Réchauffement climatique et Jeux Olympiques // Global warming and Olympic Games

Il fait chaud, beaucoup trop chaud pour les Jeux Paralympiques de Cortina où les tshirts ont remplace les doudounes chez les spectateurs. Les fortes chutes de neige qui ont précédé les Jeux début février ont permis de les sauver, mais on savait que le répit serait de courte durée.
La hausse rapide des températures est devenue un défi majeur pour les organisateurs de sports d’hiver ; le Comité International Olympique (CIU) a déclaré qu’il pourrait avancer la date de début des prochains Jeux d’hiver de février à janvier en raison de la hausse des températures.

La chaleur ambiante et l’ensoleillement excessif de ces derniers jours suscitent des inquiétudes quant à la stabilité du manteau neigeux lors des Jeux Paralympiques. Et ce, non seulement pour Milan-Cortina, mais aussi et surtout pour les Jeux des années à venir.

La météo joue un rôle crucial dans le bon déroulement et la sécurité des compétitions de sports d’hiver. Les fortes chaleurs peuvent affecter la couche de neige sur les pistes de ski alpin et la visibilité est essentielle. L’humidité et les températures élevées peuvent également affecter la qualité de la glace dans les arénas intérieurs et les centres de glisse. La visibilité et le vent sont les deux facteurs les plus susceptibles de modifier le calendrier des compétitions. Le vent peut poser un problème de sécurité ou d’équité, comme en biathlon où de légères variations peuvent perturber la précision des tirs des athlètes. De nombreuses courses cette année ont été difficiles en raison des conditions météorologiques.
Le réchauffement climatique actuel rend la planification d’événements comme les Jeux d’hiver de plus en plus difficile, à tel point que le CIO envisage de ne retenir que les candidatures des pays où la neige et le froid sont plus susceptibles de se produire et de persister durant les mois d’hiver. Le problème touche particulièrement les Alpes, qui figurent parmi les régions du monde où le réchauffement climatique est le plus rapide : depuis 1950, la température moyenne mondiale a augmenté de 1,4 °C, celle des Alpes de 2,7 °C et celle de Cortina d’Ampezzo de 3,6 °C. L’image ci-dessous illustre l’évolution du nombre de jours de neige par an entre 2071 et 2100, selon un scénario d’émissions élevées.

 Les sites de Milan-Cortina pourraient connaître une baisse de 36 %, tandis que le reste des Alpes pourrait enregistrer une baisse de 42 %. Depuis 1956 (année des premiers Jeux olympiques organisés à Cortina), les températures de février ont augmenté en moyenne de 3,6 °C.
L’épaisseur moyenne de neige à Cortina a diminué de 15 cm. La température moyenne en février à Milan a augmenté de 3,2 °C depuis 1956. Entre 1956 et 1966, on a enregistré en moyenne 214 jours par an avec des températures inférieures à 0 °C à Cortina. Entre 2016 et 2025, le nombre moyen de jours avec des températures négatives à Cortina était de 173.

Pour les Jeux de Milan-Cortina, la complexité s’est accrue par le fait que les sites olympiques sont situés dans des localités aux conditions météorologiques très différentes. Bormio et Livigno, par exemple, sont distantes de moins d’une heure de route, mais séparées par un col de haute montagne qui peut engendrer des différences climatiques importantes entre les deux villes.
Aujourd’hui, 87 des 93 villes candidates à l’organisation des Jeux olympiques d’hiver bénéficient de conditions météorologiques fiables. D’ici 2050, seules 52 des 93 en bénéficieront.
Le CIO s’interroge sur la manière d’organiser les Jeux olympiques d’hiver de façon responsable. Par exemple, la Fondation Milano Cortina 2026 a utilisé un système de production de neige artificielle qui consomme moins d’eau et d’énergie (plus de 3 millions de mètres cubes de neige artificielle étaient prévus pour les Jeux 2026), mais cela pourrait s’avérer insuffisant en cas de fortes chaleurs. Il faut espérer que nous n’assisterons pas au spectacle désolant de Pékin 2022, avec des pistes réduites à de fines lignes blanches de neige artificielle cernées de paysages totalement désertiques.
Le CIO envisage également une autre option : organiser les Jeux uniquement dans les pays qui, depuis dix ans, enregistrent des températures minimales moyennes inférieures à zéro degré Celsius dans les zones enneigées où se dérouleront les compétitions.

