La Chine plante des jalons dans les passages maritimes de l’Arctique // China is preparing the ground in Arctic shipping lanes

Aujourd’hui, avec la fonte de plus en plus précoce de la glace de mer, l’Océan Arctique suscite toute les convoitises, que ce soit pour l’exploitation des ressources qu’il dissimule ou pour l’ouverture de nouvelles voies de navigation.

Selon l’agence de presse chinoise Xinhua, un navire chinois a effectué avec succès au début du mois de septembre un test de navigation le long du Passage du Nord-Ouest. L’agence a révélé avec grande satisfaction qu’ »un nouveau couloir » avait été ouvert entre l’Amérique du Nord et l’Asie du Nord-Est. Le voyage a été entrepris par le navire Xue Long (le « Dragon des Neiges« ) qui a parcouru en huit jours les 2 293 milles marins (4250 kilomètres) dans l’Arctique canadien. Selon l’agence, le voyage fournira « une riche expérience de navigation » aux futurs navires chinois.
Cependant, si l’annonce a provoqué une explosion de joie à Beijing, elle a fait naître de la gêne au Canada qui revendique la souveraineté de la zone océanique où se trouve le Passage du Nord-Ouest. Le gouvernement canadien considère le voyage du Dragon des Neiges uniquement comme une expédition scientifique, vu que des scientifiques canadiens étaient également à bord du navire.
Même si le gouvernement canadien affirme que le voyage était purement scientifique, certains spécialistes en économie politique le considèrent différemment. Selon eux, « la Chine «se prépare à une augmentation très importante de son trafic commercial». On craint que la Chine envisage d’entreprendre des expéditions de navigation commerciale à grande échelle dans la région, malgré les risques pour l’environnement et les revendications territoriales dont la région fait l’objet.
La Chine n’est pas le premier pays à convoiter une route commerciale arctique au-dessus de l’Amérique du Nord. Il y a des siècles, de nombreux explorateurs européens ont tenté de franchir le passage du Nord-Ouest et les épaves sont nombreuses dans la région. Le Norvégien Roald Amundsen a été le premier à terminer le voyage avec succès en 1906. L’expédition lui a pris 3 années. De nos jours, bon nombre de navires effectuent le trajet en un temps beaucoup plus court, mais les voyages sont encore difficiles et parfois imprévisibles. La plupart concernent le tourisme ou la recherche.
Alors que la glace fond de plus en plus vite dans l’Arctique, le Passage du Nord-Ouest est en train de devenir une route d’expédition viable qui revêt un intérêt particulier pour la Chine. Le pays s’efforce, à coup de milliards de dollars, de créer une nouvelle infrastructure commerciale mondiale connue sous le nom de « Belt and Road. Initiative », autrement dit une nouvelle Route de la Soie.
Une route commerciale passant au nord du Canada serait intéressante pour la Chine. Avec l’itinéraire existant via le canal de Panama, un voyage de Shanghai à New York représente une distance d’environ 10 500 milles nautiques. Le même voyage via le Passage du Nord-Ouest représenterait une distance de 8 600 milles, ce qui permettrait d’économiser sept jours de trajet.
En avril, la Direction de la Sécurité Maritime chinoise a publié un guide sur l’avenir de l’itinéraire. On peut lire que «une fois que cette route sera couramment utilisée, elle changera totalement le transport maritime dans le monde et aura une influence profonde sur le commerce international, l’économie mondiale, les flux de capitaux et l’exploitation des ressources».
La Chine s’intéresse également au « Passage du Nord-Est » qui passe au nord de la Russie et permet aux navires de faire un trajet plus court en évitant le canal de Suez. Le premier navire de fret chinois a effectué ce voyage en 2013. Six autres navires ont fait de même cette année.
La Chine n’a aucune revendication territoriale sur l’Arctique, mais elle fait partie des observateurs au Conseil de l’Arctique depuis 2013 et elle a établi au cours des dernières années une relation économique privilégiée avec l’Islande, le plus petit des Etats membres. Les Chinois ont d’ailleurs acheté des terres en Islande pour y établir des structures commerciales
Source: Agence de presse Xinhua.

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Today, with the increasingly early melting of sea ice, the Arctic Ocean is arousing keen interest, whether for the exploitation of the resources it conceals or for the opening of new shipping lanes .

