Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Ça se précise ! // An eruption in the next hours ?

7h15 (heure métropole) : Dans un bulletin diffusé à 9h30 (heure locale), l’OVPF indique que depuis 09h16 une nouvelle crise sismique est enregistrée sur le Piton de la Fournaise. L’événement s’accompagne de déformations rapides. Cela indique que le magma est de nouveau en train de quitter le réservoir magmatique superficiel et remonte vers la surface. Une éruption est probable à brève échéance dans les prochaines minutes ou heures.

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7:15 (Paris time):  In a new update released at 9:30 am (local time), OVPF indicates that since 09h16 a new seismic crisis has been recorded on Piton de la Fournaise. The event is accompanied by rapid deformations. This indicates that magma is again leaving the shallow magma reservoir and rising to the surface. An eruption is likely in the next minutes or hours.

L’éruption aurait-elle commencé? Bizarre ce nuage bleuté détecté par la webcam du Piton de Bert…

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Pétera ou pétera pas ? // Eruption…or no eruption ?

9 heures (heure métropole): Une fois de plus, le Piton de la Fournaise est en train de jouer avec des nerfs des scientifiques en poste à l’Observatoire.

Dans un premier bulletin émis à 16 heures le 16 février 2019, on pouvait lire que « depuis 15h21 (heure locale), une crise sismique est enregistrée sur les instruments de l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise. Cette crise sismique est accompagnée de déformation rapide. Ceci indique que le magma est en train de quitter le réservoir magmatique et se propage vers la surface. Une éruption est probable à brève échéance, dans les prochaines minutes ou heures. »

A 19 heures, la musique avait changé de tonalité. Un nouveau bulletin indiquait que « suite à la crise sismique débutée le 16/02/2019 à 15h21 (heure locale),  le nombre de séismes a fortement diminué depuis 16h18 (heure locale). Les déformations de surface se sont arrêtées vers 16h30 signifiant l’arrêt de cette intrusion de magma en profondeur. En revanche une sismicité de 7 à 10 événements par heure localisée sous le cratère Dolomieu se poursuit signifiant que le toit du réservoir continue de se fragiliser. Aucune hypothèse n’est écartée pour l’instant quant à la suite des événements : 1) reprise de cette propagation de magma vers la surface, 2) nouvelle propagation de magma depuis le réservoir vers la surface, 3) arrêt de la propagation. »

Autrement dit, on ne sait pas ce qui va se passer ! Le volcan a été placé en Alerte 1, ce qui signifie que l’accès à l’Enclos est interdit aux randonneurs.

http://www.ipgp.fr/sites/default/files/dso_volcan.jpg

Malgré tous les instruments installés sur le Piton de la Fournaise, la prévision éruptive n’est pas évidente. On a déjà observé des ratés à plusieurs reprises. Je me garderai bien de critiquer les scientifiques qui surveillent le volcan. Il est capricieux et il faut juste accepter ce comportement. Il ne faudrait pas oublier que les volcanologues du HVO qui observaient la dernière éruption du Kilauea à Hawaii – autre volcan de point chaud – avaient prévu une éruption très longue…qui s’est terminée quelques jours plus tard ! Dans les années 1990, je me trouvais sur le Krafla en Islande. La sismicité était très forte, le sol s’était soulevé de plusieurs décimètres et tout le monde s’attendait à une éruption imminente. Elle n’a pas eu lieu. Quelques semaines plus tard, le regretté Maurice Krafft m’expliquait que l’éruption avait avorté car le magma avait emprunté un autre chemin dans les profondeurs de la Terre…

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18 heures (heure métropole) : Dans son dernier bulletin, l’OVPF indique que suite à la crise sismique du 16 février dernier,  la sismicité a fortement diminué passant de 378 séismes volcano-tectoniques le16 février à 5 événements aujourd’hui, au moment de la diffusion du bulletin.

Dans le même temps, l’inflation de l’édifice volcanique se poursuit. Les concentrations en CO2 dans le sol en champ lointain et en champ proche restent élevées.

Ces paramètres montrent que même si l’ascension du magma vers la surface s’est arrêtée, la réalimentation du réservoir superficiel se poursuit comme cela est observé depuis le début du mois de février.

Source : OVPF.