Source : presse italienne.

 °°°°°°°°°°

Au vu de l’indifférence des médias qui s’obstinent à parler des émissions de CO2, j’ai décidé de mentionner régulièrement au début de mes notes relatives au réchauffement climatique les concentrations de CO2 (en parties par million) telles qu’elles apparaissent au sommet du volcan Mauna Loa à Hawaï. Ces concentrations permettent à la Scripps Institution of Oceanography d’établir la Courbe de Keeling.

https://keelingcurve.ucsd.edu/

Les concentrations de CO2 viennent de dépasser les 430 ppm avec 430,24 ppm, ce qui est énorme, et la courbe ne fait que s’élever, dans l’indifférence générale. Gare au retour de manivelle !

 

——————————————-

It’s hot, far too hot for the Cortina Paralympic Games, where spectators have replaced their down jackets with t-shirts. Heavy snowfall in early February before the Games saved them, but it was known that the respite would be short-lived.
The rapid rise in temperatures has become a major challenge for winter sports organizers; the International Olympic Committee (IOC) has stated that it may move the start date of the next Winter Games from February to January due to the rising temperatures. The recent heat and excessive sunshine are raising concerns about the stability of the snowpack at the Paralympic Games. This is true not only for Milan-Cortina, but also, and perhaps more importantly, for the Games in the years to come.

Weather plays a crucial role in the smooth running and safety of winter sports competitions. The high temperatures can affect the snowpack on alpine ski slopes, and visibility is essential. Humidity and high temperatures can also affect ice quality in indoor arenas and skating centers. Visibility and wind are the two factors most likely to alter the competition schedule. Wind can pose a safety or fairness issue, as in biathlon where slight variations can disrupt athletes’ shooting accuracy. Many races this year have been difficult due to weather conditions.

Current climate change is making planning events like the Winter Games increasingly difficult, to the point that the IOC is considering accepting only bids from countries where snow and cold weather are more likely to occur and persist throughout the winter months. The problem particularly affects the Alps, which are among the regions of the world experiencing the fastest climate change: since 1950, the global average temperature has increased by 1.4°C, that of the Alps by 2.7°C, and that of Cortina d’Ampezzo by 3.6°C. The image above illustrates the projected change in the number of snowy days per year between 2071 and 2100, under a high-emissions scenario.
The Milan-Cortina venues could see a 36% decrease, while the rest of the Alps could experience a 42% decrease. Since 1956 (the year of the first Olympic Games held in Cortina), February temperatures have increased by an average of 3.6°C.
The average snow depth in Cortina has decreased by 15 cm. The average February temperature in Milan has increased by 3.2°C since 1956. Between 1956 and 1966, Cortina recorded an average of 214 days per year with temperatures below 0°C. Between 2016 and 2025, the average number of days with sub-zero temperatures in Cortina was 173. For the Milan-Cortina Games, the complexity was compounded by the fact that the Olympic venues are located in areas with very different weather conditions. Bormio and Livigno, for example, are less than an hour’s drive apart, but separated by a high mountain pass that can create significant climatic differences between the two towns.
Today, 87 of the 93 candidate cities for the Winter Olympics benefit from reliable weather conditions. By 2050, only 52 of the 93 will.
The IOC is considering how to organize the Winter Olympics responsibly. For example, the Milano Cortina 2026 Foundation used an artificial snow production system that consumes less water and energy (more than 3 million cubic meters of artificial snow were planned for the 2026 Games), but this could prove insufficient in the event of extreme heat. We must hope that we will not witness the dismal spectacle of Beijing 2022, with slopes reduced to thin white lines of artificial snow surrounded by completely barren landscapes.
The IOC is also considering another option: holding the Games only in countries that, for the past ten years, have recorded average minimum temperatures below zero degrees Celsius in the snow-covered areas where the competitions will take place.
Source: Italian news media.

