Un pont sur le détroit de Messine ? Attention aux séismes !

Suite à ma note évoquant le Pont qui joue l’arlésienne sur le détroit de Messine, certains visiteurs de mon blog m’ont fait remarquer qu’un tel ouvrage serait exposé aux séismes qui secouent périodiquement cette région de l’Italie. Cette remarque est tout à fait exacte et la sismicité est l’un des facteurs qui ont entravé la réalisation du projet.

Par sa situation tectonique, le sud de la Sicile est souvent secoué par des tremblements de terre. L’île se situe sur la zone de subduction où la plaque africaine plonge sous la plaque eurasiatique. Cette zone de subduction est par ailleurs responsable de la formation de l’Etna.

La plupart des séismes ont lieu le long de l’arc siculo-calabrais, une zone bien connue où les failles s’étirent sur environ 370 kilomètres en formant trois segments. Le segment calabrais est responsable de la série de séismes qui ont frappé la Calabre en 1783.

Côté sicilien, l’histoire révèle plusieurs séismes dévastateurs.

Un séisme particulièrement destructeur s’est produit le 4 février 1169 à 7 heures du matin à Catane, à la veille des célébrations de Sainte Agathe. Il a été suivi d’un tsunami. La magnitude de cet événement se situait probablement entre M 6,4 et M 7,3. Catane, Lentini et Modica sont les villes qui ont été les plus sérieusement touchées. Le séisme a causé la mort d’environ 15 000 personnes.

Le séisme du 11 janvier 1693 à 21 heures au Val di Noto dans le sud-est de la Sicile fut, lui aussi, suivi d’un tsunami, Avec une magnitude de M 7,4, il est considéré comme le plus puissant séisme dans l’histoire italienne. Il a entraîné la destruction d’environ 70 villes ou villages, provoqué des dégâts sur une zone de 5 600 km2 et causé la mort d’environ 60 000 personnes.

Le séisme du 28 décembre 1908 à 5h20 du matin à Messine a touché le nord-est de la Sicile.   et la pointe Sud-Ouest de la Calabre. Son épicentre se trouvait dans le détroit de Messine. La secousse d’une durée de 30 secondes a été suivie d’un tsunami qui a détruit les villes de Messine, Reggio de Calabre et Palmi. Les câbles téléphoniques et télégraphiques dans le détroit de Messine ont été rompus. La catastrophe a tué entre 75 000 à 200 000 morts, selon les estimations. Les victimes ont été plus nombreuses en Calabre qu’en Sicile. Les autorités italiennes font souvent référence à ce séisme majeur pour justifier leur peu d’empressement à édifier un pont au-dessus du détroit de Messine.

Le séisme de la nuit du 14 au 15 1968, connu aussi sous le terme italien Terremoto del Belice, a touché toute la vallée du Belice, une zone comprise entre les provinces de Palerme, Agrigente et Trapani. Plusieurs localités de cette zone ont été détruites. Le bilan est lourd : officiellement 370 morts, mais en réalité probablement plus de 400, un millier de blessés et plus de cent mille sans abris.

Le 13 décembre 1990, un séisme de magnitude M 5,8 a frappé la Sicile, entre Catane et Raguse, faisant 17 morts et 200 blessés et 2500 sans abris, avec de graves dommages matériels.

Plus près de nous une forte secousse a été enregistrée le 22 décembre 2020 à 21h27 à Raguse. Sa magnitude a été estimée à M 4,6, avec un hypocentre à 30 km de profondeur. L’épicentre a été localise en mer entre Santa Croce Camerina e Gela, dans la province de Raguse. L’événement n’a causé ni victimes, ni dégâts majeurs. .

La nuit du 31 décembre 2020 a été agitée dans la région de Catane! À partir de 20h59, un essaim sismique avec des événements d’intensité croissante a été ressenti par la population. L’épicentre de l’essaim a été localisé à 3 km au nord-est de Ragalna, dans la région de l’Etna. Les deux secousses les plus significatives avaient une magnitude de M 3,5 sur l’échelle de Richter, à une profondeur de 11 et 14 km. Aucun dégât matériel ou humain n’a été signalé. Dans le même temps, l’activité strombolienne se poursuivait au sommet de l’Etna, mais il ne semble pas y avoir de lien entre cette sismicité et l’activité volcanique.

Ces différents événements confirment que la Sicile et la Calabre sont des zones très sensibles d’un point de vue sismique et que la construction d’un pont – même répondant aux normes parasismiques – sur le détroit de Messine n’est pas sans risques.

