Cayambe (Equateur / Ecuador): Hausse de la sismicité // Increased seismicity

drapeau francaisL’Institut de Géophysique indique qu’il a enregistré au cours du mois de juin une forte hausse de la sismicité sur le Cayambe. Les événements sont liés à des fracturations d roches et se situent dans la parte NE du volcan. Les données GPS et les inclinomètres ne montrent toutefois pas de déformations de l’édifice volcanique.
La sismicité la plus forte a été enregistrée à la mi juin, avec une tendance à la baisse ces derniers jours. Il faut tout de même remarquer que cette sismicité est la plus forte enregistrée depuis1995. La dernière éruption du Cayambe remonte à 1786.
Le Cayambe est un imposant volcan à lave dacitique et andésitique situé à une soixnataine de kilomètress au NE de Quito et à une quinzaine de kilomètres à l’E de la ville de Cayambe avec une population de 20 000 habitants.

———————————————-

drapeau anglaisThe Instituto Geofisico (IG) has reported a sharp increase in seismicity under the Cayambe volcano this month. The seismic events are related to fracturing of rocks and are located at the NE end of the volcano. GPS data from networks and inclinometers show no evidence of deformation of the volcano.
Seismicity became more evident in the middle of June, but it now tends to decrease. It should be noted that this is the strongest seismic anomaly recorded since 1995. The last known eruption of this volcano was in 1786.
Cayambe is a massive andesitic-dacitic stratovolcano, located 60 km NE of Quito and 15 km E of the town of Cayambe, with 20 000 inhabitants.

Cayambe

Vue du Cayambe (Crédit photo: Wikipedia)

La fonte des glaciers menace le Pérou // Peru under the threat of its melting glaciers

drapeau francaisA cause du réchauffement climatique, la glace fond, modifiant les paysages et faisant apparaître bien des problèmes. Les célèbres neiges du Kilimandjaro ont perdu plus de 80 pour cent de leur surface depuis 1912. Dans certaines régions de l’Himalaya indien, les glaciers reculent si vite que les chercheurs pensent que la plupart des glaciers du centre et de l’est de la chaîne himalayenne pourraient avoir quasiment disparu en 2035. La banquise arctique s’est amincie de manière significative au cours du demi-siècle écoulé et son étendue a diminué d’environ 10 pour cent au cours des 30 dernières années. Les mesures à l’altimètre laser effectuées par la NASA montrent un rétrécissement des bordures de la calotte glaciaire du Groenland. Au printemps, la débâcle des rivières de l’hémisphère Nord se produit en moyenne neuf jours plus tôt qu’il y a 150 ans, et à l’automne l’embâcle intervient environ dix jours plus tard. Nous avons eu récemment un exemple de cela avec l’évacuation de la glace sur le Yukon et la Nenana en Alaska où la fonte du pergélisol a fait s’affaisser le sol de plus de 4 mètres dans certaines parties de l’Etat. De l’Arctique au Pérou, d’immenses champs de glace et de vastes étendues de glace de mer disparaissent à grande vitesse.
Selon les glaciologues, les plus hauts glaciers du monde, dans les Andes péruviennes, pourraient disparaître d’ici 40 ans. Le phénomène est susceptible d’entraîner des pénuries d’eau et des inondations catastrophiques qui menaceront les villes de ces montagnes.
Plus de 2500 glaciers ornent les sommets des Andes péruviennes. Environ 660 d’entre eux se trouvent dans la Cordillera Blanca. Les scientifiques font remarquer que le recul des glaciers menace le mode de vie de 2 millions de personnes vivant dans les vallées et dans les villes côtières qui dépendent de l’eau des glaciers. Au cours des 40 dernières années, les glaciers péruviens ont reculé d’au moins 34 pour cent.
Le changement climatique a fait apparaître un double problème: la pénurie d’eau et la menace des glaciers. En effet, l’avancée des glaciers déclenche des avalanches qui terminent leur course dans les lacs en aval, propulsant des vagues d’eau, de débris et de sédiments dans toute la vallée. Avec le changement climatique, avalanches et inondations glaciaires sont devenues plus fréquentes. La Laguna Pallqaqucha, un lac glaciaire (voir photos ci-dessous), atteint actuellement 34 fois son volume normal. Si la moraine qui le retient se rompt, 18 millions de mètres cubes d’eau et de débris inonderont  Huaraz, la capitale provinciale, et sa population de 120 000 habitants. On a recensé 10 à 14 lacs aussi dangereux dans toute la région. Il serait urgent d’y installer des systèmes d’alerte.
En dépit du fait que Huaraz a été inondée par le même lac en 1941 et qu’une avalanche a détruit la ville voisine de Yungay en 1970, faisant 23 000 victimes, des systèmes de surveillance n’ont pas été installés pour alerter les populations en cas de catastrophe imminente.
La capitale Lima et sa population de 10 millions d’habitants dépendent de la fonte des glaciers andins pour  leur alimentation en eau. Lima est l’une des capitales les plus sèches au monde, avec seulement neuf millimètres de pluie par an. Plus de 1,5 millions d’habitants ne sont pas reliés à un système d’eau potable et certains quartiers ne reçoivent qu’une heure d’eau chaque jour.  La baisse de l’approvisionnement en eau en provenance des montagnes conjuguée à une augmentation de la population ont fait naître de graves préoccupations pour l’alimentation en eau à Lima dans les années à  venir.
Afin de trouver une solution au problème de l’eau, le gouvernement péruvien a proposé la construction d’une série de barrages sur la rivière Maranon, la principale source de l’Amazone, dans le cadre d’un grand projet hydroélectrique. Il a également suggéré de détourner l’eau vers Lima via un tunnel sous les Andes. Mais à cause de l’importance du Maranon pour le bassin de l’Amazone, le projet a suscité de vives critiques de la part des groupes environnementaux.
Sources: ABC News et journaux péruviens.

