Les surprises du Bassin de Lau (Tonga / Fidji)

drapeau francaisLe Bassin de Lau, qui se trouve entre les Tonga et les Fidji, a été créé par la collision de la plaque Pacifique avec la plaque australienne. La plaque Pacifique, plus vieille, donc plus froide et plus dense, a plongé sous la plaque australienne et s’est enfoncée dans les profondeurs le long de la fosse des Tonga. L’eau libérée par la plaque humide a abaissé le point de fusion de la roche au-dessus, provoquant la montée du magma et des éruptions qui ont formé l’arc volcanique Tonga-Kermadec.

Tonga-Kermadec-Arc

Source: Wikipedia.

Il y a 4 à 6 millions d’années, la plaque Pacifique a commencé à s’éloigner de la plaque australienne, entraînant avec elle une partie du manteau qui se trouvait en dessous. La marge de la plaque australienne s’est étirée en déchirant la dorsale et en créant un bassin dont le plancher s’est fracturé à son tour avec le temps. Le magma est remonté par ces fractures, ce qui a créé de nouveaux centres d’expansion.

La zone de subduction des Tonga est célèbre en sismologie, car deux tiers des séismes profonds de notre planète se produisent dans cette région où la subduction est plus rapide que partout ailleurs dans le monde. Dans la partie nord,  la plaque s’enfonce à une vitesse d’environ 24 centimètres par an, soit près d’un mètre tous les quatre ans ! C’est quatre fois plus vite que la faille de San Andreas.
Dans le numéro de Février de la revue Nature, une équipe de chercheurs de l’Université de Washington à St. Louis, a publié une image sismique tridimensionnelle du manteau sous le Bassin de Lau dans le Pacifique Sud qui montre une étrange  anomalie. L’image s’appuie sur 200 séismes enregistrés par 50 sismographes installés au fond de l’océan dans le Bassin de Lau en 2009 et 2010 et 17 sismographes installés sur les îles Tonga et Fidji.
Le Bassin de Lau est un endroit idéal pour étudier le rôle de l’eau dans les processus volcanique et tectonique. Comme le Bassin est en phase d’élargissement, il a beaucoup de centres d’expansion par lesquels le magma monte vers la surface. Comme il est en forme de V, ces centres se situent à des distances variables de la fosse des Tonga, là où l’eau est injectée copieusement dans l’intérieur de la Terre.
Les scientifiques savaient que la composition chimique du magma émis lors des éruptions dans ces centres d’expansion varie avec la distance par rapport à la fosse. Ceux au nord, vers l’ouverture du V, produisent un magma plus sec que ceux du sud, à proximité de la pointe du V, où le magma contient plus d’eau et d’éléments chimiques liés à l’eau. Comme l’eau abaisse la température de fusion de la roche, les centres d’expansion au nord produisent également moins de magma que ceux au sud.
Avant d’élaborer les images à partir de leurs données sismiques, les scientifiques s’attendaient à ce que la situation dans le manteau corresponde à celle en surface. En particulier, ils pensaient davantage trouver la roche en fusion vers le sud, là où la teneur en eau dans le manteau est la plus forte. Au lieu de cela, les images sismiques ont révélé moins de magma en fusion dans le sud que dans le nord.
Après un long débat, ils sont arrivés à la conclusion que l’eau augmente la fusion mais rend le matériau moins visqueux, ce qui accélère sa remontée vers la surface, un peu comme du miel qui coule plus vite quand on y ajoute de l’eau.
Cette découverte a permis aux scientifiques de faire un pas de plus dans la compréhension du cycle de l’eau qui affecte presque tous les processus sur notre planète, et pas seulement les nuages et les rivières à sa surface. Elle joue également un rôle important dans les processus qui ont lieu dans le silence et l’obscurité des profondeurs de la Terre.
Source: Université de Washington à St. Louis

Lau-Basin-2 Une image sismique d’une partie du Bassin de Lau à une profondeur de 50 kilomètres montre comment le magma s’accumule au nord sous les zones qui ne sont pas affectées par le rift (rouge foncé) et n’offrent que très peu de passage au magma (jaune pâle) le long de l’extrémité sud du centre d’expansion oriental du Bassin de Lau, même si cette région est fortement volcanique (Source: Université de Washington).

