Etats Unis : pas de glace sur les Grands Lacs // United States : no ice on the Great Lakes

Quand j’étais au collège, il fallait que j’apprenne les noms des Grands Lacs aux États-Unis : Supérieur, Michigan, Huron, Érié et Ontario.

Photo: C. Grandpey

Lors d’une récente visite au Canada, j’ai eu l’occasion longer en voiture le lac Supérieur et de voir les écluses entre les lacs Érié et Ontario.

Vue du Lac Supérieur (Photo: C. Grandpey)

Ecluse entre les lacs Erié et Ontario (Photo: C. Grandpey)

Habituellement, les Grands Lacs sont gelés pendant l’hiver, avec une épaisse couche de glace qui permet de rouler en voiture et de se livrer aux joies du patinage. Pas en 2024.

Un hiver historiquement doux dans le nord des États-Unis a entraîné une formation de glace extrêmement faible le long des lacs. À la mi-février, la NOAA a indiqué que la couverture de glace des Grands Lacs était d’environ 2,7 %, un minimum historique. Les lacs Érié et Ontario étaient en grande partie dépourvus de glace alors qu’ils devraient être proches du pic de couverture pour l’année. Les scientifiques locaux n’ont jamais vu des niveaux de glace aussi bas à la mi-février depuis le début des relevés en 1973.
La saison hivernale (2023-24) a débuté avec des températures de l’air historiquement chaudes en décembre, suivies d’une brève et unique période de froid en janvier. Avec les quelques semaines de températures hivernales, la couverture de glace sur les cinq Grands Lacs a atteint entre 15 et 20 %, bien en dessous de la barre des 53 % habituellement observés fin février et début mars.
Une autre vague de chaleur en février a provoqué une fonte importante le long des lacs, ce qui a conduit aux niveaux records actuels. Comme les lacs n’étaient pas gelés, cela a permis aux systèmes de tempête de profiter de l’humidité et de faire tomber la neige par effet de lac. Plusieurs localités situées sous le vent au bord des lacs Michigan, Érié et Ontario ont enregistré des chutes de neige avec des couches de plusieurs dizaines de centimètres. À côté de cela, à la mi-février, Buffalo, dans l’État de New York, a signalé un déficit de neige de plus de 40 centimètres. Outre les impacts humains, la NOAA explique qu’elle surveillera les effets du manque de glace sur la population de poissons. L’agence climatique a déclaré que certains animaux dépendent de la glace pour se protéger des prédateurs, et qu’avec l’absence de cette barrière naturelle, il y aura forcément des impacts sur les écosystèmes.
Les problèmes liés au manque de glace ont frappé les lacs depuis l’Alaska jusqu’au Maine, avec des centaines de sauvetages et plusieurs décès. En effet, les températures anormalement chaudes en décembre, janvier et février ont empêché la formation d’épaisses couches de glace sur les lacs, les rendant dangereux. Au moins 10 centimètres de glace sont nécessaires pour supporter le poids d’un être humain, et au moins 20 centimètres sont recommandés avant d’essayer d’y conduire un véhicule de petite taille

Source : National Weather Service

Par ailleurs, la NOAA explique que le manque de glace peut rendre le littoral plus vulnérable à l’érosion et aux grosses vagues lors des tempêtes.

Source : Yahoo Actualités.

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When I was at Junior High school, I had to learn the names of the Great Lakes in the Unites States : Superior,Michigan, Huron, Erie and Ontario. During a recent visit in Canada I had the opportunity to drive anlog Lake Superior and to see the locks between lakes Erie and Ontario. Usually, the Great Lakes are frozen during the winter, with a thik layer of ice that allows to drive and skate.

Not in 2024. A historically warm winter across the northern tier of the U.S. has led to an extremely low ice production along lakes. As of mid-February, NOAA reported that Great Lakes ice coverage clocked in at around 2.7%, which was a historic low. Both Lakes Erie and Ontario were essentially ice-free when they should be nearing the peak of coverage for the year. Local scientists have never seen ice levels this low in mid-February on the lakes since records began in 1973.

The winter season (2023-24) began with historically warm air temperatures in December, followed by only a brief period of cold in January. The few weeks of winter-like temperatures caused ice across the five Great Lakes to peak at between 15-20% of coverage, well below the 53% mark that is usually reached in late February and early March.

