El Niño amorce son déclin // El Niño is starting to decline

drapeau-francaisSelon le Bureau australien de météorologie (BOM), un certain nombre d’indicateurs de l’oscillation australe El Niño (ENSO) laissent supposer que le phénomène El Niño 2015-16 a atteint son apogée au cours des dernières semaines, confirmant ainsi les prévisions antérieures.
Les températures tropicales de l’océan Pacifique montrent qu’il s’agit de l’un des trois phénomènes El Niño les plus puissants de ces 50 dernières années. En outre, les modèles climatiques laissent penser qu’El Niño 2015-2016 va diminuer au cours des prochains mois, avec un retour probable à une oscillation australe (ENSO) neutre pendant le deuxième trimestre 2016.
Dans la partie centrale et orientale de l’océan Pacifique au niveau des tropiques, la température de surface et de faible profondeur de la mer a baissé au cours des dernières semaines, bien qu’elle reste à des niveaux élevés à cause d’El Niño.
Dans l’atmosphère, l’indice d’oscillation australe a décliné pour retrouver une valeur El Niño faible. Cependant, ces dernières rafales de vents d’ouest sur la partie occidentale du Pacifique équatorial peuvent temporairement ralentir le déclin du phénomène El Niño.
Si l’on se réfère aux 26 événements El Niño observés depuis 1900, on remarque qu’environ la moitié ont été suivis d’une année neutre, tandis que 40% ont été suivis de La Niña (phénomène inverse d’El Niño, avec un refroidissement des eaux équatoriales).
Les huit modèles climatiques internationaux analysés par le BOM indiquent que le phénomène El Niño actuel devrait connaître un déclin régulier à partir du début de l’année 2016. Ces modèles laissent aussi supposer qu’El Niño sera neutre et La Niña fera son apparition au cours de la seconde moitié de 2016, sans rechute d’El Niño.
A noter que les températures de surface de l’Océan Indien restent beaucoup plus élevées que la moyenne dans la plus grande partie du bassin.
Le rapport est important. Maintenant qu’El Niño a amorcé son déclin, nous verrons si les températures mondiales réagissent de la même façon et si l’impact du réchauffement climatique est affecté. Cependant, on peut raisonnablement penser que, malgré la baisse du phénomène El Niño, les températures mondiales resteront supérieures à la normale en raison de la quantité de gaz à effet de serre d’origine anthropique dans l’atmosphère.

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drapeau-anglaisAccording to the Australian Bureau of Meteorology (BOM), a number of El Niño-Southern Oscillation (ENSO) indicators suggest the 2015-16 El Niño has peaked in recent weeks, confirming earlier predictions.
Tropical Pacific Ocean temperatures suggest this event is one of the top three strongest El Niño events of the past 50 year. Additionally, climate models suggest the 2015-16 El Niño will decline during the coming months, with a return to ENSO neutral likely during the second quarter of 2016.
In the central to eastern tropical Pacific Ocean, the sea surface and sub-surface have cooled in recent weeks, though temperatures remain at strong El Niño levels.
In the atmosphere, the Southern Oscillation Index has eased to weak El Niño values. However, recent bursts of westerly winds over the equatorial western Pacific may temporarily slow the decline of El Niño.
Based on the 26 El Niño events since 1900, around 50% have been followed by a neutral year, while 40% have been followed by La Niña which involves a cooling of equatorial waters.
All of the eight international climate models surveyed by the BOM indicate that the current El Niño will show a steady decline from early 2016. Models also suggest neutral and La Niña are equally likely for the second half of 2016, with a repeat El Niño the least likely outcome.
Indian Ocean sea surface temperatures remain very much warmer than average across the majority of the basin.
The report is important. As El Niño is declining, we’ll see if global temperatures are doing the same and if the impact of global warming is affected. However, the odds are that, despite the decline of El Niño, global temperatures will remain above normal due to the amount of anthropogenic greenhouse gases in the atmosphere.

El Nino

Températures de surface pour le mois de décembre 2015 dans le Pacifique tropical

(Source: Bureau of Meteorology)

La lave dans la mer // Lava in the sea

drapeau-francaisCela fait pas mal de temps que la lave n’est pas entrée dans l’océan à Hawaï. La dernière fois, c’était à l’automne 2013. Toutefois, il est intéressant de savoir comment se comporte la lave une fois qu’elle a pénétré dans la mer. C’est le thème d’un article récent publié par l’Observatoire Volcanologique d’Hawaii, le HVO.
L’auteur de l’article indique que la bathymétrie haute résolution au large des côtes hawaïennes permet d’observer les coulées qui ont continué à progresser sous l’eau.