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9:00 (Paris time): Once again, Piton de la Fournaise is getting on the nerves of the scientists at the Observatory.
In a first bulletin issued at 16;00 on February 16th, 2019, one can read that « since 3:21 pm (local time), a seismic crisis has been recorded on the OVPF instruments. This seismic crisis is accompanied by rapid deformation. This indicates that the magma is leaving the deep reservoir and making its ascent toward the surface. An eruption is likely in the near future, in the next minutes or hours.  »
At 7 pm, a new, different, bulletin indicated that « following the seismic crisis that started on February 16th, 2019 at 15h21 (local time), the number of earthquakes has decreased sharply since 16h18 (local time). The surface deformations stopped at around 16:30, meaning that the magma intrusion had stopped in depth. However, a seismic episode including 7 to 10 events per hour located under the Dolomieu Crater continues, meaning that the roof of the reservoir continues to be weakened. No hypothesis is ruled out for the moment with regard to the current events: 1) new start of the magma ascent towards the surface, 2) new propagation of magma from the reservoir towards the surface, 3) end of the ascent.  »
In other words, we do not know what will happen! Alert 1 has been decided on the volcano, which means that access to the Enclos is prohibited for hikers.
http://www.ipgp.fr/sites/default/files/dso_volcan.jpg

Despite all the instruments installed on Piton de la Fournaise, eruptive prediction is not easy. We have already observed prediction errors several times. I will refrain from criticizing scientists who monitor the volcano. It is capricious and you just have to accept this behaviour. It should not be forgotten that HVO volcanologists who observed the last eruption of Kilauea in Hawaii – another hotspot volcano – had predicted a very long eruption … which ended a few days later! In the 1990s, I was on Krafla Volcano in Iceland. Seismicity was very high, the ground had risen several decimetres and everyone expected an imminent eruption. It did not happen. A few weeks later, the late Maurice Krafft explained to me that the eruption had aborted because magma had taken another path in the Earth’s depths…

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18:00 (Paris time): In its latest update, OVPF indicates that in the wake of the seismic crisis of February 16th, the seismicity dropped sharply from 378 volcano-tectonic earthquakes on February 16th to 5 events today, at the moment the release of this bulletin.
At the same time, inflation of the volcanic edifice continues. CO2 concentrations in the soil in far-field and in the near field remain high.
These parameters show that even if the magma ascent towards the surface has stopped, the recharge of the shallow reservoir continues, as has been observed since the beginning of February.
Source: OVPF.

Crédit photo: Wikipedia

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion / Reunion Island)

Dans son dernier bulletin du 13 février 2019, l’OVPF indique que depuis la fin du mois de janvier 2019, on observe une inflation de la base et du sommet de l’édifice du Piton de la Fournaise. Cela signifie que l’on assiste à une pressurisation du réservoir magmatique superficiel. Cette reprise de l’inflation s’accompagne d’une augmentation des concentrations en CO2 dans le sol en champ lointain (Plaine des Cafres et Plaine des Palmistes). Les concentrations en CO2 en champ proche dans le secteur du Gîte du Volcan sont également en augmentation depuis décembre 2018. Ces concentrations en CO2 correspondent également à une remontée profonde de magma vers le réservoir superficiel.

S’agissant de la sismicité, depuis le 1er février 2019, 19 séismes volcano-tectoniques superficiels sont enregistrés sous le sommet, ainsi que 3 séismes profonds sous le flanc est.

J’aime beaucoup la conclusion du bulletin de l’OVPF : « Ce processus de recharge du réservoir superficiel peut durer plusieurs jours à plusieurs semaines avant que le toit du réservoir se fragilise et se rompe, donnant ainsi lieu à une injection de magma vers la surface et à une éruption, et peut également s’arrêter sans donner lieu à brève échéance à une éruption. » Autrement dit, tout est possible !

Cela confirme que la prévision éruptive est encore à un niveau très faible, même sur un volcan truffé d’instruments comme le Piton de la Fournaise. A la Réunion, ce n’est pas très grave car il y a de fortes chances pour que la prochaine éruption ait lieu dans l’Enclos, sans menace pour la population. Sur un volcan explosif de la Ceinture de Feu, la prévision prend une autre dimension….

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In its latest update of February 13th, 2019, OVPF indicates that since the end of January 2019, there has been an inflation of the base and the summit of Piton de la Fournaise. This means that there is a pressurization of the shallow magma reservoir. This new inflation is accompanied by an increase in CO2 concentrations in the far-field soil (Plaine des Cafres and Plaine des Palmistes). Near-field CO2 concentrations in the Gîte du Volcan area have also been increasing since December 2018. These CO2 concentrations also correspond to a deep rise of magma towards the shallow reservoir.
As regards seismicity, since February 1st 2019, 19 shallow volcano-tectonic earthquakes have been recorded under the summit, as well as 3 deep earthquakes under the eastern flank.
I really like the conclusion of the OVPF bulletin: « This process of recharge of the shallow reservoir can last several days to several weeks before the roof of the reservoir breaks open, with an injection of magma towards the surface and the start of an eruption, and can also stop without an eruption in the short term. In other words, everything is possible!
This confirms that eruptive prediction is still at a very low level, even on a volcano equipped with plenty of instruments like Piton de la Fournaise. On Reunion Island, it is not a real problem because the next eruption is likely to take place in the Enclos, without any threat to the population. On an explosive volcano of the Ring of Fire, prediction takes another dimension ….

