Etna (Sicile / Italie)

drapeau francais   Dans l’attente d’un possible, voire probable, paroxysme, le Cratère SE de l’Etna émet régulièrement des panaches de cendre et autres lapilli. Boris Behncke (INGV Catane) indiquait ces jours-ci que les explosions étaient relativement discrètes.

Ce genre de situation n’a rien d’exceptionnel sur l’Etna. J’ai eu l’occasion d’assister à de telles émissions qui, selon moi, ne sont pas de type vulcanien comme on peut le lire sur certains sites. Ainsi, à la fin de l’été 1998, la Voragine vomissait d’impressionnants panaches où se mêlaient cendre et lapilli dont les importantes retombées étaient accompagnées de crépitement sur la zone sommitale du volcan.

 

drapeau anglais   In anticipation of a possible, even likely, paroxysm, Mount Etna’s SE Crater regularly sends plumes of ash and lapilli. Boris Behncke (INGV Catania) reported these days that the explosions were relatively discrete.
This kind of situation is not exceptional on Mount Etna. I had the opportunity to attend such emissions which, in my opinion, are not vulcanian, as can be read on some websites. Thus,  late summer 1998, the Voragine vomitted impressive plumes of ash and lapilli whose fall was accompanied by cracklings on the summit area of the volcano.

Cendre Etna

(Photo:  C.  Grandpey)

 

L’éruption de boue indonésienne en perte de vitesse? // Is the Indonesian mud eruption dying out?

   Il se pourrait que l’éruption de Lusi, le tristement célèbre volcan de boue indonésien, touche à sa fin. Elle dévaste toute une région depuis le mois de mai 2006, suite à une erreur commise lors d’un forage de gaz. Plus de 60 000 personnes ont dû être relogées. La zone affectée a une surface équivalente à deux fois Central Park à New York. Au vu du volume de boue rejeté pendant les trois premières années de l’éruption, les scientifiques ont estimé que la catastrophe durerait entre 23 et 50 ans.
Une nouvelle estimation réalisée par des scientifiques de l’Université du Colorado apporte des modifications à cette prévision en prenant en compte une période plus longue de l’histoire de Lusi. Les chercheurs ont analysé les données satellitaires recueillies entre octobre 2006 et avril 2011 et faisant référence à l’affaissement du sol provoqué par l’éruption. En effet, les variations de la vitesse d’affaissement vont de pair avec des modifications de pression à l’intérieur du volcan. Les scientifiques ont remarqué que la pression – qui est le moteur de l’éruption – a baissé exponentiellement avec le temps. Lusi rejette aujourd’hui environ 10 000 mètres cubes de boue chaque jour. Si la baisse de pression continue, le volcan devrait vomir quotidiennement moins de 1000 mètres cubes vers 2017.
Espérons que les prévisions des chercheurs américains sont exactes !
Source : Science News.

 

   The end may be near for Lusi mud volcano that has wreaked havoc in Indonesia since May 2006 after a drilling accident at a nearby gas exploration well. Since then, the eruption has buried an area about twice the size of New York’s Central Park and displaced more than 60,000 people. Based on the amount of muck released during the eruption’s first three years, scientists had estimated Lusi’s fury would last 23 to 50 years.
A new estimate by scientists at the University of Colorado changes the predictions by taking into account a longer period of Lusi’s history. The researchers analyzed satellite measurements collected from October 2006 to April 2011 of sinking ground caused by the eruption. Indeed, changes in the rate of sinking reflect changes in the pressure inside the volcano. High pressure fuels the eruption and has decreased exponentially over time. Currently, Lusi releases 10,000 cubic metres of mud per day. Because of pressure drops, by around 2017, the volcano will erupt less than 1,000 cubic meters daily.
Let’s hope the predictions of the Americans scientists are reliable!
Source: Science News.

Lusi-blog

Voici Lusi vu depuis l’espace en 2009.  Les couleurs sont fausses.  Le rouge représente les zones de végétation. On voit clairement l’enceinte murale édifiée autour du volcan de boue pour contenir les émissions.

(Crédit photo: NASA)

Volcan sous-marin Havre / Havre seamount (Iles Kermadec / Nouvelle Zélande)

drapeau francais.jpgDes scientifiques néo-zélandais ont récemment embarqué à bord du navire de recherche Tangaroa pour une mission de 23 jours dans les Iles Kermadec, au nord de la Nouvelle Zélande, afin d’étudier cette chaîne volcanique qui s’étire sur un millier de kilomètres au nord de la Bay of Plenty. Ils ont pu cartographier le volcan Havre et ont eu la confirmation que c’est bien lui qui est entré en éruption le 19 juillet 2012 en donnant naissance à une impressionnante nappe de ponce. Un nouveau cône volcanique de 240 mètres de hauteur est apparu sur le bord de la caldeira.

