Complexité de la sismicité en Nouvelle Zélande // Complexity of seismicity in New Zealand

drapeau-francaisAu cours de l’introduction à mon diaporama «Welcome to New Zealand» dimanche après-midi à Nice, à l’occasion du festival Explorimages, j’ai fait allusion au séisme qui s’était produit quelques heures auparavant dans ce pays de l’hémisphère sud. J’ai indiqué qu’à l’heure actuelle la prévision sismique était égale à zéro et qu’elle n’était guère plus élevée concernant les éruptions volcaniques. Les dernières informations scientifiques concernant le séisme de dimanche confirment mes propos.
Le tremblement de terre qui a frappé la Nouvelle-Zélande peu après minuit (heure locale) le 14 novembre, en tuant deux personnes, rappelle que l’activité sismique néo-zélandaise est très complexe. La rupture de faille ne s’est pas produite le long de la frontière entre deux plaques tectoniques, là où des séismes majeurs sont observés le plus fréquemment. Comme l’a dit un sismologue néo-zélandais, «nous découvrons une activité sismique que nous ne connaissions pas vraiment».
L’USGS a placé l’épicentre du séisme de M 7,8 près de Kaikoura, une ville touristique côtière à 92 kilomètres au nord-est de Christchurch, à une profondeur d’environ 23 kilomètres. L’événement a causé des dégâts considérables aux bâtiments. Des glissements de terrain ont bloqué la route principale de la région et obstrué temporairement la Clarence River. Les répliques ont continué tout au long de la journée de lundi.
L’épicentre du séisme ne se trouve pas sur une faille majeure connue. La Nouvelle-Zélande est à cheval sur la zone de collision entre les plaques tectoniques australienne et Pacifique. La frontière entre les deux plaques longe la côte est de l’île du Nord et se prolonge le long de la côte ouest de l’île du Sud. Les cartes de risque sismique de la Nouvelle Zélande prévoient des violents séismes au niveau des failles complexes qui cisaillent ce secteur. Pourtant, le dernier séisme s’est produit sur une faille intraplaque peu étudiée. Tout comme les événements qui ont frappé Christchurch en 2010 et 2011, le dernier séisme nous montre que la côte est de l’île du Sud est un endroit beaucoup sensible qu’on ne le pensait. Les cartes de risque sismique de la Nouvelle-Zélande, en particulier celles qui concernent les risques aux bâtiments, devront être réexaminées. L’autre sujet d’inquiétude, c’est que le séisme de dimanche fasse naître de nouvelles contraintes sur les limites de plaques, avec le risque d’une rupture de faille qui pourrait déclencher un séisme de M 8.
Le dernier séisme a provoqué un tsunami d’environ un mètre de hauteur, ce qui est inhabituel pour une faille située à l’intérieur des terres. Il se pourrait qu’un soulèvement d’environ un mètre du sol côtier provoqué par le mouvement de la faille ait affecté suffisamment le fond de la mer pour déclencher le tsunami.
Source: Journaux néo-zélandais.

Au vu des heures auxquelles se sont produits les derniers séismes en Nouvelle Zélande et dans le centre de l’Italie, certaines personnes se demandent si les séismes n’ont pas tendance à se produire davantage pendant la nuit. J’ai effectué une recherche personnelle en m’appuyant sur le listing des séismes tectoniques de magnitude supérieure à M 3 recensés pat l’USGS au cours de l’année 2016. Sur les quelque 106 événements mentionnés, 46 ont eu lieu de nuit (heure locale), entre 21 heures et 7 heures du matin. Il ne semble donc pas que la nuit soit plus favorable à la forte sismicité. D’autres personnes ont songé à l’influence de la super lune, mais les scientifiques rejettent cette hypothèse.

———————————

drapeau-anglaisDuring the introduction to my diaporama « Welcome to New Zealand » on Sunday afternoon at the Explorimages Festival in Nice, I made an allusion to the earthquake that had occurred a few hours before in that country. I said that our prevision about earthquakes amounted to zero and was not much higher concerning volcanic eruptions. The lafest scientific observations of Sunday’s quake do confirm my words.

The earthquake that struck New Zealand shortly after midnight (local time) on November 14th, killing two people, is a stark reminder that New Zealand’s seismic activity is very complex. The ruptured fault is not along the tectonic plate boundaries where major quakes are expected. As one New Zealand seismologist put it, « we are finding out again that there is seismic activity that we didn’t really know about. »

The U.S. Geological Survey placed the epicenter of the M 7.8 earthquake near Kaikoura, a coastal tourist town 92 kilometres northeast of Christchurch, at a depth of about 23 kilometres. The shallow quake caused extensive damage to infrastructure. Landslides blocked the main highway through the region and temporarily dammed the Clarence River. Aftershocks continued throughout Monday.

