Alors que la France traverse un épisode de très forte chaleur, la chaîne de radio France Info a invité Sébastien Léas, prévisionniste à Météo France, pour répondre aux questions des internautes. Ces derniers ont demandé si les épisodes caniculaires vont être plus fréquents et si la canicule est liée au réchauffement climatique.
Selon le prévisionniste, les projections font état de périodes de chaleur plus intenses, mais aussi plus étendues dans les années à venir. La saison estivale sera de plus en plus longue. Si on prend l’exemple des trois derniers étés, ces projections se vérifient. En 2016, il y a ainsi eu une canicule très tardive, entre le 23 et 28 août. En 2017, nous avons enregistré la canicule la plus précoce de l’histoire. Et en 2018, nous avons eu un des étés les plus chauds, avec 2003. Ces propos confirment ceux d’autres agences comme la NASA, la NOAA ou encore NCEP-NCAR.
S’agissant du lien entre la canicule actuelle avec les réchauffement climatique, Sébastien Léas explique fort justement que relier tout événement ponctuel au réchauffement climatique serait un raccourci. En revanche, le réchauffement climatique a effectivement un impact sur les canicules, avec des vagues de chaleur plus intenses et plus longues. Ainsi, à la fin du siècle, les températures qu’on a observées pendant la canicule de l’été 2003 pourraient devenir la norme.
Rien ne dit aujourd’hui que nous n’aurons pas un été normal car Météo France n’a pas de projections à si longue échéance. L’épisode de forte chaleur actuel n’est pas forcément annonciateur d’un été qui sera très chaud en continu. En revanche, dans les prévisions saisonnières de la période juin-juillet-août, il y avait des signaux d’un été chaud. C’était déjà le cas en 2018.
Dans la dernière partie de son intervention Sébastien Léas aborde un point très important: la différence entre météorologie et climatologie, deux termes qui sont souvent source de confusion au sein de la population. La météorologie permet de faire des prévisions sur une semaine ou deux, probablement un peu plus dans les années à venir. Les projections à l’horizon 2050 prennent en compte d’autres paramètres et les échelles sont différentes. La climatologie s’intéresse au globe et à des tendances avec des interactions océan-atmosphère qui sont plus profondes et moins sujettes à des variations quotidiennes. On peut ajouter que la canicule observée en France au mois de juin n’aura pas forcément un impact majeur sur la température globale de la planète. Rien ne dit que juin 2019 sera globalement en tête des mois les plus chauds jamais observés.
Étiquette : météo
Météo et climat, ne pas confondre ! // Weather and climate should not be confused
On l’entend tous les jours : Il suffit de la moindre vague de froid ou que la température chute de quelques degrés pour que se manifestent des climatosceptiques qui viennent nier la réalité du réchauffement climatique. Ils le font, même lorsque la planète dans sa globalité est en plein coup de chaud comme c’est le cas en ce moment.
Souvenez-vous : Donald Trump – qui n’est pas forcément le meilleur exemple d’intelligence – avait pris l’exemple d’une météo frileuse pour remettre en cause la réalité du réchauffement climatique. Un tel comportement revient très exactement à nier que la Terre est ronde avec pour seul argument qu’elle ne donne pas l’impression d’être ronde en regardant autour de soi !
Je n’insisterai jamais assez sur l’importance de faire la différence entre le climat – qui est global – et la météo – qui est locale. Nous en avons aujourd’hui un exemple criant: alors que l’Europe et l’Amérique du Nord font face à une vague de froid inhabituelle pour la saison, le reste de la planète est bel et bien en surchauffe, comme le prouve l’image ci-dessous qui n’a pas été trafiquée par quelque logiciel, comme c’est la mode aujourd’hui. Elle présente les anomalies de température constatées (en °C) le 10 mai 2019 par rapport à une moyenne calculée sur la période 1979 – 2000 pour la même journée. On aboutit à une constatation identique si on regarde des cartes présentant les anomalies de température pour la semaine passée ou le mois dernier, par rapport à une moyenne établie entre 1981 et 2010.
Cette image suffit à démontrer de manière très claire que la sensation de froid que l’on éprouve à un moment donné, à un endroit donné, n’est pas forcément révélatrice d’une tendance générale ou globale. C’est la différence entre la météo (locale) et le climat (global). S’il fait plus frais que d’ordinaire en France, aux États-Unis et en Australie, c’est loin d’être le cas partout. Ainsi, le Canada, le Groenland, l’ouest de la Russie, l’Afrique et l’Amérique latine ont plus chaud que d’ordinaire pour la même époque. Globalement, la température moyenne à la surface du globe est de 0,6°C supérieure à la moyenne en ce moment même.
Comme je l’ai indiqué précédemment, le mois d’avril 2019 a été le 2ème plus chaud jamais enregistré sur Terre.
