Volcan de boue Devil’s Woodyard (Trinité-et-Tobago) // Devil’s Woodyard mud volcano (Trinidad and Tobago)

Une reprise d’activité vient d’être observée sur volcan de boue de Devil’s Woodyard à Trinité-et-Tobago. Des grondements et des explosions ont secoué la communauté d’Hindustan vers 4 h 20 et de nouveau vers 8 h 52 le 13 février 2018. Quelque 40 personnes ont dû être évacuées. La première éruption a duré environ 20 secondes avec des jets de boue d’environ 6 mètres de hauteur. La seconde éruption a duré cinq secondes avec des projections à environ 3 mètres de hauteur. La boue s’est répandue sur environ 45 mètres tout autour du cratère.
Les pompiers ont demandé aux habitants d’évacuer leurs maisons et à retirer leurs véhicules de la zone menacée. Malgré les consignes, des centaines de personnes ont afflué vers le site en espérant apercevoir l’éruption. La police a finalement bouclé la zone et empêché quiconque d’entrer dans Hindustan Road.
Le bâtiment des toilettes situé près du site du volcan de boue s’est affaissé de quelques dizaines de centimètres tandis que le sentier de galets conduisant au site a été gravement endommagé. Des fractures se sont formées jusqu’à environ 2 000 mètres du cratère. La police a averti les habitants de quelque 25 maisons proches du volcan de boue qu’une évacuation pourrait devenir nécessaire. Dans cette éventualité, trois abris dans l’école primaire, l’école presbytérienne et le centre communautaire d’Hindustan, tous situés dans des zones sûres, ont été équipés pour accueillir les personnes évacuées. Les habitants ont finalement été autorisés à retourner chez eux.
La dernière éruption de ce volcan de boue a eu lieu en 1995 ; elle a tué une personne et laissé 31 familles sans abri.
La première éruption connue de ce volcan a eu lieu en 1852.
Source: Trinidad Guardian, The Watchers.

Selon les journaux locaux, l’éruption est maintenant terminée…jusqu’à la prochaine fois! Il se dit que le volcan de boue de Devil’s Woodyard se manifeste tous les 20-30 ans. Wait and see!

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New activity is taking place at Devil’s Woodyard mud volcano in Trinidad and Tobago. Rumbles and explosions shook the community of Hindustan around 4.20 am and again at 8.52 am., on February 13th 2018. Some 40 people had to be evacuated. The first eruption lasted for about 20 seconds before jets of mud began spewing about 6 metres in the air. The second lasted about five seconds and went up about 3 metres in the air. The volcanic mud extended some 45 metres in each direction of the crater.

Firefighters called on residents to evacuate their homes and remove their vehicles from the area. Despite the call, hundreds of people flocked to the scene hoping to catch a glimpse of the eruption. Eventually, police cordoned off the area and prevented anyone from entering Hindustan Road.

The toilet area near the volcanic site sank a few tens of centimetres, while the cobble stones from the walkway leading to the site were severely damaged. Cracks developed about 2,000 metres from the crater. The police warned residents of some 25 homes close to the mud volcano that a full-scale evacuation might become necessary. In the event of an evacuation, three shelters at the Hindustan Government Primary School, Presbyterian School and Community Centre, all of them in safe areas, were equipped to welcome evacuees. Residents were finally allowed to return to their homes.

The last eruption of this volcano took place in 1995, killing 1 person and leaving 31 families homeless.

The first known eruption of this volcano took place in 1852.

Source: Trinidad Guardian, The Watchers.

According to the local newspapers, the eruption is now over…until the next one. The rumour says that Devil’s Woodyard mud volcano erupts every 20-30 years. Wait and see!

Les volcans de boue – comme les Maccalube di Aragona en Sicile – sont des phénomènes géologiques bien connus. Ce sont des sites touristiques qui requièrent une certaine prudence car de violentes explosions de gaz peuvent se produire de temps en temps. (Photo: C. Grandpey)

La source de Lusi, le volcan de boue ? // The source of the Lusi mud volcano ?

On en parle très peu aujourd’hui, mais plus de dix ans après le début de la catastrophe, le volcan de boue indonésien Lusi déverse toujours des flots de boue sur l’île indonésienne de Java. Au pire moment, Lusi vomissait 170 000 mètres cubes de boue par jour. Certains villages ont été ensevelis sous 40 mètres de fange. Quelque 60 000 personnes ont dû abandonner leurs maisons et 13 ont été tuées.
Une étude publiée dans le Journal of Geophysical Research de l’American Geophysical Union affirme que la source de ce déversement incessant de boue a été trouvée. Une équipe de chercheurs norvégiens, suisses et indonésiens explique que le volcan de boue n’a pas cessé son activité parce qu’il est relié à un système volcanique qui se trouve à proximité.
La compréhension du fonctionnement de Lusi serait d’un grand intérêt pour les volcanologues. En effet, d’un point de vue géologique, Lusi est un phénomène très récent qui peut permettre de comprendre comment évoluent les volcans, les systèmes hydrothermaux et les geysers.
Les volcans de boue et ceux qui émettent de la lave se trouvent souvent dans les zones de subduction, et l’Indonésie en fait partie. S’agissant des volcans qui émettent de la lave, le magma à très haute température monte constamment vers la surface et permet aux volcans de la région de demeurer actifs. Inversement, les volcans de boue se forment généralement lorsque des gaz tels que le méthane et le dioxyde de carbone s’accumulent en créant une pression qui se libère violemment. Selon la nouvelle étude, Lusi est à la fois un volcan de boue et un système hydrothermal, autrement dit une formation géologique qui libère du gaz.

