La fonte des glaciers menace les invertébrés // The melting of glaciers threatens invertebrates

  Voici une autre conséquence de la fonte des glaciers, souvent passée sous silence par les médias, mais qui a un impact profond sur l’environnement.
Selon une étude publiée début 2023, les invertébrés qui vivent dans les rivières d’eau de fonte de nos Alpes pourraient perdre la majeure partie de leur habitat et disparaître, car les glaciers fondent à un rythme sans précédent en raison du réchauffement climatique.
Bien qu’ils soient souvent oubliés, ces animaux sont essentiels pour les écosystèmes alpins. Les chercheurs ont concentré leur étude sur la chaîne alpine et ont rassemblé des données issues de 30 années d’études sur la vitesse de fonte des glaciers et sur l’impact de cette fonte sur le débit des cours d’eau de la région au fil du temps. Ils ont analysé l’impact des changements passés sur les populations de 15 espèces d’invertébrés, tels que les moucherons et les phlébotomes qui vivent dans ces eaux.
Certaines espèces d’éphémères sont parfois appelées « olive à ailes bleues » par les pêcheurs à la mouche. Les moucherons ont tendance à être confondus avec les moustiques. Les rivières alimentées par les glaciers sont généralement pauvres en espèces, car peu d’entre elles peuvent s’adapter à cet environnement ; ces créatures sont donc très adaptatives et spécialisées dans les environnements hostiles.
À l’aide de ces données, les chercheurs ont pu prédire la situation de ces espèces d’ici à 2100. Le réchauffement climatique entraînant une forte diminution de la couverture glaciaire des Alpes, les rivières deviendront plus sèches et couleront plus lentement, voire disparaîtront. L’eau se réchauffera car elle ne sera plus refroidie par la fonte des glaces ; elle deviendra donc inhospitalière pour les invertébrés qui ont évolué pour se développer dans des conditions froides, instables et pauvres en nutriments.
La plupart des espèces verront leur population diminuer, et le phlébotome Rhabdiopteryx ainsi que trois espèces de moucherons seront menacés d’extinction dans les Alpes. Ces petits animaux représentent une biodiversité et une diversité génétique uniques. Ils sont souvent oubliés parce qu’ils sont petits et peu charismatiques. Pourtant, ils font partie des réseaux alimentaires et sont à la tête de processus vitaux de l’écosystème tels que la décomposition et la transformation de la matière organique. Ils servent également de nourriture aux poissons, aux oiseaux et aux mammifères dans l’eau et sur terre. On peut donner l’exemple du cincle plongeur qui est une espèce surtout insectivore. Cet oiseau capture des insectes aquatiques sur les berges (larves de phryganes et d’éphémères, par exemple), ou plonge pour chercher des larves, des petits crustacés et mollusques, crevettes et petits poissons.
Les conséquences écologiques à grande échelle sont difficiles à prévoir si ces espèces disparaissent ou sont remplacées par d’autres. Les modèles montrent que certaines espèces pourraient trouver refuge dans des zones où le climat leur est moins hostile. Il se pourrait que de petites poches de glace subsistent dans certaines parties très élevées des Alpes, où les espèces pourraient essayer de survivre. Cependant, bon nombre de ces refuges potentiels pourraient disparaître avant même que ces espèces les atteignent.
En outre, on ne sait pas si ces invertébrés ont la capacité de migrer vers ces nouveaux environnements. Des recherches antérieures ont montré qu’ils ne sont pas très doués pour se déplacer d’une rivière à l’autre ou pour voler sur de longues distances.
Les scientifiques évoquent d’éventuelles opérations de collecte de certains de ces invertébrés et de leur transfert vers des endroits où ils pourraient établir des populations.
Source : Adapté de The Guardian.

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Here is another consequence of glacier melting, often overlooked by the media, but which has a deep mpact on the environment.

According to a studyreleased in early 2023, invertebrates living in the meltwater rivers of the European Alps could lose most of their habitat and disappear, as the glaciers melt at an unprecedented rate due to climate change.

Although they are often overlooked, these animals are crucial for alpine ecosystems. Researchers focused their study on the mountain range of the Alps and collated data from 30 years of studies on the rate at which glaciers are melting, and how that affects the area’s river flows over time. They analysed how past changes affected the populations of 15 species of invertebrates such as midges and stoneflies that are living in those waters.

