Réchauffement climatique et faune arctique // Global warming and Arctic fauna

drapeau-francaisLe réchauffement global de la planète affecte la faune dans l’Arctique et plusieurs exemples en Alaska montrent que les animaux sont très sensibles aux changements climatiques.
Pour des raisons que les scientifiques ne comprennent pas vraiment, des loutres malades, mourantes ou en détresse ont été observées en grand nombre sur les plages et dans les ports de l’Alaska. L’année dernière, le Fish and Wildlife Service a recensé plus de 300 loutres mortes ou en difficulté dans la partie méridionale de l’Etat.
Les scientifiques se posent beaucoup de questions. Il se pourrait que la mort des loutres soit due à une algue toxique dont le développement serait lié aux températures élevées de l’eau le long de la côte Pacifique, entre l’Alaska et le Mexique. Il se pourrait aussi que l’eau chaude soit à l’origine d’une infection bactérienne.
Le mystère des animaux malades et mourants dans les eaux du sud de l’Alaska ne se limite pas aux loutres. Fin décembre 2015 et début janvier 2016, les cadavres de milliers de guillemots communs ont été rejetés par la mer sur les plages de Whittier et dans d’autres endroits autour du Prince William Sound.
Comme pour les loutres, les scientifiques ne savent pas exactement ce qui a causé cette hécatombe. Les oiseaux étaient extrêmement maigres. Il se peut que les conditions océaniques plus chaudes aient entraîné les poissons servant de nourriture aux guillemots à une trop grande profondeur, ou qu’une maladie ou une autre raison médicale les ait fait mourir de faim. Il est également possible que les vents forts aient poussé les oiseaux au large, ce qui expliquerait leur état d’épuisement et leur mort.
Un autre exemple des problèmes rencontrés par les animaux est la mort mystérieuse de baleines dans le Golfe du Mexique en août 2015. On a comptabilisé les cadavres de 30 cétacés, avec d’autres dans les eaux au large de la Colombie-Britannique. Le phénomène est intervenu à un moment où les scientifiques et les gestionnaires des ressources naturelles faisaient face à plusieurs anomalies dans le Pacifique. Une importante prolifération d’algues nuisibles d’une durée inhabituelle était apparue dans les eaux du Pacifique entre l’Alaska et la Californie. Dans le même temps, la température de surface du Pacifique nord était beaucoup plus élevée que la normale. Le principal suspect dans le cas de la mort des baleines de l’Alaska est un certain type de toxine produite par la prolifération d’algues. Les maladies infectieuses sont également des coupables possibles, de même que d’autres facteurs environnementaux.
Plus récemment, et de façon inattendue, des milliers de morses ont trouvé refuge au printemps 2016 sur une plage de sable la Baie de Bristol, où personne ne se souvient en avoir vu auparavant. Ce sont essentiellement des mâles, avec le plus grand nombre autour du Cap Greig, sur la péninsule de l’Alaska. Les femelles et leurs petits passent en général l’été sur la glace. Cependant, avec la fonte rapide au cours des dernières années, la limite de glace de mer en Mer des Tchouktches a reculé tellement qu’elle se trouve maintenant au-dessus d’une eau trop profonde pour que les morses puissent plonger pour se nourrir. Depuis 2007, des dizaines de milliers de femelles avec leurs petits viennent accoster sur une île barrière près de Point Lay sur la côte nord de l’Alaska, ainsi que sur d’autres plages nordiques.
On ne sait pas pourquoi les morses ont trouvé refuge au Cap Greig, mais la fonte précoce de la glace de mer pourrait être une cause du phénomène.

Source: Alaska Dispatch News.

En cliquant sur ce lien, vous verrez – via la webcam – la colonie de morses à Round Island (Alaska):

http://explore.org/live-cams/player/walrus-cam-round-island

 ————————————-

drapeau-anglaisGlobal warming affects the fauna in the Arctic and several examples in Alaska show that animals are very sensitive to climate change.

For reasons scientists don’t yet fully understand, otters are showing up sick, dying or distressed on beaches and in harbours in unprecedented numbers. Last year saw more than 300 reports of dead or distressed otters in Southcentral Alaska, according to the U.S. Fish and Wildlife Service.

