Réchauffement climatique et prétentions arctiques de la Russie // Global warming and Russia’s Arctic claims

drapeau-francaisLe réchauffement climatique actuel et la fonte de la banquise qui l’accompagne vont modifier l’accès aux ressources minérales dans l’Arctique. Il semble que Russie soit en train de planter des jalons sur cette partie du globe. Le 9 février 2016, un représentant du gouvernement russe a officiellement présenté aux Nations Unies une demande de son pays visant à acquérir des fonds marins dans l’Océan Arctique, y compris dans une zone sous le pôle Nord.
Cette demande fait suite à des tentatives répétées de la Russie pour mettre la main sur ce territoire sous la calotte polaire, et les droits miniers qui vont avec. La Russie avait déjà présenté une demande écrite en août, après que la commission des Nations Unies qui arbitre les différends sur les frontières maritimes ait rejeté en 2002, pour des raisons techniques, une demande identique à propos du pôle Nord.
Dans un communiqué, le représentant du gouvernement russe a exposé les arguments de la Russie. Ils s’appuient sur des données scientifiques selon lesquelles le plateau continental se prolonge au nord du continent eurasien jusque loin sous la calotte glaciaire de la planète. La Russie demande d’acquérir « les fonds marins au-delà de la zone de 200 milles qui couvre l’ensemble du secteur polaire russe, y compris la zone sous le pôle Nord. »
En vertu d’une convention des Nations Unies signée en 1982 – le Droit de la Mer – une nation peut prétendre à une zone économique exclusive sur le plateau continental contiguë à ses rivages. Si la plateforme géologique se prolonge en mer, la nation peut prétendre aux ressources minérales dans les fonds marins au-delà de cette zone.
Si la commission des Nations Unies accepte la demande de la Russie, les fonds marins sous le pôle Nord seront sous le contrôle de Moscou pour des activités comme le forage pétrolier, même si la Russie n’aura pas la souveraineté sur l’eau ou la glace.
Le Canada, la Norvège et le Danemark ont également déposé de telles demandes, et ces pays ont tous intensifié leurs activités militaires dans ce qui était autrefois une zone recouverte par la glace et visitée uniquement par les explorateurs et les ours polaires.
Dans un communiqué publié mardi, un militant de Greenpeace a déclaré que «le gouvernement russe veut poursuivre son expansion sur le plateau continental arctique, sans doute dans le but d’exploiter de nouvelles ressources en combustibles fossiles et au mépris des risques importants que cela représente pour l’environnement local et le climat. »
La Russie a également intensifié ses activités militaires ainsi que l’exploration pétrolière et gazière dans le Grand Nord. Elle a réhabilité des bases navales et des pistes d’atterrissage datant de la Guerre Froide sur les îles de Nouvelle Sibérie, dans la Mer des Tchouktches et la Mer de Sibérie Orientale
Source: The New York Times.

————————————-

drapeau anglaisThe current global warming and the accompanying melting of sea ice will modify the access to mineral resources in the Arctic. It seems Russia is anticipating the future. On February 9th 2016, a Russian government official formally presented to the United Nations his country’s claim to Arctic Ocean seabed, including an area under the North Pole.
The presentation followed a long Russian effort to secure the territory — and mineral rights — under the polar ice cap. Russia had already presented a written claim in August, after the U.N. committee that arbitrates disputes over sea boundaries had rejected on technical grounds an earlier application by Russia for the North Pole, submitted in 2002.
In a statement, the Russian official said he would lay out Russia’s arguments, based on scientific evidence that the continental shelf extends north from the Eurasian land mass far under the planet’s ice cap. Russia is staking a claim “to the seabed beyond the 200-mile zone along the entire Russian polar sector including the zone under the North Pole.”
Under a 1982 U.N. convention – the Law of the Sea – a nation may claim an exclusive economic zone over the continental shelf abutting its shores. If the geological shelf extends far out to sea, the nation can claim mineral resources in the seabed beyond that zone.
If the U.N. committee accepts Russia’s claim, the seabed under the North Pole would be subject to Moscow’s oversight for activities like oil drilling, though Russia will not have sovereignty over the water or the ice.
Canada, Norway and Denmark have also filed claims, and all have stepped up military activity in what were once icy areas, visited only by explorers and polar bears.
In a statement Tuesday, a Greenpeace campaigner said that “as the Russian government pursues its claim for expansion of the Arctic shelf, presumably in pursuit of additional fossil fuel resources, they ignore the substantial risks to the local environment and our climate.”
Russia has also stepped up military activities and oil and gas exploration in the far north, including rebuilding Cold War-era naval bases and airstrips on the New Siberian islands, across the Chukchi and East Siberian seas.
Source : The New York Times.