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drapeau anglaisThe Lau Basin, which lies between the island archipelagos of Tonga and Fiji, was created by the collision of the Pacific plate with the Australian plate. The older, thus colder and denser, Pacific plate plunged under the Australian plate and sank into the depths along the Tonga Trench. Water given off by the wet slab lowered the melting point of the rock above, causing magma to erupt and form a volcanic arc, called the Tonga-Kermadec ridge.

About 4 to 6 million years ago, the Pacific slab started to pull away from the Australian slab, dragging material from the mantle beneath it. The Australian plate’s margin stretched, splitting the ridge, creating the basin and, over time, rifting the floor of the basin. Magma upwelling through these rifts created new spreading centers.

The Tonga subduction zone is famous in seismology  because two-thirds of the world’s deep earthquakes happen there and subduction is faster there than anywhere else in the world. In the northern part of this area the plate is sinking at about 24 centimetres per year, or nearly a metre every four years. That’s four times faster than the San Andreas fault is moving.

In the February issue of Nature, a team of scientists of Washington University in St. Louis, published a three-dimensional seismic image of the mantle beneath the Lau Basin in the South Pacific that had an intriguing anomaly. It is based on the images of 200 earthquakes picked up by 50 ocean-bottom seismographs deployed in the Lau Basin in 2009 and 2010 and 17 seismographs installed on the islands of Tonga and Fiji.

The Lau basin is an ideal location for studying the role of water in volcanic and tectonic processes. Because the basin is widening, it has many spreading centres through which magma rises to the surface. Because it is shaped like a V, these centres lie at varying distances from the Tonga Trench, where water is copiously injected into the Earth’s interior.

The scientists knew that the chemistry of the magma erupted through the spreading centers varies with their distance from the trench. Those to the north, toward the opening of the V, erupt a drier magma than those to the south, near the point of the V, where the magma has more water and chemical elements associated with water. Because water lowers the melting temperature of rock, spreading centres to the north also produce less magma than those to the south.

Before they constructed images from their seismic data, the scientists expected the pattern in the mantle to match that on the surface. In particular they expected to find molten rock pooled to the south, where the water content in the mantle is highest. Instead the seismic images indicated less melt in the south than in the north.

After considerable debate, they suggested water increases melting but makes the melt less viscous, speeding its transport to the surface, a bit like mixing water with honey makes it flow quicker.

Source: Washington University in St. Louis.

 

Kilauea (Hawaii): L’importance du travail sur le terrain // The importance of field work

drapeau francaisLe dernier article hebdomadaire de Volcano Watch, écrit par des scientifiques de l’Observatoire Volcanologique d’Hawaï (HVO), est dédié à Mike Poland, un scientifique qui a travaillé au HVO pendant les dix dernières années et est sur le point de retourner à l’Observatoire des Cascades, géré par l’USGS à Vancouver (Etat de Washington).
Mike Poland est l’un de ces scientifiques que je apprécie beaucoup parce qu’il ne passe pas son temps assis dans un laboratoire en face d’un ordinateur à faire des simulations. Il est l’un de ceux qui vont sur le terrain faire des observations quotidiennes sur le comportement du Kilauea.
Mike a accompli un énorme travail de recherche, mais il a aussi formé un grand nombre d’étudiants et de jeunes chercheurs, dont la plupart ont poursuivi des carrières dans le domaine des sciences de la Terre. Au HVO, il a concentré son travail sur les déformations d’un édifice volcanique provoquées par les mouvements du magma et les séismes. Il a aussi essayé de voir dans quelle mesure ces changements de morphologie peuvent être mesurés par interférométrie radar (InSAR). Il s’est alors vite rendu compte que la surveillance volcanique nécessite un travail d’équipe interdisciplinaire et de l’innovation.
Dans le cadre d’un travail d’équipe, Mike Poland a participé avec des collègues du HVO à une étude qui associe des mesures de déformation, les émissions de gaz, les quantités de lave émise, la chimie de la lave et la sismicité, des paramètres qui ont révélé une augmentation spectaculaire de l’alimentation magmatique du Kilauea. Cette étude – la première du genre – a montré comment des informations sur les variations d’alimentation sur une courte période de temps peuvent aider à prévoir le comportement éruptif d’un volcan. L’augmentation d’alimentation du Kilauea a commencé fin 2003 et a abouti à l’ouverture d’une nouvelle bouche sur l’East Rift Zone en 2007. Elle a probablement contribué également à l’ouverture de la bouche dans le cratère de l’Halema’uma’u en 2008.
Grâce au travail de Mike, nous savons que l’ouverture de la bouche dans l’Halema’uma’u est en fait l’aboutissement d’un processus qui a commencé il y a plusieurs décennies. En analysant des mesures de microgravité sur le Kilauea, le scientifique a pu identifier une accumulation de magma dans la zone située sous la bouche et qui n’avait pas été détectée par d’autres techniques. Suite à ces observations, Mike a créé des instruments pour enregistrer en continu les moindres variations du champ de gravité sur le Kilauea. Il a alors constaté que la densité de la partie supérieure du lac de lave de l’Halema’uma’u est beaucoup plus faible que prévu. Elle est inférieure à la densité de l’eau, ce qui signifie que la lave est extrêmement riche en gaz, un peu comme la mousse à la surface de la bière.
Dans le cadre de la célébration du centenaire du HVO en 2012, Mike Poland a proposé de réunir des chercheurs du monde entier afin de faire le point sur ce que l’on sait du volcanisme basaltique, et de présenter les questions importantes qui restent sans réponse. Il a contribué à la rédaction de « Volcans d’Hawaï: De la source à la surface, » une publication qui a fait suite à cet événement.

