La Bretagne sous la menace des eaux

Les inondations catastrophiques qui viennent de se produire en Bretagne ne sont que l’une des conséquences du réchauffement climatique. L’ensemble de la Bretagne étant bordé par la mer, il va falloir également faire face à la hausse de son niveau. Aux inondations s’ajoutera tôt ou tard la submersion marine. En effet, une des conséquences principales du réchauffement climatique est la hausse du niveau des océans qui contribuera au phénomène d’érosion des côtes. On assistera peu à peu une inondation permanente d’une partie des zones les plus basses. Il faudra que les personnes qui y habitent s’adaptent ou aillent vivre ailleurs.

Les causes de la hausse du niveau des océans sont bien connues. Je les ai énumérées sur ce blog. Comme le rappelle fort bien l’Observatoire de l’Environnement en Bretagne (OEB), il y a en premier lieu la hausse des températures. 2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée. On se trouve à 1,55°C au-dessus des années 1850-1900. Sans réduction drastique et immédiate des émissions de gaz à effet de serre, la courbe de chauffe ne cessera pas de grimper, et le niveau de la mer avec elle.

Les marégraphes et les données satellitaires montrent que sur la période 1901-2018, le niveau de la mer a augmenté de 20 centimètres en moyenne dans le monde. Deux phénomènes en sont responsables : La quantité d’eau déversée dans les océans par la fonte des glaciers et des calottes polaires. Par ailleurs, avec la hausse des températures, il se produit une dilatation thermique des océans dont le volume augmente et l’eau prend donc plus de place.

L’eau monte en Bretagne comme ailleurs dans le monde. Le marégraphe de Brest enregistre le niveau de la mer depuis 1711 dans le Finistère. Les mesures effectuées au cours des 300 dernières années indiquent une élévation d’environ 35 cm. À Saint-Malo, où l’on dispose de mesures depuis la fin du 19ème siècle, le niveau a augmenté d’une dizaine de centimètres. Globalement, le marégraphe de Brest est représentatif des changements observés sur toute la côte bretonne où le niveau de la mer augmente de manière homogène.

Source : OEB

Avec l’accélération actuelle du réchauffement climatique, la montée du niveau de la mer s’accélère sur le littoral breton et dans tout l’Atlantique Nord. À Brest, cette variation était d’environ + 1,30 mm par an entre 1890 et 1980, puis autour de + 3 mm par an entre 1980 et 2004. De 2004 à aujourd’hui, dans l’Atlantique Nord, le niveau de la mer s’est élevé à la vitesse d’environ 4 mm par an. Cette accélération devrait s’intensifier dans le futur, avec une vitesse de 5,9 mm par an sur la période 2080-2100, pour un réchauffement atmosphérique mondial de 3°C. A l’échelle mondiale, cette accélération est également bien perceptible ; le niveau de la mer est monté de 20 cm en un siècle. On s’attend à ce qu’il monte de 20 cm dans les trente prochaines années.

L’OEB conclut son rapport d’observation par une remarque très importante que je rappelle régulièrement sur mon blog. « Tous les phénomènes qui contrôlent la variation du niveau marin se produisent sur des échelles de temps longs et ont énormément d’inertie. Ainsi, même en réduisant nos émissions de gaz à effet de serre dès à présent, le niveau de la mer continuera d’augmenter pendant des siècles. Des travaux scientifiques récents indiquent que le niveau de la mer dépassera de manière inévitable les 2 mètres d’augmentation, que ce soit dans une centaine d’années ou dans 2000 ans. Il faut donc s’y préparer. »

Projections selon le degré de réchauffement de la planète en 2100 (Source : OEB)

Le réchauffement climatique tue les guillemots en Alaska // Global warming kills murres in Alaska

Après la disparition d’environ 10 000 couples de fous de Bassan, décimés par une épidémie de grippe aviaire durant l’été 2022 sur l’île Rouzic en Bretagne, c’est au tour des guillemots de subir le même sort en Alaska, mais pour une raison différente.

 Colonie de fous de Bassan sur l’île Rouzic (Photo: C. Grandpey)

Une nouvelle étude de l’Université de Washington publiée dans la revue Science révèle qu’une importante vague de chaleur à la surface de l’océan a tué près de la moitié d’une population de guillemots de Troïl en Alaska, avec des impacts durables sur l’espèce. L’étude explique que 4 millions de ces oiseaux sont morts suite à des conditions inhabituellement chaudes dans le nord-est de l’océan Pacifique entre 2014 et 2016.