Frontières arctiques

Carte topographique de l’Arctique (Source: Wikipedia)

La banquise arctique continue de fondre // The Arctic icefield keeps melting

drapeau-francaisLa surface occupée par la banquise dans l’Arctique le mois dernier est la plus faible jamais enregistrée en janvier depuis le début des observations satellitaires. Le gel de la banquise a été ralenti par des températures de l’air anormalement élevées sur l’Océan Arctique et une configuration atmosphérique du côté Atlantique qui a fait se déplacer le froid vers des latitudes plus méridionales.
Le National Snow and Ice Data Center dans le Colorado a indiqué que la banquise en janvier 2016 couvrait en moyenne une surface de 13.500.000 kilomètres carrés, soit environ 7,1% de moins que la moyenne pour la période 1981-2010 et environ 91.000 kilomètres carrés de moins que le record précédent pour un moins de janvier, établi en 2011.
La faible étendue de la banquise en janvier est directement liée à des conditions météorologiques inhabituelles dans le Grand Nord. C’est en partie le résultat d’une évolution négative de l’oscillation arctique, modèle climatique caractérisé par des vents qui circulent dans le sens antihoraire autour de l’Arctique à environ 55 ° de latitude nord; ce phénomène affaiblit la barrière atmosphérique entre les latitudes polaires et les latitudes moyennes, avec une contribution possible du puissant système El Nino qui affecte la côte Pacifique.
En janvier, la banquise était particulièrement peu étendue en Mer de Barents, Mer de Kara et dans la Mer du Groenland Est dans la partie atlantique de l’Arctique, mais également dans la Mer de Béring et la Mer d’Okhotsk.

————————————-

drapeau anglaisSea ice extent over the Arctic last month was the lowest for any January in the satellite record, with freeze-up slowed by unusually high air temperatures over the Arctic Ocean and an atmospheric pattern in the Atlantic side that moved cold weather to more southern latitudes.
The National Snow and Ice Data Center in Colorado reported that sea ice extent averaged 13,500,000 square kilometres in January 2016, about 7.1 % below the 1981-2010 average and about 91,000 square kilometres lower than the previous record January low, which was set in 2011.
The low ice extent was tied directly to unusual weather in the far north. That was partly the result of a negative turn in the Arctic Oscillation, a climate pattern characterized by winds circulating counterclockwise around the Arctic at around 55°N latitude; this weakened the atmospheric barrier between the polar latitudes and the mid-latitudes, with possible contributions from the powerful El Nino system that is affecting the Pacific coast.
January ice extent was particularly low in the Barents Sea, Kara Sea and the East Greenland Sea on the Atlantic side of the Arctic, but also low in the Bering Sea and Sea of Okhotsk.

Groenland-blog

Photo: C. Grandpey

RCF : Très chaud et très froid dans «Vies d’Envies»

Cette semaine, confrontation du chaud et du froid dans « Vies d’envies », l’émission de Chris Dussuchaud sur RCF. J’aurai le plaisir de retrouver Pierre Taverniers, météorologiste de formation et l’un des éminents spécialistes de l’Arctique. Bien que côtoyant des univers différents, je pense que nous aurons pas mal de choses à raconter dans le cadre actuel du réchauffement climatique.
Selon le lieu où vous habitez, vous pourrez écouter l’émission aux fréquences indiquées dans le lien suivant. Première diffusion jeudi soir de 20h à 22h. :
http://www.info-mag-annonce.com/journal/haute-vienne/haute-vienne/hv-actualites/hv-environnement/chaud-froid-vies-denvies/

…et l’Arctique continue à fondre // …and the Arctic keeps melting

drapeau-francaisL’Arctic Report Card – bilan climatique de l’Arctique pour l’année 2015 – vient d’être publié par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). Il révèle, sans grande surprise, que les températures sont en hausse, que la neige fond plus tôt et que la glace diminue, que ce soit en mer ou sur terre. Le rapport complet peut être lu à cette adresse: http://arctic.noaa.gov/