Another warm spell in February caused significant melting along the lakes, leading to the current record lows. The unfrozen lakes allowed storm systems to take advantage of the available moisture in the form of lake-effect snow. Several communities downwind of Lakes Michigan, Erie and Ontario reported seeing snowfall events with accumulations in tens of centimeters. As of mid-February, Buffalo, New York, reported a snowfall deficit of more than 16 inches (40 centimeters). Aside from human impacts, NOAA warns that it will be monitoring for effects on the fish population. The agency said some marine animals rely on ice for protection from predators, and without the natural barrier, there are bound to be some ecosystem changes.

Problems associated with thin ice have plagued lakes from Alaska through Maine, with hundreds of rescues and several fatalities. Abnormally warm temperatures in December, January and February prevented thick layers of ice from forming on lakes, causing the ice to be thinner than what is typical. At least 10 centimeters of ice is needed to support a human’s weight sufficiently, and at least 20 centimeters is recommended before attempting to drive a small-sized vehicle on it.

NOAA says the lack of ice can make the shoreline more susceptible to erosion and large waves during storm systems.

Source : Yahoo News.

Le marégraphe de Marseille et l’élévation du niveau de la Méditerranée

Avec le réchauffement climatique, la fonte de la banquise et des glaciers, on parle beaucoup de la hausse du niveau des océans et de son impact sur les zones littorales. La France possède une référence dans ce domaine : le marégraphe de Marseille donne en permanence des indications précieuses sur l’évolution du niveau de la Mer Méditerranée.

Implanté en face de la villa Valmer, le marégraphe de Marseille appartient à l’État qui en confie la gestion à l’IGN. Le marégraphe a été construit en 1883-84 pour déterminer l’origine des altitudes en France continentale. Malgré son âge, ce n’est pas une pièce de musée. Le marégraphe de Marseille est intégré au réseau mondial GLOSS (Global Sea Level Observing System), composé de plusieurs centaines de marégraphes.

La série temporelle de mesures fournie par le marégraphe de Marseille est très longue. Elle couvre plus de 135 ans, pratiquement sans interruption, avec très peu de changements d’appareils et de modification de l’environnement des mesures. Elle permet d’établir une tendance robuste et fiable de l’élévation du niveau de la Méditerranée à Marseille depuis 1885.

Sous l’effet combiné de la dilatation thermique et de la fonte des glaciers et calottes polaires, le niveau moyen de la Mer Méditerranée a augmenté de 1,4 mm/an au cours du 20ème siècle, avec une forte accélération observée ces 20 derniers années ; jusqu’à 2,8 mm/an sur la période 1993-2018. Ainsi à Marseille le niveau de la mer a augmenté d’environ 20 cm depuis le début du 20ème siècle.

Si les émissions de gaz à effet de serre restent inchangées, la hausse moyenne du niveau de la mer en Méditerranée devrait encore s’accélérer au cours du 21ème siècle. Autour de 2100, le niveau moyen de la mer dans le bassin méditerranéen augmentera vraisemblablement dans une fourchette allant de 37 cm (neutralité carbone en 2050) à 90 cm (échec des engagements de la COP 21) de plus que le niveau observé à la fin du 20ème siècle.

Le littoral de la région Provence Alpes Côte d’Azur déjà fragilisé par l’artificialisation et les activités anthropiques est particulièrement vulnérable aux effets de l’augmentation du niveau de mer. Les conséquences sont multiples : accélération des phénomènes d’érosion littorale, exposition accrue aux vagues de submersion, intrusions salines (en particulier en Camargue), impacts sur la biodiversité marine et littorale. Ces conséquences auront bien sûr des impacts de plus en plus importants sur les infrastructures, le tourisme, la santé publique, la biodiversité, l’accès à l’eau, l’agriculture et l’élevage, notamment en Camargue.

Source : Groupe régional d’experts sur le climat en région Provence-Alpes-Côte d’Azur (GREC-SUD)

Pérou : la fonte des glaciers et ses conséquences // Peru : glacier melting and its consequences