On va me rétorquer que des ponts ont été construits dans d’autres régions sismiques du globe comme la Californie qui est exposée aux frasques de la Faille de San Andreas. Ainsi, le séisme du 17 octobre 1989 a secoué la San Francisco Bay Area. Il a tué 63 personnes et blessé 3800 autres, avec des dégâts estimés à l’époque à 6 milliards de dollars. Avec une magnitude de M 6,9, c’est le plus violent séisme enregistré en Californie depuis celui de 1906. C’est à San Francisco et Oakland que les dégâts les plus importants ont été observés. Dans cette dernière ville, le système de transports a beaucoup souffert, avec l’effondrement du

 Cypress Street Viaduct où de nombreuses personnes ont péri. Le San Francisco–Oakland Bay Bridge a également été endommagé quand le niveau supérieur de circulation s’est effondré. Suite à ce séisme, tous les ponts de la région ont été renforcés àfin de mieux faire face aux prochains séismes.

San Francisco–Oakland Bay Bridge en 1989

(Source : médias américains)

Des volcans au vélo, du vélo aux volcans…

Nous avons tous nos petits fantasmes. Certains rêvent d’escalader le Mont Blanc, d’autres le Kilimandjaro. Plus modestement, le cyclo qui sommeille en moi avait envie de grimper les grands cols alpins et pyrénéens. Galibier, Croix de Fer, Iseran, Tourmalet ou Aubisque m’ont régalé et beaucoup apporté au niveau de l’endurance et de la patience. Quand l’amour du vélo se couple à celui des volcans, on escalade d’abord les cols auvergnats et ensuite, on s’attaque aux pentes de l’Etna. On traverse l’Atlantique pour rouler dans la Chaîne des Cascades avec un maillot qui montre le Mont St Helens avant l’éruption de 1980. Mes autres fantasmes m’ont conduit sur la piste cyclable qui traverse les Everglades en Floride, au milieu des oiseaux et des alligators. J’ai aussi loué un vélo à San Francisco pour aller rouler sur le Golden Gate Bridge jusqu’à Sausalito, avec une rampe d’accès particulièrement pentue et un vent glacial au milieu du pont. Le vélo n’étant pas autorisé à Bryce Canyon, c’est à cheval que j’ai parcouru la piste de ce parc merveilleux….

Croix de Fer

En haut du col de la Croix de Fer…

Forestale

La Forestale: un superbe circuit autour de l’Etna…

Velo 06

Le Mont St Helens sur le maillot….

Velo 03

Une piste cyclable traverse le Parc des Everglages (Floride)….

Velo 04

…avec des rencontres intéressantes!

Vélo 01

Arrêt le temps d’une photo sur le Golden gate….

Vélo 02

…avant la découverte de Sausalito.

Velo 05

Faute de vélo, randonnée dans Bryce Canyon à dos de cheval!

En attendant « The Big One » // Getting ready for « The Big One »

drapeau-francais« The Big One » est une expression souvent associée à la ville de San Francisco qui s’attend, à plus ou moins long terme, à un séisme majeur provoqué par un caprice de la Faille de San Andreas. Toutefois, le nord-ouest des États-Unis est également sous la menace d’un séisme majeur causé par la subduction de la plaque tectonique Juan de Fuca sous la plaque nord-américaine. Les sismologues affirment qu’une rupture de cette faille qui s’étire sur 1 045 km de longueur depuis le nord de la Californie jusqu’en Colombie-Britannique, suivie d’un tsunami, pourrait se produire de notre vivant. C’est pourquoi les responsables de la Protection Civile sont en train de se préparer pour le pire. Il ne faudrait pas oublier non plus que la subduction a donné naissance à la Chaîne des Cascades avec un bon nombre de volcans actifs comme le Mont St Helens, le Mont Rainier ou le Mont Adams. Nous ne savons pas quel effet un séisme majeur pourrait avoir sur ces volcans
C’est la raison pour laquelle les autorités étatiques et militaires travaillent ensemble pour élaborer des stratégies à mettre en place lorsque le « Big One » se produira. S’il se produisait, on estime que plus de 14 000 personnes mourraient, 30 000 seraient blessées, des milliers d’autres seraient sans-abri. L’économie de la région serait perturbée pendant des années, voire des décennies. Pour faire face à un tel désastre, les planificateurs envisagent un déploiement de personnel et d’équipement civils et militaires d’une ampleur encore jamais vue aux Etats-Unis pour faire face à une catastrophe naturelle. Il y aurait des ballets d’avions-cargos, d’hélicoptères et de navires, ainsi que des dizaines de milliers de soldats, des fonctionnaires, des équipes d’urgence mortuaire, des policiers, des pompiers, des ingénieurs, du personnel médical et d’autres spécialistes.
Depuis 2013, les autorités s’efforcent de mettre en place un plan d’intervention militaire pour l’État de Washington. Le plan d’intervention pour l’Oregon a été baptisé Cascadia Playbook. Le séisme et le tsunami de M 9 qui a dévasté certaines régions du Japon en 2011 a montré ce que le Pacifique Nord-Ouest doit faire pour se préparer à une catastrophe similaire.

