Réchauffement climatique : Des algues toxiques jusqu’en Alaska // Global warming : Toxic algae as far as Alaska

Concentrations de CO2 : 431,87 ppm (5 juin 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,46 ppb (février 2026)

J’ai écrit plusieurs notes sur la prolifération des sargasses, ces algues brunes qui posent un problème récurrent dans la mer des Caraïbes, le golfe du Mexique et l’océan Atlantique. Les chercheurs estiment qu’au moins 4 % de la surface océanique est actuellement recouverte de tapis de sargasses, et que ces quantités sont susceptibles d’augmenter avec le réchauffement climatique.

Photo : C. Grandpey

Aujourd’hui, il semble que les territoires du Nord soient également concernés par l’invasion d’algues. Ainsi, le réchauffement des eaux autour de l’Alaska a provoqué la prolifération d’algues nuisibles. À Kotzebue, dans l’ouest de l’État, leur prolifération était si intense que les habitants ont d’abord cru que quelqu’un avait déversé des produits chimiques dans l’eau. On aurait dit de la peinture verte fluorescente.

Crédit photo : Alaska Public Media

La plupart des algues présentes dans les eaux de l’Alaska sont inoffensives, et beaucoup sont même bénéfiques. Mais on observe plusieurs variétés toxiques qui deviennent de plus en plus préoccupantes à mesure que les eaux océaniques et d’eau douce se réchauffent. L’Alexandrium est une algue qui produit de la saxitoxine et des composés apparentés pouvant provoquer une intoxication paralytique par les fruits de mer. La cuisson et la congélation ne permettent pas d’éliminer ces toxines, et il n’existe aucun antidote. Dans les cas les plus graves, les victimes peuvent cesser de respirer. Les autorités sanitaires de l’Alaska ont indiqué que l’État a recensé 132 cas d’intoxication paralytique par les fruits de mer et cinq décès entre 1993 et ​​2021.

Les scientifiques surveillent également les bactéries Pseudo-nitzschia, capables de produire de l’acide domoïque, et Dinophysis, qui peuvent provoquer une intoxication diarrhéique par les fruits de mer. De faibles concentrations d’acide domoïque ont déjà été détectées en Alaska, mais aucun cas d’intoxication n’y a été confirmé.
La prolifération de cyanobactéries est un problème récurrent autour de Kotzebue depuis 2008, date à laquelle l’eau a pris une couleur verte pour la première fois. Ces proliférations nuisibles menacent les systèmes alimentaires, la santé publique et la faune sauvage dont dépendent culturellement et économiquement de nombreuses communautés d’Alaska.

Des chercheurs soupçonnent la saxitoxine d’avoir joué un rôle dans d’importantes mortalités d’oiseaux, notamment celle des guillemots de Troïl survenue entre 2015 et 2017 lors d’une vague de chaleur marine.

Guillemots de Troïl (Photo : C. Grandpey)

Ils ont également expliqué que la saxitoxine était la cause de la mort d’otaries à fourrure retrouvées échouées dans les îles Pribilof en 2024 et 2025.
Si l’acide domoïque n’a pas encore provoqué de cas d’intoxication en Alaska, il décime de nombreuses espèces sauvages depuis des décennies en Californie.
Pour les familles qui pratiquent la pêche ou le ramassage de coquillages, ces proliférations d’algues pourraient compromettre la sécurité alimentaire et accroître l’incertitude quant à la sécurité des aliments. Des enquêtes locales ont été menées sur des oiseaux et des mammifères marins suite à des mortalités suspectées d’être liées à ces proliférations. Même en l’absence de confirmation de la présence de toxines, cette surveillance peut aider les communautés à réagir plus rapidement. Les autorités locales recommandent de suivre attentivement les recommandations sanitaires et les interdictions de pêche aux coquillages. La population est invitée à prêter attention aux signalements de couleurs d’eau inhabituelles et d’animaux sauvages malades ou morts, et à signaler tout ce qu’ils observent personnellement à leur organisme local de protection de la faune.

Source : Fox Weather via Yahoo News.

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I have written several posts about sargassum blooms, the brown seaweed that is becoming a problem has become a recurring problem in the Caribbean Sea, Gulf of Mexico and Atlantic Ocean, according to the NOAA. Researchers say that at least 4% of the ocean’s surface is currently covered by clumps and mats of sargassum, and those amounts are likely to increase with global warming.