Source: Hawaii 24/7.

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drapeau anglaisThe latest weekly article of Volcano Watch, written by scientists at the Hawaiian Volcano Observatory, is dedicated to Mike Poland, a scientist who has worked at HVO for the past ten years and is about to return to the USGS Cascades Volcano Observatory in Vancouver, Washington.

Mike Poland is one of those scientists I very much appreciate because he does not spend all his time sitting in a lab in front of a computer. He is one of those who go on the field, making daily observations on the behaviour of Kilauea volcano. 

Mike Poland has accomplished a tremendous amount of research, but also mentored a vast number of students and young researchers, most of whom have pursued geoscience careers. At HVO, he focussed his work on deformation changes in the shape of a volcano resulting from magma movement and earthquakes, particularly in how those changes can be measured with satellite radar (InSAR). He quickly realized, however, that volcano monitoring requires cross-disciplinary teamwork and innovation.

As an example of teamwork, Mike Poland collaborated with HVO colleagues on a study that combined deformation measurements with gas emissions, lava eruption rates, lava chemistry and seismicity to reveal a dramatic increase in magma supply rate to Kilauea. This study – the first of its kind – showed how information about supply rate changes on a short timescale can help forecast the eruptive behaviour of the volcano. The surge in supply started in late 2003 and led to the start of a new, long-lived volcanic vent on the East Rift Zone in 2007, and probably contributed to the opening of Kilauea’s summit vent in 2008.

Through Mike’s work, we also know that the opening of the summit vent was actually the result of a process that began decades ago. Analyzing data from microgravity measurements on Kilauea, he helped identify an accumulation of magma in the area beneath the current summit vent that had not been detected by any other means. As a result of these observations, he established instruments to continuously record subtle changes in the gravity field on Kilauea. He then realised that the density of the upper part of the summit lava lake is much lower than expected – less than the density of water – implying that the lava is extremely gas-rich, similar to the foam on beer.

As part of HVO’s centennial celebration in 2012, Mike Poland spearheaded an initiative to convene researchers from around the world to explore what is known about basaltic volcanism and the important questions still to be answered. He contributed to and edited “Hawaiian Volcanoes: From Source to Surface,” a publication resulting from that conference.

Source: Hawaii 24/7.

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Vue de la bouche dans l’Halema’uma’u  (Photo:  C.  Grandpey)

Le Pu’uO’o (Hawaii): Un monde en mutation permanente // An ever-changing world

drapeau francaisComme je l’ai écrit précédemment, le 3 janvier 2015 marquait le 32ème anniversaire de l’éruption du Pu’u O’o. Pendant cette longue période, le cratère a connu un bon nombre de modifications et il ne ressemble plus à celui que j’ai eu l’occasion d’observer en 1996 ou en 2006 avec un lac de lave à l’intérieur !

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Le cratère du Pu’uO’o en 1996

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Le lac de lave en 2006 (Photos:  C. Grandpey)


Quand il a atteint sa hauteur maximale en 1986, le Pu’u O’o dressait ses 250 mètres au-dessus du champ de lave environnant et sa base présentait un diamètre d’environ 900 mètres. Aujourd’hui, il s’élève à seulement 170 mètres de hauteur et les coulées de lave ont submergé ses flancs de pratiquement tous les côtés. Toutes ces coulées forment un vaste bouclier de 1,5 à 3 kilomètres de largeur qui encercle le cône dans sa quasi-totalité. De l’édifice qui existait à l’origine, il ne reste plus guère que le flanc nord-ouest et une bande étroite du flanc sud-est.
Le sommet du Pu’u O’o héberge un cratère d’environ 440 mètres de long et 300 mètres de large qui est actuellement rempli de lave solidifiée, comme on peut le voir sur la photo qui conclut ma note du 3 janvier.