Colonie de guillemots de Troïl en Écosse (Photo: C. Grandpey)

Les chercheurs ont analysé les données obtenues lors de l’observation de plus d’une douzaine de colonies de guillemots dans le golfe d’Alaska et la mer de Béring avant et après la vague de chaleur mortelle. L’étude montre l’impact évident et étonnamment durable de la vague de chaleur sur les oiseaux. Elle insiste sur le fait que l’effet ne s’est pas fait via un stress thermique sur les oiseaux, mais plutôt par des changements dans la chaîne alimentaire qui ont fait que les guillemots se sont soudainement et fatalement retrouvés sans suffisamment de nourriture.
Avant la vague de chaleur marine, on estimait qu’environ 8 millions d’oiseaux vivaient au large des côtes de l’océan et sur les rochers en Alaska. Connus pour plonger à de grandes profondeurs pour se nourrir, les guillemots ont probablement souffert de famine en raison de l’impact de la vague de chaleur sur leurs réserves alimentaires.
Les derniers comptages de la population de guillemots depuis l’événement n’ont montré aucune preuve de rétablissement, ce qui laisse supposer que la vague de chaleur a probablement bouleversé l’écosystème. Les biologistes ont également noté des changements dans les populations de crabes et de poissons, qui ont subi des extinctions massives au cours de l’une des plus grandes vagues de chaleur de l’histoire.
Selon les climatologues, les solides dorsales de haute pression au large des côtes de l’Amérique du Nord sont responsables du développement des zones de temps chaud. Un tel régime météorologique se traduit par des vents doux et une couverture nuageuse moins importante que la normale, ce qui contribue à réchauffer la température à la surface de la mer. Les chercheurs ont précédemment expliqué qu’une hausse d’un degré Celsius de la température de surface de la mer pendant une période prolongée déclenche souvent des événements faisant de nombreuses victimes.
Selon les auteurs de l’étude, « que le réchauffement soit dû à une vague de chaleur, à El Niño, à la fonte des glaces de l’Arctique ou à d’autres facteurs, le message est clair : le réchauffement des eaux entraîne des changements profonds dans les écosystèmes et des répercussions à grande échelle sur les oiseaux de mer. La fréquence et l’intensité des épisodes de mortalité parmi les oiseaux de mer augmentent au même rythme que le réchauffement des océans. »
Les chercheurs ont déclaré qu’on ne savait pas quand ni si la population de guillemots de Troïl se rétablirait un jour. C’est inquiétant et ce pourrait être le signe de changements environnementaux encore plus significatifs dans les prochaines années.
Source : Médias d’information internationaux.

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After the disappearance of about 10,000 pairs of gannets on Roueic Island in Britanny, wiped out by an avian flu epidemic during the summer of 2022, it is up to the murres to suffer the same fate in Alaska, but for a different reason.

A new study by the University of Washington published in the journal Science has revealed that an extensive marine heat wave killed nearly half of a seabird population in Alaska, leaving long-lasting impacts on the species. The study explains that 4 million common murres died following unusually warm conditions in the northeastern Pacific Ocean between 2014 and 2016.

Researchers analyzed data from more than a dozen colonies across the Gulf of Alaska and the Bering Sea before and after the extensive heat wave. The study shows clear and surprisingly long-lasting impacts of a marine heat wave on the birds. It insists that the effect of the heat wave was not via thermal stress on the birds, but rather shifts in the food web leaving murres suddenly and fatally without enough food.

Before the marine heat wave, around 8 million of the birds were estimated to have lived off the ocean and rocky coastline of Alaska. Known for diving to great depths for food, they likely suffered from starvation due to the heat wave’s impact on their supply.

Recent population abundance estimates since the event have found no evidence of recovery, suggesting that the heatwave may have led to an ecosystem shift. Biologists also noted changes in crab and fish populations, which also suffered extensive die-offs during one of the greatest heat waves in recorded history.

According to climatologists, stout ridges of high pressure off the coast of North America are responsible for the development of the warm weather patches. The weather pattern results in gentle winds and less cloud cover than normal, which helps to heat surface water temperatures. Researchers previously determined that a 1-degree Celsius increase in sea surface temperatures for an extended period often triggers mass casualty events.