Le plan prévoit l’instauration d’un système à plusieurs niveaux susceptible de fournir du personnel, des équipement et des fournitures à la région dévastée:
– De gros avions-cargos atterriraient dans les aéroports ou les bases aériennes capables de les accueillir. Ensuite, des avions plus petits seraient utilisés pour acheminer du personnel et des fournitures dans les aérodromes proches des zones dévastées.
– Les hélicoptères joueraient un rôle crucial, en particulier dans les zones côtières qui seraient probablement inaccessibles par la route en raison de la destruction des ponts et des routes.
– Des navires seraient probablement nécessaires pour permettre la livraison de fournitures d’urgence et aider à l’évacuation des personnes déplacées et des blessés.
– Des installations médicales d’urgence pour soigner les blessés seraient mises en place car les hôpitaux de la côte seraient probablement trop endommagés pour être utilisés. Les hôtels, motels, dortoirs de collèges, centres sportifs, etc. seraient utilisés comme abris temporaires pour les personnes évacuées.
– Des ingénieurs militaires et civils seraient envoyés pour commencer à réparer les infrastructures qui pourraient avoir subi des dégâts. Le pire des scénarios montre que plus de 1000 ponts dans l’Oregon et l’État de Washington s’effondreraient ou seraient tellement endommagés qu’ils seraient inutilisables.
– Le séisme et le tsunami feraient subir de gros dégâts aux infrastructures sur les principaux axes routiers comme la Route 101 ou l’autoroute n°5. Le trafic serait probablement dérouté en raison de grandes fissures dans la chaussée.
– Des systèmes de purification d’eau et des unités de communication d’urgence seraient déployés.
– Seattle, Portland et d’autres zones urbaines pourraient subir des dégâts considérables, tels que l’effondrement d’édifices construits avant que les normes parasismiques soient entrées en vigueur pour faire face à un séisme majeur. Des équipes de recherche et de secours en milieu urbain, spécialement formées, seraient envoyées pour rechercher des survivants dans les décombres des bâtiments détruits.
Source: Alaska Dispatch News.

————————————

drapeau anglais“The Big One” is often connected with San Francisco which expects, sooner or later, a major earthquake caused by the San Andreas Fault. However, north-western U.S. is also under the threat of a major earthquake caused by the subduction of the Juan de Fuca tectonic plate beneath the North American plate. Seismologists say a full rupture of the 1045-km-long offshore fault running from Northern California to British Columbia and an ensuing tsunami could come in our lifetime, and emergency management officials are busy preparing for the worst. We should not forget either that the subduction gave birth to the Cascade Range with quite a good number of active volcanoes, Mt St Helens, Mt Rainier and Mt Adams among other. We do not know what effect a major earthquake might have on these volcanoes
That’s why Federal, state and military officials have been working together to draft plans to be followed when the « Big One » happens. Should it occur, it is estimated that upward of 14,000 people would die, 30,000 would be injured, thousands would be left homeless and the region’s economy would be disrupted for years, if not decades. As a response, what planners envision is a deployment of civilian and military personnel and equipment that would eclipse the response to any natural disaster that has occurred thus far in the U.S. There would be waves of cargo planes, helicopters and ships, as well as tens of thousands of soldiers, emergency officials, mortuary teams, police officers, firefighters, engineers, medical personnel and other specialists.
Since 2013, authorities have been working at setting up a military response plan for Washington state. Oregon’s response plan is called the Cascadia Playbook. The M 9.0 earthquake and tsunami that devastated parts of Japan in 2011 gave greater clarity to what the Pacific Northwest needs to do to improve its readiness for a similar catastrophe.

The plans call for using a tiered system for delivering personnel, gear and supplies into the devastated region:
– Large cargo planes would land at airports or air bases capable of handling them, and then progressively smaller aircraft would be used to get personnel and supplies to smaller airfields close to devastated areas.
– Helicopters would play a crucial role, especially in coastal communities, which would likely be unreachable by road because of destroyed bridges and roads.
– Ships would likely be needed to assist with the delivery of emergency supplies and to assist with the evacuation of displaced and injured people.
– Emergency medical facilities to treat the injured would be set up because hospitals on the coast would probably be too damaged to use. Hotels, motels, college dorms, sports arenas, etc. would be used as temporary shelters for evacuees.
– Military and civilian engineers would be sent in to begin repairing an infrastructure that could be shattered. Worst-case scenarios show that more than 1,000 bridges in Oregon and Washington State could either collapse or be so damaged that they are unusable.
– Infrastructure on the main roadways like U.S. Route 101 or Interstate 5 would suffer heavy damage from the quake and from the tsunami. Traffic would likely have to be rerouted because of large cracks in the pavement.
– Transportable water purification systems and emergency communications units would be deployed.
– Seattle, Portland and other urban areas could suffer considerable damage, such as the collapse of structures built before codes were updated to take into account a mega-quake. Specially trained urban search and rescue teams would be sent to look for survivors in the ruins of destroyed buildings.
Source : Alaska Dispatch News.

Rainier avion

Seattle et le Mont Rainier à l’arrière -plan (Crédit photo: Wikipedia)