Sabancaya (Pérou / Peru)

L’éruption du Sabancaya continue, avec quelques variations d’une semaine à l’autre. Dans son bulletin en date du 17 avril, l’IGP indique que l’on observe en moyenne 37 explosions par jour, accompagnées de panaches de cendre qui montent jusqu’à 3000 mètres au-dessus du cratère avant de s’étirer sur une quarantaine de kilomètres vers le NE et le SE.

La sismicité associée à l’ascension du magma (événements hybrides) montrait une légère hausse ces derniers jours.

On n’enregistre pas de déformations significatives de l’édifice volcanique.

Les émissions de SO2 atteignaient 4051 tonnes / jour le 16 avril.

Plusieurs anomalies thermiques continuent à être détectées sur le volcan dont le niveau d’alerte reste à la couleur Orange.

Source : IGP / INGEMMET.

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The eruption of the Sabancaya Volcano continues, with some fluctuations from one week to another. In its bulletin released on 17 April, the IGP indicates that on average there are 37 explosions per day, accompanied by ash plumes rising up to 3,000 meters above the crater before drifting over 40 kilometres or so to the NE and SE.
The seismicity associated with the ascent of magma (hybrid events) showed a slight increase in recent days.
There are no significant deformations of the volcanic edifice.
SO2 emissions reached 4,051 tonnes / day on 16 April.
Several thermal anomalies are still detected on the volcano whose alert level remains Orange.
Source: IGP / INGEMMET.

Eruption du Sabancaya (Pérou / Peru)

drapeau-francaisLe 8 novembre, la colonne de cendre atteignait 2,4 km au-dessus du cratère.
Une augmentation significative des émissions de cendre a été observée le 9 novembre, avec des retombées à Parjo, Cajamarcana et Salalli. Le panache atteignait une hauteur de 2 km au-dessus du cratère.
Le 10 novembre, des chutes de cendre ont été signalées dans des localités situées entre 30 et 35 km du volcan. L’agence INGEMMET a recommandé aux autorités de mettre en place des mesures visant à protéger la population locale, principalement en distribuant des masques pour prévenir les problèmes respiratoires.
Une nouvelle explosion s’est produite à 15:04 (TU) le 11 novembre. Cette fois, la cendre a atteint environ 3 km au-dessus du cratère (9 km au-dessus du niveau de la mer) et le panache s’est étiré sur 40 km vers l’est et le nord-est.
Avec l’activité à Ubinas et la nouvelle phase éruptive du Sabancaya, le Pérou a maintenant deux volcans simultanément en éruption pour la première fois de son histoire.
Voici une courte vidéo montrant l’éruption de Sabancaya:
https://youtu.be/8IXffal_r34
Source: Instituto Geofisico.

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drapeau-anglaisAs I put it before (see my note of 8 November 2016), during the last couple of weeks, volcanic gas emissions increased significantly at Sabancaya volcano, reaching values of up to 7 173 tons per day on October 23rd. A thermal anomaly was first observed on November 2nd. The alert level was raised to yellow and people were advised not to approach the volcano.
On November 8th, the ash column was reaching 2.4 km above the crater.
A significant increase in ash emissions was observed on November 9th, prompting authorities to issue ashfall alerts in Parjo, Cajamarcana and Salalli. Ash was reaching a height of 2 km above the crater.
By November 10th, ashfall was reported in communities located between 30 and 35 km from the volcano. INGEMMET recommended that authorities implement measures to help protect the local population, mainly by distributing masks to prevent breathing problems.
A new explosion occurred at 15:04 UTC on November 11th. This time, ash reached approximately 3 km above the crater (9 km above sea level) and drifted 40 km east and northeast.
With the activity at Ubinas and the new eruptive phase at Sabancaya, Peru now has two simultaneously erupting volcanoes for the first time in recorded history.
Here is a short video showing the eruption of Sabancaya:
https://youtu.be/8IXffal_r34
Source: Instituto Geofisico.

