La fonte du Groenland en photos // Photos of Greenland’s melting

La fonte du Groenland est visible au niveau des glaciers qui se fracturent et vêlent de plus en plus d’icebergs. Elle se produit aussi à la surface de la banquise où sont apparues des taches bleues qui trahissent des lacs de glace fondue qui sont de plus en plus nombreux et s’agrandissent chaque année. Chaque été, ils apparaissent aussi davantage à l’intérieur des terres et à de plus hautes altitudes que par le passé. Au travers de ses photos, le photographe aérien allemand Timo Lieber dévoile un paysage inattendu du Groenland.

Le projet photographique de Timo Lieber est intitulé Thaw (« fonte », en anglais). A la croisée de la photographie artistique et de la science, il est le fruit d’une collaboration entre le photographe et une équipe de glaciologues. Leur objectif est d’alerter sur la rapide et inquiétante fonte de la calotte glaciaire qui recouvre le Groenland, la plus importante de l’hémisphère Nord.

Timo Lieber explique que « dans ce paysage immaculé, dépouillé au strict minimum de couleurs et de formes, l’impact dramatique du changement climatique est plus manifeste que dans n’importe quelle autre partie du monde […] Cela fait peur à voir de ses propres yeux. Même depuis mon avion de ligne, lors de mon arrivée au Groenland, on pouvait déjà voir le bleu des lacs. On s’attend à un paysage complètement blanc, mais en fait, ce n’est pas du tout le cas ». C’est exactement ce que je me suis dit en survolant le Groenland en septembre 2016 alors que je me rendais en Alaska.

Même si elles traitent d’un sujet grave, les photos de Timo Lieber n’en restent pas moins belles. « Je n’essaie pas d’embellir le problème lui-même », confie Timo Lieber. « Je veux que les gens qui voient ces images se posent cette question : ‘Qu’est-ce qu’il y a derrière toute cette beauté ?' »

Le portfolio groenlandais de Timo Lieber est visible à cette adresse.

http://www.timolieber.com/thaw/view/thaw-1/

Source : France Info.

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The melting of Greenland can be seen at the glaciers which fracture and calve more and more icebergs. It also occurs on the surface of the ice sheet, where blue spots have appeared, betraying melt lakes which are increasingly numerous and growing every year. Each summer, they also appear more inland and at higher altitudes than in the past. Through his photos, the German aerial photographer Timo Lieber unveils an unexpected landscape of Greenland.
The photographic project of Timo Lieber is entitled « Thaw ». At the crossroads of artistic photography and science, it is the fruit of a collaboration between the photographer and a team of glaciologists. Their objective is to alert to the rapid and worrying melting of the ice sheet covering Greenland, the largest in the northern hemisphere.
Timo Lieber explains that « in this immaculate landscape, stripped to the bare minimum of colours and shapes, the dramatic impact of climate change is more evident than in any other part of the world … It’s scary to be seen with one’s own eyes. Even from my airliner, when I arrived in Greenland, I could already see the blue of the lakes.We expect a completely white landscape, but in fact it is not at all the case ». That is exactly what I said to myself while flying over Greenland in September 2016.
Even if they deal with a serious subject, Timo Lieber’s photos remain no less beautiful. « I’m not trying to embellish the problem itself, » says Lieber. « I want people who see these images to ask themselves, ‘What’s behind all this beauty?' »
Tom Lieber’s Greenland portfolio can be seen at this address:
http://www.timolieber.com/thaw/view/thaw-1/

Source: France Info.

Photo: C. Grandpey

 

Le réchauffement climatique change le cours d’une rivière! // Climate change reroutes a river!