According to the Chinese news agency Xinhua, a Chinese ship conducted early in September a successful test of a trading route along the Northwest Passage. The agency proclaimed that « a new channel » between North America and Northeast Asia had been opened. The trip was undertaken by a ship called the Xue Long (or « Snow Dragon« ). It travelled 2,293 nautical miles (4250 kilometres) through the Canadian Arctic. The voyage lasted eight days and will provide « a wealth of navigation experience » for future Chinese ships.

However, if the announcement caused celebration in Beijing, it provoked confusion in Canada – the nation which claims sovereignty over the waters containing the Northwest Passage. The Canadian government considered the Snow Dragon trip a scientific research trip and that Canadian scientists were also on board.

Though the Canadian government said that the trip was purely for science, some experts viewed it differently. They explained that China was « preparing for a very substantial increase in the amount of shipping. » The trip raised concern that China is preparing for large-scale shipping through the route, despite the considerable environmental concerns and disputed territorial claims in the region.

China wouldn’t be alone in coveting an Arctic trade route above North America. Centuries ago, many European explorers tried their luck making their way through the Northwest Passage ; their shipwrecks still litter the waters. Norwegian Roald Amundsen finally completed the journey successfully in 1906. That journey took Amundsen three years. Nowadays, a fair amount of ships complete the journey in a far shorter time, but the trips are still difficult and sometimes unpredictable. Most tend to be for tourism or research.

As more and more ice melts in the Arctic, the Northwest Passage could become a viable shipping route, something of particular interest for China, which is in the midst of a dramatic, multibillion-dollar push to create a new global trade infrastructure known as « the Belt and Road Initiative. »

A trade route above Canada would be appealing. Under existing routes via the Panama Canal, a journey from Shanghai to New York would last around 10,500 nautical miles. However, the same journey through the northwest passage could be about 8,600 – potentially saving seven days of travel time.

In April, China’s Maritime Safety Administration released a guide to the future of the route. One can read that « once this route is commonly used, it will directly change global maritime transport and have a profound influence on international trade, the world economy, capital flow and resource exploitation. »

China is also interested in the Arctic’s « Northeast Passage, » which passes across the top of Russia and allows ships to make a shorter journey that avoids the Suez Canal. The first Chinese cargo ship to make this journey did so in 2013. Six ships have made that journey this year.

China has no territorial claims to the Arctic, but it became an observer to the Arctic Council in 2013 and it has struck up a close economic relationship with Iceland, the smallest of the member states, over the past few years. It should be noted that the Chine have bought lands in Iceland in order to set up business.

Source: Xinhua press agency.

Vues des passages du Nord-Est et du Nord-Ouest (Source: Wikipedia)

 

La fonte de la glace arctique : Des défis économiques énormes // The melting of Arctic ice : Enormous economic challenges

Au mois de juin dernier, au cours de la formation de son gouvernement, le Président  Macron a nommé Ségolène Royal Ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les Pôles. Cette information s’est répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux avec le lot de moqueries qui accompagnent habituellement l’ancienne ministre de l’environnement.

Pourtant, la situation est loin d’être drôle et cette fonction est beaucoup plus importante qu’on pourrait le croire. Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, la fonte de la calotte glaciaire et de la glace de mer dans l’Arctique est devenue le nouveau centre d’attention, non pas à cause de la catastrophe environnementale qu’elle représente, mais bien pour les enjeux économiques colossaux qu’elle va permettre. Tous les pays se préparent actuellement à l’exploitation des ressources qui seront bientôt libérées par la fonte des glaces et aux nouvelles voies maritimes qu’il sera possible d’emprunter. Beaucoup de pays lorgnent sur les ressources minières du Groenland, tandis que d’autres s’apprêtent à naviguer dans les passages du nord-est et du nord-ouest libérés de leurs glaces.

Mis à part quelques négationnistes du réchauffement climatique, les climatologues sont unanimes : la fonte des glaces est de plus en plus inquiétante. Pour nombre d’observateurs, les jeux sont faits ! Notre incapacité à remettre en question notre modèle économique a déjà scellé le sort de la planète pour les décennies à venir. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La glace de mer dans l’Arctique couvrait 10 millions de km2 en 1950. Aujourd’hui, cette surface s’est réduite à 4 millions de km2 et un Océan Arctique libre de glace en été à l’horizon 2040 est une perspective très probable.

