Le Nyiragongo (République Démocratique du Congo) vu depuis l’espace

drapeau francaisLa NASA a mis en ligne une image du Nyiragongo prise depuis l’espace le 4 août 2013. On voit un très volumineux panache de gaz et de vapeur d’eau s’échapper du volcan. De ce fait, l’intérieur du cratère et le lac de lave ne sont pas visibles. Rappelons que la densité d’un panache de vapeur d’eau ne doit pas être mise en relation uniquement avec l’activité éruptive, mais avant tout avec l’hygrométrie et la température de l’air ambiant. Ainsi, sur l’île italienne de Vulcano, les volumineux panaches qui s’échappent parfois du cratère de la Fossa ne signifient pas que le volcan est en train de se réveiller !

 

drapeau anglaisNASA has posted an image of Nyiragongo taken from space on August 4th, 2013. We can see a voluminous plume of gas and water vapour coming out of the volcano. Therefore, the interior of the crater and the lava lake are not visible. Let’s keep in mind that the density of a plume of water vapour should not be related only with eruptive activity, but above all with the humidity and temperature of the ambient air. Thus, on the Italian island of Vulcano, the large plumes that sometimes come out of the Fossa crater do not mean that the volcano is waking up!

Nyiragongo-aout-2013

Des drones dans le panache du Turrialba (Costa Rica) // UAVs to study the Turrialba plume (Costa Rica)

drapeau francais   Des chercheurs de la NASA ont récemment fait voler un drone Dragon Eye dans le panache de SO2 du Turrialba (Costa Rica) et au-dessus du cratère sommital afin d’y étudier l’environnement chimique.
Les scientifiques ont effectué un total de 10 vols jusqu’à 3750 mètres d’altitude entre le 11 et le 14 mars 2013, dans le panache volcanique et le long de la lèvre du cratère.
Pendant les vols, l’équipe scientifique a comparé les données ainsi récoltées à celles enregistrées par le système ASTER (Advanced Thermal Emission and Reflection) à bord du satellite Terra de la NASA. Cela a permis de comparer les mesures de concentration de SO2 en provenance du satellite avec celles effectuées par le drone à l’intérieur du panache.
Les scientifiques pensent que les modèles informatiques issus de cette étude contribueront à la améliorer la sécurité du trafic aérien et les prévisions climatiques ; ils permettront aussi d’atténuer les risques (par exemple, le ‘smog’ volcanique) pour les personnes qui vivent autour des volcans.
Un facteur clé est l’intensité et la nature de l’activité volcanique près de l’évent éruptif. Par exemple, en connaissant le niveau de concentration des gaz et de cendre, mais aussi la température au niveau du cratère pendant une éruption, on pourra mieux modéliser et donc prévoir la direction du panache volcanique.
Il est quasiment impossible de pénétrer un espace aérien aussi dangereux avec un avion conventionnel. Au contraire, les drones, en particulier ceux avec des moteurs électriques qui ingèrent peu d’air contaminé, sont un moyen efficace de recueillir des données cruciales sur les concentrations de cendre et de gaz, ainsi que sur leur distribution latérale et verticale.
Les trois drones utilisés pour les expériences du mois de mars pèsent environ 2,5 kg ; ils présentent une envergure de 1,15 m et sont équipés de deux moteurs électriques. Ils peuvent transporter une charge instrumentale utile de 450 grammes pendant une heure dans un panache volcanique.
Parmi les instruments embarqués sur le drone, il y avait des caméras, des capteurs de SO2 et de particules,ainsi que des bouteilles de prélèvement automatique prévues pour mesurer la concentration de SO2.
L’an prochain, dans le cadre de ce projet, on utilisera un appareil sans pilote SIERRA de plus grande taille. Il aura à son bord un spectromètre de masse plus sophistiqué afin de mesurer des gaz supplémentaires dans le panache du Turrialba.
Les volcans du Costa Rica offrent de superbes laboratoires naturels pour tester et développer ces systèmes de drones volcanologiques. Par exemple, le panache du Turrialba a relativement peu de courants ascendants et de cisaillement du vent. Le panache permanent se compose essentiellement de dioxyde de carbone, vapeur d’eau, dioxyde de soufre, H2S et d’autres gaz mineurs, tel que l’hélium. En outre, dans l’espace aérien autour et au-dessus du Turrialba, le trafic aérien commercial et privé est très faible.
L’un des objectifs du projet à long terme est de développer les moyens d’échantillonner la cendre et les gaz dans les panaches volcaniques jusqu’à 9.000 m. d’altitude lors de grandes éruptions explosives telles que celle qui a paralysé le trafic aérien en Islande et en Europe au printemps 2010.
Source: TG Daily.

 

drapeau anglais   NASA researchers recently flew a Dragon Eye unmanned aerial vehicle (UAV) intoTurrialba volcano’s SO2 plume and over its summit crater to study the chemical environment.

Scientists conducted a total of 10 flights up to 3,750 metres a.s.l. between March 11th and 14th, 2013, into the volcanic plume and along the rim of the summit crater.