Quand on roule sur l’Alaska Highway entre Fairbanks en Alaska et Whitehorse au Canada, on longe pendant longtemps le lac Kluane dans la partie sud-ouest du Territoire du Yukon. C’est le plus grand lac du Yukon avec une superficie de 408 km2 et une longueur de 81 km. Quand j’ai longé le lac en septembre 2016, j’ai remarqué que son niveau avait fortement baissé, en particulier dans sa partie sud-est. Là où j’avais pris de belles photos des eaux turquoise lors de mes précédents voyages en 2009 et 2013, il n’y avait qu’une zone de terre asséchée. Je me suis demandé quelle pouvait être la cause de ce manque d’eau. J’ai pensé que ce pouvait être une conséquence du réchauffement climatique qui affecte en ce moment l’Alaska et le Yukon. Je viens de trouver la réponse à ma question en lisant un article du Washington Post.
Une équipe de scientifiques de six universités canadiennes et américaines a constaté que vers le milieu de l’année 2016, la fonte et le recul du très grand glacier de Kaskawulsh, dans le Parc National de Kluane sur le Territoire du Yukon, a entraîné le transfert de la Slims River, née de l’eau de fonte qui s’en échappe, vers un autre bassin fluvial, celui de la Kaskawulsh River. Cette profonde modification a coupé l’alimentation en eau du Lac Kluane en aval et envoyé l’eau du glacier vers l’Océan Pacifique au sud de l’Alaska, et non plus vers la Mer de Béring comme cela se faisait auparavant. L’étude a été publiée dans ta revue Nature Geoscience. Les chercheurs ont qualifié ce détournement de « piratage » d’une rivière par une autre. Ils ont fait remarquer que de tels événements se sont déjà produits à plusieurs reprises dans le passé géologique de la Terre, mais jamais avec une telle rapidité.
L’étude a révélé que la rivière Slims, alimentée par le glacier de Kaskawulsh, avait connu une forte chute de son débit à cause du recul de ce dernier. Le « piratage » prive désormais le Lac Kluane de son alimentation en eau. Le lac était à son niveau le plus bas en août 2016, et deux petites localités – Burwash Landing et Destruction Bay – qui vivent sur les berges du lac devront s’adapter à la baisse de son niveau qui devrait continuer. Cela aura inévitablement des conséquences sur la chimie de l’eau, la structure du lac, la biologie. Il existe une colonie de mouflons de Dall sur le flanc sud-est du lac. Il est fort probable que les animaux migreront s’ils ne trouvent plus l’eau nécessaire à leur survie. Ils risqueront alors de se trouver hors du Parc National, dans des secteurs où la chasse est autorisée.

Cet événement s’est produit dans une région sauvage relativement peu peuplée, et il n’y aura donc pas, pour l’instant, de conséquences majeures pour la population locale qui vit du passage sur l’Alaska Highway et des activités nautiques sur le lac. Dans d’autres régions du monde comme la Cordillère des Andes, les conséquences d’un tel phénomène peuvent être dramatiques. Comme je l’indique au cours de mes conférences, la fonte des glaciers péruviens privera les villages d’eau pour la vie de tous les jours, pour l’irrigation des cultures et pour la production d’électricité. Au final, les populations de ces montagnes devront se déplacer vers d’autres lieux, peut-être vers Lima, la capitale qui, elle aussi, dépend des glaciers pour son alimentation en eau.
Le glacier de Kaskawulsh, à 60 degrés de latitude nord, se trouve dans une région relativement tempérée bien au-dessous du cercle polaire arctique, ce qui le rend particulièrement sensible aux changements climatiques. Les chercheurs ont effectué des mesures qui montrent qu’avant le changement du cours de la rivière, le glacier connaissait des températures élevées au printemps, ce qui semble avoir provoqué un excès d’eau de fonte et son recul.
Les chercheurs pensent que le glacier et son système fluvial ne connaîtront pas un retour en arrière. Le changement géographique est définitif.

Source: The Washington Post.

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Driving along the Alaska Highway from Fairbanks in Alaska to Whitehorse on Canada, you pass along Kluane Lake in the southwest area of the Yukon Territory. It is the largest lake contained entirely within Yukon at approximately 408 km2, and 81 km long. When I drove along the lake in September 2016, I noticed that its level had dropped, especially in its south-eastern part, a place where I took nice photos of the turquoise waters during my previous trips in 2009 and 2013. I wondered what the cause of this lack of water could be. I thought it might be a consequence of global warming which affects both Alaska and the Yukon. I have just found the cause of the phenomenon while reading an article in the Washington Post.

A team of scientists from six Canadian and U.S. universities found that in mid-2016, the retreat of the very large Kaskawulsh Glacier in Kluane National Park in Canada’s Yukon Territory led to the rerouting of its vast stream of meltwater from one river system to another, cutting down flow to the Yukon’s Kluane lake, and channelling freshwater to the Pacific Ocean south of Alaska, rather than to the Bering Sea. The study was published in Nature Geoscience. The researchers dubbed the reorganization an act of “rapid river piracy,” saying that such events had often occurred in the Earth’s geologic past, but never before, to their knowledge, as a sudden present-day event.

