L’hémisphère sud subit lui aussi de plein fouet les effets du réchauffement climatique. Les saisons sont inversées par rapport à l’hémisphère nord et la Nouvelle-Zélande vient de connaître son hiver le plus chaud et le plus humide depuis le début des relevés en 1909. Le record hivernal de chaleur est battu pour la troisième année consécutive.
La température moyenne à l’échelle nationale a atteint 9.8°C, soit 1.4°C de plus que la moyenne 1981-2010. De nombreuses localités de Nouvelle-Zélande ont connu des températures record. Les anomalies s’élèvent à 1.3°C pour juin (8ème mois de juin le plus chaud) et juillet (4ème mois de juillet le plus chaud) ; 1.5°C pour août (2ème mois d’août le plus chaud).
C’est la première fois que le record de chaleur est battu trois hivers de suite en Nouvelle-Zélande. Aucune des 7 régions du pays n’a connu des température inférieures aux normales de saison. Sur les 10 hivers les plus chauds jamais enregistrés en Nouvelle-Zélande, six ont eu lieu depuis 2013.
L’hiver a également été le plus humide depuis le début des relevés de précipitations en 1971. Des précipitations extrêmes ont entraîné de graves inondations à travers le pays qui a connu des pluies supérieures de 120 à 150% par rapport aux normales de saison.
The southern hemisphere is also bearing the brunt of the effects of global warming. The seasons are reversed compared to the northern hemisphere and New Zealand has just experienced its warmest and wettest winter since records began in 1909. The winter heat record has been broken for the third consecutive year.
The national average temperature reached 9.8°C, 1.4°C higher than the 1981-2010 average. Many municipalities in New Zealand have experienced record high temperatures. The anomalies amount to 1.3°C for June (8th hottest month of June) and July (4th hottest month of July); 1.5°C for August (2nd hottest month of August).
This is the first time the heat record has been broken three winters in a row in New Zealand. None of the 7 regions of the country experienced temperatures below normal for the season. Of the 10 warmest winters on record in New Zealand, six have occurred since 2013.
The winter was also the wettest since rainfall records began in 1971. Extreme rainfall led to severe flooding across the country which saw rainfall 120-150% higher than normal for the season.
Source: global-climat, New Zealand press.
Anomalies de température en hiver pour la Nouvelle-Zélande. Source : National Institute of Water and Atmospheric Research (NIWA)
L’été météorologique se termine officiellement le 31 août 2022, mais Météo France est déjà en mesure d’annonce que l’été 2022 en France a été le deuxième plus chaud après 2003, avec des pics de chaleur « exceptionnels ». On remarquera que les 10 étés les plus chaud figurent tous dans les deux décennies écoulées. C’est assez logique étant donné que le réchauffement climatique tel que nous les connaissons à l’heure actuel a commencé vers 1975.
Durant cet été météorologique, on a enregistré une température moyenne de 22,67°C, contre 23,10°C lors de l’été 2003.
L’été 2022 a été marqué par plusieurs records de température. Les 42 degrés Celsius ont été atteints à Nantes le 18 juillet, un record absolu. De plus, il n’y a pas eu de journées fraîches depuis début juillet
La mer a, bien sûr, subi les effets de ces fortes chaleurs. Ainsi, la température de la Méditerranée a enregistré une hausse de l’ordre de « 4 à 5 degrés » par rapport aux normales saisonnières.
On va maintenant attendre le bilan d’agences comme la NASA, la NOAA et ERA5 pour savoir comment s’est comporté l’été 2022 à l’échelle de la planète.
Source: Météo France.
Les vagues de chaleur en France depuis 1947. 2022 n’y figure pas encore. (Source: Météo France)
On peut voir sur le site web du Huffington Post une superbe photo aérienne du massif du sud des Alpes, culminant à 4 102 mètres à la Barre des Ecrins. L’image est particulièrement révélatrice de l’impact,du réchauffement climatique sur les glaciers et sur la neige.
Le massif des Écrins, avec son Glacier Blanc et les quatre sommets du Mont Pelvoux, a perdu la quasi-totalité de son manteau neigeux et glaciaire. Les records de chaleur enregistrés au cours de l’été 2022, même en altitude, n’ont fait qu’aggraver la situation. Seules quelques neiges éternelles sur les faces nord des plus hauts sommets ou les lacs pro-glaciaires du glacier de l’Arsine, au premier plan de la photo, contrastent avec l’ensemble grisâtre du massif. Le sable qui avait été transporté par le vent depuis le Sahara, apparaît également sur la photo.