L’eau peut refroidir la surface d’une coulée de lave de manière plus efficace que l’air, de sorte que les coulées dans l’eau développent une carapace qui se solidifie très rapidement. Cependant, lorsque cette croûte atteint une certaine épaisseur, elle isole l’intérieur de la coulée de lave aussi efficacement que l’air. Cela se solde par un arrêt des coulées qui cessent d’avancer après avoir parcouru de courtes distances en dessous de la zone parcourue par les vagues. Elles sont alors soumises à des pressions qui les font gonfler et avancer encore un peu en formant plusieurs lobes encore actifs.

Sous l’eau, les coulées de lave ont tendance à vouloir flotter. Elles ne le font pourtant pas car leur densité reste supérieure à la densité de l’eau de mer, mais elles coulent plus lentement. C’est parce que les forces de flottabilité qui les tirent vers le haut sont contrebalancées par les forces gravitationnelles qui les attirent vers le bas. La combinaison de la flottabilité et du refroidissement accéléré ralentit l’avancée des coulées de lave sur le plancher océanique, avec une hausse de la pression interne qui provoque leur épaississement.

La bathymétrie haute résolution a permis d’observer des coulées de lave en provenance du Hualailai dans l’océan au nord de Kailua-Kona, sur la côte ouest de Big Island. Malgré le fait que ces coulées présentent des longueurs de plusieurs dizaines de kilomètres de longueur sur terre, leur longueur sous la mer est de moins de 6 km. Tout comme sur terre, la pente du terrain sur lequel se déplace la lave affecte sa vitesse, avec des coulées plus rapides sur des pentes raides.
En 1919 et 1950, les coulées de lave du Mauna Loa au sud de Kona ont dévalé les pentes du volcan sur une vingtaine de kilomètres avant d’atteindre l’océan dans lequel elles ont continué à avancer pendant plusieurs semaines. Alors que les entrées océaniques étaient actives, on a observé la vapeur à la surface de l’océan entre 800 mètres et 5 km du rivage, avec l’apparition de nombreux poissons morts. Les ichtyologistes pensent qu’ils venaient d’un millier de mètres de profondeur, ce qui laisse supposer que la lave a progressé  dans l’océan sur une distance de 2 à 4 km et a atteint une telle profondeur.
Le ralentissement des coulées quand elles entrent dans l’océan peut aider à expliquer certains aspects de la mise en place des deltas de lave et la croissance d’une île volcanique. Lorsque la lave entrera la prochaine fois dans l’océan à Hawaii, le HVO sera peut être en mesure d’utiliser ces informations pour évaluer les dangers que les deltas de lave et les coulées de lave sous-marines peuvent présenter pour les visiteurs et pour les bateaux qui naviguent à proximité de la côte.

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drapeau anglaisLava has not entered the ocean for quite a long time at Hawaii. The last time was in autumn 2013. However, it is interesting to know how lava behaves once it has got into the sea. This was the topic of a recent article released by the Hawaiian Volcano Observatory.

The author of the article indicates that high-resolution bathymetry off the Hawaiian shores allows us to have a look at flows that have continued to advance under water. Water can cool the surface of a lava flow more efficiently than the air, so lava flowing into the water develops a solidified skin very rapidly. However, when the crust reaches moderate thickness, it insulates the lava flow interior just as well as it does in air. This results in flows stalling after advancing short distances below the surf zone, pressurizing and advancing farther through multiple breakouts.

Lava flows also become buoyant underwater. The flows don’t float because their density is still greater than the density of seawater, but they flow more slowly. This is because upward buoyancy forces partly counteract the downslope pull by gravitational forces.

The combination of buoyancy and enhanced cooling slows lava flows moving offshore along the sea bed, thereby causing them to pressurize and thicken.

High-resolution bathymetry allowed to observe lava flows from Hualailai volcano  that entered the ocean north of Kailua-Kona on the west side of Hawai‘i. Despite the fact that these flows are tens of kilometres long on land, their submarine lengths are less than 6 km.

Just like on land, the slope of the ground over which lava moves affects its speed, with lava flowing faster over steeper slopes.

In 1919 and 1950, Mauna Loa lava flows in South Kona rushed downslope about 20 km to the ocean and continued to flow into the ocean for weeks. While the ocean entries were active, steam was observed rising from the ocean surface 0.8 to 5 km offshore, with many fish killed in the vicinity. They were creatures probably coming from depths of about 1,000 metres, suggesting that the flow may have advanced 2–4 km offshore to reach those depths.

The slowing of lava flows as they enter the ocean may help explain some aspects of lava delta development and volcanic island development. When lava next enters the ocean in Hawaii, HVO may be able to use this information to better assess the extent of any hazards the lava delta and underwater lava flow pose to visitors and near-shore boat traffic.

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(Photos:  C.  Grandpey)