°°°°°°°°°°

Given the media’s indifference and their continued focus on CO2 emissions, I’ve decided to regularly mention CO2 concentrations (in parts per million) at the summit of Mauna Loa volcano in Hawaii at the beginning of my posts. These concentrations allow the Scripps Institution of Oceanography to establish the Keeling Curve.

https://keelingcurve.ucsd.edu/

CO2 concentrations are currently above 430 ppm, at 430.24 ppm, and the curve is only rising, amid general indifference. Beware the backlash!

 

Jeux olympiques et empreinte carbone // Olympic games and carbon footprint

Les Jeux d’hiver Milan-Cortina 2026 se sont accompagnés d’importantes chutes de neige, rarement de bonne qualité. Les températures sont restées relativement élevées et la neige fondait jour après jour. Depuis la dernière édition des Jeux à Cortina en 1956, les températures moyennes au mois de février ont augmenté de 3,6°C.

Dans un contexte de réchauffement climatique global, les climatologues prévoient une diminution du nombre de pays hôtes fiables pour les Jeux d’hiver à venir. Une étude parue en 2024 prévoit que sur 93 sites de montagne à même d’accueillir des sports d’hiver d’élite aujourd’hui, il pourrait n’en rester qu’une trentaine dans les années 2080, en prenant en compte l’évolution des émissions de gaz à effet de serre d’ici là. Le Comité International Olympique (CIO) donnera la priorité aux sites disposant d’au moins 80% d’infrastructures existantes, ce qui réduit encore davantage le nombre de sites possibles. Ce même CIO envisage désormais de répartir les JO sur un petit groupe permanent de sites appropriés et de programmer les épreuves plus tôt dans la saison. En particulier, le mois de mars devient trop chaud pour l’organisation des Jeux paralympiques, qui suivent traditionnellement les Jeux olympiques d’hiver.

Les méga-événements tels que les Jeux olympiques ont également une empreinte carbone considérable, liée en grande partie à la construction et aux déplacements. On estime que les JO organisés entre 2012 et 2024 ont émis environ 1,59 à 4,5 millions de tonnes d’équivalent CO₂.

Les Jeux d’hiver émettent en général moins que les Jeux d’été – entre 1 et 1,5 million de tonnes de CO₂ environ – car moins d’athlètes y participent et les sites sont plus petits. La Suisse propose un modèle d’olympiades plus durables, pour le cas où les Jeux seraient organisés dans le pays en 2038.

L’une des stratégies du CIO pour davantage de durabilité consiste à organiser des Jeux sur des régions plus vastes, en utilisant davantage d’installations existantes. Réparti sur trois pôles, Milan, Cortina et Livigno, avec seulement deux nouveaux sites permanents, Milan-Cortina est le premier test grandeur nature. Les deux prochaines éditions des Jeux d’hiver, dans les Alpes françaises en 2030 et dans l’Utah (États-Unis) en 2034, seront également dispersées géographiquement.

En 2026, l’Italie affirme que 85% de ses infrastructures sont existantes ou temporaires. Toutefois, malgré leurs promesses de durabilité, les JO de Milan-Cortina ont nécessité plusieurs nouveaux centres d’hébergement, et des centaines d’arbres ont dû être abattus pour faire place à la nouvelle piste de bobsleigh de Cortina. La production de neige artificielle – 2,4 millions de mètres cubes – requiert aussi de l’eau, de nouveaux réservoirs et des technologies coûteuses. La facture est passée de 1,5 à 5,7 milliards d’euros.