Un article du journal Le Monde paru en mai 2017 informait les lecteurs que dans cette nouvelle course au profit, la France semblait occuper une bonne place. L’archipel Saint-Pierre et Miquelon représenterait le meilleur atout de la France pour profiter des retombées de cette future économie, à l’horizon 2025. Cet archipel serait un atout pour l’économie arctique de la France, et pour s’assurer une place géopolitique stratégique. Situé à seulement 1600 kilomètres de New York au sud, tout comme des mines d’uranium groenlandaises au nord,  Saint-Pierre et Miquelon se situe à la croisée des routes maritimes arctiques et atlantique Nord, et dans une zone riche en hydrocarbures. Géographiquement, l’archipel est idéalement placé au départ du Passage du Nord-Ouest, et à l’arrivée sud de l’Arctic Bridge.

L’ouverture de nouvelles voies maritimes et l’accès à de nouveaux gisements pétroliers et miniers annonce de nouveaux rapports de force entre les États et une modification des influences politiques dans la région et, par voie de conséquence, dans le monde. La France aura-t-elle des atouts suffisants à Saint-Pierre et Miquelon pour lutter avec les Etats-Unis et la Russie qui ont déjà planté de sérieux jalons dans l’Arctique ? Rien n’est moins sûr !

Il ne faut pas trop se faire d’illusions. Malgré une bonne volonté apparente pour développer les énergies renouvelables, les Etats signataires de l’accord climatique de Paris ne feront guère d’efforts pour rester sous la barre des 2°C de réchauffement, alors qu’ils sont déjà en marche vers ce nouvel eldorado économique tant convoité. La transition écologique et énergétique n’est pourtant pas si inintéressante en termes de considérations économiques et les solutions existent bel et bien pour limiter les dégâts environnementaux. Comme l’a fait remarquer le climatologue Jean Jouzel, « pour être à la hauteur des enjeux climatiques, il faudrait investir dans l’efficacité énergétique 600 milliards de dollars par an à l’échelle mondiale. Selon l’OCDE, les Etats dépensent 550 milliards de dollars par an en subventions à la consommation et à la production d’énergies fossiles. » Tout est donc affaire de volonté politique car ces ordres de grandeur nous disent bien que le changement est possible.

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Last June, during the formation of his government, President Macron appointed Ségolène Royal as Ambassador in charge of international negotiations for the Poles. This piece of news spread like wildfire on social networks with the usual mockery that accompanies the former Minister of the Environment.
Yet the situation is far from being funny and this appointment is much more important than one might think. As I have explained on several occasions, the melting of the ice sheet and sea ice in the Arctic has become the new centre of attention, not because of the environmental catastrophe it involves, but because of the colossal economic stakes it will allow. All countries are now preparing to exploit the resources that will soon be freed by the melting of the ice and the new shipping lanes that will be open. Many countries are eyeing the mineral resources of Greenland, while others are preparing to navigate along  the northeast and north-west passages that will be free of ice.
Apart from a few negationists of global warming, climate scientists are unanimous: the melting of the ice is more and more worrying. For many observers, the game is lost! Our inability to challenge our economic model has already sealed the fate of the planet for decades to come. The numbers speak for themselves. Sea ice in the Arctic covered 10 million square kilometres in 1950. Today, this area has been reduced to 4 million square kilometres and an Arctic Ocean free of ice in the summer 2040 is a very likely prospect .
An article in the newspaper Le Monde published in May 2017 informed readers that in this new race for profit, France seemed to occupy a good place. The archipelago of Saint Pierre and Miquelon would represent France’s best asset to take advantage of the benefits of this future economy by 2025. This archipelago would be an asset for the Arctic economy of France and a strategic geopolitical location. Located just 1600 kilometres from New York to the south, and from Greenland uranium mines to the north, Saint Pierre and Miquelon is located at the crossroads of the Arctic and North Atlantic shipping routes, and in an area rich in hydrocarbons. Geographically, the archipelago is ideally located at the start of the Northwest Passage, and at the southern entrance to the Arctic Bridge.
The opening up of new shipping routes and the access to new oil and mineral deposits announces a new balance of power between the states and a change in political influences in the region and consequently in the world. Will France have sufficient assets in Saint-Pierre and Miquelon to rival with the United States and Russia which have already planted serious milestones in the Arctic? Nothing is less sure !
One must not be too illusory. Despite an apparent willingness to develop renewable energies, the signatories to the Paris climate agreement will hardly make any effort to stay below 2°C of global warming, as they are already moving towards the new economic Eldorado. The environmental and energy transition is not so uninteresting in terms of economic considerations and the solutions do exist to limit the environmental damage. As French climate scientist Jean Jouzel has remarked, « to be up to the climatic challenges, we would have to invest in energy efficiency $ 600 billion a year on a global scale. According to the OECD, states spend $ 550 billion per year on consumer and fossil fuel subsidies. Everything is therefore a matter of political will. These orders of greatness tell us that change is possible.