Some species of mayflies are sometimes known as blue-winged olive flies by people who do fly-fishing. Midges tend to be mistaken for mosquitoes. Glacier-fed rivers are generally species-poor, as few species can cope with this environment, so these creatures are quite adaptive and specialised to hostile environments.

Using the data, the researchers were able to make a prediction of how these species will fare between now and 2100. As global warming causes a big decrease in the glacier cover of the Alps, rivers will become drier and flow slower, sometimes disappearing. Water will become warmer as it will no longer be chilled by the melting ice, becoming inhospitable to invertebrates that have evolved to thrive in cold, unstable and nutrient-poor conditions.

Most of the species will face population drops, and the stonefly Rhabdiopteryx and three species of midges will face the risk of extinction in the Alps. These small animals represent unique biodiversity and genetic diversity. They are often overlooked because they are small and not particularly charismatic. However, they form part of food webs and conduct vital ecosystem processes like organic matter breakdown and transformation. They are also food for fish, birds, and mammals in water and on land.

The broader ecological consequences are difficult to foresee if the species are lost or replaced by other species. The models suggest that some species may be able to find refuge in areas where the climate is less hostile for them. There might be little pockets of ice that remain in some of the really high parts of the Alps where the species can hang on. Yet many of these plausible havens a could disappear before these species get there.

Besides, it is unclear whether these invertebrates have the ability to migrate to these new environments. Previous research has shown that they are not very good at moving from one river to another or flying long distances.

There is now discussion about possible operations to collect some of these invertebrates and transfer them to places where they can establish populations.

Source : Adapted from The Guardian.

Si les insectes et invertébrés disparaissent des torrents de montagne, d’autres espèces, comme le cincle plongeur, feront de même (Photo: C. Grandpey)

 

Les glaciers himalayens en passe de perdre 80% de leur volume // Himalayan glaciers about to lose 80% of their volume

Selon un rapport du Centre international pour le développement intégré des montagnes, basé à Katmandou, relayé par plusieurs agences de presse, les glaciers fondent à un rythme sans précédent dans les chaînes de montagnes de l’Hindu Kush Himalaya et pourraient perdre jusqu’à 80 % de leur volume au cours de ce siècle si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas fortement réduites. Le rapport prévient également que les crues soudaines et les avalanches deviendront plus fréquentes dans les années à venir, et que la disponibilité en eau douce sera affectée pour près de 2 milliards de personnes vivant en aval de 12 fleuves et rivières qui prennent leur source dans les montagnes.
La glace et la neige des chaînes himalayennes de l’Hindu Kush constituent une importante source d’eau pour ces cours d’eau qui traversent 16 pays d’Asie et fournissent de l’eau douce à 240 millions de personnes dans les montagnes et à 1,65 milliard d’autres en aval. Les auteurs du rapport expliquent que les populations vivant dans ces montagnes, qui ne contribuent pratiquement pas au réchauffement de la planète, sont fortement menacées par le changement climatique. Les efforts d’adaptation actuels sont tout à fait insuffisants et, sans une aide conséquente, ces zones habitées seront incapables de faire face à la situation.
Plusieurs rapports antérieurs ont montré que la cryosphère, c’est-à-dire les régions de la Terre recouvertes de neige et de glace, est l’une des plus touchées par le changement climatique. Des études récentes ont montré que les glaciers de l’Everest, par exemple, ont perdu 2 000 ans de glace au cours des 30 dernières années !. Le dernier rapport décrit pour la première fois les liens entre les changements de la cryosphère et l’eau, les écosystèmes et la société dans ces régions montagneuses. Parmi les principales conclusions du rapport, on note que les glaciers de l’Himalaya ont disparu 65% plus rapidement depuis 2010 qu’au cours de la décennie précédente et que la réduction de la couverture neigeuse due au réchauffement climatique se traduira par une diminution de l’eau douce pour les populations vivant en aval. 200 lacs glaciaires situés dans ces montagnes sont considérés comme dangereux. En conséquence, la région pourrait connaître un pic important d’inondations dues à des ruptures et débordements de lacs glaciaires d’ici la fin du siècle.
L’étude révèle également que les populations des régions montagneuses sont beaucoup plus touchées par le changement climatique que de nombreuses autres régions du monde. Elle indique que les modifications subies par les glaciers, la neige et le pergélisol dans la région himalayenne de l’Hindu Kush, provoquées par le réchauffement climatique, sont « sans précédent et tout à fait irréversibles ».
Les effets du réchauffement climatique sont déjà ressentis par les populations himalayennes, parfois de manière aiguë. Au début de l’année 2023, la ville indienne de Joshimath, située dans les montagnes, a commencé à s’enfoncer dans le sol et ses habitants ont dû être relogés en l’espace de quelques jours. Une fois que les glaciers de l’Himalaya, en particulier les plus grands d’entre eux, commencent à perdre de la masse, il faut très longtemps avant qu’ils se stabilisent.
Source : Associated Press, entre autres.