According to the authors of the study, « whether the warming comes from a heat wave, El Niño, Arctic sea ice loss or other forces, the message is clear: Warmer water means massive ecosystem change and widespread impacts on seabirds. The frequency and intensity of marine bird mortality events is ticking up in lockstep with ocean warming. »

Researchers said it is unknown when or if the population of common murres will ever recover, which is worrisome and could be a sign of more widespread ecological changes to come.

Source : International news media.

Les îles du Pacifique sous la menace de l’océan // Pacific Islands under threat from the ocean

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lancé un nouvel avertissement climatique au monde : le niveau des océans s’élève à un rythme accéléré, en particulier dans les nations insulaires du Pacifique qui sont beaucoup plus vulnérables. Le 26 août 2024, les Nations Unies et l’Organisation météorologique mondiale ont publié des rapports sur l’aggravation de l’élévation du niveau de la mer, dopée par le réchauffement de la Terre et la fonte des calottes glaciaires et des glaciers. Ces rapports soulignent que le Pacifique Sud-Ouest est non seulement touché par la montée des océans, mais aussi par d’autres effets du réchauffement climatique tels que l’acidification des océans et les vagues de chaleur marines.
Selon Guterres, « la montée des mers est une crise entièrement imputable à l’Homme. Une crise qui va bientôt atteindre une ampleur presque inimaginable, sans canot de sauvetage pour remettre le monde en sécurité ».
Le niveau de la mer à Nuku’alofa, la capitale des Tonga, a augmenté de 21 centimètres entre 1990 et 2020, soit deux fois la moyenne mondiale qui est de 10 centimètres. À Apia, aux Samoa, le niveau de la mer a augmenté de 31 centimètres, tandis qu’à Suva-B, aux Fidji, il a augmenté de 29 centimètres. Cela met les nations insulaires du Pacifique en grand danger, car environ 90 % de la population de la région vit à moins de 5 kilomètres des zones où le niveau de l’océan est en train de monter.
Depuis 1980, les inondations côtières à Guam sont passées de deux à 22 fois par an. Elles sont passées de cinq à 43 fois par an aux îles Cook. À Pago Pago, aux Samoa américaines, les inondations côtières sont passées de zéro à 102 fois par an, selon le rapport de l’OMM publié en 2023 sur l’état du climat dans le Pacifique Sud-Ouest.
En raison de l’élévation de son niveau, l’océan est devenu une menace de plus en plus grande. Le niveau de la mer monte plus rapidement dans le Pacifique tropical occidental en raison de la fonte des glaces de l’Antarctique occidental, à laquelle viennent s’ajouter des eaux et des courants océaniques plus chauds.
Le Pacifique est durement touché alors qu’il ne produit que 0,2 % des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique et de l’expansion des océans. La plus grande partie de l’élévation du niveau de la mer est due à la fonte des calottes glaciaires de l’Antarctique et du Groenland, sans oublier la fonte des glaciers terrestres et le fait que l’eau plus chaude se dilate en fonction des lois de la physique. Environ 90 % de la chaleur emprisonnée par les gaz à effet de serre est absorbée par les océans. Entre 1901 et 1971, l’élévation moyenne du niveau de la mer dans le monde était de 1,3 centimètre par décennie, selon le rapport de l’ONU. Entre 1971 et 2006, elle a grimpé à 1,9 centimètre par décennie ; ensuite, entre 2006 et 2018, elle a atteint 3,7 centimètres par décennie. Au cours de la dernière décennie, le niveau des mers a augmenté de 4,8 centimètres.
Le rapport de l’ONU met également en évidence les villes des 20 pays les plus riches, qui représentent 80 % des gaz à effet de serre, et où la montée des mers touche de grands centres de population. Les villes où l’élévation du niveau de la mer au cours des 30 dernières années a été au moins 50 % supérieure à la moyenne mondiale comprennent Shanghai, Perth en Australie, Londres, Boston, Miami et la Nouvelle-Orléans. Cette dernière arrive en tête de liste avec 26 centimètres d’élévation du niveau de la mer entre 1990 et 2020.
Une fois de plus, Guterres exhorte les pays riches à intensifier leurs efforts pour réduire les émissions de carbone, mettre fin à l’utilisation des combustibles fossiles et aider les pays les plus pauvres. Pourtant, les plans des pays riches en matière d’énergie montrent qu’ils produiront deux fois plus de combustibles fossiles en 2030 que la quantité qui limiterait le réchauffement aux niveaux convenus au niveau international. La dernière COP 28 s’est tenue à Dubaï, aux Émirats arabes unis, et la prochaine se tiendra à Bakou, en Azerbaïdjan, en 2024. C’est reçu comme une insulte par les nations du Pacifique qui sont menacées par le réchauffement climatique et l’élévation du niveau de la mer.
Source : Médias d’information internationaux.