Scientists are asking many questions. Are the deaths caused by a toxic algae bloom linked to record-high water temperatures along the Pacific coast, from Alaska to Mexico? Is the warm water causing a bacterial infection that has killed otters in the past ?

The mystery of sick and dying animals in the waters of Southcentral Alaska isn’t limited to otters. In late December 2015 and early January 2016, thousands of dead common murres were washed up on the beaches of Whittier, with many more thousands in other places throughout Prince William Sound.

Like for the otters, scientists do not know exactly what caused the die-offs. The birds were dangerously underweight and emaciated. It’s possible that warmer ocean conditions pushed prey fish deeper, beyond the murres’ diving range, or that a disease or some other medical condition caused them to starve. It’s also possible that strong winds pushed the birds off course, or stressed the already starving murres to the point of exhaustion and death.

Another example of the problems encountered by animals is the mysterious die-off of large whales in the Gulf of Mexico in August 2015. 30 dead whales were counted, with additional whale deaths reported in waters off British Columbia, They came at a time when scientists and resource managers were coping with several abnormalities in the Pacific marine environment. A harmful algal bloom of unusual size and duration had emerged in waters from Alaska to California. It corresponded with a time when northeastern Pacific surface temperatures were much higher than normal.A leading suspect in the Alaska whale deaths was some type of toxin produced by the algal bloom. Infectious diseases were also possible culprits, as were other environmental factors.

More recently and unexpectedly, thousands of walruses showed up this spring on a sandy Bristol Bay beach where no one remembers seeing them before. They are big bulls mainly, the mass of them around Cape Greig on the Alaska Peninsula. The females and their calves used to spend summers mainly on ice. However, with rapid melting in recent years, the Chukchi Sea ice edge has retreated so much that it ends up over water too deep for walruses to dive for food. Most years since 2007, tens of thousands of females and calves have hauled out on a barrier island near Point Lay on Alaska’s north coast as well as other northern spots.

It’s not clear why the walrus bulls are hauling out at Cape Greig but the early melting of the sea ice might be a likely cause of the phenomenon.

Source: Alaska Dispatch News.

By clicking on this link, you will see – through the webcam –  the walrus colony at Round Island (Alaska):

http://explore.org/live-cams/player/walrus-cam-round-island

Loutres blog

Loutres de mer dans le Prince William Sound (Photo: C. Grandpey)

Morses_modifié-1

Colonie de morses de Round Island au soleil levant vue par la webcam.

Elans et réchauffement climatique dans l’Arctique // Moose and global warming in the Arctic

drapeau-francaisSelon une étude publiée récemment par des scientifiques de l’Université d’Alaska à Fairbanks et de l’U.S.G.S., l’étendue de plus en plus vaste occupée dans l’Arctique par des arbustes de plus en plus hauts – suite au réchauffement climatique – a incité les élans à agrandir leur territoire vers le nord (voir carte ci-dessous).
Les élans (également appelés orignaux au Canada) étaient absents de la toundra au nord de l’Alaska dans la seconde moitié du 19ème siècle et au début du 20ème siècle, mais au cours des dernières décennies, leur population s’est déplacée le long des rivières et des ruisseaux qui se jettent dans l’océan Arctique.
Les chercheurs ont remarqué que les températures estivales dans l’Arctique ont augmenté de 23 pour cent depuis 1860. Une telle augmentation a entraîné un doublement de la taille des arbustes … et attiré de plus en plus d’élans.
La croissance des arbustes, et donc le déplacement des élans, se sont limités aux rivières et aux plaines inondables à travers la toundra. La plus grande partie de la toundra manque encore de grandes plantes et n’attire donc pas les animaux qui s’en nourrissent. Les élans restent dans les zones où les branches des arbustes dépassent de la neige en hiver.
Le déplacement des populations d’élans vers le nord et vers l’ouest de l’Alaska reflète un changement similaire dans la population de lièvres d’Amérique (également appelés lièvres variables).
L’absence de l’élan dans ces zones arctiques au cours des 19ème et début du 20ème siècle est confirmée par les récits de populations autochtones de l’Alaska et des documents laissés par les premiers explorateurs. Suite à l’élévation des températures, les populations d’élans se sont étendues depuis cette époque. Le phénomène concerne non seulement l’extrême nord de l’Alaska, mais aussi des régions identiques du Canada et de la Russie.
Source: Alaska Dispatch News: http://www.adn.com/

————————————

drapeau-anglaisAccording to a newly published study by scientists with the University of Alaska Fairbanks and the U.S.G.S., shrubs expanding northward into a warming Arctic, and growing taller as they did, have encouraged moose to expand their range northward (see map below).

