« Avant le déluge » // « Before the flood »

drapeau-francaisA quelques jours de l’élection présidentielle américaine, on peut visionner en ce moment, avec plusieurs rediffusions, un documentaire intitulé « Avant le déluge », « Before the flood » dans la version anglaise. Disponible gratuitement jusqu’au 5 novembre, en 45 langues sur les comptes YouTube et Dailymotion de la chaîne National Geographic, le film montre  Leonardo DiCaprio partant enquêter aux quatre coins du monde à la recherche de solutions contre le réchauffement climatique. L’acteur rencontre des scientifiques, des chefs d’État et des personnalités de renom tels que Barack Obama, Ban Ki-moon ou le Pape François. Il ne fait aucun doute que la date de la diffusion n’est pas un hasard et que le film se veut un plaidoyer anti-Donald Trump dont on connaît le mépris pour l’écologie.

Personnellement, j’ai trouvé le film intéressant, même si je n’ai pas été séduit par Leonardo DiCaprio dont j’apprécie par ailleurs le talent d’acteur. Certes, il rencontre de nombreuses personnes dont les témoignages sont précieux, mais son apparence bcbg, ses vêtements de marque (dont les logos sont un peu trop visibles) donnent plus l’image des tribulations d’un enfant gâté que celle d’un militant environnementaliste. C’est un acteur talentueux et ce talent occulte quelque peu la cause qu’il défend.

Cela dit, le documentaire met bien en valeur les menaces qui accablent notre planète, que ce soient les sables bitumineux de l’Alberta canadien ou la culture extensive des palmiers à huile en Indonésie et la déforestation qu’elle entraîne. Certains témoignages sont particulièrement percutants, comme celui – essentiel à mes yeux – du Dr Michael Mann de l’Université de Pennsylvanie qui ne cesse de dénoncer les lobbies industriels (Koch Industries en particulier) aux Etats-Unis et leurs liens avec le Parti Républicain.

Globalement, « Avant le déluge » est un bon documentaire.

Voici l’un des sites permettant de le regarder :

http://television.telerama.fr/television/regardez-avant-le-deluge-le-documentaire-sur-le-climat-produit-par-leonardo-dicaprio,149351.php

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drapeau-anglaisA few days before the US presidential election, we can see right now, with several reruns, a documentary entitled « Before the flood ».  Available for free until November 5th, in 45 languages, on  the YouTube and Dailymotion accounts of the National Geographic Channel, the film shows Leonardo DiCaprio investigating around the world in search of solutions against global warming. The actor has met scientists, heads of state and renowned personalities such as Barack Obama, Ban Ki-moon and Pope Francis. There is no doubt that the date of the distribution was not chosen at random and that the film is definitely against Donald Trump whose contempt for ecology has been known for a long time.
Personally, I found the film interesting, although I have not been seduced by Leonardo DeCaprio I appreciate as an actor. Certainly, he met many people whose testimonies are valuable, but his stylish appearance, his clothes (whose brands are a little too visible) rather give the image of the tribulations of a spoiled child than that of a committed environmentalist. He is a talented player and this talent erases a bit the cause he is defending.
Anyway, the documentary brings into focus the threats that plague our planet, whether the oil sands of Alberta in Canada, or the extensive cultivation of oil palms in Indonesia with the deforestation it causes. Some testimonies are particularly impactful, like the one – essential to me – of Dr. Michael Mann of the University of Pennsylvania who repeatedly denounced the industrial lobbies (particularly Koch Industries) in the United States and their ties to the Republican Party.
Overall, « Before the Flood » is a good documentary.
Here is one of the sites with a link to watch it:
http://television.telerama.fr/television/regardez-avant-le-deluge-le-documentaire-sur-le-climat-produit-par-leonardo-dicaprio,149351.php

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Il est grand temps d’agir car, dans les régions polaires, la glace continue de fondre. Comme l’explique l’un des intervenants dans le film, les conséquences d’un Arctique dépourvu de glace seraient terribles. (Photo: C. Grandpey)

Séisme sur la dorsale de Gakkel (Océan Arctique) ! // An earthquake on the Gakkel Ridge (Arctic Ocean) !