The study found that the Slims River lost much of its flow because of the retreat of the Kaskawulsh Glacier. In turn, it deprived Kluane Lake. The lake level was at a record low in August 2016, and two small communities – Burwash Landing and Destruction Bay – that live on the lake may now have to adjust to the lower water levels. The Kluane lake level dropped last year and is likely to continue dropping. That will have changes to the chemistry, the structure of the lake, the biology.

These events have occurred in a relatively sparsely populated wilderness area, and so will not have ramifications for large human populations, but they give a sense of just how dramatic and sudden climate-linked changes can be. Similarly, recently mountain glacier changes in the Bolivian Andes have created the risk of dangerous outburst floods that could imperil communities below them. As I indicate in my conferences, the melting of Peruvian glaciers will deprive the villages of water to drink and to irrigate and electricity, so that people will have to move to other places.

 The Kaskawulsh glacier, at only 60 degrees north latitude, is in a relatively temperate region well below the Arctic Circle, helping to make it particularly susceptible to climate change. The researchers provided measurements suggesting that just before the river reorganization, the glacier was experiencing quite warm temperatures for the springtime, which seems to have triggered a large burst of meltwater.

The researchers do not expect the glacier and the river system that depends on it to flip back; rather, it has entered a new state.

Source: The Washington Post.

 

Vue du Kaskawulsh Glacier et de la nouvelle trajectoire empruntée par l’eau de fonte (Source : Yukon Government – Energy, Mines and Resources)

Vue du Lac Kluane depuis Destruction Bay. (Photo: C. Grandpey)

Vues de la partie sud-est du Lac Kluane en 2013 et en 2016. En 2016, elle était complètement asséchée.

Mouflons de Dall sur les pentes au-dessus du lac Kluane.

(Photos: C. Grandpey)

Autre nouvelle inquiétante au Groenland: La fracturation du glacier Petermann // Another disturbing piece of news in Greenland: New fissure detected in Petermann Glacier

En examinant les images satellites du Petermann, l’un des plus grands glaciers du Groenland, les scientifiques pensent avoir décelé une nouvelle fracture inattendue dans la plateforme glaciaire qui repose sur la mer, ce qui pourrait être le signe une rupture spectaculaire dans les années à venir.

Le glacier Petermann, situé à 80 degrés de latitude nord, constitue l’une des principales portes par lesquelles la calotte glaciaire du Groenland s’écoule dans la mer. En 2010 et 2012, la plateforme flottante du glacier a déjà laissé s’échapper des morceaux extrêmement importants.

L’iceberg produit en 2010 – que l’on voit sur cette photo – avait une superficie de 251 km2.

 

Source: NASA.

Voici une animation du vêlage du glacier en 2012 : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/transcoded/b/b2/Wild_Arctic_Summer.ogv/Wild_Arctic_Summer.ogv.480p.webm

La plateforme glaciaire du Petermann flotte sur les eaux d’un fjord dont la profondeur dépasse celle du Grand Canyon.

Les fracturations intervenues en 2010 et 2012 ont attiré l’attention du monde entier et ont considérablement réduit la taille de cette plateforme qui stabilise le glacier en le rattachant aux parois du fjord dans lequel il se trouve. Cette fracturation à répétition de la plateforme est un gros problème parce que le glacier Petermann  retient une partie de la banquise du Groenland qui, si elle devait prendre le chemin de la mer, ferait monter son niveau d’une trentaine de centimètres.
Un chercheur de l’Université de Technologie de Delft aux Pays-Bas, qui étudie le Groenland au vu des images satellites, a montré des clichés où semble apparaître une deuxième fracture qui pourrait finir par rejoindre la première.

 

Curieusement, cette dernière fracture semble s’être formée au milieu de la plate-forme de glace plutôt que dans sa partie latérale, comme cela se passe habituellement.

Etant donné son emplacement, elle est susceptible de se connecter à la fracture existante si elle continue de croître, ce qui lui ferait parcourir une grande partie de la plateforme. Il semble que la nouvelle fracture ait commencé à se former au cours de l’été 2016, ce qui signifie qu’elle n’était pas visible sur les images satellites en 2014 ou 2015.

