Le Grand-Bornand (Haute Savoie) et Bessans (Savoie) : Même combat !

Dans une note mise en ligne hier, je montrais comment le village savoyard de Bessans s’adaptait au réchauffement climatique en faisant des réserves de neige. La même stratégie est utilisée par Le Grand-Bornand (Haute Savoie), station de moyenne montagne qui culmine à 2 100 mètres, au cœur du massif des Aravis, et qui réalise plus d’un million de nuitées par an, dont 40 % hors saison hivernale.. Il y a trois ans, la commune a créé une réserve à neige, installée à 1 500 mètres d’altitude, dans le village du Chinaillon, sur la route du Col de la Colombière. .

La technique de conservation de la neige est la même qu’à Bessans. Il s’agit de fabriquer la neige en hiver et de la recouvrir ensuite avec de la sciure qui est un isolant parfait. Ainsi, un volume de15 000 mètres cubes est mis à l’abri pendant l’été et donne à la station du Grand-Bornand la possibilité d’organiser tous les deux ans début décembre la Coupe du monde de biathlon. Cette neige permet aussi d’enneiger les animations pour les enfants.

Conscient que le réchauffement climatique risque de s’amplifier, la station prévoit de disposer de plus de réserves de neige. Il est prévu de doubler le volume stocké d’ici une quinzaine d’années.

A côté de cette réserve de neige, la station du Chinaillon dispose d’autres moyens pour essayer de garantir son enneigement. Il existe des réserves d’eau et plus de 300 enneigeurs (également appelés canons à neige) répartis sur la montagne. En tout, 360 000 mètres cubes d’eau ont été stockés, ce qui est supérieur aux besoins de production de poudreuse.

Malgré tout, le manque de neige chronique inquiète les autorités locales. L’eau stockée en amont pour produire de la neige risque de manquer en bas pour la consommation de la population. Un jour ou l’autre, on devra choisir entre boire ou skier ! Il faut se faire une raison : Avoir de la neige à tout prix sera bientôt terminé. Les stations de ski sans neige devront s’adapter à la nouvelle situation climatique et proposer d’autres activités, comme le développement du VTT. Les fans de poudreuse accepteront-ils cette nouvelle situation ? Pas si sûr !

Source : France Info.

Vue du village du Grand-Bornand (Photo: C. Grandpey)

Les stations de ski et le réchauffement climatique

Avec le réchauffement climatique, la neige tombe à des altitudes de plus en plus élevées, et sans les canons à neige, beaucoup de stations auraient mis depuis longtemps la clé sous le paillasson. Même en haute altitude, les stations sont confrontées à des problèmes d’enneigement. C’est ainsi qu’à Tignes, le glacier de la Grande Motte a ouvert péniblement une piste rouge avec deux semaines de retard par rapport aux années précédentes

Situé plus de 1.000 mètres plus bas, à 1750 mètres d’altitude, le sympathique village de Bessans a trouvé une solution astucieuse pour conserver la neige d’une année sur l’autre, et ainsi ouvrir la saison de ski de fond plus tôt que d’habitude. Le procédé s’appelle le « snowfarming » que l’on pourrait traduire par « culture de la neige. » Il s’agit d’une technique pour laquelle la commune de Bessans a dépensé entre 8000 et 10 000 euros. Elle a permis de conserver un dôme de 7.000 m3 de neige depuis l’hiver dernier en l’isolant de l’air ambiant et du soleil avec un mélange de sciure de bois. Grâce à cette stratégie, deux kilomètres de pistes de ski de fond ont été enneigés et étaient prêtes à accueillir les premiers skieurs cette semaine.

Le maire de Bessans reconnaît que sans neige de culture, il aurait été impossible de skier à Noël lors des cinq dernières années. Deux cents athlètes de ski de fond et de biathlon de toute la France sont attendus à partir du 29 octobre sur un domaine ouvrant habituellement mi-novembre.

La technique du « snowfarming » présente l’avantage de ne pas utiliser les réserves d’eau de pluie mises en place artificiellement dans les stations pour alimenter les enneigeurs. Si les épisodes de sécheresse se multiplient, il n’est pas impossible qu’il faille, un jour ou l’autre, avoir recours à ces réserves d’eau pour permettre à la population d’avoir de l’eau potable. Le ski passera bien sûr au second plan.

Source : Presse locale.