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According to a report from the Kathmandu-based International Centre for Integrated Mountain Development, relayed by several news agencies, glaciers are melting at unprecedented rates across the Hindu Kush Himalayan mountain ranges and could lose up to 80% of their volume this century if greenhouse gas emissions aren’t sharply reduced. The report also warns that flash floods and avalanches will grow more likely in coming years, and that the availability of fresh water will be affected for nearly 2 billion people who live downstream of 12 rivers that originate in the mountains.

Ice and snow in the Hindu Kush Himalayan ranges is an important source of water for those rivers, which flow through 16 countries in Asia and provide fresh water to 240 million people in the mountains and another 1.65 billion downstream. The report’s authors explain that the people living in these mountains who have contributed next to nothing to global warming are at high risk due to climate change Current adaptation efforts are wholly insufficient, and without greater support, these communities will be unable to cope.

Various earlier reports have found that the cryosphere – regions on Earth covered by snow and ice – are among the worst affected by climate change. Recent research found that Mount Everest’s glaciers, for example, have lost 2,000 years of ice in just the past 30 years. The latest report maps out for the first time the linkages between cryosphere change with water, ecosystems and society in this mountain region. Among the key findings of the report are that the Himalayan glaciers disappeared 65% faster since 2010 than in the previous decade and reducing snow cover due to global warming will result in reduced fresh water for people living downstream. 200 glacier lakes across these mountains are deemed dangerous, and the region could see a significant spike in glacial lake outburst floods by the end of the century.

The study also found that communities in the mountain regions are being affected by climate change far more than many other parts of the world. It says changes to the glaciers, snow and permafrost of the Hindu Kush Himalayan region driven by global warming are “unprecedented and largely irreversible.”

Effects of climate change are already felt by Himalayan communities sometimes acutely. Earlier this year the Indian mountain town of Joshimath began sinking and residents had to be relocated within days. With glaciers, especially the big glaciers in the Himalayas, once they start losing mass, it continues for a really long time before it can stabilize.

Source : Associated Press, among others.

 

Vue de Bada Shigri, le plus grand glacier de l’Himachal Pradesh (Source : Himachal Online)

Fonte rapide des glaciers du Mt Rainier (Etats Unis) // Rapid melting of Mt Rainier glaciers (United States)

Les glaciers du monde entier fondent à une vitesse hallucinante en raison du réchauffement climatique d’origine anthropique, et le Mont Rainier (4392 m) ne fait pas exception à la règle. La masse totale des glaciers sur le volcan, situé à 90 km au sud-est de Seattle, a chuté de moitié par rapport à 1896 ; c’est ce que révèlent les dernières estimations du National Park Service.

Les glaciers du Mont Rainier alimentent cinq grands bassins hydrographiques du nord-ouest du Pacifique. Ils fournissent de l’eau potable, alimentent les torrents en eau froide où vivent les saumons et font tourner les turbines qui produisent de l’électricité dans le Nord-Ouest des Etats Unis. La réduction de la surface glaciaire du Mont Rainier pourrait avoir des conséquences désastreuses sur l’environnement. Elle réduira par exemple l’habitat de poissons tels que l’omble à tête plate, qui a été classé parmi les espèces menacées. Le recul des glaciers a déjà provoqué un léger déplacement du refuge du Camp Muir, en raison de la déstabilisation du sol. Par ailleurs, le recul des glaciers pourrait provoquer davantage de coulées de débris et de glissements de terrain et remodeler le paysage du parc national. Avec moins de glaciers, le Mont Rainier va devenir une montagne à l’aspect plus sombre.