Today, it seems that northern territories are also concerned with the invasion of algae. Warmer waters around Alaska have been causing a small group of harmful algae to bloom. In Kotzebue, in the western part of the State, one bloom was so vivid that locals at first thought someone had dumped chemicals into the water. It looked like fluorescent green paint.

Most algae in Alaska’s waters are harmless, and many are even beneficial. But several toxic varieties are becoming a bigger concern as ocean and freshwater conditions warm. Alexandrium is an algae that produces saxitoxin and related compounds that can cause paralytic shellfish poisoning. Cooking and freezing can’t remove these toxins, and there is no antidote. In severe cases, victims can stop breathing. State health officials said Alaska recorded 132 cases of paralytic shellfish poisoning and five fatalities from 1993 to 2021.

Scientists are also watching Pseudo-nitzschia, capable of producing domoic acid, and Dinophysis, which can trigger diarrhetic shellfish poisoning. Low levels of domoic acid have already been detected in Alaska, but no poisoning events have been confirmed there.

Cyanobacteria blooms have become a recurring issue around Kotzebue since 2008. That was when the water first turned bright green. Harmful blooms threaten food systems, public health, and the wildlife many Alaska communities depend on culturally and economically.

Researchers suspect saxitoxin may have played a role in major bird die-offs, including the 2015-2017 « wreck » of common murres during a marine heat wave. They have confirmed that saxitoxin was the cause of death in northern fur seals found stranded in the Pribilof Islands in 2024 and 2025.

If domoic acid has not yet caused documented poisoning events in Alask, it has killed many kinds of wildlife for decades in California.

For families who gather shellfish or rely on local fish for food, these blooms could undermine food security and increase uncertainty about what is safe to eat. Local investigations have tested birds and marine mammals after suspected bloom-related die-offs. Even when toxins are not confirmed, that monitoring can still help communities respond more quickly.

Local authorities say that the most practical protection is to stay alert to local health guidance and shellfish closures. Residents should pay attention to reports of unusual water color and sick or dead wildlife, and report anything they personally see to their local wildlife organization.

Source : Fox Weather via Yahoo News.

Canicule de l’été 2023 : la pire de tous les temps // Summer heat 2023 : the worst ever

L’été 2023 dans l’hémisphère nord n’a pas seulement été le plus chaud jamais enregistré. Deux nouvelles études révèlent que ce fut l’été le plus chaud depuis 2 000 ans.
Fin 2023, les scientifiques ont déclaré que la période de juin à août avait été la plus chaude depuis le début des relevés dans les années 1940. La première étude, publiée dans la revue Nature, explique que la chaleur de l’été 2023 a éclipsé les températures sur une période beaucoup plus longue. Elle se base sur des archives météorologiques datant du milieu des années 1800 et sur des données de température portant sur l’analyse des cernes des arbres dans neuf sites du nord.
L’année dernière, les températures estivales sur les terres situées entre 30 et 90 degrés de latitude nord étaient de 2,07 degrés Celsius plus élevées que les moyennes préindustrielles. D’après les données des cernes des arbres, les mois d’été de 2023 ont été en moyenne 2,2°C plus chauds que la température moyenne pour les années 1 à 1890.
Cette découverte n’est pas vraiment une surprise. En janvier, des scientifiques de l’agence climatique européenne Copernicus avaient informé le public que l’année 2023 serait « très probablement » la plus chaude depuis 100 000 ans. Cependant, il paraît peu réaliste de s’appuyer sur une période aussi longue. En effet, nous ne sommes pas capables d’établir des comparaisons année par année sur une échelle de temps aussi vaste avec les méthodes scientifiques actuelles, notamment les données de température provenant de sources telles que les sédiments marins ou les tourbières.
La chaleur intense de l’été 2023 a été amplifiée par le phénomène climatique El Niño, qui entraîne généralement des températures globales plus chaudes, des vagues de chaleur plus longues et plus sévères et des périodes de sécheresse prolongées.
Les vagues de chaleur ont eu des conséquences néfastes sur la santé des populations, avec plus de 150 000 décès dans 43 pays, liés aux vagues de chaleur chaque année entre 1990 et 2019. Ces chiffres apparaissent dans une deuxième étude publiée dans la revue PLOS Medicine. Cela représente environ 1 % des décès dans le monde, soit à peu près le même bilan que celui de la pandémie de COVID-19. Plus de la moitié de ce surplus de décès liés aux fortes chaleurs se sont produits en Asie où la population est particulièrement dense. Lorsque les données sont ajustées à la densité de population, l’Europe a le bilan par habitant le plus élevé, avec une moyenne de 655 décès pour 10 millions d’habitants. Sur le continent européen, la Grèce, Malte et l’Italie ont enregistré la surmortalité la plus élevée.
Source : Médias d’information internationaux.