Le village de Bessans est aussi connu pour ses traditions qui font cohabiter le Diable et le Christ. Il m’est arrivé d’assister à la fête traditionnelle du 15 août et sa procession riche en couleurs. Les femmes ont revêtu les costumes traditionnels faits de robes aux reflets rouges, noirs et or, avec des châles chatoyants et des coiffes de fine dentelle. Elles arborent aussi les croix bessanaises en or massif. Ce sont autant d’atouts qui font du costume de Bessans l’un des plus beaux de Savoie.

 

Le chant de la banquise antarctique // The song of Antarctica’s ice shelf

En utilisant des appareils spéciaux, des scientifiques de la Colorado State University ont pu enregistrer des sons étranges sur la Barrière de Ross, une vaste plate-forme glaciaire en Antarctique. Selon une nouvelle étude publiée dans Geophysical Research Letters, une revue de l’American Geophysical Union, le bruit enregistré est en réalité une vibration de la glace provoquée par le vent qui souffle sur les dunes de neige.
En écoutant le son, on a un peu l’impression d’entendre quelqu’un souffler constamment dans une flûte sur la banquise, ou le bourdonnement émis par des milliers de cigales. La fréquence des sons est trop basse pour être perçue par l’oreille humaine. C’est pour cela que les scientifiques l’ont accélérée. Ils ont modifié la fréquence des infrasons et accéléré les enregistrements 1 200 fois.
L’objectif initial de l’étude n’était pas d’enregistrer le chant de la banquise, mais d’observer ce qui se passe sur les plateformes glaciaires du continent antarctique. En 2014, des scientifiques ont installé 34 capteurs sismiques à deux mètres sous la neige sur la Barrière de Ross afin de surveiller sa structure et ses mouvements. .
Au cours des dernières années, les plates-formes glaciaires ont perdu de leur épaisseur et se sont même effondrées en Antarctique à cause du réchauffement de la température de l’océan et de l’air, sous l’effet du changement climatique. Lorsque ces plates-formes se désintègrent, elles permettent à la glace continentale située en amont d’accélérer sa progression et de finir sa course dans l’océan, ce qui contribue à l’élévation du niveau de la mer.
L’étude des vibrations produites par la couche de neige qui isole la banquise pourrait permettre aux scientifiques de mieux comprendre comment elle réagit au changement climatique. Les fluctuations du «ronflement sismique» émis par la plate-forme glaciaire pourraient également indiquer si des fractures se forment dans la glace, ce qui pourrait être le signe que la plate-forme est susceptible de se briser.

Voici le document (Ne pas oublier de mettre le son !):
https://youtu.be/w56RxaX9THY

Source: Colorado State University.

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Using special instruments, scientists from Colorado State University have discovered weird sounds on Antarctica’s Ross Ice Shelf. The noise is actually vibrating ice, caused by the wind blowing across snow dunes, according to a new study which was published in Geophysical Research Letters, a journal of the American Geophysical Union.

Listening to the sound, it is a little like blowing a flute, constantly, on the ice shelf, or the buzz of thousands of cicadas. The sounds are too low in frequency to be heard by human ears unless sped up by the monitoring equipment. For that purpose, the scientists changed the infrasound frequency and accelerated the recordings vearly 1,200 times.

The original reason for the study was not to record sounds down there but to research what’s happening to the continent’s ice shelves: In 2014, scientists buried 34 seismic sensors two metres under the snow on Antarctica’s Ross Ice Shelf in order to monitor its structure and movement.

Ice shelves have been thinning and collapsing in Antarctica because of warmer ocean and air temperatures because of climate change. As the shelves disintegrate, they allow other inland ice to fall into the ocean, contributing to sea level rise.

Studying the vibrations of an ice shelf’s insulating snow jacket could give scientists a sense of how it is responding to changing climate conditions. Changes to the ice shelf’s « seismic hum » could also indicate whether cracks in the ice are forming that might indicate whether the ice shelf is susceptible to breaking up.

Here is the document (Don’t forget to turn on the speakers!):

https://youtu.be/w56RxaX9THY

Source: Colorado State University.

Carte montrant la Barrière et la Mer de Ross. On remarquera la présence du volcan Erebus sur l’Ile de Ross. (Source : Wikipedia)

Le réchauffement climatique dans les Pyrénées // Global warming in the Pyrenees

On parle beaucoup des Pyrénées ces jours-ci à propos du changement climatique. Le record de journées sans gel a été largement battu au cours de l’été 2018 au Pic du Midi et le phénomène ne semble pas devoir ralentir. C’est ce que confirme CLIMPY, un projet de recherche transfrontalier réunissant Météo-France et les services météorologiques espagnol et catalan. Les climatologues français et espagnols ont étudié notamment les variations de températures et d’enneigement des deux côtés des Pyrénées.