Au final, selon les estimations, Milan-Cortina devrait générer environ 930 000 tonnes d’émissions, dont la plus grande partie – 410 000 tonnes – provient des déplacements des spectateurs. Ce volume est inférieur à celui de PyeongChang en 2018 (1,64 million de tonnes), mais reste important, puisqu’il correspond environ aux émissions annuelles d’une ville européenne moyenne d’environ 200 000 habitants. La présidente du CIO a reconnu que l’organisation devait «faire mieux» en matière de réchauffement climatique, après avoir reçu une pétition dotée de 21 000 signatures appelant à l’interdiction des sponsors actifs dans les énergies fossiles.

Voici un graphique montrant l’intensité carbone des jeux olympiques rapportée aux recettes et aux athlètes (abscisse en millions de dollars, ordonnée en tCO2 :

Source : swissinfo.ch.

——————————————————

The Milan-Cortina 2026 Winter Games were accompanied by significant snowfall, rarely of good quality. Temperatures remained relatively high, and the snow melted daily. Since the last Games in Cortina in 1956, average February temperatures have increased by 3.6°C.
In the context of global warming, climatologists predict a decrease in the number of reliable host countries for future Winter Games. A study published in 2024 forecasts that of the 93 mountain sites capable of hosting elite winter sports today, only about 30 may remain by the 2080s, taking into account the projected evolution of greenhouse gas emissions by then. The International Olympic Committee (IOC) will prioritize sites with at least 80% existing infrastructure, further reducing the number of potential locations. The IOC is now considering distributing the Olympics across a small, permanent group of suitable venues and scheduling the events earlier in the season. In particular, March is becoming too hot for the Paralympic Games, which traditionally follow the Winter Olympics.
Mega-events such as the Olympics also have a considerable carbon footprint, largely due to construction and transportation. It is estimated that the Olympics held between 2012 and 2024 emitted approximately 1.59 to 4.5 million tons of CO₂ equivalent.
The Winter Games generally emit less than the Summer Games—between 1 and 1.5 million tons of CO₂ approximately—because fewer athletes participate and the venues are smaller. Switzerland is proposing a model for more sustainable Olympic Games, should the Games be held there in 2038. One of the IOC’s strategies for greater sustainability is to hold Games across larger regions, utilizing more existing facilities. Spread across three hubs—Milan, Cortina, and Livigno—with only two new permanent venues, Milan-Cortina is the first large-scale test. The next two Winter Games, in the French Alps in 2030 and in Utah (USA) in 2034, will also be geographically dispersed.
By 2026, Italy claims that 85% of its infrastructure is either existing or temporary. However, despite their promises of sustainability, the Milan-Cortina Games required several new accommodation centers, and hundreds of trees had to be cut down to make way for Cortina’s new bobsleigh track. The production of artificial snow – 2.4 million cubic meters – also requires water, new reservoirs, and expensive technologies. The cost has ballooned from €1.5 billion to €5.7 billion.
Ultimately, according to estimates, Milan-Cortina is expected to generate approximately 930,000 tons of emissions, the largest portion of which – 410,000 tons – comes from spectator travel. This volume is lower than that of PyeongChang in 2018 (1.64 million tons), but remains significant, as it roughly corresponds to the annual emissions of an average European city of around 200,000 inhabitants. The IOC president acknowledged that the organization needed to « do better » on climate change, after receiving a petition with 21,000 signatures calling for a ban on sponsors active in the fossil fuel industry.

Source : swissinfo.ch.

Los Angeles (Californie) : un séisme olympique ? // Los Angeles (California) : an olympic earthquake ?

La Californie est l’une des régions les plus actives au monde sur le plan sismique. Cela est dû à la tectonique locale, avec la plaque Pacifique qui glisse lentement vers le nord-ouest le long de la plaque continentale nord-américaine.