drapeau-francaisC’est un événement très rare. Un séisme de M 4,7 a été enregistré sous les volcans qui occupent la partie orientale de la Dorsale de Gakkel, près du Pôle Nord géographique, dans l’Océan Arctique, à 18h47 (TU) le 22 octobre 2016. L’hypocentre a été localisé par l’USGS à une profondeur de 10 km. L’épicentre se situe à environ 500 km au sud du Pôle Nord géographique. La dernière éruption volcanique dans cette région a eu lieu en 1999.
La Dorsale de Gakkel est la zone d’accrétion la plus lente jamais observée sur Terre, avec un écartement d’environ 6 millimètres par an. La dorsale se trouve à la frontière entre la plaque nord-américaine et la plaque eurasienne. Les scientifiques ont identifié la Dorsale de Gakkel en 1950 et on pensait qu’elle n’était pas volcanique jusqu’en 1999, année où on a enregistré le plus important essaim sismique jamais observé sur une dorsale médio-océanique. L’essaim comportait 252 événements, dont 11 avec une magnitude supérieure à M 5. Une cartographie réalisée par sonar en mai 1999 a identifié un cône à l’extrémité ouest d’une ligne de volcans qui correspondait à la localisation moyenne des épicentres de l’essaim sismique.
De nouvelles observations à l’aide d’un sonar en 2001 ont révélé deux volcans jamais observés précédemment dans le secteur, ainsi que des cheminées hydrothermales.
Une mission d’observation en juillet 2007, a fourni une bathymétrie détaillée de la région et baptisé les volcans dont le Oden (foyer sismique de 1999), le Thor, et le Loke. Le Oden et le Loke étaient recouverts d’une fine couche de matériaux pyroclastiques, également observés dans l’ensemble de la zone d’étude. On pense que ces matériaux ont été produits par une éruption au cours de l’essaim sismique de1999. Il s’agit des premiers dépôts pyroclastiques jamais découverts à une telle profondeur océanique (environ 5 km), avec des pressions très fortes qui inhibent la formation de vapeur. L’expédition a également découvert des «tapis» étranges de communautés microbiennes incorporant au moins une demi-douzaine de nouvelles espèces.
Source: The Watchers..

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drapeau-anglaisIt is a rare event. An M 4.7 earthquake was registered under East Gakkel Ridge undersea volcanoes, near the Geographic North Pole, in the Arctic Ocean, at 18:47 UTC on October 22nd, 2016. The hypocenter was reported by USGS at a depth of 10 km. The epicenter was located about 500 km south of the Geographic North Pole The last known volcanic eruption in this area took place in 1999.

The Gakkel Ridge is the slowest known spreading ridge on Earth, with a rate of less than 1 cm per year. It is a divergent tectonic plate boundary between the North American Plate and the Eurasian Plate. Scientists identified it in 1950 and believed it was non-volcanic until 1999 when it experienced the largest ever earthquake swarm at a mid-oceanic ridge. The swarm included 252 events, among which 11 had a magnitude above M 5. Sonar mapping conducted in May 1999 identified a cone at the western end of a line of volcanoes that corresponded to the average location of the epicentres

A sonar survey in 2001 revealed two previously undiscovered volcanoes at this location.

A survey in July 2007 provided detailed bathymetry and named selected features, including the Oden (location of the 1999 seismicity), Thor, and Loke cones. Both Oden and Loke were covered with a light dusting of pyroclastic material, which was also found throughout the survey area, thought to be products of an eruption during the 1999 swarm. These were the first pyroclastic deposits ever found in such deep water, at oppressive pressures that inhibit the formation of steam. The expedition also discovered what they called bizarre ‘mats’ of microbial communities containing a half dozen or more new species.

Source: The Watchers.

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Vue des principales caractéristiques bathymétriques et topographiques de l’Océan Arctique avec la Dorsale de Gakkel à droite de la carte. (Source: Wikipedia)

La fonte du permafrost et ses conséquences // The melting of permafrost and its consequences