Photo: C. Grandpey

La fonte de la glace de mer ouvrira très bientôt des couloirs de navigation da,s les passages du nord-est et du nord-ouest… (Source: Wikipedia)

 

Le Parc National du Denali (Alaska) et le réchauffement climatique // Denali National Park (Alaska) and global warming

Selon un nouveau rapport publié par le Service des Parcs Nationaux, les visiteurs qui voyagent dans le Parc National du Denali doivent s’attendre à être confrontés à des problèmes causés par le réchauffement climatique : glissements de terrain déclenchés par le dégel du permafrost, gonflement des torrents provoqué par la fonte des glaciers et fumée générée par les incendies de forêts de plus en plus importants et de plus en plus fréquents
Le rapport considère que le changement climatique représente l’un des nombreux défis pour les services de transport du Parc du Denali, site de la plus haute montagne d’Amérique du Nord et l’une des principales destinations touristiques en Alaska. Le plan décrit les facteurs qui devraient guider la gestion future du Parc au cours des 20 prochaines années.
Le Parc National du Denali est déjà connu pour ses règles de transport très strictes. Une seule route de 148 kilomètres pénètre à l’intérieur du Parc, et très peu de véhicules privés sont autorisés à circuler sur les 25 premiers kilomètres. La plupart des visiteurs utilisent les navettes du Parc pour des visites guidées ou pour atteindre les terrains de camping et les sentiers de randonnée. Le Parc est également une destination privilégiée pour les pilotes de petits avions qui déposent les alpinistes sur les camps de base permettant d’accéder aux glaciers, et qui proposent aux touristes des survols du Denali et d’autres sommets de la Chaîne de l’Alaska.

Comme c’est le cas pour les autres contrées du Grand Nord, le Denali devrait connaître les effets du réchauffement climatique au cours des prochaines décennies. On s’attend à ce que les températures annuelles moyennes subissent une hausse de 2,5°C d’ici 2040 et de 4°C d’ici 2080. Les changements les plus significatifs seront probablement observés en hiver.
Le Parc du Denali montre déjà les effets du changement climatique, avec des phénomènes comme l’accélération de la fonte des glaciers, l’expansion de la végétation arbustive à des altitudes et des latitudes plus hautes, et l’apparition d’affaissements dans le paysage provoqués par le dégel du permafrost. Ces changements peuvent avoir un effet sur les personnes qui se déplacent à pied, en véhicule, ou en avion. Les eaux de fonte des glaciers peuvent inonder la route, les sentiers ou les pistes d’atterrissage, tandis que la fumée des incendies de forêts peut représenter un danger pour le transport aérien.
La fréquentation touristique du Parc peut être également affectée. Les périodes d’ouverture du Parc au printemps et à l’automne vont probablement s’allonger, alors qu’elle font actuellement partie de la période hors saison. Cela entraînera une demande accrue de moyens de transport et plus de services pour les visiteurs. La route du Parc est particulièrement vulnérable aux conditions changeantes, notamment au dégel du permafrost. Le Denali se trouve à la limite entre la zone de permafrost permanent et la zone de permafrost discontinu. Avec l’augmentation des températures, la limite entre ces deux zones devrait migrer vers le nord. Cela exposera la route du Parc à de plus en plus de dégâts liés à des affaissements, ce qui exigera une maintenance accrue.
Certains problèmes liés au climat sont déjà apparus le long de la route du Parc. En octobre 2013, une masse de matériaux de 18 mètres de long et de 33 mètres de large, libérée par la fonte du permafrost, a glissé sur la route du Parc et entravé le passage des véhicules. D’autres glissements se sont produits pendant l’été 2016; l’un d’eux a temporairement fermé la route au niveau de la borne 67 et bloqué plusieurs visiteurs.
Source: Alaska Dispatch News.

