La Bérarde (Isère) un an après

Les 20 et 21 juin 2024, la crue exceptionnelle du torrent des Étançons a frappé durement le hameau de La Bérarde et la vallée du Vénéon. La lave torrentielle a emporté tout sur son passage, charriant des centaines de milliers de mètres cubes d’eau et de pierres. 114 personnes ont été évacuées, notamment par hélicoptère, dont un couple sauvé in extremis. Sur 54 maisons, 18 ont été ensevelies ou détruites.

Crédit photo: presse régionale

Un an après, l’accès au village est interdit. Seuls les habitants sont autorisés à s’y rendre et ils se demandent quand ils pourront regagner leur maison. Des études sont en cours pour évaluer la faisabilité de travaux de protection du village en cas de nouvelles crues. Impossible pour l’heure de chiffrer précisément les travaux de reconstruction et de sécurisation. En septembre 2025, des conclusions d’études devraient être rendues publiques.

Un an plus tard, la vallée met tout en œuvre pour retrouver un semblant de normalité, avec la réouverture de la route jusqu’à Saint-Christophe-en-Oisans. Des services de navettes ont été mis en place pour les visiteurs, des sentiers ont été retapés et des refuges ont rouvert leurs portes. Mais la vigilance reste de mise car la situation est susceptible d’évoluer à tout moment en fonction du niveau de vigilance météorologique et de l’état du lac glaciaire de Bonnepierre.

S’il n’est pas la cause unique du désastre, le glacier porte tout de même une grande part de responsabilité. La vidange du lac périglaciaire a aggravé l’ampleur de la lave torrentielle. Face aux incertitudes sur les risques encore présents et sur l’existence d’autres poches d’eau, le glacier fait désormais l’objet d’un suivi scientifique rigoureux.

Vue du glacier de Bonne Pierre où la vidange de lacs et cavités a provoqué la catastrophe du mois de juin 2024 (Crédit photo : E. Larose / CNRS)

Afin d’assurer la protection des populations, une procédure a été créée par la Préfecture en lien avec les collectivités. Elle repose sur un principe de vigilance météo prenant en compte les pluies intenses, le niveau de fonte nivale et l’état de la vidange glaciaire. En cas de suspicion d’événement météo majeur, des mesures seront préventivement appliquées, avec alerte immédiate des refuges et confinement des randonneurs au sein de ces derniers, et suspension des navettes.

Source : Parc National des Écrins.

Incorrigibles Américains ! // Incorrigible Americans !

Je le savais déjà, mais je me suis rendu compte ces derniers jours, suite aux incendies en Californie, de l’étroitesse d’esprit et de l’obstination – voire carrément de la stupidité – d’un grand nombre d’Américains. Peut-être ai-je eu affaire uniquement à des supporters de Donald Trump? Aucune des personnes avec lesquelles j’ai conversé sur les réseaux sociaux n’était prête à admettre un quelconque rôle du réchauffement climatique parmi les causes des incendies, qu’il s’agisse des températures, de la sécheresse ou de l’intensité tout à fait anormale des vents de Santa Ana (voir ma note suivante). Il est vrai que si les Américains écoutent les élucubrations de Donald Trump ou Elon Musk à ce sujet, ils sont à bonne école. Si vous leur assénez des vérités et les mettez en difficulté, leurs propos deviennent violents et carrément incohérents.

De la même façon, les Californiens – et les Américains en général – ont bien du mal à reconnaître que la part belle faite au bois dans les constructions des quartiers de Palisades et Eaton a largement contribué à alimenter les incendies. Certes, les maisons américaines, qui sont inspirées des cabines en rondins – les log cabins – des pionniers, sont beaucoup moins chères à construire que nos maisons en dur. Mais quand elles flambent, c’est la catastrophe. Les pays scandinaves connaissent une situation analogue. L’abondance de bois dans les forêts de Suède et de Norvège a conduit les populations à adopter un habitat largement fait de bois.

Capture d’écran montrant une maison traditionnelle américaine avant et après les incendies (Source: CNN)

Dans plusieurs photos du quartier de Palisades diffusées par la presse, on voit des âtres et leurs cheminées en ciment et en brique émerger des décombres car ils ont résisté aux flammes.

