Un article du HVO nous indique qu’à la fin du mois d’août, des volcanologues de tous les pays se sont réunis à Waikoloa (Hawaii) afin de partager leurs connaissances sur les volcans de type hawaiien. Parmi eux figuraient quatre scientifiques de l’Observatoire du Piton de la Fournaise (OVPF), volcan très actif de l’Ile de la Réunion, dans l’Océan Indien.
Tout comme le Kilauea, le Piton de la Fournaise (PdF) est souvent en éruption. Il émet alors des coulées de lave, sans oublier que son activité peut être explosive. Comme le Kilauea, il se trouve à l’intérieur d’un Parc National. A côté des éruptions proprement dites, le Piton est susceptible de connaître des glissements de terrain pouvant générer des tsunamis. En conséquence, les présentations faites par l’OVPF étaient également valables pour le Kilauea qui se trouve de l’autre côté du globe.
A côté des points communs entre les deux volcans, il existe un certain nombre de différences importantes. Les débits éruptifs du Kilauea sont environ 10 fois supérieurs à ceux du PdF. La superficie de l’Ile de la Réunion représente le quart de celle de la Grande Ile d’Hawaii mais renferme quatre fois plus d’habitants. Même si, en théorie, les risques (coulées de lave, séismes, et autres formes d’activité volcanique) sont moins importants à la Réunion qu’à Hawaii, la plus forte densité de population sur l’île française fait que les risques sont en fin de compte comparables.
Les discussions entre le HVO et l’OVPF se sont concentrées sur les méthodes de travail des deux observatoires. Les techniciens du HVO ont donné beaucoup de conseils sur les méthodes d’installation et de maintenance du matériel sur le terrain. Ce type de coopération permettra d’accélérer la mise en place de réseaux de surveillance d’un haut niveau technologique sur le Piton de la Fournaise.
Les scientifiques français et américains ont pu constater à quel point la communication avec les responsables de la sécurité civile était différente entre les deux îles. Par exemple, le HVO adresse directement ses messages d’alerte et les autres informations à la Sécurité Civile locale qui prend alors les décisions nécessaires pour protéger la population. A l’opposé, l’OVPF doit d’abord s’adresser aux autorités locales de l’Ile de la Réunion qui transmettent les informations à Paris et attendent leur retour pour agir. Des communications non officielles mais directes avec la Gendarmerie locale sont parfois nécessaires en cas d’urgence, pour des évacuations par exemple. (1)
Dans sa conclusion, l’article du HVO insiste sur le rôle joué par Alain Gérente, vidéaste bien connu pour ses films sur les éruptions du Piton de la Fournaise. Il a toujours encouragé ces relations étroites entre Hawaii et l’Ile de la Réunion, convaincu que ces deux terres avaient beaucoup de points communs.
(1) Même si la communication semble mieux fonctionner à Hawaii qu’à la Réunion, le 50ème Etat de l’Union connaît lui aussi des lourdeurs administratives. Il m’a fallu plusieurs mois pour obtenir un permis de travail sur le Kilauea, non pas à cause de la mauvaise volonté des personnes que j’ai contactées, mais parce qu’Hawaii est une île où la vie est lente et la transmission d’un dossier d’un bureau à l’autre ne se fait pas instantanément. De plus, d’un point de vue administratif, il n’existe pas vraiment de cohésion entre le Parc des Volcans et la Protection Civile… !
An HVO article informs us that in late August, volcano scientists from around the world gathered in Waikoloa, Hawai`i, and shared what they have learned about how Hawaiian volcanoes work. Within that group were four scientists from the Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF), an observatory monitoring a frequently active French volcano on the Reunion Island, in the Indian Ocean.
Just like Kilauea, the Piton de la Fournaise (PdF) erupts often and usually emits lava flows but also has explosive eruptions; it is located within a National Park; it is susceptible to large landslides that can generate local tsunamis. So while the OVPF presentations were about a volcano half a world away, they could have been talking about Kilauea.
As important as the similarities between both Hawaiian volcanoes are, the differences are equally important. Kilauea’s eruption rates are about 10 times those of PdF. The Reunion Island is, however, one-fourth the size of Hawai`i Island and has more than four times as many residents. While the hazards (lava flows, earthquakes, and other volcanic activity) may be lower at PdF than Kilauea, the higher population density means that the risks may be comparable.
