Complexe volcanique de Dieng (Ile de Java / Indonésie)

On peut lire dans plusieurs articles de la presse asiatique que la situation évolue négativement sur le Plateau de Dieng où le cratère Timbang émet d’importantes quantités de CO2 depuis le 31 mai. Les autorités ont ordonné l’évacuation de certains villages et 1180 personnes ont été déplacées vers 17 centres d’évacuation. Il est demandé à la population d’obéir aux ordres d’évacuation et de ne pas de fier aux méthodes traditionnelles de détection du CO2 (lapins crevés par exemple) car la nappe de gaz a tendance à flotter à 0,50 – 1,50 m au-dessus du sol. Ces animaux peuvent donc être épargnés, mais pas les êtres humains.

Cette dernière phrase est quelque peu surprenante dans la mesure où le CO2 est un gaz lourd qui a plus tendance à ‘couler’ qu’à ‘flotter’ à la surface du sol (comme ce fut le cas à Nyos). En principe, la mort de petits animaux est un indice de la présence de ce gaz mortel !

J’ai énuméré dans ma note du 28 mai les épisodes mortels d’émissions de CO2 sur le Plateau de Dieng au cours du 20ème siècle.

 

drapeau anglais.jpgOne can read in several articles of the Asian press that the situation is developing in the wrong way at Dieng where the Timbang Crater has been releasing high concentrations of CO2 since May 31st in the evening. Authorities have ordered the evacuation of some villages and 1,180 persons have been moved to 17 evacuation centres. The population is firmly asked to obey the evacuation orders and not trust the traditional methods of gas detection (dead rabbits for instance) as the gas usually floats at 0.50 – 1.50 metres above the ground. These animals can be spared but not the humans.

This last sentence is a bit surprising in so far as CO2 is a heavy gas that tends to ‘flow’ and not ‘float’ at the surface of the ground (as it did at Nyos). Usually, the death of small animals is a sign of the presence of this deadly gas !

I indicated in my note of May 28th all the deadly episodes of CO2 that occurred at Dieng during the 20th century.

Shiveluch (Kamchatka / Russie)

drapeau francais.jpgComme je l’ai indiqué précédemment, le Shiveluch connaît actuellement une activité explosive intermittente. Les scientifiques ont enregistré au cours des dernières 24 heures deux fortes séquences éruptives, avec des panaches de cendre qui montaient jusqu’à 9 km de hauteur. L’un de ces événements a été enregistré hier par la webcam (voir capture d’image ci-dessous). Le niveau d’alerte est maintenu à l’Orange.

 

drapeau anglais.jpgAs I put it before, Shiveluch is going through intermittent explosive activity. Scientists have registered two strong eruptions of the volcano in the last 24 hours, with ash plumes up to 9 km high. One of these explosions was recorded by the webcam yesterday (see screenshot here below). The alert level is kept at Orange.

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Le point chaud hawaiien

Alors que la plupart des volcans de notre planète se trouvent au niveau de l’accrétion ou de la subduction de plaques tectoniques, les volcans hawaiiens entrent en éruption au milieu de la plaque Pacifique. Pour expliquer cette situation quelque peu déroutante, les scientifiques ont avancé la théorie du « point chaud », selon laquelle un panache de magma en provenance du manteau terrestre percerait, tel un chalumeau, la croûte terrestre et donnerait naissance à des volcans dont l’âge dépendrait du déplacement de la plaque Pacifique vers le nord-ouest.  

Un article publié par le très sérieux National Geographic nous apprend que cette théorie est peut-être en partie inexacte car la source magmatique ne se trouverait pas à l’aplomb de l’archipel hawaiien, mais à une distance de plusieurs centaines de kilomètres à l’ouest de ce dernier.

En effet, après avoir analysé des données sismiques sur une période d’une vingtaine d’années, les géophysiciens américains ont découvert – bien au large d’Hawaii – une vaste zone (sa largeur est estimée à 1300 kilomètres) de roches à haute température. Les signaux sismiques ont révélé la présence d’une vaste anomalie à une profondeur de 660 km avec des roches à une température de 300 – 400°C, plus élevée que celle des roches environnantes.

Cela signifierait que le magma ne monterait pas directement à la verticale sous l’archipel hawaiien. Il stagnerait d’abord à la limite entre le manteau supérieur et le manteau inférieur avant de prendre un chemin détourné pour percer la surface de la croûte terrestre à Hawaii.  

Ces analyses demandent confirmation, mais elles montrent que rien n’est acquis en volcanologie. 

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Hawaii, le feu de la terre (Photo: C. Grandpey)