 

Dans le commentaire d’un article de presse, j’ai fait remarquer à une interlocutrice qu’il faudrait reconstruire en dur. Ce à quoi elle m’a fait justement remarquer que de telles constructions pourraient être exposées aux séismes qui peuvent être destructeurs en Californie. Je lui ai alors fait remarquer que des normes de construction parasismiques existent, comme c’est le cas au Japon. Je me suis rendu compte que je venais d’ouvrir une brèche dans ses connaissances…

————————————————–

I already knew this, but I have realized in recent days, following the wildfires in California, how narrow-minded and stubborn – if not downright stupid – many Americans are. Maybe I had to deal with fierce Trump supporters? None of the people I have spoken to on social networks were prepared to admit that global warming played any role in the causes of the fires, whether it be the temperatures, the drought or the completely abnormal intensity of the Santa Ana winds (see the next post). If Americans listen to the ramblings of Donald Trump or Elon Musk on this subject, they are in good school. If you hit them with the truth and put them in a difficult position, their words become violent and incoherent.

Similarly, Californians—and Americans in general—have a hard time acknowledging that the large share of wood in the construction of the Palisades and Eaton neighborhoods has largely contributed to fueling the fires. Of course, these houses that descend directly from the pioneers’ log cabins are much cheaper to build than our solid houses. But when they go up in flames, it is a disaster. Scandinavian countries have a similar situation. The abundance of wood in the forests of Sweden and Norway has led people to adopt a habitat largely made of wood.

In several photos of the Palisades neighborhood published by the press, we can see the hearth and its cement chimney emerging from the rubble because they resisted the flames.

In the commentary of a press article, I pointed out that it would be necessary to rebuild in solid. I was rightly answered that such buildings could be exposed to earthquakes that can be destructive in California. I then pointed out that seismic construction standards exist, as is the case in Japan. I had opened a breach in this person’s knowledge…

Pérou : Juanita retrouve un visage // Peru: Juanita finds a face

Dans la région d’Arequipa au Pérou, le volcan Sabancaya culmine à 5967 mètres d’altitude et a connu plusieurs phases éruptives pendant la période historique.

 

Le Sabancaya et son voisin le Mont Ampato (Crédit photo : Wikipedia)

Plus près de nous, le Sabancaya est entré en éruption le 28 mai 1990. Au fil des jours, des explosions vulcaniennes de plus en plus violentes ont généré des panaches de cendre atteignant 7 ou 8 kilomètres de hauteur, avec des retombées jusqu’à 20 kilomètres de distance. Elles ont incité de nombreux villageois à fuir les pentes du volcan.

Les 23 et 24 juillet 1991, un essaim sismique a donné naissance à plusieurs lahars qui ont submergé quatre villages. Les secousses ont fait s’effondrer des maisons. La presse a fait état de 20 morts, 80 blessés et 3000 personnes qui ont perdu leurs habitations.

De nouvelles explosions se sont produites le 5 et le 7 mars 1994, avec des panaches de cendre de 3 kilomètres de hauteur. L’éruption s’est poursuivie avec des variations d’intensité jusqu’aux alentours du mois de septembre 1998.

 

L’éruption du Sabancaya en juin 1990 (Crédit photo : Smithsonian Institution)

Cette éruption du Sabancaya a eu une conséquence inattendue. La cendre du volcan a fait fondre la glace qui recouvrait le Mont Ampato voisin et exposé une momie inca, Juanita, découverte en 1996 par une équipe d’archéologues. Enveloppée d’un beau châle de laine alpaga, elle a reposé pendant cinq siècles sur la montagne, à 6300 mètres d’altitude, et y serait restée encore longtemps si l’éruption du Sabancaya n’avait pas trahi la présence de sa tombe. Son corps parfaitement conservé a été protégé des bactéries et autres champignons par son enveloppe de glace.

 

Juanita (Source : WikiCommons)

On pense que la jeune fille, âgée de 12-14 ans à l’époque, a été victime de la Capacocha, cérémonie pendant laquelle les Incas sacrifiaient des enfants aux dieux de la montagne car ils étaient persuadés que le Mont Ampato les approvisionnait en eau tout en les protégeant des avalanches et des tremblements de terre. Un tel sacrifice était un honneur pour un Inca, comme semble le montrer le visage apaisé de la jeune fille qui était agenouillée, tenant son châle d’une main, quand elle a été découverte. Elle était entourée d’offrandes telles que des poteries, de petits sacs de maïs et quelques figurines en or et en argent. Objet d’examens à l’aide de matériel de haute technologie, elle repose désormais au musée d’Arequipa.

Source : Killer Volcanoes. Claude Grandpey. Cégé Editions. 2013)

La découverte de la momie prend une nouvelle tournure aujourd’hui. Un article paru dans le National Geographic en octobre 2023 nous apprend que grâce à une analyse archéologique et à un travail de reconstitution médico-légal minutieux, le visage de Juanita a retrouvé ses traits. Le buste saisissant de la jeune femme constitue la pièce maîtresse d’une exposition présentée au Pérou et est l’objet d’un projet dont le but est de comprendre le drame du sacrifice humain perpétré dans les Andes il y a un demi-millénaire.

