Histoire de mercure et d’ours polaires // A story of mercury and polar bears

Comme je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises, en raison du changement climatique, les ours polaires sont obligés de passer plus de temps sur terre. Pour les plantigrades contraints à cette nouvelle situation par la disparition de la glace de mer pendant l’été, il semble y avoir un avantage: le niveau de mercure diminue dans le corps des animaux qui adoptent des sources alimentaires terrestres.
Une étude publiée dans la revue Environmental Science & Technology a analysé les poils des ours polaires qui vivent dans la Mer de Beaufort méridionale, une population touchée de plein fouet par la fonte de la glace de mer. Les poils d’ours peuvent fournir un historique des contaminants comme le mercure. Les conclusions de l’étude révèlent une chute brutale des concentrations de mercure.

Selon l’étude, la baisse moyenne de la concentration de mercure pour les ours polaires adultes échantillonnés de 2004 à 2011 est de 13% par an. Cette baisse concerne principalement les mâles adultes; Les concentrations de mercure ont diminué d’environ 15% par an chez eux, contre 4,4% par an pour les femelles adultes.
L’explication logique du déclin du mercure est le changement de nourriture de nombreux ours qui ont abandonné les phoques annelés au profit d’autres aliments comme les carcasses de baleines boréales abandonnées le long des côtes par les chasseurs Inupiat. Voir ma note du 3 septembre 2016 sur ce sujet:
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/09/03/le-nouveau-mode-de-vie-des-ours-polaires-polar-bears-new-way-of-life/

Rien n’indique que le mercure diminue dans la Mer de Beaufort ou chez les phoques annelés qui sont la proie traditionnelle des ours polaires. Les phoques annelés, en tant que mangeurs de poissons se situent assez haut sur la chaîne alimentaire et ils ont tendance à accumuler des concentrations plus élevées de mercure que les autres espèces. Les baleines boréales, en revanche, ont tendance à accumuler des concentrations de mercure beaucoup plus faibles. Les concentrations inférieures de mercure des baleines boréales expliquent probablement la différence entre les mâles et les femelles observée dans les échantillons de poils d’ours polaires, dans la mesure où les mâles ont tendance à passer beaucoup de temps sur les carcasses de baleines et ont donc une quantité plus importante de viande de baleine boréale dans leur alimentation.
Les amoncellements de carcasses de baleines qui s’accumulent sur la côte après les chasses d’automne et coïncident avec la fonte maximale de la glace de mer, sont devenus des sources de nourriture importantes pour de nombreux ours polaires. Depuis les années 1990, l’ouverture de la Mer de Beaufort méridionale à la navigation a avancé de 36 jours par an et les ours polaires passent 31 jours de plus à terre, principalement attirés par les amoncellements d’os de baleines.

Une autre source de nourriture relativement nouvelle pour les ours polaires est la viande de phoques barbus qui constitue une nourriture à plus faible teneur en mercure que la viande des phoques annelés. Le régime des phoques barbus est différent de celui des phoques annelés ; les palourdes et les autres coquillages constituent en effet une partie importante de leur nourriture, ce qui entraîne une baisse des concentrations de mercure.

Les concentrations de mercure dans l’Arctique sont depuis longtemps un sujet de préoccupation. Les courants atmosphériques et océaniques transportent la pollution par le mercure, comme celle produite par la combustion du charbon, sur de vastes distances dans le Grand Nord. La fonte du pergélisol libère également du mercure dans l’environnement. Les incendies de forêt et les éruptions volcaniques sont d’autres sources naturelles de mercure. Le changement climatique et les activités humaines envoient du mercure dans l’environnement arctique, mais en même temps, les gouvernements prennent des mesures pour réduire les émissions grâce à la Convention de Minamata sur le Mercure.
Les moindres concentrations de mercure chez l’ours blanc dans la dernière étude vont de pair avec un indice de masse corporelle plus élevé, ce qui un autre signe inquiétant pour les ours polaires qui ne viennent pas à terre pour se nourrir des carcasses de baleines. La majorité des ours polaires restent en mer, en utilisant n’importe quel type de glace, et ils passent beaucoup de temps à jeûner. Cela fait brûler graisses et masse musculaire, mais libère aussi le mercure stocké dans l’organisme et le remet dans le système circulatoire. Pour les ours femelles, il y a d’autres observations alimentaires inquiétantes. La glace de plus en plus fragile et mobile les oblige à passer plus de temps à marcher, ce qui entraîne un besoin accru de nourriture qui devient de plus en plus difficile à trouver.
L’étude a suivi les mouvements de la glace et des ours, en comparant les données de 1987 à 2013. On a constaté que la glace dérivait plus rapidement et se déplaçait vers l’ouest et le nord. Pour compenser ce phénomène, les ours polaires équipés de balises ont passé plus de temps à se déplacer ou à augmenter leur vitesse de déplacement. Cette augmentation d’activité entraîne une dépense d’énergie supplémentaire de 1,8% à 3,6% par an, soit l’équivalent d’un à trois autres phoques par an.
Adapté d’un article dans Alaska Dispatch News.

