La COP 25 : un échec pour la planète ! // COP 25 : a failure for the planet !

Inutile de prendre des gants pour le dire : la COP25 de Madrid – organisée à la va-vite pour remplacer celle qui devait se tenir au Chili – s’est soldée par un échec cuisant. Un accord a minima a été adopté en séance publique pour sauver la face, mais aucune solution n’a été proposée pour répondre à l’urgence climatique. Les participants ont ignoré les mises en garde des scientifiques qui préviennent que la hausse des températures atteindra bientôt un point de non retour si les émissions carbone ne diminuent pas de manière drastique.

On le sait depuis longtemps, mais les Etats l’ignorent royalement : Au rythme actuel des émissions de gaz à effet de serre, le mercure pourrait gagner jusqu’à 4 ou 5°C d’ici la fin du siècle. L’Australie en sait quelque chose car le pays traverse en ce moment la plus sévère vague de chaleur de son histoire, comme l’a fait la France l’été dernier. Le record national de température a été battu le 19 décembre 2019 avec une moyenne de 40,9°C et ce n’est probablement pas fini! Même si les quelque 200 signataires de l’accord de Paris respectaient leurs engagements, le réchauffement dépasserait 3°C.

La déclaration finale de la COP25 se contente de reconnaître le « besoin urgent » de réduire l’écart entre les promesses de réduction des émissions carbone et l’objectif de l’accord de Paris de contenir l’augmentation de la température mondiale à un niveau inférieur à 2°C par rapport aux niveaux préindustriels.

Signe du peu d’importance que les chefs d’états accordent au réchauffement climatique, le président français n’a pas daigné faire le déplacement à Madrid pour sortir les négociations climatiques de l’impasse et défendre l’accord de Paris.

Tous les Etats doivent soumettre d’ici la COP26 à Glasgow une version révisée de leurs engagements. A ce stade, quelque 80 pays se sont engagés à présenter un rehaussement de cette ambition mais ils ne représentent qu’environ 10% des émissions mondiales. Les appels de nombreux pays et de l’Union européenne à adopter des objectifs plus ambitieux se sont heurtés à la résistance de plusieurs gros pollueurs, notamment le Brésil, la Chine, l’Australie, l’Arabie saoudite et les Etats-Unis.

La COP 24 s’était déroulée en Pologne, au cœur du bassin houiller de Silésie, alors que le président polonais refuse d’en réduire la production. C’est tout dire ! Les Conférences des parties sont-elles utiles? J’en doute vraiment. En plus elles sont une gabegie financière dont on se passerait volontiers!

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Needless to say, the Madrid COP25 – hastily organized to replace the one that was to be held in Chile – ended in dismal failure. A minimum agreement was adopted in public session to save face, but no solution was proposed to respond to the climate emergency. Participants ignored the warnings of scientists who explain that the rise in temperatures will soon reach a point of no return if carbon emissions do not decrease drastically.
The States completely ignore this warning: At the current rate of greenhouse gas emissions, temperatures could gain up to 4 or 5°C by the end of the century. Australia knows this because the country is currently going through the most severe heat wave in its history, as France did last summer. The national record was beaten on Decembre 19th, 2019 with 40.9°C. Even if the 200 or so signatories to the Paris Agreement respected their commitments, global warming would exceed 3°C.
The final declaration of COP 25 merely admits the « urgent need » to close the gap between promises to reduce carbon emissions and the objective of the Paris agreement to contain the rise in global temperature to a level below 2°C compared to pre-industrial levels.
As a sign of the little importance that heads of state attach to global warming, the French president did not condescend to make the trip to Madrid to break the climate negotiations from the dead end and defend the Paris agreement.
All States must submit by Glasgow COP26 a revised version of their commitments. At this stage, some 80 countries have committed to presenting an increase in this ambition, but they represent only around 10% of global emissions. Calls by many countries and the European Union to adopt more ambitious targets have met with resistance from several big polluters, including Brazil, China, Australia, Saudi Arabia and the United States.

COP 24 took place in Poland, in the heart of the Silesian coal basin, while the Polish president refuses to reduce production. That says it all! Are the Conferences of Parties useful? I’m not sure. They are a waste of money that could easily be avoided!

Pendant ce temps, la banquise et les glaciers continuent de fondre et les événements extrêmes se multiplient. Nous allons tous le  payer très cher !

Meanwhile, the ice sheet and the glaciers continue to melt and extreme events multiply. We will all pay dearly for it!