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According to a new report released by the National Park Service, visitors travelling in Denali National Park and Preserve should expect to observe problems caused by global warming. Among them are landslides triggered by permafrost thaw, floodwaters gushing from melting glaciers and smokier air from bigger and more frequent wildfires

The report identifies climate change as one of several challenges looming for transportation in the park, site of North America’s tallest mountain and one of the top visitor destinations in Alaska. The plan outlines factors that should guide future management over the next 20 years.

The park is already known for its strict transportation rules. A single 148-kilometre road goes into its heart, and very few private vehicles are allowed past the first 25 kilometres. Most visitors use park shuttle buses for day sightseeing trips or to reach campgrounds and hiking destinations. The park is also an important destination for pilots flying small planes; ski-equipped aircraft ferry mountain climbers to remote glacial base camps and carry sightseers who want to view Denali and other Alaska Range peaks from the air.

As is the case for the rest of the far North, Denali is expected to get warmer in coming decades. Average annual temperatures are expected to be 2.5°C higher by 2040 and 4 degrees warmer by 2080, with the biggest changes likely to come in winter.

Denali is already showing effects of climate change, including accelerating glacial melt, expansion of woody plants to higher elevations and latitudes, and slumps in the landscape caused by permafrost thaw. Those changes in the natural world can affect people travelling by foot, vehicle, boat or airplane. Floods from glacial melt could swamp road, trail or airstrip sections, for example, and increased wildfire smoke can create hazards for air travel.

Even the distribution of visitor crowds is potentially affected. Milder spring and autumn weather is likely to increase what is now considered the offseason for the park, and thus increase demand for transportation and visitor services. The park road is particularly vulnerable to changing conditions, notably permafrost thaw. Denali sits atop the boundary between continuous permafrost, in which is the area fully underlain by frozen soil, and discontinuous permafrost, which is the area where permanently frozen soil exists in patches. As temperatures rise, the boundary between continuous and discontinuous permafrost is expected to migrate north. This will expose the Park Road to an increasing change of subsidence-related damage, resulting in more maintenance.

Some climate-related problems along the park road have already emerged. In October 2013, an 18-metre-long, 33-metre-wide mass of partially thawed permafrost chunks slid onto the park road and blocked passage. Some smaller slides occurred in the summer of 2016; one temporarily closed the road at Mile 67 and stranded some visitors.

Source : Alaska Dispatch News.

Photos: C. Grandpey

Les feux de forêts au Canada font fondre la banquise // Wildfires in Canada are melting the ice sheet