Au cours de ma conférence « Glaciers en péril – Les effets du réchauffement climatique », j’explique que le Pérou est l’un des pays les plus touchés par la hausse des températures. Les glaciers fondent très vite, avec des conséquences sur les populations qui en dépendent pour leur approvisionnement en eau, leur hydroélectricité et l’irrigation de leurs cultures. Si ces personnes ne disposent plus de cette eau essentielle, elles devront partir.
Un nouvel article de l’agence Associated Press confirme que le Pérou a perdu plus de la moitié de sa surface glaciaire au cours des 60 dernières années et que 175 glaciers ont disparu en raison du réchauffement climatique entre 2016 et 2020.Les glaciologues font remarquer qu’en 58 ans, 56,22 % de la couverture glaciaire enregistrée en 1962 a disparu. Ils confirment que le facteur qui a le plus grand impact est la hausse de la température moyenne à l’échelle de la planète ; cela provoque une accélération du recul des glaciers, notamment dans les zones tropicales.
Le Pérou dispose encore de 1 050 kilomètres carrés de couverture glaciaire, soit une superficie représentant environ 44 % de celle enregistrée en 1962, lorsque le premier inventaire des glaciers a été réalisé.
Sur certaines chaînes de montagnes au Pérou, les glaciers ont presque disparu, notamment le Chila, qui a perdu 99 % de sa surface glaciaire depuis 1962. Le Chila est symbolique car les premières eaux qui donnent naissance au fleuve Amazone descendent de ce glacier.
Comme je l’ai écrit plus haut, la fonte des glaciers va devenir un véritable problème pour les populations qui dépendent de leur eau, sans oublier le risque que peut engendrer leur fonte. Comme on peut le voir sur la chaîne himalayenne, l’eau de fonte forme des lacs retenus par des moraines fragiles qui peuvent s’éventrer, comme ce fut le cas en mai 1970 lorsqu’une immense masse de glace s’est détachée du glacier Huascarán, dans le nord des Andes, sous l’effet d’un séisme de magnitude 7,9. La masse de glace a terminé sa course dans le lac de fonte, déclenchant une avalanche de boue qui a détruit la ville de Yungay et fait plus de 20 000 morts.
Source : Associated Press.

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During my conference « Glaciers at risk – The effects of global warming », I explain that Peru is onr of the countries most affected by rising temperatures. Glaciers are melting very fasyt, with consequences for the populations that depend on them for thir water supply, hydroelectricity and irrigation of their cultures. If these people no longer have this essential water, they will have to leave.

A newAssociated Press article confirms that Peru has lost more than half of its glacier surface in the last six decades, and 175 glaciers became extinct due to global warming between 2016 and 2020. Glaciologistswarn that in 58 years, 56.22% of the glacial coverage recorded in 1962 has been lost. They confirm that the factor that causes the greatest impact is the increase in the average global temperature, causing an accelerated retreat of glaciers, especially those in tropical areas.

Peru has 1,050 square kilometers of glacial coverage left, an area representing about 44% of what was recorded in 1962, when the first glacier inventory was carried out.

There are some mountain ranges in Peru where glaciers have almost disappeared, namely Chila, which has lost 99% of its glacial surface since 1962. Chila is key because the first waters that give rise to the Amazon River descend from the glacier.

As I put it above, the loss of glaciers will become a real problem for the people who depend on their water, without forgetting the risk their melting may cause. Meltwater forms lakes which are held by fragile moraines that may break open as was the case in May 1970 when a huge sheet of ice from the snow-capped Huascarán Glacier, in the northern Andes, broke off after an M 7.9 earthquake. The mass of ice fell in sucha lake, causing a mud avalanche that destroyed the city of Yungay and left more than 20,000 dead.

Source : Associayed Press.

 

Le 31 mai 1970, à 15 h 23, alors que la plupart des habitants de Yungay écoutaient sur leurs radios le match de coupe du monde Brésil-Italie, un décrochement de faille s’est produite dans la zone de subduction au large du Pérou, provoquant un séisme de M 7,9. La secousse a déstabilisé des millions de tonnes de neige, de roche et de glace qui ont ensuite parcouru 15 km jusqu’à Yungay, avant de détruire la ville, ne laissant rien d’autre que le cimetière sur une petite colline à la périphérie. Il s’agit de l’avalanche la plus meurtrière du Pérou. La ville a été reconstruite à proximité et le site d’origine a été déclaré cimetière national.

At 1523 on May 31st, 1970, while most of the inhabitants of Yungay were listening to the Brazil-Italy world cup match on their radios, a fault ruptured in the subduction zone off Peru atriggered an M 7.9 earthquake. The quake dislodged millions of tons of snow, rock and ice that travelled the 15 km to Yungay, obliterating the city, leaving nothing but the cemetery on a small hill at the edge of town. It was the country’s deadliest known avalanche in Peru. The town was rebuilt nearby, and the original site has been declared a national cemetery.