Le Mont Rainier est loin d’être un cas isolé. Une étude publiée en 2023 dans la revue Science avertit que les glaciers de montagne perdront entre 26 % et 41 % de leur masse, par rapport à 2015, d’ici la fin du siècle, en cause du réchauffement de la Terre.
Le Mont Rainier attire chaque année plus de 2 millions de visiteurs. Pendant une grande partie de l’année, ses glaciers sont recouverts de neige et la glace apparaît en été lorsque la neige fond.
Les glaciers du parc sont cartographiés depuis 125 ans, le premier inventaire ayant été réalisé en 1896. Le dernier rapport de 2021 révèle que leur masse a diminué de près de 52 % depuis 1896. La surface du Mont Rainier couverte par les glaciers est passée de près de 130 kilomètres carrés à un peu plus de 75 kilomètres carrés, soit une diminution de près de 42 %.

Le Service des parcs nationaux a officiellement retiré le glacier Stevens de son inventaire parce qu’il est devenu trop petit et qu’il n’y a plus de preuves, telles que des crevasses, que la glace continue d’avancer. Le dernier rapport indique que deux autres glaciers – Pyramid et Van Trump – ont perdu respectivement 34% et 43% de leur volume entre 2015 et 2021. Les chercheurs ont conclu qu’ils étaient « en grand péril ». Des données satellitaires récentes datant de 2022 ont révélé que les glaciers Pyramid et Van Trump étaient trop fragmentés et trop petits pour être considérés comme des glaciers. Il s’agit d’un « changement spectaculaire » par rapport à 2015.
Avec la fonte, le Parc national du Mont Rainier ne compte plus que 26 glaciers. Les trois glaciers déclarés morts s’ajoutent à une liste de caractéristiques géologiques qui n’existent plus aujourd’hui, notamment les grottes de glace de Paradise qui ont disparu dans les années 1980, et le glacier Williwakas, qui a été déclaré mort dans les années 1930.
Source : Yahoo Actualités.

Dans une note rédigée sur ce blog le 7 mars 2016, j’écrivais que le principal danger redouté par les autorités réside dans les lahars, à savoir les coulées de boue qui pourraient être déclenchées par la fonte des glaciers sous l’effet de la chaleur du volcan en cas d’éruption.

Cependant, avec le réchauffement climatique, les glaciers du Mont Rainier ont connu un fort recul au cours des dernières décennies, de sorte que leur volume est moins impressionnant que dans le passé. Si une éruption devait se produire, les coulées de boue seraient probablement moins destructrices, même si elles causeraient de gros dégâts aux localités situées sur leur trajectoire. Des villes comme Orting sur les rives de la rivière Puyallup seraient certainement affectées. Des voies d’évacuation ont été mises en place pour permettre à la population de fuir vers des endroits plus sûrs.

Plusieurs sentiers permettent aux visiteurs de gravir les pentes du Mont Rainier. Comme pour le Mt St Helens, il est intéressant de faire une halte dans les centres d’accueil où des maquettes montrent le danger des coulées de boue.

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Glaciers around the world are melting at an unprecedented rate because of human-caused global warming and Mount Rainier (4,392 m) is no exception. The total mass of glacier ice on the volcano, located 90 km southeast of Seattle, is less than half what it was in 1896, according to the latest estimates from the National Park Service.

Mount Rainier’s glaciers are flowing rivers of ice at the headwater of five major watersheds in the Pacific Northwest. They provide drinking water downstream, feed mountain streams with cold water for salmon and spin hydropower turbines to generate electricity in the Northwest. Declines in the ice stored around Rainier’s cap could reduce habitat for fish like bull trout, which has been categorized as a threatened species. The retreat of glaciers has already caused structures at Camp Muir, a camp for climbers, to shift slightly as the ground destabilizes. Further declines could cause more debris flows and landslides as the retreat of glaciers reshapes the park’s landscape. With fewer glaciers, Mount Rainier is going to turn into a darker-looking mountain.

Mount Rainier is by no means an isolated case. A study published in 2023 in the journal Science predicts mountain glaciers will lose 26% to 41% percent of their mass, as measured in 2015, by the end of this century depending on how much more the Earth warms.

Mount Rainier draws more than 2 million visitors every year. For much of the year, its glaciers are blanketed in fresh snow. Glacier ice is exposed in the summer as the snow melts away.

The park’s glaciers have been mapped for 125 years, with a first inventory completed in 1896, The latest report, which listed 28 glaciers for 2021, found their mass decreased by nearly 52% since 1896. The area of Mount Rainier covered by glaciers fell from nearly 130 square kilometers to just more than 75 square kilometers a nearly 42% decline.