Des images comparatives entre 1895, 1983 et 2022, publiés dans le journal Le Monde fin juillet témoignent de l’impact du réchauffement climatique sur le Glacier-Blanc, situé sur la face nord de la Barre des Écrins. Il a reculé de 1 kilomètre depuis 35 ans, à raison de 60 mètres par an.
Les glaciologues ajoutent que la fonte des glaciers s’est accélérée au cours des sept dernières années. Dans ces conditions, on s’attend à un bilan de masse historiquement déficitaire pour le Glacier Blanc, au moins équivalent au record de fonte de 2003, voire pire. On observe des chutes de blocs de glace quotidiennes ou encore un tarissement de l’eau qui approvisionne le Refuge du Glacier Blanc depuis les névés.
A côté du Glacier Blanc, un constat identique est établi au niveau des langues glaciaires d’Ailefroide, de la Momie, des Violettes et du Pelvoux. La moitié des 120 glaciers recensés sur le massif en 1950 ont disparu. La perte de glace risque atteindre 90 à 95 % dans les Écrins à l’horizon 2100..
La disparition des glaciers et des névés met à jour des crevasses et des fissures qui représentent un réel danger pour les alpinistes. Plusieurs sont morts au cours des dernières semaines. Ce sera le sujet de la note de demain.
Selon le dernier Rapport sur l’Etat de l’Environnement publié fin juillet 2022 par le gouvernement australien, le réchauffement climatique constitue la plus grande menace pour les écosystèmes de l’Antarctique et de l’océan Austral. Le rapport révèle que le réchauffement climatique est un facteur clé de changement en Antarctique, dans la région subantarctique et dans l’océan Austral. La pollution, le tourisme, la pêche commerciale et une présence humaine croissante affectent également l’Antarctique. Bien que l’environnement de l’Antarctique soit encore relativement en bon état, les pressions exercées sur le continent et l’océan qui l’entoure augmentent régulièrement. Par exemple, les plates-formes de glace fondent plus rapidement en raison du réchauffement de la partie supérieure de l’océan et de la basse atmosphère; l’empreinte humaine dans la région s’accentue et les captures de krill atteignent des niveaux jamais vus dans les années 1980.
Plus important encore, les auteurs du rapport ont trouvé des preuves sans équivoque des processus du réchauffement climatique en cours; ils sont susceptibles de modifier l’environnement physique de l’Antarctique au cours des prochaines décennies, voire des prochains siècles. Ces changements sont susceptibles de devenir irréversibles sans interventions politiques et avancées technologiques.
Entre 1992 et 2017, le réchauffement climatique a entraîné la perte de près de 2700 gigatonnes (2700 milliards de tonnes) de glace de la calotte glaciaire de l’Antarctique – avec l’effondrement de grandes plates-formes glaciaires – ce qui a contribué à faire s’élever le niveau moyen de la mer d’environ 8 mm. La vitesse de cette perte de glace a quadruplé depuis la fin du 20ème siècle.
Alors que la péninsule antarctique et l’ouest de l’Antarctique ont connu jusqu’à présent le plus de changements, des événements récents montrent que le territoire antarctique australien dans l’est de l’Antarctique, là où se trouvent les bases australiennes, est également en proie à des changements.
En 2019-2020, par exemple, certaines parties de la côte antarctique ont connu une vague de chaleur de trois jours, avec des records de température minimale et maximale. Le maximum de 9,2° C à la station australienne de Casey était supérieur de 6,9° C à la température maximale moyenne de la station au cours des 31 dernières années. Ces températures extrêmes sont préoccupantes car ces régions sont des oasis essentielles de biodiversité, où les plantes et les animaux se sont adaptés au fil des millénaires à une gamme étroite de conditions physiques.
L’étendue de la banquise autour du continent antarctique a également connu des fluctuations extrêmes récemment. Entre 1979 et 2018, les données satellitaires ont montré que l’étendue globale de la banquise antarctique avait augmenté d’environ 11 300 kilomètres carrés par an, bien qu’il y ait eu de fortes fluctuations régionales et saisonnières dans cette tendance. Depuis 2015, l’étendue de la banquise s’est inversée, avec un record de minimum d’étendue en 2016 et un autre en 2022.