Novembre 2019 encore trop chaud // November 2019 still too hot

La NASA vient d’indiquer que novembre 2019 a été le deuxième plus chaud de l’histoire Avec +1,02°C au-dessus de la moyenne 1951-1980, l’anomalie relevée en novembre 2019 est la deuxième plus élevée depuis le début des mesures de la NASA remontant à 1880. Alors qu’octobre 2019 avait été marqué par un record de chaleur dans l’hémisphère nord, cette fois, c’est l’hémisphère sud qui atteint un niveau inédit. Il enregistre un record de chaleur avec +0,83°C. L’Antarctique affiche des anomalies nettement positives avec +2,25°C au-delà de la latitude 75°S. Les températures des régions tropicales sont en légère hausse après une période stable les trois mois précédents.

Pour l’année en cours (janvier-novembre), 2019 se situe à +0,97°C, à mi-chemin entre le record de 2016 (+1,01°C) et 2017 (+0,92°C). On peut donc affirmer dès à présent sans prendre trop de risques que 2019 sera la deuxième année la plus chaude depuis 1880.

Source : global-climat.

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NASA has just indicated that November 2019 was the second hottest in history With +1.02°C above the 1951-1980 average, the anomaly noted in November 2019 is the second highest since NASA measurements began in 1880. While October 2019 was marked by a record heat in the northern hemisphere, this time, the southern hemisphere reached an unprecedented level. It records a heat record with +0.83°C. Antarctica shows clearly positive anomalies with +2.25°C beyond the 75°S latitude. Temperatures in tropical regions are slightly increasing after a stable period the previous three months.
For the current year (January-November), 2019 stands at +0.97°C, halfway between the record for 2016 (+1.01°C) and 2017 (+0.92°C) . We can therefore say now without taking too many risks that 2019 will be the second hottest year since 1880.
Source: global-climat.

Anomalies de température pour le mois de novembre 2019

(Source : NASA)

Les ours polaires s’approchent des villages arctiques // Polar bears are getting close to Arctic villages

Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, le réchauffement climatique et la fonte de la glace de mer qui en résulte perturbent profondément la vie des animaux dans l’Arctique. C’est ainsi que plus de 50 ours polaires se sont rassemblés en bordure d’un village dans l’extrême nord de la Russie. Cela est dû au fait que la faible surface occupée par la glace de mer dans l’Arctique les empêche de se déplacer convenablement.
La branche russe du WWF a déclaré que le changement climatique était responsable de cette situation car des températures inhabituellement chaudes empêchent la formation de la glace le long de la côte. En l’absence de couverture de glace, les animaux sont obligés d’errer sur terre à la recherche de nourriture. Le WWF a déclaré que 56 ours polaires s’étaient rassemblés dans une zone d’un kilomètre carré près du village de Ryrkaipy dans le district de Tchoukotka, dans la partie nord-est de la Russie.
Les habitants craignent que les ours pénètrent dans le village qui compte moins de 1 000 habitants. Des patrouilles ont été mises en place pour suivre les mouvements des plantigrades. Les habitants ont disposé des carcasses de morses dans la région pour empêcher les ours de s’approcher du village. Tant qu’il n’y aura pas vraiment de gel, la glace de mer ne se formera pas et les ours resteront sur la terre ferme. Les températures devraient toutefois chuter prochainement, de sorte que la glace côtière devrait se former d’ici la mi décembre, ce qui est exceptionnellement tard.
Les ours polaires visitent régulièrement les zones habitées par les êtres humains dans la Russie arctique et au Canada pour chercher de la nourriture, souvent dans les poubelles. Le nombre de visites a augmenté car la fonte des glaces de l’Arctique oblige les ours à passer plus de temps sur la terre où ils se disputent la nourriture.

Dans une note publiée le 22 janvier 2019, j’indiquais que l’on a observé dans le nord de l’Alaska une cohabitation entre les ours polaires et le grizzlys qui viennent se nourrir sur les carcasses de baleines laissées sur le rivage par les chasseurs Inupiat à la fin de la saison de chasse. En automne, les os de baleines boréales près du village de Kaktovik sont devenus des lieux de rencontre pour les ours polaires ainsi que pour quelques grizzlis en provenance de North Slope. Un résultat inattendu de cette cohabitation entre ours polaires et grizzlis est l’apparition d’une nouvelle espèce d’ours née de l’accouplement entre deux espèces pourtant séparées par 500 000 ans d’évolution.
Source: AFP, Anchorage Daily News.

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As I put it several times, global warming and the ensuing melting of the sea ice is deeply disturbing the lives of the animals in the Arctic. More than 50 polar bears have gathered on the edge of a village in Russia’s far north, because the weak Arctic ice leaves them unable to roam.