Histoire d’enfoncer le clou… // Just to drive the point home…

Selon des scientifiques de l’Union européenne, 2023 devrait être la année la plus chaude que la planète ait connue depuis 125 000 ans. Ils ont fait cette déclaration après que les données ont montré qu’octobre 2023 était de loin le mois d’octobre le plus chaud jamais enregistré (voir ma note du 7 novembre). .
Comme je l’ai écrit précédemment, le réchauffement climatique que nous connaissons actuellement est dû aux émissions continues de gaz à effet de serre provenant de la combustion de combustibles fossiles, combinées à l’arrivée cette année d’El Niño, qui réchauffe les eaux de surface de l’océan Pacifique oriental et devrait durer au moins jusqu’au mois d’avril 2024. L’année la plus chaude jamais enregistrée jusqu’à présent est 2016, une autre année El Nino, même si 2023 est en passe de la dépasser.
Les données de l’agence Copernicus remontent à 1940. Lorsque les climatologues européens combinent leurs données avec celles du GIEC, le résultat est que 2023 est l’année la plus chaude des 125 000 dernières années. Les données du GIEC sur le long terme s’appuient sur des éléments tels que les carottes de glace, les cernes d’arbres et les dépôts coralliens.
Le réchauffement climatique provoque des phénomènes extrêmes de plus en plus destructeurs comme on vient de le voir en France. En 2023, des inondations ont tué des milliers de personnes en Libye ; l’Amérique du Sud a connu de sévères vagues de chaleur et le Canada a dû faire face à la pire saison d’incendies de forêt jamais enregistrée.
À l’échelle mondiale, la température moyenne de l’air à la surface de la Terre en octobre a été de 15,3 °C. C’est 1,7 °C de plus que que la moyenne du mois d’octobre de 1850 à 1900,(période préindustrielle). Le seul autre mois où le record de température a été battu avec une telle marge a été septembre 2023.
La combinaison du réchauffement climatique d’origine anthropique et d’El Nino fait craindre d’autres catastrophes provoquées par les vagues de chaleur à venir, notamment en Australie, qui s’attend à une nouvelle saison de feux de feux de végétation provoqués par un climat chaud et sec.
Les conclusions des scientifiques européens arrivent trois semaines avant la COP28 de Dubaï. Près de 200 pays essaieront de négocier des mesures plus efficaces pour lutter contre le réchauffement climatique. L’une des questions au cœur de la conférence sera de savoir si les gouvernements accepteront – pour la première fois et avec des mesures contraignantes – de réduire progressivement la combustion de combustibles fossiles émetteurs de dioxyde de carbone. Les dernières déclarations du sultan Al Jaber ne sont guère encourageantes : « Nous ne pouvons pas débrancher le système énergétique d’aujourd’hui avant de construire le système de demain. Ce n’est tout simplement ni pratique ni possible »
Source : Médias d’information internationaux.

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According to European Union scientists, 2023 is set to be the world’s warmest in 125,000 years. Their statement was made after data showed October 2023 was the hottest October on record by a massive margin (see my post of November 7th).

As I put it before, the heat is a result of continued greenhouse gas emissions from the burning of fossil fuels, combined with the emergence this year of El Nino which warms the surface waters in the eastern Pacific Ocean and is set to last until at least April 2024. The current hottest year on record so far is 2016, another El Nino year, although 2023 is on course to overtake that.

Copernicus’ dataset goes back to 1940. When European climatologists combine their data with the IPCC, the result is that 2023 is the warmest year for the last 125,000 years. The longer-term data from the IPCC includes readings from sources such as ice cores, tree rings and coral deposits.

Global warming is causing increasingly destructive extremes. In 2023, floods killed thousands of people in Libya ; there were severe heatwaves in South America, and Canada had to face its worst wildfire season on record.

Globally, the average surface air temperature in October of 15.3°C was 1.7°C warmer than the average for October in 1850-1900, which Copernicus defines as the pre-industrial period. The only other month to breach the temperature record by such a large margin was September 2023.

The combination of human-caused global warming together with El Nino raises concerns of more heat-fuelled destruction to come, including in Australia, which is confronted with a severe bushfire season amid hot and dry conditions.

The scientists’ findings come three weeks before governments meet in Dubai for this year’s COP28. Nearly 200 countries will negotiate stronger action to fight climate change. A central issue at the conference will be whether governments agree – for the first time and with binding measures – to phase out the burning of carbon dioxide-emitting fossil fuels. Sultan Al Jaber’s latest declarations of Sultan are not encouraging : “We cannot unplug today’s energy system before building tomorrow’s system. It’s just not practical or possible,”

Source : International news media.