Ce frottement déclenche des séismes, en particulier le long de la faille de San Andreas. Des milliers d’événements sont enregistrés chaque année. Les Américains craignent le Big One et gardent en mémoire le tremblement de terre de 1906 à San Francisco.

La faille de San Andreas dans la plaine de Carrizo (Photo : C. Grandpey)

Outre la faille de San Andreas, les scientifiques ont cartographié d’autres lignes de faille sous Los Angeles qui ont le potentiel d’infliger autant, voire plus de dégâts que la faille de San Andreas. Un séisme de magnitude 7,8 dont l’épicentre se trouverait sur la faille de San Andreas près de la mer de Salton (Salton Sea)serait ressenti dans toute la région de Los Angeles et les dégâts seraient étendus. Une secousse de magnitude 7,5 dont l’épicentre se trouverait sur la faille de Puente Hills près du centre-ville de LA pourrait tuer entre 3 000 et 18 000 personnes, soit bien plus que les 1 800 personnes estimées par le scénario envisagé avec la faille de San Andreas.
Ces dernières années, le California Geological Survey a cartographié avec précision des dizaines de failles dans toute la ville de Los Angeles, et l’État est intervenu pour exiger que de nouvelles cartes de failles soient établies dans les zones où le nombre de constructions a fortement augmenté.
Malgré tout, il existe encore des failles sous Los Angeles que les scientifiques n’ont pas encore répertoriées. Lorsqu’un séisme de magnitude 6,7 s’est produit à Northridge il y a 25 ans, il s’agissait d’une faille dont les scientifiques ignoraient l’existence.

Cinq failles sont connues et contrôlées à Los Angeles : la faille de Santa Monica, la faille de Palos Verdes, la faille de Newport-Inglewood et la faille d’Hollywood. La faille de Puente Hills est peut-être la plus redoutée à Los Angeles. D’une part, elle traverse le centre-ville densément peuplé et le quartier d’Hollywood. D’autre part, elle est différente de la faille de décrochement habituelle car elle se déplace en biais, en diagonale, et non pas de manière horizontale.

 Carte montrant le réseau de failles dans la région de Los Angeles (Source : California Geological Survry)

Le lundi 12 août 2024, quelques heures après que Los Angeles ait reçu le drapeau olympique à Paris, en vue des Jeux de 2028, un séisme de magnitude M4,4 s’est produit à proximité de la ville. Son épicentre a été localisé à seulement 6 kilomètres au nord-est du centre-ville de Los Angeles. Aucun dégât majeur n’a été signalé mais il a été largement ressenti par la population.
En espérant qu’aucun séisme majeur ne se produise pendant les Jeux olympiques de 2028 – ce qui serait une catastrophe majeure – il est intéressant de comprendre pourquoi cette région de la Californie est sismiquement active.
L’USGS explique que le séisme du 12 août s’est produit au cœur d’un système de failles actif, donc dangereux. L’une d’elles s’est rompue sur une petite portion, de quelques dizaines de mètres de largeur, sur le système de failles de chevauchement (Thrust Fault System) de Puente Hills, qui est considéré depuis longtemps comme un risque sismique majeur pour la Californie du Sud car il traverse des zones très peuplées et est susceptible de produire un puissant séisme.
Ce système de failles a été découvert en 1999. Il s’étend des banlieues du nord de l’Orange County à la Vallée de San Gabriel, en passant sous les gratte-ciel du centre-ville de Los Angeles, avant de se terminer à Hollywood. Cela signifie que la faille traverse des zones très peuplées, y compris des quartiers plus anciens de Los Angeles avec des bâtiments à ossature de béton qui pourraient s’effondrer en cas de puissant séisme.