The HVO-OVPF discussions mostly focused on how to get their respective jobs done. HVO technicians offered lots of advice on field installation and maintenance methods. In this way, working together can significantly speed the development of state-of-the-art monitoring networks on PdF.
American and French scientists also talked about the differences in the way they communicate with emergency managers. For instance, HVO issues warnings and other information directly to local emergency managers, who take action to keep people safe. OVPF issues their warnings to the local government, which must send the information to Paris before it is sent back to La Reunion for action. “Unofficial” communications directly to the local gendarmes are sometimes necessary to get timely evacuations started. (1)
The article insists that much of this inter-island cooperation is the result of Alain Gerente, a well-known videographer of Piton de la Fournaise eruptions. He has been a tireless supporter of closer relations between Hawai`i and La Reunion which have so much in common.
(1) Even if communication seems to be better working at Hawaii than at the Reunion, the 50th State of the Union is sometimes very slow in its administrative work. I can remember it took me several months to get a working permit on Kilauea, not because the employees were reluctant to grant me one, but because Hawaii is an island where life goes very slowly and transmitting a file from one office to the other can take quite a lot of time…!

(Photo: C. Grandpey)
Le CENAPRED vient d’abaisser le niveau d’alerte du Popocatepetl à la couleur Jaune Phase 2 (au lieu de 3) car le volcan ne représente plus une menace pour les populations situées à l’extérieur de la zone d’exclusion de 12 km de rayon mise en place autour du cratère. Cette décision n’est pas vraiment une surprise car le volcan s’était bien calmé au cours des dernières semaines.
CENAPRED has just lowered the alert level for Popocatepetl from Yellow Phase 3 to Yellow phase 2 as there is now no imminent danger for people outside the 12-km radius exclusion zone around the crater. This decision does not really come as the surprise as volcanic activity has been far less intense during the past weeks.
On apprend en lisant l’Iceland Review que le sommet du Snæfellsjökull, volcan islandais rendu célèbre par Jules Verne dans son Voyage au Centre de la Terre, n’est plus recouvert par la glace. C’est la première fois, de mémoire humaine, qu’un tel événement se produit. De plus, le glacier encore présent sur la montagne est en train de fondre rapidement. Cette mise à nu du sommet devrait permettre aux géologues d’étudier les origines volcaniques de la montagne, mais cela confirme que le réchauffement climatique est bien présent.
One can read in Iceland Review that the highest peak of the glacial volcano Snæfellsjökull is no longer covered in ice, for the first time in human memory. The volcano was made famous by French writer Jules Verne in his Journey to the Center of the Earth. Besides, the glacier itself appears to be melting quickly. This melting will offer a great opportunity for geologists to study the rock layers found at the peak and give science more clues to the mountain’s volcanic origins. This also confirms that global warming does exist.
Après avoir connu 4 jours de forte baisse traduisant un dégonflement marqué du Kilauea, le tremor semble reparti à la hausse aujourd’hui. C’était l’une des hypothèses que j’envisageais dans ma dernière note. En effet, le Kilauea avait réussi à redresser la barre la dernière fois qu’une baisse semblable s’était produite. La lave va toutefois avoir beaucoup de travail pour reconquérir ses terres. C’est actuellement la nuit à Hawaii et aucune trace de coulée active n’est visible sur la plaine côtière sur les images des webcams. De la même façon, il y a très peu d’incandescence dans la cratère du Pu’O’o. Le niveau de la lave est encore bas dans le pit crater de l’Halema’uma’u mais il est fort à parier que le cratère va réagir rapidement à la nouvelle hausse du tremor.
After 4 days of decline indicating strong deflation of the volcano; the tremor seems to be going up this morning. This was one of the hypotheses I indicated in my previous note. Indeed, Kilauea had managed to react vigorously the last time a similar deflation episode had occurred. However, lava will have much to do to conquer new territories. It is night in Hawaii and the webcams do no show any trace of active flows on the coastal flat. In the same way, there is hardly any incandescence on the floor of Pu’uO’o crater. Lava is still low within Halema’uma’u pit crater but it will probably react rapidly to the increase of the tremor.