Moose were absent from Alaska’s northernmost tundra regions in the second half of the 19th century and the early 20th century, but in recent decades, populations have spread along the rivers and streams that flow into the Arctic Ocean.

Researchers have noticed that summer temperatures in the Arctic have increased 23 percent since 1860. Such an increase means a doubling of shrub height…and more moose coming.

The shrub growth – and the accompanying movement of moose – is limited to the stream and floodplain areas throughout the tundra. For the most part, the rest of the tundra’s vast expanse still lacks tall plants and the animals that eat them. Moose are confined to the shrubs that are sticking out above the snow.

The northward and westward shift of Alaska’s moose population mirrors a similar shift in the population of snowshoe hares.

The absence of moose in these areas during the 19th and early 20th centuries is backed by reports from Alaska Natives and documents left by early explorers. Moose populations have since spread, not just to the far north of Alaska but also to similar areas in Canada and Russia.

Source: Alaska Dispatch News: http://www.adn.com/

Elan 03

L’avancée des élans vers le nord de l’Arctique (Source: UAF / ADN)

Elan 01

Elan 02

Photos: C. Grandpey

Le Groenland continue à fondre // Greenland keeps melting

drapeau-francaisLes années se suivent et se ressemblent et la fonte de la glace continue à s’accélérer dans l’Arctique. Les scientifiques de l’Institut Météorologique Danois en charge de la surveillance de la calotte glaciaire du Groenland viennent d’indiquer qu’elle connaît un niveau de fonte record pour cette époque de l’année. Bien que nous soyons seulement en avril, près de 12 pour cent de la surface totale de la couche de glace est recouverte d’une couche d’eau de fonte d’une épaisseur d’au moins un millimètre, ce qui est considérable.
Cette situation fait resurgir le souvenir de 2012, année où la fonte de la glace avait envoyé quelque 562 milliards de tonnes d’eau douce dans l’océan, assez pour élever le niveau de la mer de plus d’un millimètre sur la planète au cours de cette seule année. La saison de fonte de 2012 avait également affecté des zones montagneuses jusqu’à deux mille mètres au-dessus du Groenland
Ces dernières années, le Groenland a perdu une telle masse que, venant s’ajouter aux changements dans l’Antarctique et à la quantité d’eau stockée sur les continents de la planète, le phénomène semble avoir eu un effet subtil mais mesurable sur la rotation de la Terre !

Le graphique ci-dessous montre l’évolution de la zone de fonte au Groenland, avec en couleur les 4 dernières années. On remarquera l’anomalie de 2012. (Source: National Snow and Ice Data Center)

Moulin_modifié-1

Les chercheurs attribuent la fonte précoce de 2016 aux conditions météorologiques, et plus précisément, à une masse d’air chaud qui, aux latitudes moyennes, s’est bloquée au-dessus de la calotte de glace. C’est ce qui s’est probablement déjà produit en 2012 ; à l’époque, le seul rayonnement solaire n’avait pas suffi à causer l’essentiel de la fonte.

Gro

La masse d’air chaud au-dessus du Groenland (Source: Credit: Earth.NullSchool.net)

Toutefois, même avec une saison de fonte très précoce en 2016, il est important de souligner que la perte de masse totale de glace reste relativement faible au Groenland. Ce genre d’événement en début de saison a un effet négligeable sur la perte globale, en raison du regel de l’eau, mais il pourrait avoir un impact très important plus tard dans la saison de fonte.

Contrairement à la grande calotte glaciaire de l’Antarctique, celle du Groenland fond à la fois à sa surface et aussi au niveau des glaciers qui évacuent leur masse de glace dans des fjords profonds, où ils terminent leur course dans l’océan en produisant parfois de très volumineux icebergs.

