Projet de forage du Krafla (Islande) // Drilling project of Krafla volcano (Iceland)

 drapeau francaisSelon l’agence de presse ANSA, l’Institut italien de Géophysique et Volcanologie (INGV) a annoncé mardi qu’il allait participer à un projet de forage sur le volcan Krafla dans le nord de l’Islande. Le but du projet est de « mieux comprendre les conditions qui annoncent une éruption volcanique, et d’évaluer les possibilités d’extraction de l’énergie dans des conditions de sécurité sur des volcans du même type ailleurs en Europe ». Le Krafla a connu plusieurs éruptions entre 1975 et 1984.
Au cours de cet été, les chercheurs de l’INGV vont effectuer un travail de mesures sur le volcan afin de définir son état actuel avant d’entamer les opérations de forage. Ils vont également essayer d’obtenir des images de la chambre magmatique, but réel du forage prévu d’ici l’été 2016.
Le projet sera financé par le Programme International de Forage Scientifique Continental (ICDP), qui collabore également avec l’INGV sur des études préliminaires en vue d’un forage des Champs Phlégréens, à l’ouest de Naples.

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drapeau anglaisAccording to the ANSA news agency, Italy’s INGV announced Tuesday it will participate in the Krafla Magma Drilling Project to perforate the Krafla volcano in northern Iceland. The project will help “understand the conditions that herald a volcanic eruption, and to assess the possibilities of extracting energy in secure conditions from similar volcanos elsewhere in Europe”. Krafla volcano erupted several times between 1975 and 1984.
Over this summer, INGV researchers will conduct experiments on the volcano to define, through measurements, the state of the volcano before the perforation operations and will try to obtain images of the magma chamber, the target of the perforation, expected by the summer of 2016.
The project will be financed by the International Continental Scientific Drilling Program (ICDP) which also collaborates with the INGV on preliminary studies in view of a perforation of the Phlegraean Fields, to the west of Naples.

Krafla-blog

Photo: C. Grandpey

Dernières nouvelles d’Islande // Latest news from Iceland

drapeau francaisDeux touristes français sont recherchés par la police dans le cadre d’une conduite hors piste qui a causé des dégâts considérables à la nature islandaise.
L’un des touristes au volant s’est mis à effectuer des cercles dans le sable noir, au sein d’une végétation sensible. La voiture est partie lorsque les employés d’une station électrique à proximité ont voulu approcher le conducteur.
La police est à la recherche des auteurs de ce délit et ils seront probablement verbalisés.
Selon un ingénieur islandais à l’Agence pour l’Environnement, la conduite sur sable noir est tout aussi dangereuse pour la nature islandaise que la conduite directe sur la végétation ; les deux sont des infractions pénales.

Une nouvelle étendue d’eau chaude s’est formée à l’extrémité orientale de la coulée de lave de l’Holuhraun, produit de la dernière éruption volcanique (août 2014-février 2015). Des rangers ont récemment remarqué que la température de l’eau convenait à la baignade, avec un peu moins de 40 ° C au point le plus chaud. On ne sait pas si la température de l’eau va augmenter ou diminuer à l’avenir.

Selon un professeur de géophysique à l’Université d’Islande, l’Hekla représenterait une menace réelle pour avions de ligne. 20 à 30 avions survolent le volcan chaque jour et si une éruption venait à se produire sans prévenir, les aéronefs pourraient se faire prendre dans le panache volcanique. Il pense qu’il suffirait de déplacer leurs trajectoires de vol de seulement cinq kilomètres pour réduire considérablement le risque.
Un membre de l’Autorité des Transports Islandais n’est pas d’accord avec le professeur et affirme que le risque de voir une éruption de l’Hekla provoquer un accident est très faible.
Le volcan est entré en éruption régulièrement tous les dix ans dans la seconde moitié du 20ème siècle (1970, 1980-1981, 1991, 2000). Si l’on se réfère à cette fréquence, l’Hekla serait en retard.

Cependant, si l’on observe l’histoire du volcan, les éruptions n’ont pas toujours eu lieu avec une différence de 10 ans. Personnellement, je ne l’ai jamais cru à la régularité des cycles éruptifs. Il y a toujours eu des périodes où le soi-disant cycle s’est rompu.
Quand j’ai pris l’avion à destination de Seattle en juin, je suis passé à proximité de l’Islande et j’ai pu prendre quelques photos du Sneffels avec sa calotte de neige.
Source: Iceland Review.

Ce comportement répréhensible de mes compatriotes n’est pas vraiment une surprise. Il m’est arrivé à l’étranger d’éprouver de la honte devant les faits et gestes ou les réflexions de Français qui refusaient de respecter les interdictions ou les us et coutumes du pays où ils se trouvaient. Cet été encore aux Etats-Unis, mon bilinguisme m’a permis d’ignorer et éviter ces personnes.