During the research flights, the team coordinated its data gathering with the Advanced Spaceborne Thermal Emission and Reflection (ASTER) instrument on NASA’s Terra spacecraft, allowing scientists to compare SO2 concentration measurements from the satellite with measurements taken from within the plume.

Scientists believe computer models derived from this study will contribute to safeguarding air traffic, improving global climate predictions, and mitigating environmental hazards (for instance, volcanic smog) for people who live around volcanoes.

A key factor of such models is the intensity and character of the volcanic activity located near the eruption vent. For instance, knowing the height of ash and gas concentrations, and temperatures over the vent during an eruption are important initial factors for any model that predicts the direction of the volcanic plume.

Penetrating such dangerous airspace would be quite impossible and too dangerous with conventional aircraft. On the contrary, UAVs, especially those with electric engines that ingest little contaminated air, are an effective way to gather crucial data about ash and gas concentrations and their lateral and vertical distribution.

The three UAVs used for the experiments weigh about 2.5 kilograms, boast a 1.15 –metre wingspan and twin electric engines, and can carry a 450-gram instrument payload for up to an hour within a volcanic plume.

Among the instruments on board the UAV, there were, SO2 and particle sensors, and automatic sampling bottles keyed to measure SO2 concentration.

Next year, as part of this project, a larger SIERRA unmanned aircraft will be used. It will carry a more sophisticated mass spectrometer to measure additional gases in the Turrialba volcano plume.

The volcanoes of Costa Rica provide superb natural laboratories to test and develop these volcanological UAV systems. For instance, the Turrialba plume has relatively minimal updraft and wind shear. The continuously erupting plume consists primarily of carbon dioxide, water vapour, sulphur dioxide, some H2S and other minor gases, such as helium. In addition, in the airspace around and over Turrialba volcano, commercial and private air traffic is very low.

A long-term project goal is to develop the means to sample drifting ash and gas in volcanic plumes up to 9,000 a.s.l., that result from large explosive eruptions such as those that crippled aviation traffic in Iceland and Europe in the spring of 2010.

Source : TG Daily.

Turrialba-blog

Le panache du Turrialba vu par la webcam.

White Island & Tongariro (Nouvelle Zélande)

drapeau francais   GNS Science indique que le panache volcanique au-dessus de White Island est devenu plus volumineux ces derniers temps suite à une période de pluie suivie d’un temps calme. Il ne s’agit pas d’une augmentation de l’activité éruptive.

La sismicité se maintient à un niveau bas, même si on a observé une certaine hausse récemment, probablement parce que l’eau de pluie et la boue ont pénétré dans la bouche active en l’obstruant, au moins partiellement.

Si le panache semble parfois plus sombre, c’est probablement qu’il transporte plus d’humidité qu’à l’accoutumée. Les webcams ne montrent pas de cendre.

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, il faut se méfier du panache de gaz et surtout de vapeur émis par un volcan. J’ai eu l’occasion de faire des observations à ce sujet à Vulcano, sur l’Etna et à Hawaii. Il en ressort que l’aspect du panache varie énormément en fonction de la température et de l’hygrométrie de l’air. L’éclairage peut aussi jouer un rôle. C’est le cas par exemple à Hawaii quand le soleil couchant confère parfois une teinte beaucoup plus sombre aux panaches de vapeur qui montent du littoral, sans que la situation ait évolué d’un pont de vue volcanique.

A noter que la couleur de l’alerte aérienne pour le massif du Tongariro vient d’être abaissée au Vert, le minimum. La vapeur continue à s’échapper des cratères Te Maari, mais il n’y a aucun risque éruptif à court terme. Là aussi, la modification du panache de vapeur crée des confusions. Les autorités locales reçoivent souvent des appels téléphoniques quand les habitants voient le panache s’épaissir. Comme indiqué précédemment, ce phénomène est dû aux modifications subies par l’air ambiant.

 

drapeau anglais   GNS Science indicates that the volcanic plume from White Island has become more noticeable in recent days as a result of rain followed by calm weather, rather than any rise in volcanic activity.

Background seismic activity is said to be low, although it had picked up a little in the past few days. That was probably due to the rain and mud washing down into the vent and partly blocking it.

If the plume is sometimes looking darker than usual, it is probably because it is carrying more moisture. Web cameras taking images of the plume do not seem to be showing any ash.

As I have repeatedly stated, we must be wary of the gas plume and especially the steam emitted by a volcano. I had the opportunity to make observations at Vulcano, Mt Etna and Hawaii. They reveal that the appearance of the plume varies greatly according to the temperature and humidity of the air. Lighting can also play a role. This is the case for example at Hawaii when the setting sun sometimes gives a much darker aspect to the plumes of steam rising from the coastline, even though the situation has not changed from a volcanic point of view.

Meantime, the colour of the aviation alert at Tongariro has been lowered to Green, the minimum. Steam keeps coming out of the Te Maari Craters but there is no risk of an eruption in the short term. At Tongariro too, the changes in the aspect of the steam plume causes confusion. Local authorities often receive phone calls when the inhabitants notice that the plume is getting thicker. As I put it previously, this phenomenon is due to changes in the ambient air.

Panache-Hawaii

Le panache de vapeur sur le littoral à Hawaii  (Photo:  C. Grandpey)