 

(Source : Wikipedia)

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U.N. Secretary-General Antonio Guterres has issued another climate warning to the world : Seas are rising at an accelerating rate, especially in the far more vulnerable Pacific island nations. On August 26th, 2024, the United Nations and the World Meteorological Organization issued reports on worsening sea level rise, turbocharged by a warming Earth and melting ice sheets and glaciers. They highlight how the Southwestern Pacific is not only hurt by the rising oceans, but by other climate change effects of ocean acidification and marine heat waves.

According to Guterres, “rising seas are a crisis entirely of humanity’s making. A crisis that will soon swell to an almost unimaginable scale, with no lifeboat to take us back to safety.”

Sea level in Tonga’s capital Nuku’alofa rose 21 centimeters between 1990 and 2020, twice the global average of 10 centimeters. Apia in Samoa, has seen 31 centimeters of rising seas, while Suva-B in Fiji has had 29 centimeters. This puts Pacific Island nations in grave danger as about 90% of the region’s people live within 5 kilometers of the rising oceans.

Since 1980, coastal flooding in Guam has jumped from twice a year to 22 times a year. It’s gone from five times a year to 43 times a year in the Cook Islands. In Pago Pago, American Samoa, coastal flooding went from zero to 102 times a year, according to the WMO State of the Climate in the South-West Pacific 2023 report.

Because of sea level rise, the ocean has become a growing threat. Sea levels are rising faster in the western tropical Pacific because of the melting ice from western Antarctica, with warmer waters and ocean currents.

The Pacific is hit hard despite only producing 0.2% of greenhouse gases causing global warming and expanding oceans. The largest part of the sea rise is from melting ice sheets in Antarctica and Greenland. Melting land glaciers add to that, and warmer water also expands based on the laws of physics. About 90% of the heat trapped by greenhouse gases goes into the oceans. Between 1901 and 1971, the global average sea rise was 1.3 centimeters a decade, according to the UN report. Between 1971 and 2006 it jumped to 1.9 centimeters per decade, then between 2006 and 2018 it was up to 3.7 centimeters a decade. The last decade, seas have risen 4.8 centimeters.

The UN report also highlights cities in the richest 20 nations, which account for 80% of the heat-trapping gases, where rising seas are lapping at large population centers. Those cities where sea level rise in the past 30 years has been at least 50% higher than the global average include places like Shanghai, Perth in Australia, London, Boston, Miami; and New Orleans. New Orleans tops the list with 26 centimeters of sea level rise between 1990 and 2020.

One again, Guterres urges richer nations to step up efforts to reduce carbon emissions, end fossil fuel use and help poorer nations. Yet countries’ energy plans show them producing double the amount of fossil fuels in 2030 than the amount that would limit warming to internationally agreed upon levels. The past COP 28 was in Dubai, United Arab Emirates, and the next one will be in Baku, Azerbaijan in 2024. This comes as an insult to the Pacific nations that are under the threat of global warming and rising sea levels.

Source : International news media.

Hawaï : besoin urgent de s’adapter à la hausse de niveau de l’océan // Hawaii : urgent need to adapt to rising sea level

Les îles du Pacifique, à l’image d’Hawaï, sont particulièrement vulnérables aux effets du réchauffement climatique, avec les tempêtes intenses, les incendies de végétation et le blanchissement des récifs coralliens. Il est urgent que des mesures rapides soient prises pour faire face à cette situation.
Oahu est l’île hawaïenne la plus visitée, avec son quartier emblématique de Waikiki qui sert de référence à de nombreux touristes, mais elle a déjà commencé à subir les effets du réchauffement climatique. La plage de Waikiki ne sera plus la même dans les 50 prochaines années. Les autres plages se sont rétrécies et, dans certaines zones, elles ont quasiment disparu. À marée haute ou en cas de forte houle, les vagues s’écrasent sur les trottoirs et arrosent les passants. Ces problèmes n’existaient pas il y a des décennies et la situation ne devrait qu’empirer.
D’ici à peine 20 ans, les routes, les immeubles d’appartements et les complexes hôteliers situés à proximité de l’océan seront inondés par la montée des eaux souterraines. À l’avenir, les égouts pluviaux risquent de se remplir et les plages continuer à disparaître. Le quartier de Waikiki a été construit sur l’eau, avec une zone humide qui a été drainée puis comblée pour permettre d’implanter des immeubles.