The National Park Service has officially removed the Stevens Glacier from its inventory because it has grown too small and there is a lack of evidence, such as crevassing, that ice is still flowing. The latest report says that two other glaciers — the Pyramid and Van Trump glaciers — lost 34% and 43% of their volume from 2015 to 2021. Park researchers concluded they were “in serious peril.” Recent satellite data from 2022 found both the Pyramid and Van Trump glaciers were too fragmented and small to be considered glaciers. This is a “dramatic change” compared with 2015.

The melt-out leaves the park with just 26 glaciers. The three dead glaciers join a list of icy features now gone from Mount Rainier, including the Paradise ice caves, which disappeared in the 1980s, and the Williwakas Glacier, which was considered dead in the 1930s.

Source : Yahoo News.

In a posr written on this blog on March 7th, 2016, I wrote that the main danger feared by the authorities lies with the lahars, namely mudflows that could be triggered by the melting of the glaciers on the flanks of the volcano in case of an eruption. However, with global warming, glaciers have been receding in the past decades so that their volume is less impressive than in the past. Should an eruption occur, mudflows would likely be less destructive, even though they would cause severe damage to the communities on their way. Cities like Orting on the shores of the Puyallup River would certainly be affected. Evacuation routes have been set up to allow the population to flee to safe places.
Several footpaths allow visitors to climb on the slopes of Mt Rainier. Like for Mt St Helens, it is interesting to make a stop at the visitor centers where models show the danger of possible mudflows.

Climat : la partie est perdue et tout le monde s’en fiche !

Le 8 juin 2023 j’ai publié une note intitulée « C’est foutu ! » à propos de la fonte de l’Arctique. Une étude publiée début juin 2023 dans Nature Communications annonçait que la calotte glaciaire de l’océan Arctique disparaîtrait en été dès les années 2030, soit une décennie plus tôt que prévu.

Ne voulant sans doute pas affoler l’opinion, la chaîne de radio France Info a publié sur son site web l’interview de Heïdi Sevestre, une glaciologue française, qui « veut croire que la disparition annoncée de la banquise de l’Arctique en été va jouer le rôle d’un électrochoc. » La glaciologue explique à France Info comment la planète et ses occupants vont subir les conséquences de ce grand chamboulement dans l’océan le plus septentrional du monde. « Un message d’alerte mais aussi d’espoir, alors que les humains détiennent la solution au réchauffement climatique : réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. »

Désolé, mais je ne suis pas d’accord. Il faut arrêter de lancer ces messages d’espoir auxquels les scientifiques eux-mêmes ne croient plus. Il faut arrêter de se bercer d’illusions. Je suppose que cette glaciologue a, comme moi, visité les terres arctiques et les glaciers alpins. Il n’y a pas besoin d’avoir fait les grandes écoles pour se rendre compte à quel point la situation est catastrophique.

La grande question que le public me pose à l’occasion de mes conférences est : que pouvons-nous faire ? Les solutions suggérées au niveau de notre vie quotidienne (économie de l’eau, par exemple) sont louables, mais elles ne seront pas suffisantes. Seules des mesures prises à l’échelle de la planète apporteraient un embryon de solution, en sachant qu’il faudra des décennies pour que notre planète retrouve un semblant d’équilibre climatique.
Je ne cesse de le répéter : c’est le rôle des Conferences of the Parties – les COP – de prendre des mesures drastiques, ce qu’elles ne font pas et n’ont jamais fait. Ces réunions sont des gouffres financiers au bilan carbone désastreux. Les participants émettent des promesses, mais aucune décision contraignante n’est prise !!! Chaque pays fait à sa guise. La dernière COP 27 en Egypte a tout juste daigné accorder quelques compensations aux pays en voie de développement qui subissent les conséquences du réchauffement climatique sans en être la cause.

Je suis d’un très grand pessimisme pour l’avenir. La crise climatique va en générer d’autres. Une guerre de l’eau, par exemple, sera inévitable. Nos dirigeants pratiquent à la fois la politique de l’autruche et celle de la patate chaude. Les jeunes générations les remercient d’avance !

De l’océan Arctique au Groenland…..

De l’Alaska aux Alpes….

….la catastrophe glaciaire est partout (Photos: C. Grandpey)