Les chercheurs pensent que le complexe volcanique d’Arjuno-Welirang, une chaîne volcanique à l’est de Java, est responsable de la naissance de Lusi. En effet, les échantillons de gaz expulsés par ce dernier sont similaires aux éléments chimiques que l’on observe généralement dans le magma. L’étude explique que pendant des années avant l’éruption, le magma du complexe volcanique Arjuno-Welirang a «cuit» les sédiments sous Lusi en générant une pression continue.
Le lien entre Lusi et Arjuno-Welirang a également été démontré par l’utilisation de la tomographie qui permet d’imager des structures tridimensionnelles. Les chercheurs ont disposé 31 sismomètres et ont découvert que, dans la chambre magmatique la plus au nord du complexe Arjuno-Welirang, il y a un tunnel qui alimente le bassin sédimentaire de Lusi.
La nouvelle étude a toutefois été critiquée par d’autres chercheurs qui pensent que les données ne montrent pas suffisamment que le tunnel d’Arjuno-Welirang est lié à Lusi. Ils font également remarquer que l’étude ne compare pas ses résultats aux images à résolution beaucoup plus élevée proposées par les analyses sismiques en 2D de l’industrie pétrolière. Ils ajoutent que des études supplémentaires auraient pu être effectuées pour comparer et valider les résultats, ce qui est recommandé en tomographie car cette technologie est fréquemment source d’erreurs.
La cause de la coulée de boue dévastatrice a été l’objet de nombreux débats au cours de la dernière décennie. Les scientifiques sont assez d’accord pour dire que toute cette pression a été générée par l’activité sismique, mais il n’y a pas de consensus sur l’origine exacte de cette activité. Une étude publiée en 2007 a prétendu que l’éruption du volcan de boue a été causée par un puits de gaz exploratoire qui a perforé des roches à 2 800 mètres sous la surface. Une autre étude indique qu’un séisme de magnitude M 6.3 survenu à plusieurs kilomètres de là, quelques jours avant Lusi, près de la ville de Yogykarta, a provoqué la catastrophe.
Quelle que soit la cause exacte, de nombreuses études montrent que le volcan de boue Lusi a encore de beaux jours devant lui.

Source: Presse scientifique américaine.

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Very little is said today about it, but more than ten years after the disaster started, Indonesian mud volcano Lusi is still spewing rivers of mud on the Indonesian island of Java. At its peak, the region was churning out over 170,000 cubic metres of mud every day. Some villages have been buried in as much as 40 metres of mud. Some 60,000 people have had to abandon their homes, and 13 people have been killed.

A study, published in the American Geophysical Union’s Journal of Geophysical Research, affirms that the source of this relentless flow of mud has been found. A team of researchers from Norway, Switzerland, and Indonesia say the mud volcano has not stopped oozing because it is connected to a nearby volcanic system.

Understanding how Lusi happened can tell volcanologists quite a lot. In terms of geological formations, Lusi is a new-born phenomenon, and thus allows scientists to understand how systems like volcanoes, hydrothermal vents, and geysers evolve.

Mud volcanoes and igneous volcanoes often both appear in subduction zones and Indonesia is one of them. As a consequence, hot magma is constantly rising to the surface and keeping the region’s volcanoes active. Conversely, mud volcanoes typically form when gases such as methane and carbon dioxide build up pressure that is released violently. According to the new study, Lusi is both a mud volcano and a hydrothermal vent, a geological formation that releases gas.

Researchers say the Arjuno-Welirang volcanic complex, a string of volcanoes in East Java, is to blame. Indeed, samples of the gas expelled by Lusi were similar to chemicals typically found in magma. The study explains that for years before the eruption, magma from Arjuno-Welirang had been « baking » the sediment lying under Lusi and continuously building pressure.

Connections between Lusi and Arjuno-Welirang were also made by the researchers’ use of tomography which allows to image three dimensional structures. Researchers laid out 31 seismometers and found that in the northernmost magma chamber of Arjuno-Welirang, there is a tunnel that feeds Lusi’s sediment basin.