Force est de constater – les climatosceptiques ne pourront pas aller contre les statistiques – que chaque année la tendance au réchauffement de la planète se renforce. L’année 2018 a ainsi été la plus chaude jamais enregistrée en France et les quatre dernières années ont été les quatre plus chaudes jamais enregistrées à la surface du globe Il est fort à parier que l’année 2019 suivra cette tendance globale. Au moment où j’écris ces lignes, 2019 est la deuxième année la plus chaude des archives. Rien n’incite à penser aujourd’hui que le réchauffement en cours est en passe de s’arrêter, bien au contraire. Les modèles climatiques les plus récents montrent que le réchauffement pourrait être plus important que prévu…
Source ; Le Figaro, Météo France, NASA, NOAA.
————————————————-
We can hear it every day: The slightest cold wave or the slightest drop of temperature pushes climateosceptics to deny the reality of global warming. They do it, even when the planet as a whole is getting warmer, as it is right now.
Remember: Donald Trump – who is not necessarily the best example of intelligence – had taken the example of a chilly weather to question the reality of global warming. Such behaviour amounts exactly to denying that the Earth is round with the only argument that it does not kook round while looking around!
I can not stress enough the importance of differentiating between the climate – which is global – and the weather – which is local. Today we have a shining example: while Europe and North America are facing an unusually cold snap for the season, the rest of the world is overheating, as proves the image below that has not been tampered with by any software, as is the fashion today. It shows the observed temperature anomalies (in degrees Celsius) on May 10th, 2019 compared to an average calculated over the period 1979 – 2000 for the same day. The same conclusion can be observed if we look at maps showing temperature anomalies for the past week or last month, compared to an average between 1981 and 2010.
The image below is enough to show very clearly that the feeling of cold that one experiences at a given moment, at a given place, is not necessarily indicative of a general or global tendency. This is the difference between (local) weather and (global) climate. If it is cooler than usual in France, the United States and Australia, this is far from the case everywhere. For example, Canada, Greenland, West Russia, Africa and Latin America are warmer than usual for the same period. Overall, the average global surface temperature is 0.6°C above average at this very moment.
As I put it earlier, the month of April 2019 was the 2nd hottest ever recorded on Earth.
It is clear – climateosceptics can not go against statistics – that every year the global warming trend gets stronger. The year 2018 was the hottest ever recorded in France and the last four years were the four hottest ever recorded on the surface of the globe It is highly likely that the year 2019 will follow this global trend. At the time of writing, 2019 is the second hottest year of the archive. There is no reason to think today that the current warming is about to stop, on the contrary. The most recent climate models show that the warming could be more significant than imagined already …
Source; Le Figaro, Météo France, NASA, NOAA.
Les anomalies de température enregistrées le 10 mai 2019 montrent que le froid ressenti localement dans certaines régions n’est pas un phénomène global (Source : NOAA)
Donald Trump ne connaît pas la différence entre météo et climat! // Donald Trump can’t make the difference between weather and climate !
Une fois encore, le président américain Donald Trump, a montré son incapacité à comprendre le changement climatique. Pour la énième fois, il a confondu les mots «météo» et «climat».
Amy Klobuchar, sénatrice démocrate du Michigan, a récemment annoncé qu’elle se présentait à la présidence dans un discours prononcé sous la neige à Minneapolis. Dans son discours, elle a déclaré que dès son premier jour à la présidence, elle ferait en sorte que les États-Unis rejoignent l’accord de Paris sur le climat, duquel Donald Trump a retiré les Etats Unis en 2017.
Le président actuel a rapidement réagi sur Twitter, comme d’habitude. Il a écrit: «Amy Klobuchar a annoncé qu’elle se présentait à la présidence, parlant avec fierté de la lutte contre le réchauffement climatique alors qu’elle parlait dans une véritable tempête de neige et de glace, avec une température glaciale. Elle n’a pas choisi le bon moment. À la fin de son discours, elle ressemblait à un bonhomme de neige! »
Beaucoup de gens confondent les conditions météorologiques et le changement climatique. La NASA a q’ailleurs mis en ligne une page Web dédiée à la distinction entre les deux expressions.
https://www.nasa.gov/mission_pages/noaa-n/climate/climate_weather.html
L’Administration y indique que « la différence entre la météo et le climat est une question de temps. […] La météo définit les conditions de l’atmosphère sur une courte période alors que le climat décrit le comportement de l’atmosphère sur une période relativement longue. »
M. Trump répand depuis longtemps des informations fausses sur le changement climatique, malgré l’abondances de sources disponibles sur la question. Son tweet a été diffusé juste trois semaines après un autre dans lequel il commentait des prévisions de fortes chutes de neige. Le président a également affirmé un jour que le changement climatique était un canular chinois, inventé pour nuire aux exportations américaines.