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drapeau anglaisTwo French tourists are wanted by the police in connection with an off-road driving incident in which considerable damage to nature was caused.

One of the tourists drove the car off-road and began spinning circles in the black sand among sensitive vegetation. The car drove off when employees of a nearby power station tried to approach the driver.

The police is looking for the perpetrators who will likely be fined.

According to an Icelandic expert at the Environment Agency of Iceland, driving on black sand is just as harmful as driving directly over vegetation and both are criminal offences

A new hot stream has formed at the far eastern end of Holuhraun, the scene of the recent volcanic eruption (August 2014-February 2015). Rangers recently discovered that the stream is a suitable temperature to bathe in, with just under 40°C at its hottest point. It is not yet clear whether the water temperature will rise or fall in the future.

According to a professor of Geophysics at the University of Iceland, Hekla volcano poses a real threat to passenger jets. He indicates that 20-30 planes fly over Hekla every day. Should an eruption occur without warning, they are in danger of getting caught up in the volcanic plume. He thinks that moving flight paths by just five kilometres would greatly reduce the risk.

A member of the Icelandic Transport Authority does not agree and says the risk of Hekla erupting and causing an accident is very low.

The volcano erupted regularly every ten years in the second half of the 20th century (1970, 1980-81, 1991, 2000). By this timetable, a Hekla eruption is thought to be overdue. However, looking at the volcano’s eruptive history, eruptions have not always occurred with a 10-year difference. Personally, I have never believed in the regularity of eruptive cycles. There have always been periods when the supposed cycle has been broken.

When I flew to Seattle in June, I flew past Iceland and I could take a few photos of snow-covered Snaefells volcano.

Source: Iceland Review.

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Crédit photo: C. Grandpey

Les moutons islandais victimes de l’Holuhraun? // Icelandic sheep to be the victims of Holuhraun?

drapeau francaisLes éleveurs islandais sont à la fois inquiets et déconcertés par les morts inexpliquées de milliers de moutons dans le pays. Environ 5000 moutons sont morts ce printemps, en particuliers dans le nord et l’ouest et les vétérinaires sont incapables de dire pourquoi. Il se peut que le dioxyde de soufre émis lors de l’éruption de Holuhraun ait contaminé la végétation et provoqué la malnutrition chez les moutons. C’est une éventualité que je suggérais dans une note pendant l’éruption.
Beaucoup de brebis sont mortes après la saison d’agnelage. Les éleveurs ont signalé des signes de malnutrition chez leurs animaux, même s’ils s’alimentaient convenablement au mois de juin. Dans les cas les plus extrêmes, les fermes ont perdu jusqu’à 30% de leur troupeau. On a avancé d’autres explications pour expliquer le problème, comme la maladie, le froid et le foin de mauvaise qualité. Des échantillons de sang des moutons ont été envoyés en Norvège pour être analysés ; les résultats sont attendus à la fin de ce mois.
Source: BBC Nouvelles.

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drapeau anglaisFarmers in Iceland are both worried and baffled by the unexplained deaths of thousands of the country’s sheep. About 5,000 sheep died this spring, with the northern and western regions worst affected, and so far experts haven’t been able to work out why. One theory is that the sulphur dioxide emitted during the Holuhraun eruption might be to blame, as it could have contaminated vegetation and caused malnutrition in the sheep. This was a possibility I suggested in a note during the eruption.

Many ewes died after the lambing season, and farmers reported signs of malnourishment in their animals even though they were eating properly in June. In the most extreme cases, farms lost up to 30% of their flock. There have been other theories surrounding what might have caused the deaths, including disease, cold weather and poor-quality hay. Blood samples from the sheep have been sent to Norway for testing, with the results expected around the end of this month.

Source : BBC News.

Bardarbunga

Source: Wikipedia

L’impact du dioxyde de soufre du Bárðarbunga (Islande) // The impact of Bárðarbunga’s sulphur dioxide