Oscar Nilsson, un archéologue et sculpteur suédois, a été capable d’extrapoler la profondeur probable du tissu facial qui recouvrait autrefois le crâne de la jeune fille grâce à une multitude d’outils (scanners, analyse d’ADN, informations sur l’alimentation et les maladies) qui lui permettent de déduire le visage d’un individu.

Puis Oscar Nilsson a imprimé une réplique en 3D du crâne de Juanita et a inséré des patères en bois à sa surface afin de guider la profondeur et le placement de chacun des muscles, faits à la main à partir d’argile modelable. Ajoutés un à un, les yeux, le nez, les tissus fragiles à la texture de corde ont formé un visage humain.

Après avoir réalisé un moule en silicone du buste, il a ajouté des centaines de cheveux et de pores individuels tout en nuances de brun et de rose. Tout cela a pris dix semaines. Le résultat, habillé de robes tissées par des Péruviennes du Centre des textiles traditionnels, constitue l’attraction principale de l’exposition « Capacocha : dans les pas des dieux incas » qui se tient jusqu’au 18 novembre au Musée des sanctuaires andins, à Arequipa.

La reconstitution sera exposée à côté de la momie de Juanita et sera accompagnée des histoires de quinze autres enfants choisis pour le rituel du capacocha et sacrifiés au sommet de l’Ampato ou d’autres pics andins.

En effectuant des analyses toxicologiques et médico-légales sur les restes d’un bébé et de quatre victimes âgées de six à sept ans présentées dans l’exposition, les scientifiques ont découvert qu’elles avaient été particulièrement choyées dans les mois précédant leur sacrifice et qu’elles avaient bénéficié d’un régime alimentaire composé de feuilles de coca, de vignes d’ayahuasca et d’alcool dans les semaines qui ont précédé leur mort ; c’était moins pour les intoxiquer que pour faire en sorte que ces jeunes enfants restent calmes et n’éprouvent pas d’anxiété alors que le moment du sacrifice approchait à grands pas.

Source : National Geographic.

 Juanita, la Fille des glaces d’Ampato, telle que reconstituée par l’archéologue et sculpteur Oscar Nilsson. (Musée des sanctuaires andins à Arequipa)

————————————————

In the Arequipa region of Peru, the Sabancaya volcano peaks at 5967 meters above sea level and has experienced several eruptive phases during the historical period.
Closer to us, Sabancaya erupted on May 28th, 1990. Over the days, increasingly violent Vulcanian explosions generated plumes of ash reaching 7 or 8 kilometers in height, with ashfall as far as 20 kilometers away. It prompted many villagers to flee the slopes of the volcano.
On July 23rd and 24th, 1991, a seismic swarm caused several lahars which submerged four villages. The tremors caused houses to collapse. The press reported 20 dead, 80 injured and 3,000 people who lost their homes.
New explosions occurred on March 5th and 7th, 1994, with ash plumes 3 kilometers high. The eruption continued with variations in intensity until around September 1998.

This Sabancaya eruption had an unexpected consequence. Ash from the volcano melted the ice that covered nearby Mount Ampato and exposed an Inca mummy, Juanita, discovered in 1996 by a team of archaeologists. Wrapped in a beautiful alpaca wool shawl, she rested for five centuries on the mountain, at an altitude of 6,300 meters, and would have remained there for a long time if the eruption of Sabancaya had not betrayed the presence of her tomb. Its perfectly preserved body was protected from bacteria and other fungi by its covering of ice.
It is believed that the young girl, aged 12-14 at the time, was a victim of the Capacocha, a ceremony during which the Incas sacrificed children to the mountain gods because they were convinced that Mount Ampato supplied them with water while protecting them from avalanches and earthquakes. Such a sacrifice was an honor for an Inca, as seems to be shown by the peaceful face of the young girl who was kneeling, holding her shawl in one hand, when she was discovered. She was surrounded by offerings such as pottery, small bags of corn and some gold and silver figurines. Subject to examination using high-tech equipment, it now rests in the Arequipa museum.
Source: Killer Volcanoes. Claude Grandpey. Cégé Editions. 2013)

The discovery of the mummy takes a new turn today. An article published in National Geographic in October 2023 tells us that thanks to an archaeological analysis and meticulous forensic reconstruction work, Juanita’s face has regained its features. The striking bust of the young woman forms the centerpiece of an exhibition presented in Peru and is the subject of a project whose aim is to understand the drama of human sacrifice perpetrated in the Andes half a millennium ago.