Après l’apparition de la coulée de lave du 27 juin 2014, un nouveau cratère d’environ 230 mètres de large et 30 mètres de profondeur s’est formé dans la partie nord-est de l’ancien comblé par la lave. Ce nouveau cratère est apparu lorsque le magma qui était stocké sous le Pu’u O’o s’est évacué pour alimenter la coulée du 27 juin. Le plancher du cratère s’est alors effondré dans le vide laissé par l’éruption.
La lave monte aujourd’hui vers la surface en plusieurs endroits le long d’un système de fractures qui définit le périmètre du nouveau cratère, plus petit que le précédent. Elle sort également d’une fracture plus en aval sur le flanc NE du Pu’u O’o et alimente la coulée actuelle qui s’est arrêtée ces derniers jours près de Pahoa.

Une cartographie du réservoir magmatique et du réseau de tunnels sous le Pu’u O’o permettrait de comprendre et de prévoir son comportement éruptif. Une telle cartographie n’existe malheureusement pas et les scientifiques du HVO doivent se contenter des données géologiques, géophysiques et géochimiques pour essayer de deviner ce qui se passe sous le plancher du cratère.
Les études réalisées il y a plus d’une décennie laissaient supposer que le réservoir magmatique sous Pu’u O’o aurait une hauteur d’environ 300 mètres et son toit se trouverait à environ 70 mètres sous le plancher du cratère. Toutefois, de nombreux changements ont eu lieu depuis ces études, y compris quatre effondrements majeurs et d’autres de moindre importance, ainsi que de grandes fluctuations dans le système d’alimentation. En conséquence, la forme actuelle du réservoir magmatique du Pu’u O’o est une inconnue.
On sait toutefois que ce réservoir est connecté, à beaucoup plus grande profondeur, au réseau d’alimentation de l’East Rift Zone qui achemine le magma depuis le  Kilauea vers le Pu’u O’o. On pense que le magma se déplace le long de l’East Rift Zone à une profondeur d’environ 3 km, soit environ deux kilomètres en dessous du niveau de la mer.

Kilauea PuuOo 2

(Source: USGS / HVO)

Adapté d’un article publié dans West Hawaii Today. .

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drapeau anglaisAs I put it before, January 3rd marked the 32nd anniversary of the ongoing Pu’u O’o eruption. Over that time, Pu’u O’o has shown quite a good number of changes and no longer resembles the crater I could observe in 1996 and 2006 with a lava lake within the crater (see photos above).

At its highest in 1986, Pu’u O’o stood 250 metres above the landscape and was about 900 metres across at its base. Today, it rises only about 170 metres above the landscape and nearly all sides of the cone have been buried by lava flows. These flows form a broad shield, 1.5 to 3 kilometres across that almost completely encircles Pu’u O’o. Of the original cone, only the northwest flank and a narrow sliver of the upper southeast flank remain exposed.

The summit of Pu’u O’o harbours a crater that is 440 metres long and 300 metres wide and is currently filled with solidified lava, as can be seen on the photo of my note of January 3rd.  Following the onset of the June 27th lava flow in 2014, a new crater about 230 metres across and 30 metres deep formed in the northeastern part of the older, filled crater. This new crater developed as magma beneath Pu’u O’o drained away to feed the June 27th flank eruption and the overlying crater floor fell into the resulting void.

Lava rises close to the surface in several spots along a fracture system that defines the perimeter of the new, smaller crater. Lava also erupts from a fracture lower on Pu’u O’o’s northeast flank, feeding the current active lava flow that stalled near Pahoa.

Mapping the shape of the magma storage reservoir and delivery system beneath Pu’u O’o would be essential to understanding and forecasting how the eruption might behave in the future. But, because the entire plumbing system cannot be observed, HVO scientists must rely on geological, geophysical and geochemical data to “see” beneath the crater floor.

Studies conducted more than a decade ago suggested that the magma storage reservoir beneath Pu’u O’o had a vertical extent of about 300 metres, with its top about 70 metres below the pre-eruption ground surface.