Le rapport explique que le recul de la banquise représente la «principale menace pour les mammifères marins qui en dépendent, y compris les morses ». Selon les dernières données, la surface minimale de banquise observée en Septembre 2015 était de 29% inférieure aux surfaces moyennes mesurées entre 1981 et 2010. C’est le quatrième niveau le plus bas enregistré depuis que les mesures satellites ont commencé en 1979. Un très important déficit a été enregistré au cours du printemps 2015, avec 7% de moins que la moyenne depuis 1981. En outre, la glace présentait un aspect différent par rapport aux 30 dernières années. En 1985, la glace vieille de plus de 4 ans constituait 20% de la banquise et 35% étaient de la glace dans sa première année. En février et mars 2015, la vieille glace n’atteignait plus que 3% et la jeune glace 70%.
Tous ces chiffres annoncent un avenir incertain pour les mammifères marins qui dépendent de la banquise. On a observé que les morses parcouraient des distances de plus en plus longues pour atteindre la terre ferme, faute de pouvoir être hébergés par la banquise, comme dans le passé. Certains animaux sont épuisés et périssent pendant le voyage
Avec une couverture de glace moindre pendant les mois d’été, la température de surface de la mer a augmenté ces dernières années. La mer des Tchouktches montre l’une des tendances les plus significatives, avec une augmentation régulière d’un demi degré centigrade par décennie depuis 1982.
La couverture neigeuse en Arctique est, elle aussi, en baisse. La neige a fondu plus tôt en 2015 que pendant la dernière décennie. La couverture de neige en juin a été la deuxième plus faible enregistrée depuis 1979; on observe une baisse de 18% par décennie de la couverture neigeuse en juin depuis 1979.
Un autre indicateur dans le rapport est le débit annuel des rivières arctiques, ce qui signifie une arrivée d’eau douce qui peut radicalement changer la biologie, la chimie et la circulation des écosystèmes côtiers et océaniques. L’arrivée d’eau douce a été beaucoup plus importante au cours des deux dernières années que pendant les années précédentes.
Au cours de 2015, la température de l’air a été de plus de 2 degrés Fahrenheit (1,1 ° C) supérieure à la moyenne depuis le début du 20ème siècle.
L’étendue de la végétation est également en train de changer et certaines parties de l’Arctique ont connu un « brunissement » de leur surface au cours des dernières années, ce qui peut avoir des conséquences pour les mammifères terrestres et les oiseaux.

———————————–

drapeau-anglaisThis year’s Arctic Report Card, recently released by the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) reveals, quite unsurprisingly, that temperatures are higher, snow is melting sooner and sea and land ice are diminishing. The entire report can be read at this address: http://arctic.noaa.gov/

The report lists retreating sea ice as the « most pervasive threat to ice-associated marine mammals, including walruses. » According to data, the minimum sea ice extent observed this past September was 29% less than the averages measured between 1981 and 2010. It was also the fourth lowest recorded since satellite measurements began in 1979.
The lowest maximum sea ice extent ever recorded also occurred during spring 2015 – 7% less than the average since 1981. Besides, the ice was of a different makeup from the past 30 years. In 1985, ice older than 4 years made up 20% of the pack ice and 35% was first-year ice. In February and March of 2015, old ice made up only 3% compared to 70% new.
All of these figures contribute to an uncertain future for marine mammals that depend on sea ice. Walruses have been observed travelling long distances to haul out on land rather than on nearby sea ice as they would have in the past. Some of the animals get exhausted and die during the journey
With less protective ice cover in the sunny summer months, sea surface temperatures have risen in recent years, with the Chukchi Sea demonstrating one of the most pronounced warming trends, with a steady increase of half a degree centigrade per decade since 1982. Arctic snow cover has also been declining. Snow has been melting earlier in the year over the past decade Snow cover this June was the second lowest on record since 1979; there’s been an 18% decline in June snow cover per decade since 1979.
Another indicator in the report is the annual discharge of Arctic rivers, meaning the release of fresh water into surrounding environments that can drastically change the biology, chemistry and circulation of coastal and ocean ecosystems. There has been much more significant discharge over the past two years than in past years.
Over the past year, air temperatures have consistently been recorded at more than 2 degrees Fahrenheit (1.1°C) above average since the start of the 20th century.
The amount of vegetation on land is also shifting and certain parts of the state have experienced surface « browning » in recent years, which can have consequences for land mammals and birds.

Arctique copie

drapeau-francaisLes derniers jours de l’année 2015 ont connu un événement météorologique exceptionnel avec une vague de chaleur et la température de l’air en surface qui atteignait 23 degrés Celsius de plus que la moyenne dans l’extrême nord! (Source: NOAA)

drapeau anglaisThe last days of 2015 went through an exceptional event with a heatwave and air surface temperature that reached 23 degrees Celsius above the average in the far north (Source: NOAA).