Les forêts canadiennes sont en feu, avec 9000 km2 ravagés par les flammes depuis le début de l’année 2017 en Colombie-Britannique. Ces incendies, ainsi que d’autres au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest ont envoyé de la fumée dans l’atmosphère, parfois jusqu’à 13 kilomètres de hauteur.
Une fois dans l’atmosphère, cette fumée forme une couverture si épaisse qu’elle fait disparaître le soleil dans le nord du Canada. Elle se dirige ensuite vers l’Arctique où elle est susceptible d’accélérer la fonte de la glace en mer et sur terre.
Selon la NASA, la fumée a établi un record d’épaisseur cette année et a été particulièrement dense dans les provinces des Territoires du Nord-Ouest, du Yukon et du Nunavut.
Selon l’Observatoire Terrestre de la NASA, il y a en ce moment une énorme quantité d’aérosols dans l’air. Les aérosols sont de petites particules, telles que la suie ou la cendre volcanique, qui renvoient la lumière du soleil. Le 15 août 2017, l’Ozone Mapping and Profiler Suite (OMPS) à bord du satellite Suomi NPP a enregistré des valeurs d’indice aérosol jusqu’à 49,7. C’est plus de 15 points au-dessus du record précédent établi en 2006 par des incendies en Australie. D’autres records d’indice aérosol ont également été enregistrés les 13 et 14 août. Bien que le satellite Suomi NPP soit relativement récent, l’indice aérosol par satellite remonte au satellite Nimbus-7 en 1978, ce qui permet aux scientifiques de comparer les données sur une longue période.
Selon la NASA, le Visible Infrared Imaging Radiometer Suite (VIIRS), radiomètre infrarouge à bord du satellite Suomi NPP, a détecté une fumée particulièrement dense qui obscurcissait une vaste zone du nord du Canada à partir du 15 août 2017.
Une autre image satellite, en provenance du satellite Aqua, montre un nuage de fumée au nord des zones situées près du lac Athabasca. Les feux de forêts en Colombie-Britannique ont été suffisamment intenses pour produire de nombreux pyrocumulus semblables aux cumulonimbus qui se développent pendant les orages. De tels nuages ​​peuvent propulser la fumée très haut dans l’atmosphère, jusque dans la stratosphère où elle peut rester pendant des jours ou plus.
Les incendies canadiens sont inquiétants pour plusieurs raisons. Tout d’abord, ils signalent la transition vers un avenir où il y aura de plus en plus de feux de forêts dans le Grand Nord, car le changement climatique rend les conditions plus propices à de tels phénomènes. Ensuite, ils sont idéalement situés pour envoyer directement la fumée vers la glace de mer arctique et la calotte glaciaire du Groenland, particulièrement vulnérables en ce moment. En plus de perturber l’équilibre thermique de l’atmosphère, la fumée dépose des particules de suie de couleur sombre sur la glace, ce qui accélère sa fonte en abaissant le pouvoir réfléchissant de la glace et en lui faisant absorber davantage les rayons du soleil.
Des études ont lié le nombre croissant d’incendies de forêts dans certaines régions du Canada et des États-Unis au réchauffement climatique. En fait, selon une étude publiée en 2013, le nombre d’incendies dans les forêts boréales, entre l’Alaska et le Canada d’une part, et entre la Scandinavie et la Russie d’autre part, est le plus important jamais enregistré au cours des 10 derniers millénaires.
Source: Mashable.com.

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Forests in Canada are ablaze, with 2.2 million acres going up in flames so far this year in British Columbia alone. These fires, and others in the Yukon and Northwest Territories, have been belching smoke into the air, in some cases up to 13 kilometres high.

Once in the atmosphere, weather patterns are causing the wildfire smoke to converge into a blanket so thick it’s blotting out the sun across northern Canada. This smoke is working its way to the high Arctic, where it could speed up the melting of sea and land ice.

According to NASA, the smoke has set a record for its thickness, and has been especially dense across the Northwest Territories, Yukon, and Nunavut provinces.

According to NASA’s Earth Observatory, there is a huge quantity of aerosols in the air. Aerosols are small particles, such as soot or volcanic ash,  that reflect incoming sunlight. On August 15th 2017, the Ozone Mapping and Profiler Suite (OMPS) on the Suomi NPP satellite recorded aerosol index values as high as 49.7. This was more than 15 points higher than the previous record, which was set in 2006 by fires in Australia. Aerosol index records were also set on August 13th and 14th. Although the Suomi NPP satellite is quite new, the satellite aerosol index dates back to the Nimbus-7 satellite in 1978, giving scientists a longer data set.

According to NASA, the Visible Infrared Imaging Radiometer Suite (VIIRS) on the Suomi NPP satellite captured particularly heavy smoke obscuring a wide swath of northern Canada as of August 15th, 2017.

Another satellite image, from the Aqua satellite, shows smoke billowing north from areas near Lake Athabasca. The fires in British Columbia were intense enough to produce numerous pyrocumulus clouds that tower into the sky, resembling thunderstorms. Such clouds can vault smoke high into the atmosphere, all the way to the stratosphere, where it can linger for days or longer.

The Canadian fires are important for several reasons. First, they signal the transition to a more combustible future in the Far North, as climate change makes conditions more conducive to large wildfires. Second, they are ideally located to directly feed smoke toward vulnerable Arctic sea ice and the Greenland Ice Sheet. In addition to altering the heat balance of the atmosphere, the smoke can deposit dark soot particles on the ice, which hastens melting by lowering the reflectivity of the ice and causing it to absorb more incoming sunlight.

Studies have tied the increasing number of large fires in parts of Canada and the U.S. to global warming. In fact, the level of fire activity across the boreal forests, which stretch from Alaska to Canada and around the top of the world to Scandinavia and Russia, is unprecedented in the past 10,000 years, according to a study published in 2013.

Source: Mashable.com.

Concentrations d’aérosols au Canada entre le 10 et le 15 août 2017

(Source : NASA)