————————————–

drapeau-anglaisBecause of global warming, the ice is melting, changing landscapes and causing problems. The famed snows of Kilimanjaro have melted more than 80 percent since 1912. Glaciers in some parts of the Indian Himalayas are retreating so fast that researchers believe that most central and eastern Himalayan glaciers could virtually disappear by 2035. Arctic sea ice has thinned significantly over the past half century, and its extent has declined by about 10 percent in the past 30 years. NASA’s repeated laser altimeter readings show the edges of Greenland’s ice sheet shrinking. Spring freshwater ice breakup in the Northern Hemisphere now occurs nine days earlier than it did 150 years ago, and autumn freeze-up ten days later. We recently had an example of this with the record breakup of the Yukon and Nenana rivers in Alaska. Thawing permafrost has caused the ground to subside more than 4 metres in parts of Alaska. From the Arctic to Peru, massive ice fields and sea ice are fast disappearing.

According to glaciologists, the world’s highest glaciers, in the Peruvian Andes, might disappear within 40 years. In the process, the phenomenon is likely to deliver water shortages and catastrophic floods to towns in these mountains.

More than 2,500 glaciers slice through the mountain peaks of Peru. Around 660 of them lie in the Cordillera Blanca. Scientists warn the glacial retreat threatens the livelihoods of 2 million people living in the valleys below and in the desert coastal cities that rely on the glaciers’ water. In the last 40 years the glaciers have retreated at least 34 per cent.

Actually, climate change brings two types of problems: water shortages and hanging glaciers. Indeed, these glaciers slide and produce avalanches into the lakes below and push out the water, carrying debris, sediment and everything down the valley. With climate change, glacial avalanches and floods have become more frequent. Laguna Pallqaqucha, a glacial lake (see photos below), is currently 34 times its normal volume. If it bursts, 18 million cubic metres of water and debris will flood the provincial capital Huaraz and its population of 120,000. There are 10 to 14 similar dangerous lakes across the region. Early warning systems are urgently needed.

Despite the city being flooded by the same lake in 1941 and an avalanche destroying the nearby town of Yungay in 1970 with 23,000 casualties, monitoring systems have not been installed to alert the region’s towns of pending disaster.

Peru’s capital Lima and its population of 10 million people rely on the Andean glacial melt for the city’s water. Lima is one of the driest capitals in the world, receiving just nine millimetres of rainfall a year. More than 1.5 million people in the city are not connected to water and some districts receive only an hour’s supply each day. Less water supply coming from the mountains, plus an increasing population, give quite severe concern about water in Lima in the future.

As a solution to the potential water crisis, the Peruvian government has proposed a series of dams on the Maranon River, the main source of the Amazon, as part of a large hydropower scheme and also the diversion of water to Lima via a tunnel under the Andes.

But because of the Maranon’s importance to the Amazon, the project has drawn strong criticism from environmental groups.

Sources : ABC News and Peruvian newspapers.

Palcacocha_1939

La Laguna Pallqaqucha en 1939.

Palcacocha_2002

La Laguna Pallqaqucha en 2002

Perou Pastoruri_Glacier

Pastoruri, l’un des glaciers de la Cordillera Blanca

(Crédit photos: Wikipedia)

Tungurahua (Equateur / Ecuador): Une éruption à court ou moyen terme? // An eruption in the short or medium term?

drapeau-francaisDans son dernier bulletin en date du 3 juin 2016, l’Institut de Géophysique (IG) indique que le Tungurahua connaît une activité relativement faible depuis sa dernière éruption qui a eu lieu entre le 25 février et le 15 mars 2016. En particulier, l’activité sismique et de dégazage restent à un niveau normal, à l’exception d’un petit essaim sismique avec des événements longue période (LP) enregistré entre le 1er et le 20 mai, probablement associé à des mouvements fluides. A côté de cela, les observations de déformation montrent un gonflement de l’édifice volcanique, signe d’une intrusion magmatique depuis la fin de la dernière éruption.
La période de calme actuelle pourrait donc être trompeuse et annoncer une activité plus intense à court terme. Au cours des 8 dernières années, le Tungurahua a connu à plusieurs reprises de telles périodes calmes suivies d’une réactivation de l’activité après avoir présenté des signes annonciateurs à court terme dans seulement 20% du temps. Sur la base de ces statistiques et de la période de repos (79 jours) que le volcan est en train de traverser, on estime qu’une réactivation du Tungurahua à moyen terme (semaines ou mois) est probable. Deux scénarios éruptifs sont possibles: 1) une réactivation progressive, de type strombolien, avec retombées de cendre; 2) une reprise rapide de type vulcanien, avec une haute colonne éruptive et des coulées pyroclastiques.