The earthquake’s epicenter was not on a known major fault. New Zealand straddles the collision zone between the Australian and Pacific tectonic plates. The boundary between the two plates runs off the east coast of the North Island and along the west coast of the South Island. New Zealand’s earthquake hazard maps anticipate strong quakes emanating from the complex faults in those boundaries. The latest quake, however, occurred on a little studied intraplate fault. The quake, as well as strong temblors that struck Christchurch in 2010 and 2011, indicates that the east coast of the South Island is a far more risky place than was thought. New Zealand’s earthquake hazard maps, which affect building codes, will have to be reconsidered. Another worry in that Sunday’s quake might increase stress on the plate boundaries, where a rupture could produce an M 8 earthquake.

The quake triggered a 1-metre-or-so tsunami, which is unusual for a fault located beneath land. It might be that about 1 metre of coastal ground uplift resulting from the fault movement disturbed the sea floor enough to trigger the tsunami.

Source :New Zealand newspapers. .

Given the hours of recent earthquakes in New Zealand and Central Italy, some people wonder whether the earthquakes do not tend to occur more frequently during the night. I conducted a personal search based on the list of tectonic earthquakes with a magnitude greater than M 3 recorded by the USGS during the year 2016. Out of the 106 events mentioned, 46 occurred at night ( local time) between 9 pm and 7 am. Thus, it does not seem that the night is more favorable to a strong seismicity. Other people have thought about the influence of the super moon, but scientists reject this hypothesis.

nz

Carte montrant les failles et l’acticité sismique dans la partie NE de l’Ile du Sud.

(Source : GeoNet)

 

Images du séisme néo-zélandais // Images of the New Zealand earthquake

En cliquant sur ce lien, vous verrez un diaporama montrant les dégâts causés par le séisme de M 7,8 qui a secoué l’Ile du Sud lundi juste après minuit. De nombreuses répliques (dont une de M 6,2 et une autre de M 5,8) ont été enregistrées. Le bilan – deux morts- est heureusement faible au vu de l’intensité de l’événement.

http://www.nzherald.co.nz/nz/news/article.cfm?c_id=1&objectid=11748647

En cliquant sur ce lien, vous verrez que les répliques sont encore nombreuses:

https://www.geonet.org.nz/quakes/felt

——————————-

By clicking on the following link, you will see the damage caused by the M 7.8 earthquake that hit the South Island on Monday shortly after midnight. Numerous aftershocks (an M 6.2 event and an M 5.8 event among them) have been recorded. The toll – two deaths – is fortunately  low compared with the intensity of the earthquake.

http://www.nzherald.co.nz/nz/news/article.cfm?c_id=1&objectid=11748647

By clicking on this link, you will see the the aftershocks are still numerous:

https://www.geonet.org.nz/quakes/felt

Puissant séisme en Nouvelle Zélande // Powerful earthquake in New Zealand

drapeau-francaisUn séisme de magnitude 7,5 a frappé l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande à 12 h 02, non loin de Hanmer Springs, dans le nord de la province de Canterbury. Des répliques sont toujours enregistrées, avec plus de 100 événements en ce moment. Au moins deux personnes ont été tuées. Une victime a subi une crise cardiaque tandis qu’ une autre a été tuée dans une résidence historique à Canterbury. Les habitants ont fui leurs maisons à la suite d’une menace de tsunami. Kaikoura et d’autres villes de l’île du Sud ont été coupées du reste du pays. La célèbre route SH1 et des tunnels ferroviaires ont été bloqués par des glissements de terrain. La ville de Wellington est également très touchée, avec des dégâts aux bâtiments et aux routes. Le coût du séisme devrait être de plusieurs centaines de millions de dollars. Entre le North Canterbury et Wellington, les écoles ont été fermées jusqu’à ce que les dégâts puissent être évalués.
A l’heure où j’écris, les alertes tsunami pour l’ensemble de la côte est de la Nouvelle-Zélande ont été levées, mais il est demandé aux habitants de la côte de rester loin des plages et du rivage. L’évaluation des dégâts et des victimes est en cours. Il n’y a plus d’électricité dans de nombreux secteurs
Source: New Zealand Herald.

—————————————-

drapeau-anglaisAn M 7.5 quake struck New Zealand South Island at 12.02am, not far from Hanmer Springs in North Canterbury. Aftershocks are still recorded, with more than 100 events so far. At least two people have been killed.One victim suffered a heart attack, another was killed in a historic homestead in Canterbury. Residents fled their homes in the wake of a tsunami threat. Kaikoura and other South Island towns have been essentially cut off, with the famous SH1 road and rail tunnels blocked by slips. Wellington is also badly hit, with damage to buildings and roads.The cost of the quake is expected to be hundreds of millions of dollars. Schools from North Canterbury to Wellington were told to remain shut until damage can be assessed
Tsunami warnings for the entire east coast of New Zealand have been lifted but people living on the coast are being warned to stay away from beaches and shoreline. Full assessment of damage, casualties still being conducted. Power is out in many areas
Source: New Zealand Herald.