Entre 1959 et 2010, les températures ont augmenté dans les Pyrénées de 1,2°C. D’après les projections incluses dans le projet, cette hausse n’est pas près de s’arrêter. A l’horizon 2050, les températures pourraient même augmenter de 4°C ! Les climatologues disent qu’ils ne cherchent pas à être alarmistes, mais à « éclairer sur les différents scénarios possibles ».

Ainsi, à la fin du siècle, les températures dans le massif pyrénéen pourraient être en hausse de 7°C. Pour l’instant, cette augmentation était constatée au printemps et en été mais les projections montrent que cela pourrait intervenir à toutes les saisons. La situation va inévitablement poser des problèmes, en particulier dans les stations de ski.

Au cours des trente dernières années, la fonte de la neige a été plus rapide au printemps, des deux côtés des Pyrénées. Le projet CLIMPY confirme que l’avenir ne devrait pas s’améliorer. Dans les Pyrénées centrales, à une altitude de 1.800 mètres, l’épaisseur moyenne de neige pourrait chuter de moitié d’ici 2050, tandis que la période de neige continue au sol diminuerait de plus d’un mois. Les stations de ski devront s’adapter et diversifier leurs activités.

Source : 20 Minutes.

NB : Je rentre d’un séjour dans les Pyrénées et je confirme que la situation climatique est préoccupante. Le 25 septembre, il faisait carrément chaud à 10 heures du matin sur la terrasse de l’observatoire du Pic du Midi de Bigorre (2877 mètres d’altitude) où les jours de gel se produisent au compte-gouttes. L’isotherme 0°C se trouve aux environs de 4500 mètres d’altitude. Les torrents ont un débit très faible, quand ils ne sont pas à sec. J’ai été surpris de voir le nombre de canons à neige déjà installés jusqu’au sommet des montagnes pour prévenir un éventuel déficit de poudreuse. L’hiver 2017-2018 a gâté les stations car la neige est tombée en abondance, mais le réchauffement climatique est une menace permanente. Il ne faudrait pas oublier qu’une abondance de neige traduit aussi un redoux global des températures en haute altitude…

 

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There is a lot of talk about the Pyrenees these days concerning climate change. The record of frost-free days has been largely beaten in the summer of 2018 at the Pic du Midi and the phenomenon does not seem to be slowing down. This is confirmed by CLIMPY, a cross-border research project bringing together Météo-France and the Spanish and Catalan meteorological services. French and Spanish climatologists have studied in particular the variations of temperature and snow on both sides of the Pyrenees.
Between 1959 and 2010, temperatures rose in the Pyrenees by 1.2°C. According to projections included in the project, this increase is not about to stop. By 2050, temperatures could even rise by 4°C! Climatologists say that they do not want to be alarmist, but to « shed light on the different possible scenarios ».
Thus, at the end of the century, temperatures in the Pyrenees could rise by 7°C. For the moment, this increase was noted in spring and summer, but projections show that this could occur in all seasons. The situation will inevitably cause problems, especially in ski resorts.
Over the past 30 years, snow has melted faster in the spring, on both sides of the Pyrenees. The CLIMPY project confirms that the future should not be better. In the central Pyrenees, at an altitude of 1,800 metres, the average thickness of the snow could fall by half by 2050, while the period of continuous snow on the ground would decrease by more than a month. Ski resorts will have to adapt and diversify their activities.
Source: 20 Minutes.

NB: I am from a trip to the Pyrenees where the climatic situation is worrying. On September 25th, it was really hot at 10 o’clock in the morning on the terrace of the observatory of the Pic du Midi of Bigorre (2877 metres a.s.l.) where the days of frost occur drop by drop. The 0°C isotherm is around 4500 metres above sea level. The torrents have a very low flow, when they are not dry. I was surprised to see the number of snow guns already installed to the tops of the mountains to prevent a possible snow deficit. The winter of 2017-2018 was a very good one the resorts as snow fell in abundance, but global warming is a permanent threat. It should not be forgotten that an abundance of snow also relects milder temperatures at high altitudes.

Records de chaleur au sommet du Pic du Midi (Photos: C. Grandpey)

La neige et la glace font cruellement défaut sur le massif pyrénéen, y compris au Cirque de Gavarnie avec la Brèche de Roland (Photos: C. Grandpey)