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As I put it before, because of climate change, polar bears are forced to spend more time on land. For the plantigrades pushed to shore as summer sea ice vanishes, there appears to be a side benefit: mercury levels are dropping as the animals switch to land-based food sources.

A study published in the journal Environmental Science & Technology analyzed hairs of Southern Beaufort Sea polar bears, a population group hard hit by sea-ice melt, found steep declines in mercury, a metal contaminant that in the past was found in high concentrations in that population. Hair can provide a historical record of contaminants like mercury.

According to the study, the average decline in mercury concentration for adult polar bears sampled from 2004 to 2011 was 13 percent a year. That decline was mostly among adult males; mercury concentrations fell by an average rate of 15 percent a year for them, compared to 4.4 percent a year for adult females.

The logical explanation for the mercury decline is the switch in many bears’ diets from ringed seals to other foods, mostly scraps salvaged from bowhead whale bone piles left on beaches by local Inupiat hunters. See my note of 3 September 2016 on this topic:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/09/03/le-nouveau-mode-de-vie-des-ours-polaires-polar-bears-new-way-of-life/

There is no evidence that mercury is declining in the Beaufort Sea environment or in the region’s ringed seals, the traditional prey for polar bears. Ringed seals, as fish eaters fairly high on the food chain, tend to accumulate higher mercury concentrations than do other species. Bowhead whales, in contrast, tend to accumulate much lower mercury concentrations. The lower mercury concentrations in bowheads probably explain the male-female split found in the polar bear hair samples as males tend to monopolize a lot of the time at the bone pile and have a larger percentage of bowhead whale in their diet.

The bone piles, which accumulate after the autumn hunts and coincide with the maximum sea-ice melt, have become important and dependable food sources for many polar bears. Since the 1990s, the open-water season in the Southern Beaufort Sea has expanded by 36 days a year and polar bears there have been spending 31 more days on shore, mostly attracted to the bone pile, according to a previous study.

Another relatively new food source for polar bears is bearded-seal meat, and it is also a lower-mercury food than ringed-seal meat. Bearded seals’ diet is different from that of ringed seals, with clams and other shellfish making up an important part, resulting in lower mercury concentrations.

Mercury is an issue of longstanding concern in the Arctic. Atmospheric and ocean currents carry mercury pollution, such as that produced by coal burning, over vast distances into the far north. Thawing permafrost also releases mercury into the environment. Wildfires and volcanic eruptions are natural sources of mercury. Climate change and human activities put mercury into the Arctic environment, but at the same time governments are taking steps to reduce emissions through the Minamata Convention on Mercury.

The reduced polar bear mercury concentrations found in the new study are associated with higher body-mass index, and that is another trouble sign for polar bears that are not coming to shore to eat at the bowhead bone pile. The majority of polar bears stay out at sea, using whatever ice is there, and they spend a lot of time fasting. That causes them to burn body fat and muscle, releasing stored mercury and putting it back into the circulatory system. For female polar bears, there is other ominous dietary news. Increasingly fragile and mobile ice has forced them to spend more time and energy walking, resulting in greater need for food that is becoming more difficult to find.

The study tracked ice and bear movements, comparing data from 1987 to 2013. It found that ice is drifting faster and moving west and north. To compensate, the radio-collared polar bears have been spending more time active or increasing their travel speed. That boost in activity uses up 1.8 percent to 3.6 percent more energy each year, the equivalent of one to three more seals a year.

Adapted from an article in Alaska Dispatch News.

