État d’urgence national décrété en Italie après le passage du cyclone Harry

Comme promis dès la constatation des dégâts subis par la Calabre, la Sardaigne et surtout la Sicile lors du passage du cyclone Harry, le gouvernement de Georgia Meloni a déclaré ce lundi 26 janvier 2026 l’état d’urgence national. Cette annonce a été faite à l’issue de la réunion du Conseil des ministres. L’état d’urgence sera en vigueur pendant 12 mois, renouvelable une fois pour une période supplémentaire de 12 mois, conformément au Code de la protection civile.
Un montant total de 100 millions d’euros a été alloué par le Fonds national d’urgence pour les premières interventions d’urgence. Certaines routes littorales sont carrément tombées dans la mer et leur reconstruction est particulièrement urgente. Les efforts de reconstruction seront coordonnés par les présidents des régions concernées. Cette somme de 100 millions d’euros ne couvrira qu’une petite partie des dégâts estimés à un million et demi d’euros.

Crédit photo: AFP

Le ministre de la Protection civile a remercié la Première ministre pour sa sensibilité, son attention et sa réactivité.

Dans les prochains jours, le gouvernement adoptera une nouvelle mesure interministérielle afin de permettre la restauration et la reconstruction des infrastructures endommagées, dès que l’évaluation détaillée des dégâts par les Régions sera achevée.

Source : presse italienne.

La Sicile meurtrie par le cyclone Harry

Alors que l’attention des médias internationaux se concentrait sur le Forum économique mondial à Davos (Suisse), les menaces de tarifs douaniers et autres facéties du président Trump avec le Groenland, une autre île européenne faisait face à un choc économique dévastateur.

La Sicile, la plus grande île de la Méditerranée, était violemment frappée par le cyclone Harry. Pendant plusieurs jours, des vagues extrêmes et des pluies torrentielles ont déferlé sur sa côte ionienne orientale, balayant des infrastructures publiques, endommageant des habitations et perturbant une économie touristique qui soutient une large part des revenus de la région.

Dans la nuit du 20 au 21 janvier 2026, au large de l’est de la Sicile, les vagues ont dépassé 12 mètres de hauteur, un phénomène inédit pour l’Italie et la mer Méditerranée. Les estimations préliminaires des autorités locales évaluent les dégâts liés au secteur public à 740 millions d’euros, un chiffre qui devrait grimper bien au-delà du milliard une fois comptabilisées les pertes des hôtels, restaurants et services associés. Le maire de Taormine, l’une des destinations touristiques les plus prisées d’Europe du Sud, a expliqué aux médias italiens que les seuls dommages aux infrastructures publiques dans des communes côtières comme Letojanni, Santa Teresa di Riva, Mazzeo, Roccalumera et Giardini Naxos, sont estimés à environ 100 millions d’euros. Sans parler des dégâts causés aux réseaux d’électricité et d’eau, aux stations d’épuration et aux dizaines de maisons en bord de mer. Les photos et vidéos diffusées dans les journaux et sur les réseaux sociaux sont impressionnantes. On a de véritables scènes de guerre tellement la destruction est importante.

Source: presse italienne

Heureusement, malgré l’ampleur des destructions, aucune victime n’a été recensée, un résultat que l’on peut attribuer à l’efficacité des alertes de la protection civile régionale et des secours.

Le gouvernement régional sicilien a bien sûr immédiatement demandé la déclaration de l’état d’urgence, et la mesure devrait être approuvée par le Conseil des ministres italien dans les prochains jours. Il est nécessaire que des mesures soient prises dans l’urgence pour éviter une amplification des dommages économiques.

Les autorités siciliennes et l’État italien comptent également solliciter le Fonds de solidarité de l’Union européenne, créé pour répondre aux grandes catastrophes naturelles en Europe. Cet argent permettrait à la fois la réparation des infrastructures et des travaux d’atténuation des risques à long terme.