Le rapport explique que le réchauffement climatique peut profiter à court terme à certaines espèces antarctiques, en agrandissant la taille des zones libres de glace pour la reproduction, ou avec des eaux plus chaudes qui augmentent la productivité biologique dans l’océan. Cependant, ce gain pour certaines espèces aura un coût pour d’autres, avec en plus la menace que des espèces non indigènes s’établissent et concurrencent les espèces indigènes. La vitesse à laquelle l’environnement physique change semble plus rapide que la vitesse à laquelle les organismes antarctiques peuvent s’adapter. Cela met en danger d’extinction certaines espèces emblématiques de l’Antarctique, telles que les manchots empereurs.
Cependant, il existe des réussites en Antarctique, notamment le Protocole de Montréal de 1989 visant à réduire les gaz qui appauvrissent la couche d’ozone et créent le fameux trou au-dessus du continent chaque printemps. Un retour de la concentration d’ozone aux niveaux de 1980 est prévu entre le milieu et la fin du 21ème siècle.
Il y a aussi le Protocole de 1991 sur la protection de l’environnement, lié au Traité sur l’Antarctique, qui fournit un cadre pour la protection de l’environnement en Antarctique, avec en particulier une interdiction de l’exploitation minière et de l’exploration minérale.
Dans sa conclusion, le rapport insiste sur le fait que les risques associés au réchauffement climatique sont « clairs et substantiels » en Antarctique. « Les processus qui modifient l’environnement de l’Antarctique sont bien engagés et devraient se poursuivre pendant au moins plusieurs vies humaines. »
Source : Australian Antarctic Program.
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According to the latest State of the Environment report released at the end of July 2022 by the Australian government, climate change poses the greatest threat to Antarctic and Southern Ocean ecosystems. The report found that climate change is a key driver of change in Antarctica, the sub-Antarctic and the Southern Ocean. Pollution, tourism, commercial fishing, and an expanding human presence, also affect the Antarctic region. Although the Antarctic environment is still in comparatively good condition, the pressures on the continent and the surrounding ocean are increasing. For example, ice shelves are melting faster due to warming of the upper ocean and lower atmosphere, the human footprint in the region is expanding, and the krill fishery is increasing catches to levels last seen in the 1980s.
Most importantly, the authors of the report found unequivocal evidence of climate change processes occurring now, which are likely to alter the physical Antarctic environment over the next decades to centuries. These changes are likely to become irreversible without policy interventions and technological advances.
Between 1992 and 2017, global warming caused the loss of almost 2700 gigatonnes (2700 billion tonnes) of ice from the Antarctic ice sheet – including the collapse of large ice shelves – contributing about 8 mm to mean sea level rise. The speed of this ice loss has quadrupled since the end of the 20th century.
While the Antarctic Peninsula and West Antarctica have experienced the most change, recent events suggest that climate change signals are now surfacing in the Australian Antarctic Territory, in East Antarctica where Australia’s Antarctic stations are located and Australian research efforts are focussed.
In 2019-20, for example, parts of coastal Antarctica experienced a three-day heatwave, breaking minimum and maximum temperature records. The highest maximum of 9.2°C at Australia’s Casey research station was 6.9°C higher than the mean maximum temperature for the station over the past 31 years. Such extreme temperatures are concerning as these regions are key oases of biodiversity, where plants and animals have adapted over millennia to a specific narrow range of physical conditions.
Sea ice extent around the Antarctic continent has also seen extreme swings recently. Between 1979 and 2018, satellite records showed overall Antarctic sea ice extent increased by about 11,300 square kilometres per year, although there was strong regional and seasonal variation within this trend. But since 2015 sea ice extent has gone into reverse, with a record low in 2016 and another in 2022.
The report explains that climate change may benefit some Antarctic species in the short-term, by expanding the size of ice-free areas available for breeding, or with warmer waters increasing biological productivity in the ocean. However this gain for some will come at a cost for others, made worse by the threat of non-native species establishing and outcompeting native species. The rate at which the physical environment is changing appears to be faster than the rate at which Antarctic organisms can adapt, placing some iconic species, such as emperor penguins, at risk of extinction.
However, there are success stories, including the 1989 Montreal Protocol agreement to reduce ozone-depleting gases that create the ozone hole over Antarctica every spring, and contribute to climate change. A full recovery of ozone to 1980 levels is expected by the mid to late 21st century.
Theere is also the 1991 Protocol on Environmental Protection to the Antarctic Treaty that provides a framework for protection of the Antarctic environment, including a ban on mining and mineral exploration.
In its conclusion, the reports insists that the risks associated with climate change are “clear and substantial” in Antarctica. “The processes that are changing the Antarctic environment are well under way and likely to continue for at least several human lifetimes.”