L’éruption du volcan Havre a eu lieu à une profondeur de 1100 mètres et le nuage de cendre était visible sur les images satellites, tandis que la nappe de ponce couvrait une surface estimée à 22 000 kilomètres carrés.

Les scientifiques connaissaient la topographie du volcan qui avait été cartographié au cours d’une mission effectuée en 2002. Ils savaient que le volcan était, à cette époque, une montagne de 1000 mètres de hauteur pour un diamètre de 5 km et que le cratère se trouvait à 800 mètres de profondeur.

En utilisant un sonar multi-faisceaux, ils ont pu déterminer la forme actuelle du volcan et la comparer à ce qu’elle était avant l’éruption.

Source : Bay of Plenty Times.

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drapeau anglais.jpgNew Zealand scientists aboard the research vessel Tangaroa recently embarked on a 23-day voyage of discovery in the Kermadecs, north of New Zealand, to study the volcanic chain that stretches for 1000 kilometres north from Bay of Plenty. They have just mapped the Havre volcano and the confirmation that it erupted on July 19th 2012, producing a huge pumice raft. They found a new volcanic cone which has formed on the edge of the Havre caldeira, towering 240 metres above the crater rim.

The Havre volcano eruption was strong enough to breach the ocean surface from a depth of 1100 metres.  It produced clouds of ash visible by satellite, and a pumice raft that covered an area of 22,000 square kilometres.

The scientists knew the shape of the volcano from previous research. Using the multibeam echosounder, they made a before and after comparison of the volcano to determine the size of the eruption and the change it has made to the seafloor.

The Havre volcano had previously been mapped in 2002, showing a 1-kilometre-high undersea mountain with a 5-kilometre-wide, 800-metre-deep central crater.

Source: Bay of Plenty Times.

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                               Modélisation du Havre seamount (CREDIT: NIWA/GNS Science)


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La nappe de ponce vue par satellite le 19 juillet 2012 (CREDIT: NASA)

Le volcan mystère (suite)

Dans une note publiée le 16 juin dernier et intitulée « Le volcan mystère », je faisais référence à une éruption qui s’est produite en 1258 mais dont on ignore le lieu. Il semblerait que le scientifique français Franck Lavigne ait trouvé la réponse à la question que tout le monde se pose mais le résultat de ses recherches n’a pas encore été publié. On pense toutefois que le Rinjani est responsable des graves conséquences de ce cataclysme.

Dans un article récent, le très sérieux quotidien britannique The Guardian revient sur la découverte, par des archéologues, d’une fosse commune rassemblant quelque 10 500 cadavres dans le quartier de Spitalfields, à l’est de Londres. Au départ, les chercheurs ont pensé que les décès étaient imputables à la Peste Noire ou à la Grande Famine qui ont frappé l’Angleterre au 14ème siècle. En fait, la datation des ossements a montré que la mort remontait au 13ème siècle et on pense donc que c’est une éruption volcanique de grande envergure qui serait responsable de tous ces décès. Elle aurait entraîné de profonds bouleversements climatiques en refroidissant la température sur Terre. Les cultures auraient été anéanti, avec une période de famine et des dizaines, voire des centaines, de milliers de morts à travers l’Europe. Le quotidien rapporte les écrits d’un moine anglais en 1258: « Le vent a soufflé du nord pendant des mois…avec peu de chance d’avoir des récoltes… Les plus pauvres périrent en grand nombre…Ceux qui avaient des maisons n’osaient pas héberger les malades et les mourants, par crainte d’être infectés…La pestilence était immense, insoutenable, en particulier chez les pauvres. A Londres, 15 000 pauvres ont péri ; en Angleterre et ailleurs aussi, des milliers de personnes sont mortes ». Aucune explication n’a été fournie à l’époque. Comme souvent, le malheur a été reçu comme une punition divine. La population londonienne était alors de 50 000 habitants ; la perte de 15 000 a radicalement modifié l’apparence de la ville.

Cet article du Guardian vient donc confirmer et compléter nos connaissances à propos du cataclysme qui a frappé notre planète en 1258. Il sera certes intéressant de connaître le coupable mais il faudra aussi garder en mémoire que plusieurs éruptions de ce type ont ponctué l’histoire de l’humanité et qu’au 21ème siècle nous ne sommes pas à l’abri d’un tel désastre. Les progrès technologiques ont été considérables au cours des dernières décennies, mais il est fort à parier que nous serons fort démunis le jour où un super volcan décidera de reprendre de l’activité. Notre société basée sur l’Internet et des moyens de communication de plus en plus rapides sera forcément mise en difficulté.