Certains membres du Parti Démocrate italien ont suggéré de transférer une partie des fonds destinés à la construction du pont sur le détroit de Messine à la reconstruction de la côte sicilienne, mais cette suggestion n’a pas été suivie d’effet.

La saison touristique approche rapidement et de grandes portions du littoral pourraient ne pas être entièrement restaurées à temps pour l’été prochain, ce qui accroît le risque de pertes de réservations, de baisse de l’emploi et d’effets d’entraînement sur l’ensemble de l’économie régionale. Le maire de Taormine a déclaré : « Nous ferons tout notre possible pour maintenir la qualité des services et revenir à la normale au plus vite. »

Ce sont les zones résidentielles du littoral qui ont été le plus durement touchées. Le phénomène a, et aura, tendance à se répéter avec le réchauffement climatique et la hausse de niveau des mers et des océans. On a trop tendance à oublier qu’il y a quelques décennies les littoraux étaient occupés par des zones dunaires ou marécageuses qui faisaient office de tampon au moment des tempêtes. Ces protections ont disparu avec la mode des résidences « pieds dans l’eau » et l’Homme paye aujourd’hui ses erreurs du passé.

Source : presse italienne.

Voici une vidéo montrant les dégâts subis par la côte ionienne de la Sicile dans le secteur de Letojanni, station balnéaire au nord de Taormine :

https://youtu.be/5Mag11NUDe8

Un fidèle lecteur de mon blog vient de m’envoyer d’autres  vidéos montrant l’ampleur des dégâts à Stromboli, Acitrezza, Syracuse, Lipari, etc. :

https://www.facebook.com/share/v/1AUFDMBHyc/

https://www.facebook.com/share/v/1DszVSwnm3/

https://www.facebook.com/share/r/1K76cQH8Pq/

https://www.facebook.com/share/v/17AWoTg5yR/

https://www.facebook.com/share/r/179i54xbBc/

La Bérarde (Isère) un an après

Les 20 et 21 juin 2024, la crue exceptionnelle du torrent des Étançons a frappé durement le hameau de La Bérarde et la vallée du Vénéon. La lave torrentielle a emporté tout sur son passage, charriant des centaines de milliers de mètres cubes d’eau et de pierres. 114 personnes ont été évacuées, notamment par hélicoptère, dont un couple sauvé in extremis. Sur 54 maisons, 18 ont été ensevelies ou détruites.

Crédit photo: presse régionale

Un an après, l’accès au village est interdit. Seuls les habitants sont autorisés à s’y rendre et ils se demandent quand ils pourront regagner leur maison. Des études sont en cours pour évaluer la faisabilité de travaux de protection du village en cas de nouvelles crues. Impossible pour l’heure de chiffrer précisément les travaux de reconstruction et de sécurisation. En septembre 2025, des conclusions d’études devraient être rendues publiques.

Un an plus tard, la vallée met tout en œuvre pour retrouver un semblant de normalité, avec la réouverture de la route jusqu’à Saint-Christophe-en-Oisans. Des services de navettes ont été mis en place pour les visiteurs, des sentiers ont été retapés et des refuges ont rouvert leurs portes. Mais la vigilance reste de mise car la situation est susceptible d’évoluer à tout moment en fonction du niveau de vigilance météorologique et de l’état du lac glaciaire de Bonnepierre.

S’il n’est pas la cause unique du désastre, le glacier porte tout de même une grande part de responsabilité. La vidange du lac périglaciaire a aggravé l’ampleur de la lave torrentielle. Face aux incertitudes sur les risques encore présents et sur l’existence d’autres poches d’eau, le glacier fait désormais l’objet d’un suivi scientifique rigoureux.

Vue du glacier de Bonne Pierre où la vidange de lacs et cavités a provoqué la catastrophe du mois de juin 2024 (Crédit photo : E. Larose / CNRS)

Afin d’assurer la protection des populations, une procédure a été créée par la Préfecture en lien avec les collectivités. Elle repose sur un principe de vigilance météo prenant en compte les pluies intenses, le niveau de fonte nivale et l’état de la vidange glaciaire. En cas de suspicion d’événement météo majeur, des mesures seront préventivement appliquées, avec alerte immédiate des refuges et confinement des randonneurs au sein de ces derniers, et suspension des navettes.