The Russian branch of the World Wildlife Fund (WWF) said climate change was to blame, as unusually warm temperatures prevent coastal ice from forming. The WWF said 56 polar bears had gathered in a one-square-kilometre area near the village of Ryrkaipy in Chukotka on the northeastern tip of Russia.

There were concerns the bears could enter the village which has a population less than 1,000 people. Patrols have been set up to monitor the plantigrades’movements.

The main reason for the bears’ behaviour is the decline of sea ice due to the changing climate. In the absence of ice cover, animals are forced to go ashore in search of food. Residents have gathered walrus carcasses in the area to try to keep the bears from wandering into the village. As long as there is no big freeze, the sea ice will not form and the bears will stay on the coast. Temperatures in the region are expected to fall so that coastal ice should freeze by December 11th, which is unusually late.

Polar bears regularly visit areas inhabited by humans in Arctic Russia and Canada to search for food, often in rubbish tips. However, the number of visits has been growing as the melting of Arctic ice forces the bears to spend more time on land where they compete for food.

In a post published on January 22nd, 2019, I indicated that in northern Alaska, polar bears and grizzly bears have been observed to feed on the carcasses of whales left on the shore by Inupiat hunters at the end of the hunting season. In the fall, the bowhead bones near the village of Kaktovik have become a meeting place for polar bears and some grizzlies from North Slope. An unexpected result of this coexistence between polar bears and grizzly bears is the appearance of a new species of bear born from the mating between two species separated by 500,000 years of evolution.

Source: AFP, Anchorage Daily News.

Photo: C. Grandpey

COP 25 : Vers un nouvel échec climatique ?

La COP25 se déroule à Madrid du 2 au 13 décembre 2019, mais pour le moment rien de concret n’est sorti des négociations. Tout semble bloqué, alors que l’urgence climatique est toujours plus grande. Je crains fort que cette conférence se solde une fois de plus par un échec et se limite à de belles paroles, pour ne pas dire un brassage de vent.

Cette  COP25 revêt pourtant une certaine importance car les précède la COP 26 qui se tiendra à Glasgow (Ecosse) en 2020 où il faudra dresser le bilan des cinq dernières rencontres.

Ne pas tenir compte des alertes climatiques à répétition et ne pas prendre de mesures drastiques pour inverser les émissions signifie que nous continuerons d’être témoins de vagues de chaleur catastrophiques, de tempêtes et de pollution.

Adoptée en 2015, la COP 21 de Paris avait promis de contenir le réchauffement climatique « bien en dessous » de 2°C par rapport à l’ère préindustrielle. Or, les promesses actuelles des États suivent une trajectoire conduisant à un réchauffement supérieur à 3°C. Les émissions mondiales de CO2 ont encore augmenté de 0,6 % en 2019 !

Aucun État parmi les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre n’a annoncé le moindre engagement immédiat, alors que la session inaugurale était explicitement conçue pour évoquer des mesures « à court terme ». Pire, il se dit en coulisse que des pays comme le Japon pourraient ne pas soumettre de nouvelle promesse avant la COP26, au mépris de l’Accord de Paris.

L’Union européenne, espérée comme un élément moteur des négociations, est aux abonnés absents. Il est symptomatique de constater qu’Emmanuel Macron – qui se veut l’apôtre de la lutte contre le changement climatique – n’a pas fait le déplacement de Madrid et s’est fait remplacer par son Premier Ministre. De pus, la nouvelle présidente de la Commission Européenne a omis toute mention d’un quelconque objectif européen pour l’horizon 2030.

Les négociations achoppent également sur l’aide à apporter aux pays en voie de développement. Le « financement des pertes et dommages » est un nouveau mécanisme de financement souhaité par les pays les plus pauvres qui subissent déjà les dommages causés par des conditions climatiques plus extrêmes et par la montée des eaux liées au changement climatique. Ces États souhaitent que cette spécificité leur soit reconnue, mais les pays développés – dont la France – refusent toujours la mise en place d’un tel mécanisme.

Par ailleurs, la question des marchés carbone – systèmes d’échange de droits d’émissions de gaz à effet de serre entre des pays qui en émettent trop, et des pays qui en émettent moins – n’est toujours pas réglée.

Attendons de voir la suite de cette COP 25, mais mon optimisme est vraiment très limité. Pendant ce temps, les glaciers et la banquise continuent de fondre, à tel point que l’aventurier Mike Horn a dû être secouru dans l’Arctique. A cause du changement climatique, la glace est plus fine que d’habitude et davantage susceptible de dériver, ce qui a compliqué l’expédition…

Source : Presse nationale et internationale.