sabancaya

Source: INGEMMET

La fonte des glaciers menace le Pérou // Peru under the threat of its melting glaciers

drapeau francaisA cause du réchauffement climatique, la glace fond, modifiant les paysages et faisant apparaître bien des problèmes. Les célèbres neiges du Kilimandjaro ont perdu plus de 80 pour cent de leur surface depuis 1912. Dans certaines régions de l’Himalaya indien, les glaciers reculent si vite que les chercheurs pensent que la plupart des glaciers du centre et de l’est de la chaîne himalayenne pourraient avoir quasiment disparu en 2035. La banquise arctique s’est amincie de manière significative au cours du demi-siècle écoulé et son étendue a diminué d’environ 10 pour cent au cours des 30 dernières années. Les mesures à l’altimètre laser effectuées par la NASA montrent un rétrécissement des bordures de la calotte glaciaire du Groenland. Au printemps, la débâcle des rivières de l’hémisphère Nord se produit en moyenne neuf jours plus tôt qu’il y a 150 ans, et à l’automne l’embâcle intervient environ dix jours plus tard. Nous avons eu récemment un exemple de cela avec l’évacuation de la glace sur le Yukon et la Nenana en Alaska où la fonte du pergélisol a fait s’affaisser le sol de plus de 4 mètres dans certaines parties de l’Etat. De l’Arctique au Pérou, d’immenses champs de glace et de vastes étendues de glace de mer disparaissent à grande vitesse.
Selon les glaciologues, les plus hauts glaciers du monde, dans les Andes péruviennes, pourraient disparaître d’ici 40 ans. Le phénomène est susceptible d’entraîner des pénuries d’eau et des inondations catastrophiques qui menaceront les villes de ces montagnes.
Plus de 2500 glaciers ornent les sommets des Andes péruviennes. Environ 660 d’entre eux se trouvent dans la Cordillera Blanca. Les scientifiques font remarquer que le recul des glaciers menace le mode de vie de 2 millions de personnes vivant dans les vallées et dans les villes côtières qui dépendent de l’eau des glaciers. Au cours des 40 dernières années, les glaciers péruviens ont reculé d’au moins 34 pour cent.
Le changement climatique a fait apparaître un double problème: la pénurie d’eau et la menace des glaciers. En effet, l’avancée des glaciers déclenche des avalanches qui terminent leur course dans les lacs en aval, propulsant des vagues d’eau, de débris et de sédiments dans toute la vallée. Avec le changement climatique, avalanches et inondations glaciaires sont devenues plus fréquentes. La Laguna Pallqaqucha, un lac glaciaire (voir photos ci-dessous), atteint actuellement 34 fois son volume normal. Si la moraine qui le retient se rompt, 18 millions de mètres cubes d’eau et de débris inonderont  Huaraz, la capitale provinciale, et sa population de 120 000 habitants. On a recensé 10 à 14 lacs aussi dangereux dans toute la région. Il serait urgent d’y installer des systèmes d’alerte.
En dépit du fait que Huaraz a été inondée par le même lac en 1941 et qu’une avalanche a détruit la ville voisine de Yungay en 1970, faisant 23 000 victimes, des systèmes de surveillance n’ont pas été installés pour alerter les populations en cas de catastrophe imminente.
La capitale Lima et sa population de 10 millions d’habitants dépendent de la fonte des glaciers andins pour  leur alimentation en eau. Lima est l’une des capitales les plus sèches au monde, avec seulement neuf millimètres de pluie par an. Plus de 1,5 millions d’habitants ne sont pas reliés à un système d’eau potable et certains quartiers ne reçoivent qu’une heure d’eau chaque jour.  La baisse de l’approvisionnement en eau en provenance des montagnes conjuguée à une augmentation de la population ont fait naître de graves préoccupations pour l’alimentation en eau à Lima dans les années à  venir.
Afin de trouver une solution au problème de l’eau, le gouvernement péruvien a proposé la construction d’une série de barrages sur la rivière Maranon, la principale source de l’Amazone, dans le cadre d’un grand projet hydroélectrique. Il a également suggéré de détourner l’eau vers Lima via un tunnel sous les Andes. Mais à cause de l’importance du Maranon pour le bassin de l’Amazone, le projet a suscité de vives critiques de la part des groupes environnementaux.
Sources: ABC News et journaux péruviens.