Photo: C. Grandpey

Ce ne sont pas seulement la montée de l’eau de l’océan et les vagues plus fortes qui menacent Waikiki ; il y a aussi, côté montagne, les fortes pluies et les inondations. Waikiki a la plus forte densité d’hôtels à Hawaï et représente 7,8 milliards de dollars de revenus touristiques.
Confrontées au réchauffement climatique, Oahu et les autres îles hawaïennes ont commencé à repenser leur avenir pour assurer leur survie, notamment en élaborant un plan d’adaptation pour le pôle touristique.
Les plages d’Hawaï disparaissent ; environ 21 km sur les 1 200 km de littoral de l’État ont disparu sous les eaux, selon le rapport annuel établi en 2022 par le Climate Resilience Collaborative. 70% des plages d’Hawaï s’érodent de manière chronique. L’une des principales causes est la montée du niveau de la mer. Selon le responsable de l’ Office of Climate Change, Sustainability and Resiliency « la situation est extrêmement urgente, c’est un problème qu’il faut traiter aujourd’hui, pas demain».
Outre la montée du niveau de la mer, l’érosion côtière sur l’île d’Oahu est exacerbée par une mauvaise gestion des plages. Comme on peut le voir aux extrémités de Waikiki, l’océan a englouti la plage. Il n’y a plus de sable, juste de l’eau qui vient s’écraser contre la digue. Ce type de rempart est censé renforcer le littoral ; c’est une méthode artificielle pour empêcher l’océan d’inonder les terres et les aménagements situés derrière. Malheureusement, ce procédé a causé plus de mal que de bien. Près d’un tiers des plages d’Oahu possèdent de telles protections. À l’aide de modèles informatiques, les chercheurs ont expliqué que d’ici 2050, près de 40 % des plages de l’île pourraient disparaître.
Au cours du siècle dernier, le niveau de la mer à Hawaï s’est élevé de plus de 15 centimètres. La perte de plages a bien plus que des effets sur le tourisme. En effet, les systèmes naturels dépendent de la plage, comme les tortues qui viennent y nicher, et les phoques moines qui élèvent leurs petits sur le sable. La plage fait partie d’un cycle marin essentiel ; sa disparition aura un impact sur les moyens de subsistance des pêcheurs. Il y a aussi une perte culturelle, car de nombreux ossements ancestraux hawaïens ont été enterrés sur les plages et risquent de réapparaître.

Photo: C. Grandpey

La zone principale de plage de Waikiki, située en face de l’emblématique Royal Hawaiian Hotel, est une autre histoire : c’est une plage entièrement artificielle. Historiquement, le sable est apporté depuis le large pour remodeler la plage. La dernière opération de ce type a eu lieu en 2021 avec 21 000 mètres cubes de sable, mais cela devra probablement être renouvelé tous les cinq à dix ans à l’avenir, car le littoral s’érode plus rapidement.
Il faudra 90 centimètres d’élévation du niveau de la mer pour noyer près de la moitié de Waikiki, et les chercheurs prévoient une élévation du niveau de la mer de 30 cm d’ici 2050 et de 1,20 m à 1,80 m d’ici 2100. Des capteurs ont été installés dans différents égouts pluviaux à travers Honolulu pour savoir dans quelles proportions l’eau remonte. D’autres dispositifs de surveillance seront placés sous Waikiki pour surveiller si l’eau se rapproche de la surface.
Plusieurs projets sont en cours pour tenter de faire face à la montée du niveau de la mer. Pour éviter que les communautés d’Oahu soient contraintes de migrer vers l’intérieur des terres, l’accent est mis en priorité sur l’adaptation. Parmi les idées avancées, on peut citer la transformation des rues de Waikiki en zones piétonnières pour permettre à l’eau de s’écouler en dessous ou la création de davantage de canaux. Une autre idée consiste à construire une promenade. Actuellement, 800 000 dollars de financement public sont alloués au plan d’adaptation de Waikiki. Bien qu’il reste beaucoup à faire, l’avenir offre un grand nombre de possibilités. De plus, les connaissances et l’histoire autochtones, vieilles de plusieurs siècles, pourront aider à mieux informer les scientifiques et les systèmes actuels de gestion des ressources.
Source : USA Today.