Système de failles de chevauchement de Puente Hills, avec le séisme de M5,1 du 31 mars 2014 (Source ; Centre de surveillance sismique de LA)

Un autre problème avec un séisme le long du système de failles de chevauchement de Puente Hills est que les couches de sédiments sous le bassin de Los Angeles amplifieraient encore davantage l’énergie d’un séisme. Les sismologues de l’USGS préviennent qu’un séisme majeur – de magnitude 7,5, par exemple – sur cette faille serait catastrophique. Comme indiqué plus haut, il pourrait tuer 3 000 à 18 000 personnes, avec d’énormes pertes économiques. Ce serait la catastrophe la plus coûteuse de l’histoire des États-Unis. Imaginez un instant un séisme d’une telle intensité au moment où des centaines d’athlètes et des dizaines de milliers de visiteurs séjournent à Los Angeles ! Cela donne les frissons.
Les scientifiques pensent que la faille de Puente Hills connaît un séisme majeur environ tous les quelques milliers d’années, contrairement à la faille de San Andreas, qui connaît des séismes plus fréquents. Le problème est que personne ne sait quand le dernier a eu lieu sur la faille de Puente Hills.
Sur un ton qui se veut rassurant, l’USGS a déclaré que « des séismes comme celui du 12 août sont de petits événements qui ne sont pas forcément annonciateurs d’un futur tséisme de grande magnitude sur la faille de Puente Hills ». Croisons les doigts….
Source : USGS, Los Angeles Times, Yahoo News.

—————————————————–

California is known to be one of the most seismically active regions of the world. This is caused by local tectonics, with the Pacific plate slowly sliding north-west along the continental North American plate. This friction triggers earthquakes, especially along the San Andreas Fault.Thousands of events are recorded each year and Americans fear the Big One, remembering the 1906 earthquake in San Francisco.

Beside the San Andreas Fault, scientists have mapped other fault lines beneath Los Angeles that have the potential to inflict as much if not more devastation than the San Andreas Fault. An M7.8 quake epicentered on the San Andreas Fault near the Salton Sea would be felt throughout LA, and damage would be widespread. In comparison, an M7.5 earthquake epicentered on the Puente Hills Thrust near Downtown could kill 3,000 to 18,000 people, many more than the estimated 1,800 that would be killed by the San Andreas scenario.

In recent years, the California Geological Survey has more precisely mapped dozens of faults throughout the city, and the state has stepped in to mandate that new fault maps be created in areas where construction has increased. There are still faults under LA that scientists haven’t found yet. When an M6.7 earthquake occurred in Northridge 25 years ago, it was on a fault scientists didn’t know existed.

Five faults are under control on Los Angeles : Santa Monica Fault, Palos Verdes Fault, Newport-Inglewood Fault and Hollywood Fault.The Puente Hills Thrust might be the most feared fault in the city of LA. On the one hand, it travels through densely populated Downtown and Hollywood. On the other hand, it is different from the more common strike-slip fault as it moves at an angle, diagonally instead of horizontally.

On Monday, August 12th, 2024, a few hours after Los Angeles (LA) received the Olymic flag in Paris, in view of the 2028 Games, an M 4.4 earthquake struck this part of California, very close to the city. Indeed, it was centered only 6 kilometers northeast of downtown Los Angeles. No major damage was reported but it was largely felt by the population. .

Hoping that no major earthquake will occur during the 2028 Olympic Games – which would be a major disaster – it is intereting to understand why this region of California is seismically active.

USGS explains that the 12 August earthquake was in the general area of a dangerous fault system. It ruptured on a small fault strand, a few tens of meters across, associated with the Puente Hills thrust fault system, which has long been cited as a major seismic hazard for Southern California because it runs through heavily populated areas and is capable of a huge quake.

This fault system was discovered in 1999. It runs from the suburbs of northern Orange County through the San Gabriel Valley and under the skyscrapers of downtown Los Angeles before ending in Hollywood. This means the fault runs through highly populated areas, including older parts of L.A. that have concrete frame buildings that could crumble in the event of a massive quake.