drapeau-francaisUne nouvelle étude intitulée «La répartition et le stockage du carbone dans les paysages thermokarstiques circumpolaires» et publiée dans la revue Nature Communications (http://www.nature.com/articles/ncomms13043) propose une nouvelle carte du permafrost (ou pergélisol) dans l’hémisphère nord. La carte – fruit d’un projet mené par l’Université de l’Alberta et celle d’Alaska à Fairbanks – fait ressortir les zones qui sont les plus vulnérables à la fonte du permafrost et aux affaissements qui s’ensuivent. Elle montre également quelles régions du Nord circumpolaire sont les plus exposées aux «thermokarsts» (également appelés « cryokarsts »), autrement dit les zones où la surface de la terre s’effondre lorsque la glace dégèle dans le sol, avant de s’évacuer sous forme d’eau. Les caractéristiques thermokarstiques peuvent être des cavités ouvertes dans le sol, des fossés, de nouvelles zones humides ou même des lacs.
Les gaz à effet de serre tels que le dioxyde de carbone et le méthane sont souvent tenus responsables de la hausse des températures et du changement climatique sur notre planète. Comme je l’ai souvent écrit, la fonte du pergélisol ne fera qu’accélérer le changement climatique provoqué par la combustion des combustibles fossiles.
L’étude a révélé que près de 20 pour cent du permafrost des régions nordiques est susceptible de donner naissance à un paysage thermokarstique. Environ la moitié du carbone organique souterrain est stockée dans ces zones potentiellement thermokarstiques, de sorte que le dégel des années à venir sera loin d’avoir des conséquences négligeables.
Parmi les zones les plus vulnérables figurent la région de North Slope en Alaska et le delta du Yukon. Les zones sensibles aux formations thermokarstiques sont celles qui détiennent des quantités relativement importantes de glace. L’étude n’identifie pas précisément les zones qui connaissent le plus fort réchauffement et elle ne précise pas non plus les zones qui deviendront thermokarstiques dans les prochaines années. Par contre, elle identifie les zones qui seront les plus sensibles au réchauffement.
Les thermokarsts devraient devenir de plus en plus fréquents au cours de ce siècle avec le réchauffement du climat arctique. Leur apparition sera liée à deux facteurs : d’une part le changement climatique et d’autre part les phénomènes tels que les incendies et les inondations qui accompagnent ce même changement climatique.

Source : Nature Communications.

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drapeau-anglaisA new study entitled “Circumpolar distribution and carbon storage of thermokarst landscapes” and published in the journal Nature Communications (http://www.nature.com/articles/ncomms13043) includes a new map of northern hemisphere permafrost. The map – which is the product of a project led by the University of Alberta and the University of Alaska Fairbanks – identifies the areas that are most vulnerable to thawing and slumping. It shows which regions in the circumpolar north are susceptible to the permafrost formations known as « thermokarsts, » where the land surface collapses when ice within the soil thaws and drains away. Thermokarst features can be sinkholes, gullies, new wetlands or expanded lakes.

Greenhouse gases such as carbon dioxide and methane are often blamed for rising Earth temperatures and global climate change. As I often put it before, melting permafrost is expected to accelerate climate change caused by burning fossil fuels.

The study found that about 20 percent of the world’s northern permafrost region has potential to become a thermokarst landscape. About half of the underground organic carbon is stored in those thermokarst-prone areas, making future thaw especially significant.

Among the most vulnerable areas are Alaska’s North Slope and the Yukon River delta. Areas susceptible to thermokarst formations are those that hold relatively large amounts of ice. The study does not specifically identify the areas that have the most warming nor does it predict future thermokarst. Rather, it identifies areas that will be sensitive to warming.

Thermokarsts are expected to become more prevalent as the Arctic climate warms. According to the researchers, vulnerability to thermokarst development is likely to increase this century both due to climate change and associated higher frequencies of disturbances such as wildfire and floods.

Source : Nature Communications.

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Répartition des zones thermokarstiques ou potentiellement thermokarstiques dans les régions nordiques et plus particulièrement en Alaska (Source: Nature Communications).

Denali, le roi de l’Alaska ! // Denali, the king of Alaska !

drapeau-francaisComme je l’ai expliqué dans une note le 17 mars 2015 (https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/03/17/le-mont-mckinley-est-il-un-volcan-non-could-mt-mckinley-be-a-volcano-no/), le Denali – qui s’appelait encore à l’époque McKinley – n’est pas un volcan. Il appartient à la Chaîne de l’Alaska qui, contrairement à celles des Aléoutiennes au sud-ouest, n’est pas volcanique et ne possède donc pas d’édifices comme le Spurr, L’Iliamna ou le Redoubt.  Dominant la Chaîne de l’Alaska de ses 6194 mètres, le Denali est le plus haut sommet de tout le continent nord-américain. Même si ce n’est pas un volcan, j’aime beaucoup cette région de l’Alaska. Il ne faut pas avoir d’œillères ; il n’y a pas que de beaux volcans sur Terre !