Source: The Washington Post.

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Scientists examining satellite images of one of Greenland’s largest glaciers believe they have found an unexpected new crack in its floating ice shelf that could contribute to a dramatic break in coming years. The Petermann glacier, located in the high Arctic at 80 degrees North latitude, is one of the most important outlets by which the Greenland ice sheet extends and flows into the sea. In 2010 and 2012, it lost extremely large pieces, each several times the size of Manhattan, from its ice shelf, which floats on top of the waters of a fjord whose depth exceeds that of the Grand Canyon. These changes captured the world’s attention and greatly shrank this floating shelf that stabilizes the glacier by attaching to the walls of the fjord in which it lies. That’s a big deal because Petermann glacier holds back about a foot of potential sea level rise from the Greenland ice sheet.

A researcher at Delft University of Technology in the Netherlands who studies Greenland using satellites, posted images suggesting the development of a second and different sort of crack, one that could potentially link up with the first one. This crack, oddly, appeared to have formed in the middle of the ice shelf, rather than on its side where cracks usually begin. But given its location, it could potentially connect with the pre-existing crack if it continues to grow, extending it across much of the shelf. It appears the new crack has only begun to form since last summer – in other words, it seems to be a new feature, not visible in 2014 or 2015.

Source : The Washington Post.

Image satellite du glacier Petermann (Source: NASA)

 

Des nouvelles inquiétantes du Groenland // Disturbing news of Greenland

Selon une nouvelle étude, le plus grand glacier du Groenland, le Jakobshavn également connu sous le nom d’Ilulissat ou Sermeq Kujalleq, est plus exposé à la perte de glace qu’on le pensait jusqu’à présent. Le glacier, qui vient vêler dans le fjord d’Ilulissat, est l’un des points de sortie de la grande calotte de glace du Groenland, qui contient elle-même suffisamment de glace pour élever le niveau des mers de plus de 6 mètres. De toute cette glace, plus de 6 pour cent s’écoule vers l’océan par l’intermédiaire du Jakobshavn, qui recule vers l’intérieur des terres depuis les années 1990. Le glacier déverse de plus en plus d’icebergs, un changement très probablement lié à la hausse de la température de l’océan. Si toute la glace de cette région du Groenland devait fondre, elle ferait monter le niveau de la mer sur la planète de près de 60 centimètres. Entre 2000 et 2011, le Jakobshavn à lui seul a provoqué une hausse de 1 millimètre.
Jusqu’à présent, les chercheurs n’étaient pas certains de l’étendue du Jakobshavn sous la mer, ni de son épaisseur à l’intérieur des terres. Une étude récente a révélé que le glacier a près de 1100 mètres d’épaisseur au point où il entre réellement dans l’océan. Cependant, à une dizaine de kilomètres vers l’intérieur du Groenland, le glacier s’épaissit considérablement et plonge carrément au-dessous du niveau de la mer pour atteindre plus de 1600 mètres d’épaisseur, avec la majeure partie de cette masse sous le niveau de la mer. Sur toute cette zone, la glace devient de plus en plus profonde et plus épaisse, ce qui favorise un recul plus rapide du glacier qui est estimé actuellement à environ 500 mètres par an.
L’épaisseur du Jakobshavn doit être prise en compte pour au moins deux raisons. Au fur et à mesure de son recul, le glacier offre un front de glace plus épais à l’océan plus chaud, ce qui entraîne son accélération et une perte de glace plus importante. Dans le même temps, l’épaisseur sous-marine du glacier favorise l’accélération de la perte de glace ; en effet, avec les pressions extrêmes subies par la glace, son point de congélation se modifie et la rend plus susceptible de fondre dans une eau de mer relativement chaude dans la partie la plus profonde du fjord.
Quelques calculs simples permettent de montrer pourquoi l’accélération du recul du glacier Jakobshavn deviendrait vite un réel problème. Selon la NASA, le Groenland est le plus grand contributeur mondial à l’élévation du niveau de la mer, avec chaque année 281 milliards de tonnes de glace déversées dans l’océan, ce qui est suffisant pour provoquer 1 millimètre d’élévation du niveau de la mer chaque année. Cela suppose la prise en compte de tous les glaciers du Groenland et de la fonte générale de la surface de glace qui entre dans l’océan, mais le Jakobshavn est celui qui perd le plus de glace. La contribution estimée d’un millimètre de l’élévation du niveau de la mer sur 11 ans équivaut à une perte d’environ 32 milliards de tonnes de glace par an. Cependant, la nouvelle étude indique que la perte de glace du Jakobshavn pourrait augmenter de 50% lorsqu’il atteindra son point le plus profond. Cela le mettrait à égalité avec les plus grands glaciers de l’Antarctique – Pine Island et Thwaites – et le Groenland contribuerait alors à lui seul à plus d’un millimètre par an de hausse des océans. Cela ne ferait qu’augmenter leur niveau global qui est également conditionné par l’Antarctique, les plus petits glaciers terrestres et les océans qui se dilatent à mesure qu’ils se réchauffent.
Source: The Washington Post & Alaska Dispatch News.