La hausse des températures a un très fort impact sur les glaciers de la chaîne himalayenne, château d’eau de l’Asie

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The intense northern hemisphere summer heat of 2023 was not just the warmest on record. Two new studies reveal it was the warmest in some 2,000 years.

By the end of 2023, scientists declared last year’s June to August period as the warmest since record-keeping began in the 1940s. The new research, published in the journal Nature suggests the 2023 heat eclipsed temperatures over a far longer timeline. It is based on meteorological records dating to the mid-1800s and temperature data based on the analysis of tree rings across nine northern sites.

Last year’s summer season temperatures on lands between 30 and 90 degrees north latitude were 2.07 degrees Celsius higher than pre-industrial averages. Based on tree ring data, the summer months in 2023 were on average 2.2°C warmer than the estimated average temperature across the years 1 to 1890.

The finding is not entirely a surprise. By January, scientists with the European Union’s Copernicus Climate Change Service had informed the public that the year of 2023 was « very likely » the warmest in some 100,000 years. However, proving such a long record is unlikely. Indeed, year-by-year comparisons cannot not be established over such a vast time scale with current scientific methods, including gleaning temperature data from sources such as marine sediments or peat bogs.

Last year’s intense summer heat was amplified by the El Niño climate pattern, which typically coincides with warmer global temperatures, longer and more severe heatwaves, and extended periods of drought.

Heatwaves are already taking a toll on people’s health, with more than 150,000 deaths in 43 countries linked to heatwaves for each year between 1990 and 2019. These figures can be found in a second study published in the journal PLOS Medicine. That accounts for about 1% of global deaths, roughly the same toll taken by the global COVID-19 pandemic. More than half of those heatwave-related excess deaths occurred in densely populated Asia. When the data are adjusted for population size, Europe has the highest per capita toll with an average of 655 heat-related deaths each year per 10 million residents. Within the region, Greece, Malta, and Italy registered the highest excess deaths.

Source : International news media.