La fonte du glacier Aletsch (Suisse) déstabilise la montagne // The melting of the Aletsch glacier (Switzerland) destabilizes the mountain

drapeau-francaisIl y a quelques jours, j’évoquais sur ce blog la fonte des glaciers suisses et autrichiens qui reculent aussi vite que leurs homologues français. La fonte du glacier d’Aletsch, l’un des plus beaux de Suisse, a donné naissance à un autre problème. La glace d’amenuisant, les pans de montagne qui entourent le glacier sont fragilisés et des effondrements se produisent. Le phénomène est observé ailleurs dans le monde, en particulier en Nouvelle Zélande où les glaciers Fox et Franz Josef ont fondu si rapidement qu’il est devenu trop dangereux de les atteindre à partir du fond de la vallée. En raison de la fonte ultra rapide de ces glaciers, les parois de la vallée qui étaient autrefois maintenues en place par la glace sont désormais à l’air libre avec des risques évidents d’effondrements et autres chutes de pierres qui rendraient les randonnées trop dangereuses. Les tour-opérateurs ont donc cessé d’organiser de telles randonnées guidées sur le Franz Josef en 2012 et sur le Fox en 2014. Ces deux glaciers ont perdu chacun 3 kilomètres depuis les années 1800, ce qui correspond à environ 20 pour cent de leur longueur.

En Suisse, au cœur du Valais, un pan de montagne menace toujours de s’effondrer en aval du glacier d’Aletsch et son mouvement s’accélère, passant d’un déplacement de 20 cm par jour il y a 2 semaines à 70 cm actuellement. Cette augmentation de la vitesse peut provoquer des éboulements locaux. En conséquence, il est demandé à tous les randonneurs de respecter l’interdiction d’accès aux sentiers pédestres dans une zone de 2 km2.

Une remontée mécanique permettant d’accéder aux abords du glacier d’Aletsch subit elle aussi les effets du mouvement du pan de montagne. Les pylônes d’arrivée de la télécabine d’Aletsch Arena, qui relie Riederalp à Moosfluh, bougent de 1 centimètre par jour. Toutefois, l’exploitant des remontées avait prévu le problème puisque  il a investi l’été dernier 23 millions de francs suisses dans un système qui permet de glisser les pylônes sur un rail pour les maintenir parfaitement droits et ainsi laisser l’installation ouverte. La surveillance est permanente, avec un système d’alarme en cas de gros déplacement.

Source : Presse helvétique.

—————————————–

drapeau-anglaisA few days ago, I mentioned in this blog the melting of the Swiss and Austrian glaciers which are retreatingl as fast as their French counterparts. The melting of the Aletsch Glacier, one of the most beautiful in Switzerland, has created another problem. As the ice is thinning, the mountain sides along the glacier are weakened and collapses occur. The phenomenon is observed around the world, particularly in New Zealand where the Fox and Franz Josef glaciers have melted so quickly that it has become too dangerous to reach them from the bottom of the valley, which ends a tradition dating back to more than a century. Due to the ultra rapid melting of these glaciers, the valley walls that were once held in place by the ice are now in the open air with obvious risks of collapses and other rock falls that would make them too dangerous to hikers. Tour operators have therefore cancelled guided hikes to the Franz Josef in 2012 and to the Fox in 2014. Both glaciers have lost three kilometers from the 1800s, which corresponds to about 20 percent of their length.
In Switzerland, in the heart of Valais, a mountain side still threatens to collapse downstream of the Aletsch glacier and its movement is accelerating, from 20 cm per day two weeks ago to 70 cm currently. This increase in speed may cause local landslides. Accordingly, all hikers have been asked to respect the access ban to hiking trails in an area of 2 square kilometers.
A gondola leading to the edge of the Aletsch glacier is also affected by the movements of the mountain. The arrival pylons of the Aletsch Arena gondola that connects Riederalp to Moosfluh are moving 1 centimeter per day. However, the operator had foreseen the problem and invested 23 million Swiss francs in a system that allows to drag the pylons on a rail in order to keep them perfectly straight and thus keep the facility open. Monitoring is permanent, with an alarm system in case of major displacement.
Source: Swiss Press.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/wp-content/uploads/2016/09/aletsch.jpg

Vue du glacier d’Aletsch (Crédit photo: Dirk Beyer / Wikipedia)