Ours blancs dans le Manitoba (Canada)  [Photo: C. Grandpey]

 

Le jour où toute la glace aura fondu…. // The day when all the ice will have melted away….

Malgré ce que dit Donald Trump, si nous continuons à brûler des combustibles fossiles indéfiniment, le réchauffement climatique finira par faire fondre toute la glace aux pôles et sur les sommets de nos montagnes, provoquant une élévation du niveau de la mer estimée à environ 64 mètres.
En septembre 2013, le National Geographic a publié des cartes qui montrent le monde tel qu’il est maintenant, mais avec une différence majeure: toute la glace de la Terre a fondu et s’est évacuée dans la mer en donnant naissance à de nouveaux rivages et à des mers intérieures.
Il y a plus de 20 millions de kilomètres cubes de glace sur Terre et certains scientifiques affirment qu’il faudra plus de 5 000 ans pour que cette glace fonde dans sa totalité. Si nous continuons à envoyer du carbone dans l’atmosphère, nous créerons très probablement une planète dépourvue de glace, avec une température moyenne de 26°C contre 14°C aujourd’hui.
En regardant les cartes du National Geographic, on s’aperçoit qu’en Amérique du Nord, toute la côte atlantique disparaîtrait, en même temps que la Floride et la côte du Golfe du Mexique. En Californie, les collines de San Francisco deviendraient un groupe d’îles et la Vallée Centrale se transformerait en une baie géante. Le Golfe de Californie s’étendrait vers le nord, au-delà de la latitude de San Diego.
En Amérique du Sud, le bassin amazonien au nord et le bassin du fleuve Paraguay au sud deviendraient des bras de mer de l’Atlantique, faisant disparaître Buenos Aires, la côte de l’Uruguay et la plus grande partie du Paraguay.
Par rapport à d’autres continents, l’Afrique perdrait moins de terres à cause de la hausse du niveau de la mer, mais la chaleur ambiante de plus en plus forte pourrait rendre ce continent inhabitable. En Egypte, les villes d’Alexandrie et du Caire seraient englouties sous les eaux de la Méditerranée.
En Europe, Londres et Venise seraient considérablement affectées par l’élévation du niveau de la mer. Dans ce scénario catastrophe, les Pays-Bas seraient rendus à la mer et la majeure partie du Danemark disparaîtrait également. Dans le même temps, les eaux de la Méditerranée viendraient gonfler celles de la Mer Noire et de la Mer Caspienne.
En Asie, un territoire occupé aujourd’hui par 600 millions de Chinois serait sous les eaux, tout comme le Bangladesh et ses 160 millions d’habitants, ainsi qu’une grande partie de l’Inde côtière. Au Cambodge, l’inondation du delta du Mékong transformerait en îles les sommets des Montagnes des Cardamomes.
Majoritairement désertique, le continent australien gagnerait une nouvelle mer intérieure, mais il perdrait une grande partie de la bande côtière étroite où vivent aujourd’hui quatre Australiens sur cinq.
Il semblait impossible que la couche de glace de l’Est Antarctique – qui représente quatre cinquièmes de toute la glace sur Terre – puisse fondre, tellement elle est immense et épaisse Elle a survécu à des périodes chaudes du passé. Ces derniers temps, elle semblait même épaissir légèrement à cause du réchauffement climatique. En effet, l’atmosphère plus chaude retient plus de vapeur d’eau qui tombe sous forme de neige sur l’Est Antarctique. Il est pourtant peu probable que cette partie de l’Antarctique puisse survivre à un nouveau réchauffement global comme celui de l’Eocène.
À l’instar de la calotte de glace du Groenland, celle de l’Antarctique de l’Ouest était apparemment beaucoup plus réduite pendant les périodes chaudes antérieures. Elle est vulnérable parce que la majeure partie repose sur un substrat rocheux qui se trouve au-dessous du niveau de la mer. L’eau plus chaude de l’océan fait fondre et s’effondrer la couche de glace en l’attaquant par en dessous. Depuis 1992, on a enregistré en moyenne une perte nette de 65 millions de tonnes de glace par an.
Source: The National Geographic.
On peut voir les cartes du National Geographic à cette adresse :
http://www.nationalgeographic.com/magazine/2013/09/rising-seas-ice-melt-new-shoreline-maps/

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Despite what Donald Trump says, if we keep burning fossil fuels indefinitely, global warming will eventually melt all the ice at the poles and on mountaintops, raising sea level by about 64 metres.