The new study has criticisms from researchers who do not believe the data sufficiently shows the Arjuno-Welirang tunnel is linked to Lusi. These say the study does not compare its results to the far higher resolution images available from 2D petroleum industry reflection seismic surveys. They add that the additional surveys could have been used to compare and validate results, which is a useful tool in tomography because it can frequently produce errors.

Exactly how the dangerous mudflow began has been debated heavily in the past decade. Scientists are pretty united in saying all this pressure was generated by seismic activity, but there is not a consensus on the exact origin of this activity.

One study released in 2007 claimed the deadly eruption was caused by an exploratory gas well that punctured rock 2,800 metres below the surface. Another study suggests that an M 6.3 earthquake that occurred several days prior kilometres away from Lusi near the city of Yogykarta triggered the mud disaster.

Regardless of the exact cause, many studies show that Lusi shows no indication of stopping any time soon.

Source : U.S. scientific press.

Lusi: un désastre environnemental  (Crédit photo: Wikipedia)

Lusi, encore et encore ! // Lusi, again and again !

De nombreux articles dans la presse internationale nous rappellent ces jours-ci que l’éruption de Lusi, le volcan de boue la plus destructeur au monde, est né près de la ville de Sidoarjo, sur l’île de Java (Indonésie) il y a plus de 11 ans. L’éruption continue au moment où j’écris ces lignes. Le volcan de boue est apparu le 29 mai 2006 et, au plus fort de l’éruption, il vomissait 180 000 mètres cubes de boue chaque jour, enterrant des villages entiers sous parfois 40 mètres de fange. C’est le pire événement de ce type dans l’histoire. L’éruption a causé la mort de 13 personnes et détruit les maisons de 60 000 autres. Bien que la boue coule encore plus d’une décennie plus tard, les scientifiques ne sont toujours pas d’accord sur la cause de la catastrophe. La question est de savoir si l’éruption de Lusi est due à un séisme enregistré plusieurs jours auparavant à Yogjakarta, ou si une erreur technique s’est produite lors du forage d’un puits d’exploration de gaz à proximité du site de l’éruption.

La NASA a mis en ligne des images satellites de la zone affectée avant et après l’éruption de Lusi.

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There are quite a lot of articles in the newspapers these days to remind us that the eruption of Lusi, the world’s most destructive mud volcano, was born near the town of Sidoarjo, on the island of Java, Indonesia, just over 11 years ago. To this day it has not stopped erupting. The mud volcano started on May 29th, 2006, and at its peak disgorged 180,000 cubic metres of mud every day, burying villages in mud up to 40 metres thick. The worst event of its kind in recorded history, the eruption took 13 lives and destroyed the homes of 60,000 people. Although the mud is still flowing more than a decade later, scientists are not yet agreed on its cause. The debate is whether the eruption of Lusi was due to an earthquake several days previously, or down to a catastrophic failure of a gas exploration well that was being drilled nearby at the time.

NASA has released satellite photos of the affected area before and after the eruption of Lusi.

Les couleurs sont bien sûr fausses, mais elles permettent de discerner parfaitement la zone recouverte par la boue de Lusi (Source: NASA)

Eruption du volcan de boue de Keyraki (Azerbaïdjan) // Eruption of the Keyraki mud volcano (Azerbaijan)

Le volcan de boue de Keyraki est entré en éruption vers 7 heures (heure locale) le 13 juin 2017. Selon le ministère de l’Ecologie et des Ressources naturelles, l’éruption a duré 15 minutes et la boue a couvert une superficie de 3,5 hectares. L’épaisseur de la couche de boue était de 3 mètres à l’intérieur du cratère et de 20 à 30 centimètres autour de celui-ci.
Le volcan de boue de Keyraki se trouve à 12 km au nord de Bakou. L’éruption n’a causé aucun dégât aux zones habitées situées à proximité. Cependant, il existe plusieurs volcans de boue actifs dans la région et d’autres éruptions ne peuvent être exclues.
Le volcan de boue de Keyraki s’est manifesté à 18 reprises jusqu’à présent. La dernière éruption remonte à 2014.
Source: Presse locale.

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The Keyraki mud volcano erupted around 07:00 am (local time) on June 13th 2017. According to the Ministry of Ecology and Natural Resources, the eruption lasted 15 minutes and the mud covered an area of 3.5ha. The depth of the erupted mud layer reached 3 metres within the crater and 0.2 to 0.3 metres around the crater.

The Keyraki mud volcano is situated 12 km north of Baku. The eruption caused no damage to the nearby residential areas. However, there are several active mud volcanoes in the area and thus further eruptions cannot be ruled out.

The Keyraki mud volcano has erupted 18 times so far. The last eruption was in 2014.

Source: Local press.

Exemple de volcan de boue dans les Maccalube di Aragona (Sicile)

[Photo: C. Grandpey]