C’est à l’occasion de la dernière visite de Barack Obama en Alaska, en septembre 2015, que la montagne a retrouvé son nom autochtone Denali, «celui qui est haut». Le peuple autochtone koyukon athabascan l’avait baptisé « Deenaalee ». Même si la montagne portait le nom d’un ancien président depuis 1896, les Alaskiens n’ont jamais cessé de l’appeler Denali.

Tout le monde n’a pas apprécié la décision du Président Obama ! Les autorités de l’Ohio la considèrent comme une insulte. En effet, c’est en 1896 qu’un chercheur d’or avait baptisé la montagne du nom de William McKinley, originaire de l’Ohio, qui venait tout juste de remporter l’investiture républicaine. Le président McKinley est mort assassiné en 1901… sans jamais avoir mis les pieds en Alaska. Chaque année, depuis 40 ans, l’Alaska réclamait le changement de nom auprès du gouvernement fédéral et chaque année, un représentant de l’Ohio bloquait le processus. Cette fois-ci, le Département de l’Intérieur est intervenu pour mettre fin à cette dispute, juste à temps pour la visite du président.

Le Parc National du Denali est une pure merveille. Une route unique le traverse, autorisée aux véhicules particuliers sur une vingtaine de kilomètres seulement. Pour visiter le Parc, il faut emprunter l’une des navettes. On traverse d’abord la taïga, avant de déboucher dans la toundra qui revêt une splendide couleur rouge à l’automne qui débute dès le mois d’août dans la région. Les dernières haltes de la navette permettent de découvrir le Denali dans toute sa splendeur….si le temps est de la partie car la montagne disparaît fréquemment dans les nuages.

Lors de mon dernier voyage en Alaska en septembre 2016, j’avais déjà pu admirer le Denali et ses glaciers depuis le hublot de l’avion. Lors de ma visite dans le Parc en 2016, il avait tendance à disparaître derrière les nuages, alors qu’en 2009 la vue était somptueuse. Cette année, je l’ai revu en conduisant vers Talkeetna, petite bourgade au nord d’Anchorage

Voici quelques photos ci-dessous…

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drapeau-anglaisAs I explained in a note written on March 17th, 2015 (https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/03/17/le-mont-mckinley-est-il-un-volcan-non-could-mt-mckinley- be-a-volcano-no /), Denali – which was still called McKinley when I wrote the note – is not a volcano. It belongs to the Alaska Range which, unlike the Aleutian range to the south-west, iis not volcanic and does not possess peks like Mt Spurr, Iliamna or Redoubt. High above the Alaska Range with 6,194 meters, Denali is the tallest peak of the entire North American continent. Although it is not a volcano, I love this region of Alaska. One should not have blinkers; there are not only volcanoes on Earth!
It was during Barack Obama’s last visit to Alaska, in September 2015, that the mountain regained its Aboriginal name “Denali”, « the high one. » It was the Koyukon Athabascans who baptized the mountain “Deenaalee”.. Although the mountain was named after a former president since 1896, Alaskans have never stopped calling it Denali.
Everyone did not like President Obama’s decision! Ohio authorities saw it as an insult. Indeed, it was in 1896 that a gold digger had given the mountain the name of William McKinley, from Ohio, who had just won the Republican nomination. President McKinley was assassinated in 1901 … without ever having set foot in Alaska. Every year for 40 years, Alaska had asked the federal government to change the name of the mountain, and each year an Ohio representative blocked the process. This time, the Department of Interior intervened to end this dispute, just in time for the President’s visit.
Denali National Park is a marvel. A single road allows private vehicles to drive about twenty kilometers into the Park. To visit the Park, you need to take one of the shuttles. The road first passes through the taiga, before arriving into the tundra which puts on beautiful red colours in autumn that starts as early as August in the region. The last shuttle stops allow visitors to discover Denali in all its splendor … if the weather is fine because the mountain frequently disappears in the clouds.
During my last trip to Alaska in September 2016, I had already watched Denali and its glaciers from the airplane window. During my visit in the Park in 2016, it sometimes disappeared behind the clouds, while in 2009 the view was magnificent. This year I saw Denali while driving to Talkeetna, a small town north of Anchorage
Here are some photos…

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Vue aérienne du massif du Denali

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Vue du Denali depuis Wonder Lake

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Zone sommitale du Denali

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Vue du Denali depuis Talkeetna

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Taïga dans le Parc National du Denali

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Toundra dans le Parc National du Denali

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Rencontres dans le Parc National du Denali

(Photos: C. Grandpey)