Groenland glacier

(Photo: C. Grandpey)

La fonte de surface peut interagir avec ce processus car l’eau ainsi produite s’écoule dans les rivières avant de plonger profondément dans des moulins qui la conduisent sous la couche de glace en  accélérant souvent son écoulement. Voici une belle vidéo illustrant ce phénomène: https://www.youtube.com/watch?v=-EMCxE1v22I
La fonte de la glace en avril ne concerne pas en soi une grande partie de la calotte glaciaire du Groenland, mais elle soulève des questions sur la situation à venir lorsque se produiront les pics de fonte pendant l’été.
Source: Alaska Dispatch News.

 ————————————–

drapeau-anglaisUnfortunately, all years are alike and ice melting is accelerating in the Arctic. Scientists of the Danish Meteorological Institute monitoring the vast Greenland ice sheet have just announced that it is experiencing a record-breaking level of melt for so early in the season. Although it’s only April, nearly 12 percent of the ice sheet’s surface is covered with a layer of meltwater of a depth of at least a millimetre.

The news raised memories of the record melt season in 2012, when the ice sheet as a whole lost 562 billion tons of freshwater mass to the ocean, enough to raise sea levels the world over by more than a millimetre in that year alone. The 2012 melt season experienced melting even at mountainous heights over two kilometres into the sky atop Greenland

In recent years Greenland has been losing so much mass that, along with changes in Antarctica and the amount of water stored on the globe’s continents, it appears to be having a subtle but measurable effect on the rotation of the Earth itself (see graph above).

Researchers attribute the surprising early melt this year to weather conditions, and more specifically, a warm air mass getting stuck over the ice sheet. This is similar to what appears to have happened in 2012 when it was not just direct solar radiation that caused the bulk of the melting.

However, even with an early season melt event like in 2016, it is important to emphasize that the total mass loss is likely to be low in Greenland. This sort of event, early in the season, has a negligible effect on the mass loss, because of the water refreeze. However, it could be very important for later in the melt season.

Unlike the great ice sheet of Antarctica, the Greenland ice sheet is melting both on its surface and also at outlet glaciers that drain the ice sheet’s mass through deep fjords, where these glaciers extend out into the ocean and often terminate in dynamic calving fronts, sometimes giving up huge icebergs. Surface melt can interact with this process, because water atop the ice sheet flows in surface rivers and then plunges deep into moulins that lead it below the ice sheet, where it can lubricate and speed up its flow. Here is a nice video to illustrate this phenomenon: https://www.youtube.com/watch?v=-EMCxE1v22I

The April melt in itself is still not a huge part of the ice sheet but it raises questions about what will happen when summer peaks.

Source: Alaska Dispatch News.

Moulin

Moulin dans la calotte glaciaire du Groenland (Crédit photo: Wikipedia)

Toujours plus chaud en Alaska ! // Warmer and warmer in Alaska !

drapeau-francaisSelon le National Weather Service, les 100 premiers jours de 2016 à Anchorage ont été les plus chauds jamais enregistrés. La plupart des localités de l’Alaska ont également connu des températures supérieures à la normale presque tous les jours entre le 1er janvier et le 9 avril. Le nouveau record à Anchorage a été établi avec une température moyenne de 31,1 ° F (-0,5 ° C) au cours de cette période de 100 jours.
La température moyenne en avril de cette année est de six dixièmes de degré supérieure à celle de 1981 qui était de 30,5 ° F (-1,1 ° C). Auparavant, la température moyenne la plus élevée pendant les 100 premiers jours de l’année avait été enregistrée en 1977.

———————————

drapeau-anglaisThe first 100 days of 2016 in Anchorage have been the warmest on record, according to the National Weather Service. Most communities in Alaska also experienced above-normal temperatures almost every day between January 1st and April 9th. Anchorage’s new record came with an average temperature of 31.1° F (-0.5°C) over that 100-day period.

This year’s average temperature through April is just six-tenths of a degree higher than the next warmest average: 30.5° F (-1.1°C) in 1981. The third warmest average temperature in the year’s first 100 days came in 1977.