La sénatrice démocrate a réagi aux propos moqueurs de Trump sur Twitter en expliquant que la science allait dans le sens de sa politique. Elle a ajouté: “J’espère pouvoir débattre avec vous du changement climatique (et de nombreuses autres questions). Et je me demande comment vos cheveux se comporteraient dans une tempête de neige. »
Source: The Independent.
————————————————–
Once again, Donald Trump, the American President, has shown his incapacity to understand climate change. Once again he confused the words “weather” and “climate”.
Amy Klobuchar, the Democratic senator from Michigan, recently announced that she was running for the presidency in a speech delivered as snow fell around her in Minneapolis. In her speech, she said that on her first day as president she would have the US rejoin the Paris climate agreement, which Mr Trump withdrew the country from in 2017.
The current president soon reacted on Twitter, as usual. He wrote: “Amy Klobuchar announced that she is running for President, talking proudly of fighting global warming while standing in a virtual blizzard of snow, ice and freezing temperatures. Bad timing. By the end of her speech she looked like a Snowman(woman)!”
Confusing weather and climate change is a common error made by many people and NASA has a webpage dedicated to distinguishing the two.
https://www.nasa.gov/mission_pages/noaa-n/climate/climate_weather.html
The Administration indicates that “the difference between weather and climate is a measure of time. […] Weather is what conditions of the atmosphere are over a short period of time, and climate is how the atmosphere behaves over relatively long periods of time.”
Mr Trump has a long history of spreading incorrect information about climate change, despite the wealth of information available. His tweet came just three weeks after another one in which he discussed forecasts of heavy snow. The president also once claimed that climate change was a Chinese hoax, invented to hurt US exports.
The Democratic Senator responded to his mockery on Twitter by saying that science supported her policies. She added: “Looking forward to debating you about climate change (and many other issues). And I wonder how your hair would fare in a blizzard.”
Source : The Independent.
Source: global-climat
Krakatau (Indonésie): La situation reste difficile // Still a difficult situation
La situation est très difficile dans les régions d’Indonésie touchées par le tsunami provoqué par l’effondrement du flanc sud-ouest de l’Anak Krakatau. Une photo publiée aujourd’hui par l’armée indonésienne est assez impressionnante. Elle donne l’impression que le cratère est maintenant proche du niveau de la mer. La situation pourrait encore s’aggraver car les autorités ont diffusé un message d’alerte le 26 décembre indiquant que des « conditions météorologiques extrêmes et de fortes vagues » allaient apparaître autour du volcan en éruption. Il est demandé aux populations à s’éloigner de la côte déjà dévastée par le tsunami qui a tué plus de 400 personnes.
Aujourd’hui, comme on peut le voir sur la photo, de très volumineux nuages de cendre émanaient d’Anak Krakatau obscurcissaient presque totalement l’île volcanique. L’Agence de climatologie, de géophysique et météorologie (BMKG) a déclaré en fin de journée le 25 décembre que le mauvais temps dans le secteur du volcan pourrait fragiliser encore davantage son cratère. L’Agence a installé un système de surveillance de l’activité sismique de l’Anak Krakatau afin de pouvoir émettre des alertes rapides. Une zone d’exclusion de 2 km a été mise en place autour du volcan.
Le bilan officiel est actuellement de 429 morts, avec au moins 154 personnes disparues. Plus de 1 400 personnes ont été blessées et des milliers d’autres ont été déplacées. Les sauveteurs tentent d’atteindre plusieurs villages encore inaccessibles par la route. Des milliers de personnes séjournent dans des tentes et des abris temporaires tels que des mosquées ou des écoles, et des dizaines d’autres dorment à même le sol ou dans des lieux publics surpeuplés.
Source: The Jakarta Globe.
———————————————-
The situation is very difficult in the areas of Indonesia that were hit by the tsunami caused by the collapse of the SW flank of Anak Krakatau. A photo released today by the Indonesuian army is quite impressive. Il looks as if the crater is now close to see level. The situation could turn even worse as authorities warned on December 26th of « extreme weather and high waves » around the erupting Anak Krakatau volcano, urging people to stay away from the coast already devastated by a tsunami that killed more than 400 people.
Today, clouds of ash spewed from Anak Krakatau, almost obscuring the volcanic island. The Meteorology Climatology and Geophysics Agency (BMKG) said late on December 25th that the rough weather around the volcano could make its crater more fragile. The Agency has developed a monitoring system focused specifically on the volcanic tremors at Anak Krakatau so that it can issue early warnings. A 2-kilometre exclusion zone has been imposed.
The confirmed death toll is 429, with at least 154 people missing. More than 1,400 people were injured and thousands have moved to higher ground. Rescuers are trying to reach several villages still inaccessible by road. Thousands of people are staying in tents and temporary shelters like mosques or schools, with dozens sleeping on the floor or in crowded public facilities.
Source : The Jakarta Globe.
Le Krakatau le 26 décembre 2018 au matin (Source: armée indonésienne)