In September 2013, the National Geographic released maps that show the world as it is now, with only one difference: All the ice on land has melted and drained into the sea, creating new shorelines for our continents and inland seas.
There are more than 20 million cubic kilometres of ice on Earth, and some scientists say it would take more than 5,000 years to melt it all. If we continue adding carbon to the atmosphere, we’ll very likely create an ice-free planet, with an average temperature of perhaps 26°C instead of the current 14°C.

In North America, the entire Atlantic seaboard would vanish, along with Florida and the Gulf Coast. In California, San Francisco’s hills would become a cluster of islands and the Central Valley a giant bay. The Gulf of California would stretch north past the latitude of San Diego.

 In South America, the Amazon Basin in the north and the Paraguay River Basin in the south would become Atlantic inlets, wiping out Buenos Aires, coastal Uruguay, and most of Paraguay.

Compared with other continents, Africa would lose less of its land to the ultimate sea-level catastrophe, but Earth’s rising heat might make much of it uninhabitable. In Egypt, Alexandria and Cairo will be swamped by the intruding Mediterranean.

In Europe, London and Venice will be dramatically affected by sea level rise. In this catastrophic scenario, the Netherlands will have surrendered to the sea, and most of Denmark will be gone too. Meanwhile, the Mediterranean’s expanding waters will also have swelled the Black and Caspian Seas.

In Asia, land now inhabited by 600 million Chinese would flood, as would all of Bangladesh, population 160 million, and much of coastal India. The inundation of the Mekong Delta would leave Cambodia’s Cardamom Mountains stranded as an island.

Predominantly desert, the Australian continent would gain a new inland sea—but it would lose much of the narrow coastal strip where four out of five Australians now live.

The East Antarctica ice sheet is so large—it contains four-fifths of all the ice on Earth—that it seemed unmeltable. It survived earlier warm periods intact. Lately it seemed to be thickening slightly, because of global warming. Indeed, the warmer atmosphere holds more water vapour which falls as snow on East Antarctica. But even East Antarctica is unlikely to survive a return to an Eocene Climate.

Like the Greenland ice sheet, the West Antarctic one was apparently much smaller during earlier warm periods. It is vulnerable because most of it sits on bedrock that is below sea level.The warming ocean is melting the floating ice sheet itself from below, causing it to collapse. Since 1992 it has averaged a net loss of 65 million metric tons of ice a year.

Source : The National Geographic.

The National Geographic maps can be seen at this address :

http://www.nationalgeographic.com/magazine/2013/09/rising-seas-ice-melt-new-shoreline-maps/

L’Amérique du Nord après la fonte totale de la glace…

(Source: National Geographic)

Les morses de l’Ile St Laurent (Alaska) // The walruses of St Lawrence Island (Alaska)