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drapeau-anglaisBecause of global warming, the ice is melting, changing landscapes and causing problems. The famed snows of Kilimanjaro have melted more than 80 percent since 1912. Glaciers in some parts of the Indian Himalayas are retreating so fast that researchers believe that most central and eastern Himalayan glaciers could virtually disappear by 2035. Arctic sea ice has thinned significantly over the past half century, and its extent has declined by about 10 percent in the past 30 years. NASA’s repeated laser altimeter readings show the edges of Greenland’s ice sheet shrinking. Spring freshwater ice breakup in the Northern Hemisphere now occurs nine days earlier than it did 150 years ago, and autumn freeze-up ten days later. We recently had an example of this with the record breakup of the Yukon and Nenana rivers in Alaska. Thawing permafrost has caused the ground to subside more than 4 metres in parts of Alaska. From the Arctic to Peru, massive ice fields and sea ice are fast disappearing.

According to glaciologists, the world’s highest glaciers, in the Peruvian Andes, might disappear within 40 years. In the process, the phenomenon is likely to deliver water shortages and catastrophic floods to towns in these mountains.

More than 2,500 glaciers slice through the mountain peaks of Peru. Around 660 of them lie in the Cordillera Blanca. Scientists warn the glacial retreat threatens the livelihoods of 2 million people living in the valleys below and in the desert coastal cities that rely on the glaciers’ water. In the last 40 years the glaciers have retreated at least 34 per cent.

Actually, climate change brings two types of problems: water shortages and hanging glaciers. Indeed, these glaciers slide and produce avalanches into the lakes below and push out the water, carrying debris, sediment and everything down the valley. With climate change, glacial avalanches and floods have become more frequent. Laguna Pallqaqucha, a glacial lake (see photos below), is currently 34 times its normal volume. If it bursts, 18 million cubic metres of water and debris will flood the provincial capital Huaraz and its population of 120,000. There are 10 to 14 similar dangerous lakes across the region. Early warning systems are urgently needed.

Despite the city being flooded by the same lake in 1941 and an avalanche destroying the nearby town of Yungay in 1970 with 23,000 casualties, monitoring systems have not been installed to alert the region’s towns of pending disaster.

Peru’s capital Lima and its population of 10 million people rely on the Andean glacial melt for the city’s water. Lima is one of the driest capitals in the world, receiving just nine millimetres of rainfall a year. More than 1.5 million people in the city are not connected to water and some districts receive only an hour’s supply each day. Less water supply coming from the mountains, plus an increasing population, give quite severe concern about water in Lima in the future.

As a solution to the potential water crisis, the Peruvian government has proposed a series of dams on the Maranon River, the main source of the Amazon, as part of a large hydropower scheme and also the diversion of water to Lima via a tunnel under the Andes.

But because of the Maranon’s importance to the Amazon, the project has drawn strong criticism from environmental groups.

Sources : ABC News and Peruvian newspapers.

Palcacocha_1939

La Laguna Pallqaqucha en 1939.

Palcacocha_2002

La Laguna Pallqaqucha en 2002

Perou Pastoruri_Glacier

Pastoruri, l’un des glaciers de la Cordillera Blanca

(Crédit photos: Wikipedia)

Ticsani (Pérou / Peru)

drapeau-francaisSuite à une intensification de son activité, l’Institut de Géophysique a installé un nouveau réseau de mesures sur le volcan Ticsani. Il se compose de quatre stations sismiques avec transmission des données en temps réel.
Au cours du mois de janvier, les séismes d’origine volcano-tectonique ont montré une augmentation significative, avec une moyenne de 219 événements par jour. Environ 11 essaims sismiques ont été enregistrés avec des séquences comportant parfois plus de 10 événements. Les séismes longue période (LP) sont en petit nombre, de même que les séquences de tremor. 730 événements sismiques avaient des magnitudes entre M 1,0 et M 3,4. Ils se situaient essentiellement à proximité du Ticsani, dans un rayon de 10 km par rapport au volcan.
Au cours de cette même période, les émissions de SO2 étaient faibles et aucune anomalie thermique n’a été détectée.

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drapeau anglaisFollowing an intensification of activity, the Geophysics Institute has installed a new measuring network on Ticsani volcano. It consists of four seismic stations with real-time transmission of data.
In January, volcano-tectonic earthquakes showed a significant increase, with an average of 219 events per day. About 11 seismic swarms were recorded with sequences including sometimes more than 10 events. Long period earthquakes (LP) are few in number, as well as the sequences of tremor. 730 seismic events had magnitudes between M 1 and M 3.4. They were mainly located near Ticsani, within 10 km of the volcano.
During this same period, SO2 emissions were low and no thermal anomaly was detected.