au glacier de la Marmolada en Italie, où un effondrement en juillet 2022 a tué onze personnes. La fonte des glaciers est en passe de poser des problèmes au niveau économique et humain. Ils attirent les touristes, alimentent en été les grandes rivières et contribuent au réseau hydraulique. En Autriche, le club alpin d’un village propose une randonnée intitulée « Goodbye, glacier! » pour tenter de susciter une prise de conscience autour du réchauffement climatique et son impact sur la montagne. Ce sera l’occasion de faire découvrir aux touristes de nouveaux chemins de randonnées, plus accessibles.

Source: ARTE.

Vue du Jamtal (Crédit photo: Wikipedia)

Pyrénées : glaciers en péril, marmottes en souffrance

Un cliché pris le 6 août 2020 et visible sur le site Météo Pyrénées montre que le glacier des Gourgs Blancs – dans le Luchonnais – a totalement disparu de la chaîne pyrénéenne, victime des dernières fortes chaleurs liées au réchauffement climatique. D’autres sont en passe de subir le même sort.

C’est un guide de montagne qui a pris le cliché. Le site est difficilement accessible, donc on ne peut pas dire si la disparition du glacier a eu lieu en 2022 ou en 2021, mais les faits sont là : il n’y a plus de glacier des Gourgs Blancs.

Comme ce glacier, de nombreux sites des Pyrénées sont directement touchés par le réchauffement climatique. J’ai récemment mentionné le glacier des Oulettes qui est en grande souffrance, lui aussi. Dans le Luchonnais, on surveille aussi le glacier du Seil de la Baque, dont il ne reste plus grand chose, alors que c’était l’un des plus grands du massif pyrénéen au 19ème siècle.

D’une manière générale, tous les glaciers sont en train de disparaître. Pas de pluie et des températures en hausse; tout est réuni pour que les glaciers fondent…

En haut le glacier des Gourgs Blancs au début du 20ème siècle. En bas une photo prise le 6 août 2022 (Source: Météo Pyrénées)

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Il n’y a pas que les glaciers qui souffrent de la chaleur dans les Pyrénées. La faune éprouve, elle aussi, des difficultés à s’adapter à la hausse rapide des températures. Les naturalistes ont en particulier remarqué que la population de marmottes commence à se réduire en raison du réchauffement climatique.

Dans la vallée d’Ossau, une équipe de naturalistes procède chaque année à un décompte et a constaté l’effet du changement climatique sur ces rongeurs. Un scientifique explique qu’en 2022, sur quinze terriers étudiés, seuls trois ont eu une reproduction effective, ce qui est assez faible.

Depuis 2016 le taux de reproduction des marmottes est en baisse dans les Pyrénées. D’une manière plus globale, on constate une tendance à la baisse des espèces de haute altitude, avec un impact inévitable sur toute la biodiversité.

Sur cinq espèces suivies dans la vallée d’Ossau, toutes sont déjà impactées par le réchauffement climatique. Selon les biologistes, dans les prochaines années la montagne va changer, des espèces vont apparaître, d’autres vont disparaître, là où certaines s’adapteront.

Photo: C. Grandpey

 

Le glacier d’Aletsch (Suisse) rend une épave d’avion

L’épave d’un avion qui s’est écrasé dans les Alpes suisses en 1968 a été découverte sur le glacier d’Aletsch (Valais suisse) plus de 54 ans après. Les restes de l’appareil sont apparus près des sommets de la Jungfrau et du Monch.

Les investigations ont permis de déterminer que les pièces proviennent de l’épave d’un Piper Cherokee, immatriculé HB-OYL, qui s’est écrasé à cet endroit le 30 juin 1968. A bord se trouvaient trois personnes originaires de Zurich dont les corps avaient été retrouvés à l’époque, mais pas l’épave. En effet,, il y a plus de cinquante ans, les moyens techniques pour récupérer une épave d’avion dans un terrain difficile étaient limités.

C’est un guide de haute montagne qui a découvert l’épave pendant une expédition dans le secteur. En raison du changement climatique et de la fonte du glacier, l’itinéraire a changé et passe désormais là où les morceaux d’avion ont été trouvés.

Source: Presse helvétique.

Le glacier d’Aletsch avec, au fond, la Jungfrau (Photo: C. Grandpey)