Autour de l’île Saint-Laurent au milieu de la mer de Bering, un lieu plus proche de la Russie que du continent américain, la glace de mer est arrivée plus tard cette année et est repartie en avril, beaucoup plus tôt que d’habitude. Avec elle, sont repartis les morses qui remplissent des congélateurs et fournissent des défenses d’ivoire à des dizaines de sculpteurs.
Les habitants de l’île St Laurent sont confrontés à une triple menace. La fonte précoce de la glace de mer met les morses pratiquement hors de portée. Le gouvernement fédéral veut ajouter les morses à la liste des espèces en voie de disparition. Les interdictions concernant le commerce de l’ivoire des éléphants compliquent la vie aux sculpteurs de l’Ile St Laurent pour lesquels cette vente est une ressource essentielle. Le président du village indigène de Savoonga a déclaré que la survie des habitants de l’île Saint-Laurent dépend du morse et de l’ivoire. Les villages qui, il y a des dizaines d’années, ont créé des quotas pour préserver les morses, risquent aujourd’huide les perdre dans des circonstances indépendantes de leur volonté.
La mer fournit encore la plus grande partie de la nourriture à Savoonga et Gambell, les deux villages de l’île, qui rassemblent quelque 1400 personnes habitants. Ils chassent le morse car même avec le coût élevé des balles et de l’essence, c’est avantageux comparé au prix local d’une côte de boeuf congelée qui coûte 18,69 $ la livre. En outre, le morse est une nourriture riche qui fait partie des traditions. Au cours de la dernière décennie, Gambell et Savoonga ont rassemblé 85 pour cent des morses chassés en Alaska. La chasse aux morses se déroulait autrefois jusqu’en juin et même en juillet certaines années. Maintenant, la banquise n’a plus le temps de se former et la glace ne dure pas.
En vertu de la loi sur la protection des mammifères marins, seuls les indigènes vivant dans les communautés côtières d’Alaska peuvent chasser le morse. En vertu de la loi fédérale, ils peuvent tuer les animaux toute l’année sans limite, pourvu qu’ils ne gaspillent pas de viande. Pour préserver les morses, les villages de Savoonga et Gambell ont mis en place leurs propres quotas qui sont actuellement de six adultes par bateau par sortie en mer à Savoonga et quatre à Gambell.
Quasiment chaque homme sur l’Ile St Laurent sculpte l’ivoire, et certaines femmes le font aussi.. Quand une nouvelle personne débarque dans un village, tout le monde le sait et on essaye lui vendre un objet en ivoire. Certains expliquent qu’ils espèrent vendre un os de morse, de baleine ou de flétan sculpté. L’argent servira à acheter l’essence pour la chasse, la nourriture pour le bébé ou le gasoil pour le chauffage. D’autres sculpteurs vendent par le biais de galeries et de collectionneurs. Beaucoup vendent par l’intermédiaire d’une boutique de cadeaux et un grossiste à Nome, sur la côte ouest de l’Alaska
Une armada complexe de lois contradictoires sur le commerce de l’ivoire décourage certains acheteurs potentiels. Certains pays et même certains États des Etats-Unis ont interdit les importations d’ivoire quel qu’il soit. En vertu de la loi fédérale et de l’État, les indigènes d’Alaska ont le droit de se procurer, d’acheter et de sculpter l’ivoire des morses ainsi que l’ivoire des mammouths. C’est l’ivoire des éléphants africains qui pose problème. Les États-Unis l’année dernière ont renforcé les règles existantes avec une interdiction presque totale d’importation d’ivoire d’éléphants. Même lorsque le commerce de l’ivoire du morse est légal, les voyageurs internationaux ont besoin d’un permis coûteux et contraignant pour le transporter.
Adapté de Alaska Dispatch News.

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Around St. Lawrence Island in the middle of the Bering Sea, a place closer to Russia than the U.S. mainland, the sea ice arrived later this year and went out in April, earlier than anyone can remember. With it went the walruses that fill freezers and provide ivory tusks for dozens of carvers.

The people of the island are feeling pressure like never before, and it is coming from three directions all at once. Thinning sea ice puts walruses nearly out of reach. The federal government may list walruses as an endangered species. Ivory bans elsewhere that are rooted in concerns for elephants are making it hard for walrus-tusk carvers to sell their art which is a vital source of money. The president of the Native Village of Savoonga, said the survival of the people of St. Lawrence Island depends on the walrus and its ivory. Villages that decades ago created quotas to preserve walruses now risk losing them over circumstances beyond their control.

The sea still provides most of the food for the island’s two villages, Savoonga and Gambell, home to about 1,400 people combined. They hunt walrus because even with the high cost of bullets and gas, it still beats the local price of a frozen T-bone steak, $18.69 a pound. Besides, it is nutritious and familiar food. In the past 10 years, Gambell and Savoonga accounted for 85 percent of all the walruses taken in Alaska. Walrus hunting went into June and even July some years. Now thick pack ice doesn’t have time to form and the thin new ice doesn’t last.

Under the Marine Mammal Protection Act, only Alaska Natives from coastal communities can hunt walrus. Under federal law, they can get the animals year-round with no limit, as long as they don’t waste meat. To conserve walruses, Savoonga and Gambell tribes have their own limits in place, now six adults per boat per trip in Savoonga and four in Gambell.