Crédit photo: Wikipedia.

Etna (Sicile): Approche scientifique de la dernière éruption // Scientific approach of the last eruption

Suite à l’éruption de l’ Etna qui a débuté le 24 décembre 2018 et de l’essaim sismique qui l’a accompagnée, les chercheurs de différents organismes scientifiques italiens ont mesuré les mouvements permanents du sol provoqués par ces derniers événements. Ils ont observé des valeurs maximales de déplacement dépassant 30 cm à l’ouest et 50 cm à l’est sur le sommet de l’Etna, ainsi qu’un déplacement maximal d’environ 13 cm vers l’est et de 16 cm vers l’ouest dans la zone affectée par le séisme de M 4,9.
L’éruption de l’Etna et la sismicité qui l’a accompagnée et l’accompagne encore aujourd’hui sont contrôlées en permanence par l’INGV de Catane et de Rome à l’aide des réseaux sismiques et géodésiques. Dans le cadre des activités de surveillance de l’Etna, effectuées à travers des réseaux gravimétriques et magnétiques, des analyses géochimiques, des caméras thermiques ainsi que des levés sur site, les scientifiques ont également procédé à une analyse préliminaire des données radar satellitaires liées à l’éruption et à l’essaim sismique, informations venant compléter celles fournies par d’autres systèmes de surveillance.
En utilisant des données radar fournies par les satellites Sentinel-1 (S1), du programme européen Copernicus, et de la constellation italienne COSMO-SkyMed (CSK) de l’Agence Spatiale Italienne (ASI) et du ministère de la Défense, une équipe de chercheurs du CNR-Irea et de l’INGV a pu analyser la fracture qui alimentait la coulée de lave provoquée par l’éruption et mesurer avec grande précision les mouvements permanents du sol en utilisant la technique d’Interférométrie SAR Différentielle. Cette technique permet, en comparant les images radar acquises avant et après des événements sismiques, de mesurer, le long de la ligne de visée du capteur, le déplacement du sol survenu dans l’intervalle de temps entre les deux acquisitions, avec une précision de l’ordre du centimètre. De plus, grâce aux passages des satellites sur des orbites différentes (ascendante et descendante), il est possible de reconstruire également la composante horizontale (dans la direction est-ouest) et  verticale du champ de déformation détecté.

Source : La Sicilia, INGV, CNR.

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Following the eruption of Mt Etna, which began on December 24th, 2018, and the seismic swarm that accompanied it, researchers from different Italian scientific organizations measured the permanent ground movements caused by these recent events. They observed maximum movement values ​​exceeding 30 cm in the western part and 50 cm in the eastern part of the summit area of Mt Etna, as well as a maximum displacement of about 13 cm to the east and 16 cm to the west in the area affected by the M 4.9 earthquake.
The eruption of Mt Etna and the seismicity that accompanied and still accompany it today are constantly monitored by the INGV of Catania and Rome using seismic and geodesic networks. As part of Mt Etna’s monitoring activities, carried out through gravimetric and magnetic networks, geochemical analyses, thermal imaging cameras as well as on-site surveys, the scientists also carried out a preliminary analysis of satellite radar data related to the eruption and the seismic swarm, information supplementing that provided by other surveillance systems.
Using radar data provided by the Sentinel-1 (S1) satellites, the European Copernicus program, and the Italian constellation COSMO-SkyMed (CSK) of the Italian Space Agency (ASI) and the Ministry of Defense, a team researchers from CNR-Irea and INGV were able to analyze the fracture that fed the lava flow caused by the eruption and to measure with great accuracy the permanent movements of the soil using the technique of Differential SAR Interferometry. This technique makes it possible, by comparing the radar images acquired before and after seismic events, to measure, along the line of sight of the sensor, the ground displacement occurring in the time interval between the two acquisitions, with a precision of the order of the centimetre. In addition, thanks to the passage of the satellites in different orbits (ascending and descending), it is possible to reconstruct as well the horizontal component (in the east-west direction) and vertical component of the detected deformation field.
Source: La Sicilia, INGV, CNR.

La coulée de lave née de l’éruption du 24 décembre 2018 vue depuis l’espace (Source: ESA)