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According to a new study, the largest glacier in Greenland is even more vulnerable to sustained ice losses than previously thought. Jakobshavn glacier, responsible for feeding flotillas of icebergs into the Ilulissat icefjord, is an enormous outlet for the larger Greenland ice sheet, which itself contains enough ice to raise seas by more 6 metres. Of that ice, more than 6 percent flows toward the ocean through Jakobshavn, which has raced inland since the 1990s, pouring ever more of its mass into the seas, a change that scientists believe has been caused by warming ocean temperatures. If all of the ice that flows through this region were to melt, it would raise global sea levels by nearly 60 centimetres. Just from 2000 to 2011, the ice loss through Jakobshavn alone caused the global sea level to rise by a millimetre.

Until now, researchers were not sure how far Jakobshavn’s ice extended below sea level, or how much deeper it gets further inland. A recent study found that Jakobshavn is close to 1100 metres thick where it currently touches the ocean. However, only about 8 to 16 km inland towards the centre of Greenland, the glacier grows considerably thicker and plunges deeper below sea level, eventually becoming over 1600 metres thick, with the major part of that mass extending below the sea surface. Moreover, the glacier is deep over a vast area. Along most of that distance, the ice will get steadily deeper and thicker, favoring faster retreat. The glacier front is currently moving backwards at about 500 metres per year.

The greater depth of Jakobshavn matters for at least two reasons. As it retreats, Jakobshavn will present a thicker ice front to the warm ocean, leading to even greater ice flow and loss. Meanwhile, the depth itself favours increased ice loss because at the extreme pressures involved, the freezing point of ice itself actually changes, making it more susceptible to melting by relatively warm seawater in the deepest part of the fjord.

A few simple calculations help underscore why a further retreat – and accompanying thickening – of Jakobshavn glacier could be such a problem. Greenland is the world’s largest contributor to sea level rise – according to NASA, it is contributing 281 billion tons of ice to the ocean every year, nearly enough to cause 1 millimetre of sea level rise annually. That’s from all of the various Greenland glaciers and from general melting of the ice sheet that then runs off into the ocean, but Jakobshavn is the single biggest ice loser. Its estimated contribution of a millimetre of sea level rise over 11 years equates to a loss of about 32 billion tons of ice per year, but the new study says the glacier’s loss could increase by 50 percent as it reaches its deepest point. That would put Jakobshavn on par with the biggest ice losers in Antarctica – the enormous Pine Island and Thwaites glaciers – and would help push Greenland to the point where it is contributing over a millimetre per year to rising seas all on its own, further increasing the rate of global sea level rise which is also driven by Antarctica, smaller glaciers worldwide, and oceans that expand as they warm.

Source: The Washington Post & Alaska Dispatch News.

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En cliquant sue ce lien, vous verrez une vidéo exceptionnelle montrant un vêlage extrêmement spectaculaire du glacier Jakobshavn. C’est le plus important vêlage jamais filmé. La hauteur de glace est estimée à 900 mètres, dont une centaine de mètres émergés. L’événement a duré environ 75 minutes. La vidéo est extraite du superbe documentaire « Chasing Ice » réalisé par James Balog que j’ai eu l’occasion de rencontrer il y a quelques mois et que je salue ici.

https://youtu.be/hC3VTgIPoGU

Photos: C. Grandpey