Another problem with a quake along the Puente Hills thrust fault system is that the soft sediment beneath the L.A. Basin amplifies the quake’s energy. USGS experts warn that a major quake – M7.5, for instance – on that fault would be catastrophic. It could kill 3,000 to 18,000 people, with a huge economic loss which would be the costliest disaster in U.S. History. Just imagine this kind of powerful earthquake occurring when hundreds of athletes and tens of thousands of visitors are staying in LA ! This gives uou chills !

Scientists believe the Puente Hills fault has a major quake roughly every few thousand years, contrary to the San Andreas Fault which has quakes more frequetly. The problem is that they don’t know when the last one was.

With a reassuring tone, USGS concludes saying that “earthquakes like the 12 August event are very small earthquakes that don’t necessarily mean anything in terms of potentially being the harbinger of a future large magnitude earthquake on the Puente Hills thrust.” Let’s cross our fingers…

Source : USGS, Los Angeles Times, Yahoo News.

La flamme olympique 2024 : de l’astre solaire à la fée électricité…!

Quand on réfléchit un peu, l’histoire ne manque pas de comique. Pour commencer, l’allumage de la flamme olympique ne s’est pas fait selon la tradition le jour où elle a quitté Olympie. En raison du vent sur le site d’Olympie, la flamme a été allumée quelques heures auparavant, certes en respectant le rite du feu sacré dans le temple de Héra, mais personne n’a assisté à l’allumage au cours de la cérémonie officielle organisée pour son départ vers la France.

Une fois arrivée à Marseille à bord du Bélem, la flamme a traversé les communes qui avaient bien voulu payer 180.000 euros au comité d’organisation des JO. (Merci au maire de Limoges de ne pas avoir participé à cette cavalcade).

Le voyage de la flamme olympique s’est terminé à Paris, dans le Jardin des Tuileries, à proximité du musée du Louvre, où Marie-Jo Pérec et Teddy Riner tenaient chacun un échantillon de ladite flamme….mais ils n’ont pas allumé la vasque olympique !!!

En effet, si les deux athlètes ont effectué le geste symbolique d’allumage, c’est la technique qui a fait le reste et il n’y a pas eu de flammes générées par du feu. L’anneau, surmonté d’un ballon monumental, clin d’œil au premier vol en ballon à gaz gonflé à l’hydrogène, va rester allumé au sein de la vasque, entre le coucher du soleil et 2 heures du matin, à 60 mètres de hauteur, mais ce n’est pas un anneau de feu ! L’illusion est produite par un procédé inédit conçu par EDF, qui ne se prive d’ailleurs pas de faire de la publicité pour son enseigne. On a affaire à un savant mélange d’eau et de lumière. Un rayon lumineux est projeté sur un nuage d’eau, ce qui offre l’illusion d’une flamme. Le procédé, 100% électrique, permet de ne pas utiliser de combustible fossile, et correspond à la philosophie des organisateurs de ces Jeux de Paris 2024 qui désirent une compétition sobre en énergie.

Cette belle vasque olympique sans flammes réelles sera accessible au public pendant toute la durée des Jeux Olympiques. Le Comité d’organisation affirme que « 10 000 personnes pourront venir au plus proche de la vasque, au rythme de 300 entrées par quart d’heure, de 11h à 19h, avec une jauge fixée à 3 000 personnes présentes simultanément ». Il est nécessaire de s’inscrire, mais il n’y a plus aucune place pendant toute la durée des Jeux !

Reste à savoir comment procéderont les autorités une fois les Jeux terminés. La vasque olympique sera-t-elle une attraction touristique comme la Tour Eiffel à Paris ou l’Atomium à Bruxelles ? Rien ne semble avoir été décidé pour le moment….

Ce qui me fait rire, c’est de voir que l’on a trimbalé à travers la France une flamme réelle qui, au bout du compte, n’a rien allumé ! La chanson de Johnny Hallyday « Allumer le feu » a du plomb dans l’aile !

L’anneau-flamme intègre 40 projecteurs pour illuminer l’eau (Crédit photo : EDF)