Le but du rapport de l’IG est d’avertir les autorités et la population sur la possibilité d’une éruption du Tungurahua à moyen terme afin que soient prises les mesures nécessaires pour faire face à une telle éventualité.

———————————-

drapeau-anglaisIn its latest bulletin (June 3rd, 2016), the Geophysics Institute (IG) indicates that Tungurahua has been experiencing a relatively low activity since its last eruption, which took place between 25 February and 15 March 2016. In particular, seismic and degassing activity remain at a normal level, with the exception of a small seismic swarm with long-period events (LP) registered between 1 and 20 May, probably associated with fluid movements. Beside that, the observations of deformation show an inflation of the volcanic edifice, indicating magma intrusion since the end of the last eruption.
The current period of calm could be deceptive and announce a short-term increased activity. Over the past 8 years, Tungurahua has repeatedly gone through such quiet periods followed by a reactivation of activity after presenting short-term signs in only 20% of cases. Based on these statistics and the rest period (79 days) that the volcano is going through, it is estimated that a reactivation of Tungurahua in tha medium term (weeks or months) is probable. Two eruptive scenarios are possible: 1) a gradual reactivation of Strombolian activity, with ashfall; 2) the rapid start of vulcanian-type activity with a high eruptive column and pyroclastic flows.
The purpose of the IG report is to warn authorities and the public about the possibility of an eruption at Tungurahua in the medium term so that necessary measures are taken to deal with such a situation.

Tung_modifié-1

Déformation du Tungurahua entre le mois de février et la fin du mois de mai 2016. La zone grise symbolise la dernière éruption. (Source: IG)

Nevado del Ruiz (Colombie) [suite // continued]

drapeau-francaisDans une note précédente (22 mai 2016), j’ai indiqué qu’une éruption du Nevado del Ruiz avait entraîné la fermeture d’un aéroport régional dans l’ouest de la Colombie. Trois heures auparavant, une éruption de moindre intensité avait provoqué la fermeture de l’aéroport La Nubia à Manizales.
L’observatoire de Manizales informe le public que la sismicité du volcan reste à un niveau élevé, avec des émissions de cendres fréquentes depuis le 17 mai.
Le 22 mai, une séquence éruptive a envoyé un panache de cendre à 2.3 km au-dessus du cratère, avec la fermeture de l’aéroport de Manizales mentionnée ci-dessus. D’autres explosions ont également été observées les 17, 18, 19 et 20 mai, avec des retombées de cendre jusqu’à 30 km au NO du volcan.
La sismicité du Nevado del Ruiz reste élevée et montre des fluctuations, mais on a observé une légère diminution au cours des dernières semaines. Cette sismicité traduit des mouvements de fluides internes qui reflètent l’interaction de l’eau et des gaz magmatiques à une faible profondeur. Cela entraîne parfois des explosions et, le plus souvent, des panaches de dégazage pouvant atteindre 2 km de hauteur.
Entre le 10 et le 16 mai, la sismicité du Nevado del Ruiz a été marquée par des événements longue ou très longue période, des épisodes de tremor continu, et des épisodes épisodiques associées aux émissions de gaz et de cendre. Des anomalies thermiques ont été détectées près du Cratère Arenas dans les images satellites des 11 et 12 mai.
La couleur du niveau d’alerte reste au Jaune; le second niveau sur une échelle de quatre

————————————

drapeau-anglaisIn a previous note (May 22nd, 2016), I indicated that an eruption at Nevado del Ruiz volcano had forced the closure of a regional airport in western Colombia. Three hours before, a somewhat smaller eruption had prompted the closure of the La Nubia airport in Manizales.

The Manizales observatory informs the public that seismicity at the volcano continues at elevated levels, with frequent ash emissions since May 17th.

The May 22nd eruption sent ash 2.3 km above the crater. Similar explosions were also observed on May 17th, 18th, 19th and 20th when ashfall was reported up to 30 km NW of the volcano.

Seismicity under the volcano remains elevated at fluctuating levels but has been showing a slight decrease overall during the past weeks. It continues to be dominated by internal fluid movements which reflect the interaction of water and magmatic gasses at a shallow depth, which occasional results in explosions and more often in a strong degassing plume reaching up to 2 km.

Between May 10th and 16th, seismicity at Nevado del Ruiz was characterized by long-period and very-long-period earthquakes, episodes of continuous tremor, and pulses of volcanic tremor associated with gas-and-ash emissions. Thermal anomalies near the Arenas Crater were identified in satellite images on May 11th and 12th.

The colour of the alert level remains at Yellow; the second on a four-colour scale.

Nevado 19 mai

Explosion et panache de cendre au sommet du Nevado del Ruiz le 19 mai 2016

(Source: Servicio Geologico Colombiano)