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Pacific islands, including Hawaii, are especially vulnerable to the impacts of global warming, such as intense storms, wildfires, and coral reef bleaching. Swift action needs to be taken to address these challenges.

Oahu is the most visited Hawaiian island, with its iconic Waikiki neighborhood serving as a central base for many travelers, but it has already been changing. Waikiki Beach, is not going to be the same in the next 50 years. The beaches flanking Waikiki have narrowed, and in some areas, are nonexistent. During high tide or if there’s a swell, waves crash onto walkways, soaking passersby.

These issues didn’t exist decades ago and the situation is only expected to get worse.

In as little as 20 years, roads, condos and resorts located just a few blocks from the water could be flooded as groundwater continues to rise. In the future, storm drains could fill up and the beaches could continue to disappear. Waikiki was actually built on top of water, a wetland that was drained then filled for development.

It’s not just rising waters and stronger swells from the ocean side, but heavy rainfall and flooding from the mountain side that threaten Waikiki, which has the highest density of hotels in the state and accounts for $7.8 billion in visitor dollars.

Confronted by global warming, Waikiki and the broader Hawaiian islands are rethinking their future to ensure survival, including an adaptation plan for the tourist hub.

Hawaii’s beaches are disappearing, with about 21 of the state’s 1200 km of coastline gone, according to the 2022 Annual Report by the Climate Resilience Collaborative. Seventy percent of Hawaii’s beaches are chronically eroding. One big reason for that is rising sea levels. According to the Chief Resilience Officer at the Office of Climate Change, Sustainability and Resiliency “it is extremely urgent, it’s an impact today, it’s not a tomorrow issue.”

Alongside rising sea levels, coastal erosion on Oahu is exacerbated by a common beach management practice. As seen on the ends of Waikiki, the ocean has swallowed up the beach. No sand, just water crashing into the seawall. These types of barriers are known as shoreline hardening, a manmade way to prevent the ocean from flooding land and development behind it. Unfortunately, this has caused more harm than good. Nearly one-third of Oahu’s beaches are hardened. Using computer models, the researchers predicted that by 2050, nearly 40% of the island’s beaches could be lost.

In the past century, sea levels in Hawaii have risen over 15 centimeters. The loss of beaches carries more than just the economic implications of tourism. Natural systems depend on the beach like sea turtles that nest and Hawaiian monk seal that raise their pups along the sand. The beach is part of a crucial marine life cycle, so its disappearance will impact the livelihoods of fishermen. There’s also a cultural loss as many Hawaiian ancestral bones have been buried in the beaches and risk being exposed.

However, the main strip of Waikiki Beach, situated in front of the iconic pink Royal Hawaiian Hotel, is a different story: it’s a completely man-made beach. Historically, sand is vacuumed from offshore to resupply sand on the beach. Most recently, this was done in 2021 with 21,000 cubic meters of sand, but will likely happen every five to 10 years in the future as the shoreline erodes faster.

It will take 90 centimeters of sea level rise to drown nearly half of Waikiki, and researchers plan on 30 cm of sea level rise by 2050 and 1,20 m to 1,80 m by 2100. Currently, sensors have been installed in different storm drains throughout Honolulu to evaluate if water is coming back up. Other monitors will be placed underneath Waikiki to track if water is getting closer to the surface.

Several projects are underway to try to face the rising sea level.

Before Oahu communities face the daunting task of migrating inland, the primary focus is on adaptation. Some ideas being floated include raising Waikiki’s streets into walkways to allow water to run under or more canals. Another is to build a boardwalk. Currently, $800,000 in state funding is appropriated for the Waikiki Adaptation Plan. Although significant work remains, the future holds strong potential. Moreover, centuries-old indigenous knowledge and history can help better inform scientists and current resource management systems.

Source : USA Today.