Pollution mortelle // Deadly pollution

Une nouvelle étude publiée dans la revue médicale Lancet Planetary Health nous informe que les décès dus à la pollution atteignent actuellement 9 millions de personnes chaque année. En d’autres termes, la pollution est responsable d’un décès sur six chaque année dans le monde. La pollution de l’air, l’eau contaminée et l’exposition aux produits chimiques toxiques sont les principales causes de ce nombre très élevé de morts. La plupart des victimes se trouvent dans les pays en voie de développement, avec 90 % des décès dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
La pollution de l’air, qui est principalement causée les mêmes combustibles fossiles qui causent le réchauffement climatique (pétrole, charbon et gaz naturel), est responsable de la majorité des décès, soit environ 6,7 millions par an. La pollution de l’eau a fait 1,4 million de morts et l’empoisonnement au plomb en a causé près d’un million. Les décès dus à ces facteurs de risque de pollution modernes, conséquences de l’industrialisation et de l’urbanisation, ont augmenté de 7 % depuis 2015 et de plus de 66 % depuis 2000.
Au fur et à mesure que les pays en voie de développement deviennent plus prospères, le type de décès lié à la pollution change. Par exemple, à mesure que les maisons reçoivent la plomberie, l’électricité, les fours à gaz et le chauffage central, il y a moins de personnes exposées à l’eau potable contaminée et à la pollution de l’air provenant des cuisinières intérieures. En revanche, les combustibles fossiles brûlés pour cuisiner et produire de la chaleur et de l’électricité créent davantage de pollution atmosphérique. De plus, les économies en cours d’industrialisation voient davantage de produits chimiques toxiques s’infiltrer dans le sol et l’eau des usines.
On observe une baisse du nombre de décès attribuables aux types de pollution associés à l’extrême pauvreté. Cependant, cette diminution des décès dus à la pollution de l’air domestique et à la pollution de l’eau est compensée par une augmentation des décès attribuables à la pollution de l’air ambiant et à la pollution chimique. Par exemple, la pollution de l’air intérieur et la contamination de l’eau restent les principales causes de décès en Afrique, tandis qu’en Chine, ces problèmes sont largement dépassés par la pollution de l’air extérieur et l’exposition aux produits chimiques toxiques.
Une grande partie de la pollution dans les pays en voie de développement provient de processus industriels tels que l’exploitation minière, le raffinage, la fabrication de produits destinés aux consommateurs des pays développés. Une étude de novembre 2021 dans la revue Nature Communications a révélé que la consommation dans les pays du G-20 est responsable de la pollution de l’air qui cause 2 millions de décès prématurés par an.
Bien que la pollution de l’air soit moins meurtrière aux États-Unis, elle est toujours bien présente. Début 2022, un rapport de l’American Lung Association a révélé que plus de 40% des Américains, soit plus de 137 millions de personnes, vivent dans des zones où prévalent des niveaux dangereux de pollution par les particules ou d’ozone troposphérique (c’est-à-dire le smog).
Les scientifiques sont persuadés qu’une transition rapide des combustibles fossiles vers des sources d’énergie propres réduirait à la fois la pollution de l’air et de l’eau et ralentirait le réchauffement climatique. Les auteurs du rapport paru dans The Lancet Planetary Health appellent à des systèmes de surveillance de la pollution de l’air à l’échelle internationale et au financement de projets de contrôle de cette même pollution.
Source : Yahoo Actualités, The Washington Post.

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A new study released in the medical journal Lancet Planetary Health informs us that deaths from pollution have increased to 9 million people each year. In other words, pollution is responsible for one of six annual deaths worldwide. Air pollution, contaminated water and toxic chemical exposure are the main drivers of this death toll.

Most victims are concentrated in developing countries, with 90% of the deaths in low- and middle-income countries.

Air pollution, which is mainly caused by burning the same fossil fuels that cause climate change, such as oil, coal and natural gas, is responsible for the majority of the deaths, approximately 6.7 million per year. Water pollution caused 1.4 million deaths and lead poisoning caused almost one million. Deaths from these modern pollution risk factors, which are the consequence of industrialisation and urbanisation, have risen by 7% since 2015 and by over 66% since 2000.

As developing countries grow more prosperous, the type of pollution-related death changes. For instance, as homes get plumbing, electricity, gas ovens and central heating, there are fewer people exposed to contaminated drinking water and air pollution from indoor cookstoves. But the fossil fuels burned to cook and to produce heat and electricity create more air pollution and industrializing economies see more toxic chemicals leaching into soil and water from factories.

Reductions have occurred in the number of deaths attributable to the types of pollution associated with extreme poverty. However, these reductions in deaths from household air pollution and water pollution are offset by increased deaths attributable to ambient air pollution and toxic chemical pollution. For example, indoor air pollution and water contamination remain the leading environmental causes of death in Africa, while in China, those problems are far outpaced by outdoor air pollution and toxic chemical exposure.

Much of the pollution in developing countries comes from industrial processes such as mining, refining, manufacturing, for products that go to consumers in large economies. A November 2021 study in the journal Nature Communications found that consumption in the G-20 countries is responsible for air pollution that causes 2 million premature deaths annually.

Although air pollution may be less deadly in the United States, it is still prevalent. Earlier this year, an American Lung Association’s report for 2022 found that more than 40% of Americans, over 137 million people, live in areas with failing grades for healthy levels of particle pollution or ground-level ozone (i.e smog).

Environmental experts say that a quick transition from fossil fuels to clean sources of energy would both reduce air and water pollution and slow global warming. The authors of the Lancet Planetary Health report call for international air pollution monitoring systems and funding for pollution control projects.

Source: Yahoo News, The Washington Post.

 

Impressionnant nuage de pollution au-dessus de Pékin en janvier 2013 (Source: NASA)