Source : Parc National des Écrins.

Incorrigibles Américains ! // Incorrigible Americans !

Je le savais déjà, mais je me suis rendu compte ces derniers jours, suite aux incendies en Californie, de l’étroitesse d’esprit et de l’obstination – voire carrément de la stupidité – d’un grand nombre d’Américains. Peut-être ai-je eu affaire uniquement à des supporters de Donald Trump? Aucune des personnes avec lesquelles j’ai conversé sur les réseaux sociaux n’était prête à admettre un quelconque rôle du réchauffement climatique parmi les causes des incendies, qu’il s’agisse des températures, de la sécheresse ou de l’intensité tout à fait anormale des vents de Santa Ana (voir ma note suivante). Il est vrai que si les Américains écoutent les élucubrations de Donald Trump ou Elon Musk à ce sujet, ils sont à bonne école. Si vous leur assénez des vérités et les mettez en difficulté, leurs propos deviennent violents et carrément incohérents.

De la même façon, les Californiens – et les Américains en général – ont bien du mal à reconnaître que la part belle faite au bois dans les constructions des quartiers de Palisades et Eaton a largement contribué à alimenter les incendies. Certes, les maisons américaines, qui sont inspirées des cabines en rondins – les log cabins – des pionniers, sont beaucoup moins chères à construire que nos maisons en dur. Mais quand elles flambent, c’est la catastrophe. Les pays scandinaves connaissent une situation analogue. L’abondance de bois dans les forêts de Suède et de Norvège a conduit les populations à adopter un habitat largement fait de bois.

Capture d’écran montrant une maison traditionnelle américaine avant et après les incendies (Source: CNN)

Dans plusieurs photos du quartier de Palisades diffusées par la presse, on voit des âtres et leurs cheminées en ciment et en brique émerger des décombres car ils ont résisté aux flammes.

 

Dans le commentaire d’un article de presse, j’ai fait remarquer à une interlocutrice qu’il faudrait reconstruire en dur. Ce à quoi elle m’a fait justement remarquer que de telles constructions pourraient être exposées aux séismes qui peuvent être destructeurs en Californie. Je lui ai alors fait remarquer que des normes de construction parasismiques existent, comme c’est le cas au Japon. Je me suis rendu compte que je venais d’ouvrir une brèche dans ses connaissances…

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I already knew this, but I have realized in recent days, following the wildfires in California, how narrow-minded and stubborn – if not downright stupid – many Americans are. Maybe I had to deal with fierce Trump supporters? None of the people I have spoken to on social networks were prepared to admit that global warming played any role in the causes of the fires, whether it be the temperatures, the drought or the completely abnormal intensity of the Santa Ana winds (see the next post). If Americans listen to the ramblings of Donald Trump or Elon Musk on this subject, they are in good school. If you hit them with the truth and put them in a difficult position, their words become violent and incoherent.

Similarly, Californians—and Americans in general—have a hard time acknowledging that the large share of wood in the construction of the Palisades and Eaton neighborhoods has largely contributed to fueling the fires. Of course, these houses that descend directly from the pioneers’ log cabins are much cheaper to build than our solid houses. But when they go up in flames, it is a disaster. Scandinavian countries have a similar situation. The abundance of wood in the forests of Sweden and Norway has led people to adopt a habitat largely made of wood.

In several photos of the Palisades neighborhood published by the press, we can see the hearth and its cement chimney emerging from the rubble because they resisted the flames.

In the commentary of a press article, I pointed out that it would be necessary to rebuild in solid. I was rightly answered that such buildings could be exposed to earthquakes that can be destructive in California. I then pointed out that seismic construction standards exist, as is the case in Japan. I had opened a breach in this person’s knowledge…