Oscar Nilsson, a Swedish archaeologist and sculptor, was able to extrapolate the likely depth of the facial tissue that once draped Juanita’s skull—using everything from CT scans to information about diet and disease—to make educated guesses about her face. Then he printed a 3D replica of Juanita’s skull, plugging wooden pegs onto its surface to guide the depth and placement of each muscle. Eyes, a nose, the tissues that constitute a human face were added in turn. After using a mold to make a silicone bust, he added hundreds of individual hairs and pores in shades of brown and pink. The work took 10 weeks. The resulting sculpture, wrapped in robes woven by women from Peru’s Centro de Textiles Tradicionales del Cusco, is the main attraction of “Capacocha: Following the Inca Gods,” which opened in November 2023 at the Museo Santuarios Andinos in Arequipa.

The reconstruction will beaccompanied by the stories of 18 additional children selected for capacocha atop Ampato and other Andean mountains.

When conducting toxicological and forensic analyses of the remains of a toddler and four six- to seven-year-old victims of capacocha, the researchers found that they were well nourished in the months before their sacrifice. They were also fed coca leaves, ayahuasca vine, and alcohol in the weeks before their deaths. It was not so much to intoxicate them as to keep them sedated and anxiety free in the moments preceding their sacrifice.

Source : National Geographic.

Maui (Hawaii): le bilan s’alourdit chaque jour // A heavier death toll each day

Le terrible incendie qui a ravagé la côte ouest de l’île de Maui (Hawaii) a été remplacé dans les actualités françaises par la sévère canicule qui affecte actuellement notre pays. Pourtant, le bilan à Lahaina ne cesse de s’alourdir. Les autorités hawaiiennes ont indiqué le 22 août 2023 que le nombre de morts atteignait 115 et que plus de 1 000 personnes étaient toujours portées disparues.
L’incendie qui a ravagé l’ouest de Maui s’est déclenché le 8 août et a été attisé des vents de force ouragan. Il est désormais maîtrisé à 90 %. D’autres incendies sont toujours actifs à Maui. Celui d’Olinda est maîtrisé à 85 % et celui de Kula est également maîtrisé à 85 %. Les services d’incendie de Maui ont expliqué au public que ces incendies ne représentent plus une menace. Des critiques ont été formulées concernant la lenteur des secours, mais la propagation des flammes a été si rapide, avec des structures en bois pour la plupart, qu’il n’avait pratiquement rien à faire pour les arrêter. L’incendie s’est propagé si vite que certaines personnes n’ont eu d’autre solution que se jeter à l’eau, avec un risque réel de noyade ou de suffocation avec les fumées.
Le 21 août, toutes les résidences à un étage avaient été fouillées à Lāhainā. Les équipes de secours vont maintenant passer au crible les ensembles de plusieurs étages.
Le président Biden et son épouse se sont rendus à Maui le 21 août pour évaluer les dégâts causés par les incendies à Lahainā et rencontrer les survivants. Biden a réitéré son engagement à reconstruire Lahainā en respectant les priorités des habitants victimes de la tragédie.
La police de Maui a identifié 13 victimes. 22 autres personnes ont été identifiées, mais leurs familles n’ont pas été localisées, ni informées de leur décès.
Source : Big Island Now.

———————————————–

The terrible wildfires of Maui have been replaved in the Frech news by the scorching heat wave that is affecting our country. However, the death toll in Lahaina keeps growing. Hawaiian authorities indicated on August 22ns, 2023 that it has grown to 115 with more than 1,000 people still unaccounted for.

The West Maui fire, ignited on August 8th and fueled by hurricane-force winds, is now 90% contained. Other fires are still active at Maui. The Olinda fire is 85% contained and the Kula fire is also 85% contained. The Maui Fire Department has reassured the public that there are no active fire threats at this time with any of the three fires. Critics have been made about the slowness of rescuers but the spreading of the flames was so fast, mostly on wooden structures, that hardly anything could be done to stop them. The fire moved so fast that some people could only throw themselves into the ocean, with a real risk of drowning or suffocating with the smokes.

As of August 21st, 100% of the single-story residential properties were searched in the disaster area in Lāhainā. Search teams will now transition to searching multi-story residential and commercial properties.

President Biden and his wife visited Maui on August 21st to assess the damage of the wildfire disaster area in Lāhainā and meet with survivors. Biden reiterated the commitment to rebuilding Lāhainā in a manner consistent with the priorities of area residents who were impacted by the tragedy.

Maui police have identified 13 individuals killed in the disaster. 22 other individuals have been identified, but their family has not been located or notified of their passing.

Source : Big Island Now.

Source: presse américaine