However, many changes have occurred since those studies, including four major and several minor crater collapses and large fluctuations in magma supply. As a consequence, the current shape of the Pu’u O’o magma reservoir is not known.

The magma reservoir beneath Pu’u O’o is connected to the much deeper East Rift Zone system that transports magma from Kilauea’s summit to Pu’u O’o. It is thought that magma travels through the East Rift Zone at a depth of about 3 kilometres, which is about 2 kilometres below sea level.

Schéma

Adapted from an article in West Hawaii Today.

Etna (Sicile / Italie): Pas de quoi fouetter un chat! // Nothing to make a fuss about!

drapeau francaisPeut-être parce qu’il est pratiquement à portée de main (un vol d’à peine 3 heures suffit pour atteindre Catane depuis Paris), l’Etna fait frémir Internet dès qu’il montre un panache de gaz ou de cendre inhabituel.

Le 28 décembre, le Nouveau Cratère Sud-Est (NCSE) a cru bon fêter la fin de l’année 2014 par l’une de ces brèves crises éruptives dont il a le secret. Certains se sont alors précipités sur leurs claviers pour parler de « paroxysme », entrevoyant déjà une série de gerbes et de coulées, comme cela s’est produit il y a quelques mois. Malheureusement pour eux, l’Etna en a décidé autrement. Après deux heures d’activité – rendue invisible par les mauvaises conditions météo – le NCSE a retrouvé son calme. On peut raisonnablement penser qu’il s’agissait de la vidange d’une petite poche de magma superficielle, un événement qui n’a rien d’exceptionnel sur l’Etna.

Il faut toutefois noter que le retour au calme s’est fait progressivement et que des émissions de cendre relativement abondantes étaient observées au niveau du NCSE dans les jours qui ont suivi. Il s’agissait probablement de la fin du nettoyage de la poche de magma que je viens de mentionner. Par ailleurs, une petite activité strombolienne a été observée début janvier dans le Cratère Central qui ne s’était pas manifesté depuis pas mal de temps.

Au moment où j’écris ces lignes, tremor et sismicité montrent des niveaux qui n’ont rien d’inquiétant. Il faut toutefois rester vigilant car on sait que le Mongibello a plus d’un tour dans son sac et peut surprendre les scientifiques de l’INGV, en dépit de tous les instruments de mesure à leur disposition !

En y réfléchissant bien, les menaces occasionnées par les coulées de lave sur l’île de Fogo ou à Hawaii, ou par les coulées pyroclastiques du Sinabung sont autrement plus inquiétantes que les petites sautes d’humeur de l’Etna !

Vous trouverez un rapport détaillé de la crise éruptive du 28 décembre, ainsi que des photos et une carte des coulées à cette adresse:

http://www.ct.ingv.it/it/?option=com_content&view=article&id=1035

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drapeau anglaisPerhaps because it is so close to us (you reach Catania after a mere 3-hour flight from Paris), Etna causes a panic on the Internet as soon as it emits an unusual plume of gas or ash.
On December 28th, the New Southeast Crater (NSEC) saw fit to celebrate the end of 2014 with a brief eruptive crisis. Some volcano lovers then rushed to their keyboards and talked about « a paroxysm », already foreseeing a series of lava ejections and flows, as happened a few months ago. Unfortunately, Etna decided otherwise. After two hours of activity – that could not be seen because of the bad weather – the NCSE became quiet again. It is reasonable to think that it was the drainage of a small shallow pocket of magma, an event that is by no means exceptional on Mount Etna.
However, the return to a calm period happened gradually and voluminous ash emissions were observed at the NSEC in the days that followed. This was probably the end of the cleaning of the magma pocket I mentioned previously. Furthermore, a small Strombolian activity was observed in early January at the Central Crater that had not been active for quite a long time.
At the time I’m writing this note, the tremor and seismicity show levels that have nothing to worry about. However, one should remain vigilant because we know that Mongibello has more than one trick up its craters and can surprise INGV scientists despite all the measuring instruments at their disposal!
On reflection, the threats caused by the lava flows on Fogo Island or Hawaii, or the pyroclastic flows of Sinabung are far more disturbing than Mount Etna’s sudden changes of mood!

You will find a detailed report of the December 28th eruptive crisis, together with photos and a map of the lava flows at this address:

http://www.ct.ingv.it/it/?option=com_content&view=article&id=1035

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Vue du Cratère Sud-Est le 1er janvier 2000!