drapeau francaisL’éruption de 6 mois du Bárðarbunga (31 août 2014 – 27 février 2015) fut la plus importante en Islande depuis l’éruption dévastatrice du Laki de 1783 à 1784. Elle a produit environ 1,6 km3 de lave en couvrant une superficie équivalente à l’île de Manhattan.
L’éruption a généré des émissions de dioxyde de soufre (SO2) de près de 12 millions de tonnes, ce qui est plus que l’ensemble des émissions de SO2 en Europe en 2011. En Islande, la concentration de SO2 a dépassé dans une grande partie du pays 350 ug/ m3 et par heure, ce qui est considéré comme la limite pour la santé. Cette concentration a été observée pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines (voir mes notes précédentes sur l’éruption). Toutefois, les effets de l’éruption ne se limitent pas à l’Islande car de nombreuses parties de l’Europe ont également enregistré des niveaux élevés de SO2.
Les chercheurs ont d’abord craint que les émissions de SO2 soient beaucoup plus élevées, ce qui aurait causé des problèmes de santé graves à travers l’Islande et peut-être l’Europe. Leurs craintes s’appuyaient sur l’histoire passée du volcan. Il y a huit mille ans, le Bárðarbunga a connu une éruption encore plus puissante que celle du Laki. Il est bon de rappeler que cette dernière a tué quelque 10 000 personnes en Islande tandis que la pollution par le SO2 affectait des dizaines de milliers d’autres en Europe, en particulier en Grande-Bretagne, en France et aux Pays-Bas.
Dans un article de la revue Geochemical Perspectives Letters (la revue de l’Association Européenne de Géochimie), un groupe de chercheurs islandais a détaillé les effets de l’éruption du Bárðarbunga sur l’environnement. Ils ont montré que le niveau de SO2 avait augmenté de manière significative à la suite de l’éruption. Les stations de surveillance installées en Irlande ont révélé des pics élevés, en particulier le 6 septembre, jour où le niveau de SO2 a dépassé les limites européennes pour la protection de la santé humaine. Même à une altitude de 1210 mètres dans les Alpes autrichiennes, le niveau de SO2 a culminé à 235 ug/m3, ce qui représente environ 60% des niveaux autorisés et près de 50 fois le niveau de référence normal d’environ 5 ug/m3.
Les chercheurs soulignent que pour la plus grande partie de l’Europe les effets sur la santé ont été minimes car l’exposition au SO2 n’a pas été prolongée. En 2014-15, c’est surtout la partie septentrionale de l’Islande qui a connu la plus forte pollution qui, heureusement, n’affectait guère des zones habitées. De plus, l’éruption est survenue au bon moment d’un point de vue météorologique, ce qui a minimisé les effets globaux en Islande, mais aussi ailleurs sur le continent européen. En effet, la vitesse moyenne du vent est plus élevée en hiver qu’en été, donc l’éruption du Bárðarbunga a produit des panaches qui se sont rapidement dispersés. Par ailleurs, en raison de la réduction du nombre d’heures d’ensoleillement en automne et en hiver, un pourcentage plus faible du SO2 émis était susceptible d’être oxydé dans des conditions sèches et transformé en acide sulfurique (H2SO4).
Source: Association Européenne de Géochimie.

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drapeau anglaisThe six month long eruption of the Bardarbunga volcano (31 August 2014-27 February 2015 ) was the largest in Iceland since the devastating Laki eruption of 1783-84, producing around 1.6 km3 of lava, covering an area equivalent to Manhattan Island.

The eruption caused total sulphur dioxide (SO2) emissions of nearly 12 million  tonnes, which exceeded the total SO2 emitted in Europe in 2011. In Iceland, concentration of SO2 exceeded the 350 µg m-3 hourly average health limit over much of the country for days to weeks (see my previous notes about the eruption). However, the effects of the volcano were not confined to Iceland – many parts of Europe also saw high SO2 levels.

Researchers were initially concerned that the SO2 emissions would be much higher, which would have caused serious health problems throughout Iceland and perhaps Europe. They feared much worse effects when they referred to the past history of the volcano. Eight thousand years ago, Bardarbunga experienced an eruption even bigger than that of the 1783-84 Laki eruption which killed around 10,000 people in Iceland and the resultant SO2 pollution that affected tens of thousands in Europe, especially in the Britain, France and the Netherlands.

Writing in the journal Geochemical Perspectives Letters (the journal of the European Association of Geochemistry), a group of Icelandic researchers has detailed the environmental effects of the Bardarbunga eruption. They were able to show that the SO2 levels rose significantly in the wake of the eruption. Monitoring stations in Ireland showed high SO2 spikes, with SO2 levels exceeding the European limits for the protection of human health on September 6th. Even at an altitude of 1210 meters in the Austrian Alps, SO2 levels spiked at 235 µg m-3. This is around 60% of permitted levels, and nearly 50 times the normal background level of around 5 µg m-3

The researchers stress that for most of Europe, the effects on health would have been minimal, given that the SO2 exposure was not prolonged.  In 2014-15, most of Iceland, especially North Iceland, experienced gas pollution. However this was away from most inhabited areas. The eruption occured at the right moment for the weather, which tended to minimize the overall effects in Iceland, but also elsewhere on mainland Europe. Indeed, the average wind speed is higher in winter than summer, thus the Bardarbunga eruption produced fast-dispersing plumes. Because of reduced autumn-winter sunlight hours, a smaller per cent of emitted SO2 had the potential to be oxidised under dry conditions to sulphuric acid (H2SO4).

Source : European Association of Geochemistry.

Bardarbunga

L’éruption du Bárðarbunga le 4 septembre 2014 (Crédit photo : Peter Hartree / Wikipedia)