Just about every man on the islands is an ivory carver, and some women are too. When a newcomer arrives, word flies through the village. Some give a specific reason they hope to sell a carved ivory whale or halibut, a tiny bird or walrus: money for gasoline to hunt, food for the baby, heating fuel. Others have direct lines to galleries and collectors. Many sell through a gift shop and wholesaler in Nome, on Alaska’s west coast

A web of conflicting and complex laws on ivory deters some potential buyers. Some countries and even states have banned imports of ivory from any species. It is legal under federal and state law for Alaska Natives to harvest, buy and carve walrus ivory as well as ancient ivory found from extinct mammoths. Ivory from African elephants is the concern. The United States last year strengthened existing rules into a near-total ban of elephant ivory. Even where walrus ivory is legal, international travellers may need an expensive, time-intensive permit to transport it.

Adapted from Alaska Dispatch News.

Source: Google maps.

Morses sur Round Island en Alaska (image webcam).

 

Fonte précoce de la glace le long des rivières arctiques // Earlier melting of river ice in the Arctic

Une étude récente s’appuyant sur des images satellites a révélé que les dépôts de glace en couches qui s’accumulent le long des rivières du nord de l’Alaska fondent actuellement presque un mois plus tôt qu’en 2000. L’étude, publiée dans la revue Geophysical Research Letters, analyse les dépôts de glace le long de 147 rivières entre la Colville River dans le District de North Slope et la Firth River dans le nord du Yukon.
Autrefois, ces accumulations de glace fondaient en général à la mi-juillet. Toutefois, entre 2000 et 2015, la date de fonte s’est avancée en moyenne de 26 jours. L’étude indique que sur les 122 formations de glace qui ont complètement disparu, plus de la moitié ont fondu bien plus tôt qu’en 2000. Sur les 25 sites où la glace persiste pendant l’été, 14 avaient en 2015 des quantités minimales nettement inférieures à celles de l’an 2000. En 2015, l’ensemble de la glace encore en place à la fin de l’été représentait moins de 10% du minimum estival mesuré en 2000.
Cette glace de rivière est différente de celle qui recouvre les cours d’eau de l’Arctique en hiver, même si cette dernière a, elle aussi, tendance à fondre beaucoup plus tôt. Les accumulations de glace observées le long des rivières proviennent de l’eau souterraine et de remontée d’eau de source qui s’élèvent à partir du lit des rivières et gèlent pour former des ensembles de strates qui ont généralement plusieurs dizaines de centimètres d’épaisseur. Ils peuvent couvrir jusqu’à 10 kilomètres carrés et atteindre la taille d’un immeuble de trois étages.
Bien que la fonte précoce de cette glace soit imputable au réchauffement climatique, l’étude n’examine pas vraiment les causes du phénomène. Il se peut qu’il y ait une relation simple entre les températures plus chaudes et la fonte de la glace, ou bien il pourrait y avoir une cause plus complexe au niveau hydrologique dans laquelle le réchauffement climatique modifierait la relation entre les eaux souterraines et les rivières. Quoi qu’il en soit, la disparition accélérée de cette glace de surface est susceptible d’affecter les poissons et la faune de la région.
Source: Alaska Dispatch News.

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A recent study relying on satellite images has revealed that the layered ice mounds that build up along Arctic Alaska rivers are now melting nearly a month earlier than they did in 2000. The study, in the journal Geophysical Research Letters, evaluates trends for 147 river icing spots found between the Colville River on Alaska’s North Slope and the Firth River in northern Yukon.

In the past, those spots would normally melt out in mid-July. But from 2000 to 2015, the melt date advanced, on average, by 26 days. Of the 122 ice formations that disappeared entirely, more than half melted out significantly earlier than in 2000. For the 25 spots that usually had ice persisting through the summers, 14 had significantly smaller minimums by 2015. By 2015, the end-of-summer total of lingering surface ice in the study area was less than 10 percent of the summer minimum measured in 2000.

This river icing is different from the typical freeze-up of river water which is globally occurring sooner than on the past. River icing is the product of groundwater and spring water seeps that rise up out of riverbeds and freeze in pancake-like layers that create formations that are typically several ten of centimetres thick. They can spread as wide as 10 square kilometres and rise as high as a three-story building.

Though the earlier melt of river icing correlates to climate warming, the study does not examine exactly what is causing the change. There could be a simple relationship between the warmer temperatures and melt, or there could be a more complex hydrological change cause by climate warming that is altering the relationship between groundwater and rivers. The accelerated loss of this surface ice might affect fish and wildlife.

Source: Alaska Dispatch News.

Glace de rivière en Alaska (Crédit photo: Wikipedia)