Les morses de l’Ile St Laurent (Alaska) // The walruses of St Lawrence Island (Alaska)

Autour de l’île Saint-Laurent au milieu de la mer de Bering, un lieu plus proche de la Russie que du continent américain, la glace de mer est arrivée plus tard cette année et est repartie en avril, beaucoup plus tôt que d’habitude. Avec elle, sont repartis les morses qui remplissent des congélateurs et fournissent des défenses d’ivoire à des dizaines de sculpteurs.
Les habitants de l’île St Laurent sont confrontés à une triple menace. La fonte précoce de la glace de mer met les morses pratiquement hors de portée. Le gouvernement fédéral veut ajouter les morses à la liste des espèces en voie de disparition. Les interdictions concernant le commerce de l’ivoire des éléphants compliquent la vie aux sculpteurs de l’Ile St Laurent pour lesquels cette vente est une ressource essentielle. Le président du village indigène de Savoonga a déclaré que la survie des habitants de l’île Saint-Laurent dépend du morse et de l’ivoire. Les villages qui, il y a des dizaines d’années, ont créé des quotas pour préserver les morses, risquent aujourd’huide les perdre dans des circonstances indépendantes de leur volonté.
La mer fournit encore la plus grande partie de la nourriture à Savoonga et Gambell, les deux villages de l’île, qui rassemblent quelque 1400 personnes habitants. Ils chassent le morse car même avec le coût élevé des balles et de l’essence, c’est avantageux comparé au prix local d’une côte de boeuf congelée qui coûte 18,69 $ la livre. En outre, le morse est une nourriture riche qui fait partie des traditions. Au cours de la dernière décennie, Gambell et Savoonga ont rassemblé 85 pour cent des morses chassés en Alaska. La chasse aux morses se déroulait autrefois jusqu’en juin et même en juillet certaines années. Maintenant, la banquise n’a plus le temps de se former et la glace ne dure pas.
En vertu de la loi sur la protection des mammifères marins, seuls les indigènes vivant dans les communautés côtières d’Alaska peuvent chasser le morse. En vertu de la loi fédérale, ils peuvent tuer les animaux toute l’année sans limite, pourvu qu’ils ne gaspillent pas de viande. Pour préserver les morses, les villages de Savoonga et Gambell ont mis en place leurs propres quotas qui sont actuellement de six adultes par bateau par sortie en mer à Savoonga et quatre à Gambell.
Quasiment chaque homme sur l’Ile St Laurent sculpte l’ivoire, et certaines femmes le font aussi.. Quand une nouvelle personne débarque dans un village, tout le monde le sait et on essaye lui vendre un objet en ivoire. Certains expliquent qu’ils espèrent vendre un os de morse, de baleine ou de flétan sculpté. L’argent servira à acheter l’essence pour la chasse, la nourriture pour le bébé ou le gasoil pour le chauffage. D’autres sculpteurs vendent par le biais de galeries et de collectionneurs. Beaucoup vendent par l’intermédiaire d’une boutique de cadeaux et un grossiste à Nome, sur la côte ouest de l’Alaska
Une armada complexe de lois contradictoires sur le commerce de l’ivoire décourage certains acheteurs potentiels. Certains pays et même certains États des Etats-Unis ont interdit les importations d’ivoire quel qu’il soit. En vertu de la loi fédérale et de l’État, les indigènes d’Alaska ont le droit de se procurer, d’acheter et de sculpter l’ivoire des morses ainsi que l’ivoire des mammouths. C’est l’ivoire des éléphants africains qui pose problème. Les États-Unis l’année dernière ont renforcé les règles existantes avec une interdiction presque totale d’importation d’ivoire d’éléphants. Même lorsque le commerce de l’ivoire du morse est légal, les voyageurs internationaux ont besoin d’un permis coûteux et contraignant pour le transporter.
Adapté de Alaska Dispatch News.

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Around St. Lawrence Island in the middle of the Bering Sea, a place closer to Russia than the U.S. mainland, the sea ice arrived later this year and went out in April, earlier than anyone can remember. With it went the walruses that fill freezers and provide ivory tusks for dozens of carvers.

The people of the island are feeling pressure like never before, and it is coming from three directions all at once. Thinning sea ice puts walruses nearly out of reach. The federal government may list walruses as an endangered species. Ivory bans elsewhere that are rooted in concerns for elephants are making it hard for walrus-tusk carvers to sell their art which is a vital source of money. The president of the Native Village of Savoonga, said the survival of the people of St. Lawrence Island depends on the walrus and its ivory. Villages that decades ago created quotas to preserve walruses now risk losing them over circumstances beyond their control.

The sea still provides most of the food for the island’s two villages, Savoonga and Gambell, home to about 1,400 people combined. They hunt walrus because even with the high cost of bullets and gas, it still beats the local price of a frozen T-bone steak, $18.69 a pound. Besides, it is nutritious and familiar food. In the past 10 years, Gambell and Savoonga accounted for 85 percent of all the walruses taken in Alaska. Walrus hunting went into June and even July some years. Now thick pack ice doesn’t have time to form and the thin new ice doesn’t last.

Under the Marine Mammal Protection Act, only Alaska Natives from coastal communities can hunt walrus. Under federal law, they can get the animals year-round with no limit, as long as they don’t waste meat. To conserve walruses, Savoonga and Gambell tribes have their own limits in place, now six adults per boat per trip in Savoonga and four in Gambell.

Just about every man on the islands is an ivory carver, and some women are too. When a newcomer arrives, word flies through the village. Some give a specific reason they hope to sell a carved ivory whale or halibut, a tiny bird or walrus: money for gasoline to hunt, food for the baby, heating fuel. Others have direct lines to galleries and collectors. Many sell through a gift shop and wholesaler in Nome, on Alaska’s west coast

A web of conflicting and complex laws on ivory deters some potential buyers. Some countries and even states have banned imports of ivory from any species. It is legal under federal and state law for Alaska Natives to harvest, buy and carve walrus ivory as well as ancient ivory found from extinct mammoths. Ivory from African elephants is the concern. The United States last year strengthened existing rules into a near-total ban of elephant ivory. Even where walrus ivory is legal, international travellers may need an expensive, time-intensive permit to transport it.

Adapted from Alaska Dispatch News.

Source: Google maps.

Morses sur Round Island en Alaska (image webcam).

 

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