La pandémie de Covid-19 et les navires de croisière

La pandémie de Covid-19 aura eu au moins une conséquence positive pour l’environnement. Elle a mis à l’arrêt la flotte mondiale de navires de croisière qui polluent les abords de villes comme Marseille ou Toulon lorsqu’ils y font escale.

J’ai écrit sur ce blog deux articles pour alerter sur la situation créée par ces navires. Le premier a été publié le 18 janvier 2019 et fait référence au port de Toulon (Var) où accostent les ferries qui relient le continent à la Corse, à Majorque ou à la Sardaigne. Ils arrivent souvent tôt le matin et repartent tard le soir en laissant tourner leurs moteurs entre deux rotations pour assurer l’électricité à bord. Cette situation génère une importante pollution et les habitants décrivent un air rendu parfois « irrespirable » à cause de la fumée dégagée par les navires. Ces derniers sont de gros consommateurs de carburant. Pour un navire de croisière moyen, la consommation de carburant est d’environ 700 litres par heure lorsqu’il est à quai. De ce fait, les bateaux engendrent une augmentation de la quantité de dioxyde d’azote et d’oxyde de soufre dans l’air. Lorsque les bateaux sont à quai, la pollution au dioxyde d’azote grimpe de 29 à 43 parties par milliard (ppb), soit d’environ 58 à 86 microgrammes par mètre cube, des chiffres au-dessus de la norme annuelle pour la protection de la santé humaine, fixée à 40 microgrammes par mètre cube. Les cheminées de navires émettent par ailleurs des particules qui expliquent l’empoussièrement dont font état les riverains. Selon l’association France nature Environnement, chaque année en Europe, les émissions du transport maritime causent près de 60 000 morts et coûtent 58 milliards d’euros aux services de santé.

Le 12 septembre 2019, j’expliquais qu’à Marseille (Bouches-du-Rhône), les navires en escale sont responsables de près de 15% de la pollution atmosphérique. Ils rejettent des gaz toxiques comme l’oxyde d’azote – jusqu’à 40% du taux présent dans la ville – des gaz à effet de serre et des suies perceptibles jusque dans les habitations des riverains.

La solution à ce type de pollution est bien connue et déjà testée à Marseille : l’électrification des quais. Branchés à l’électricité de la ville, les navires pourraient ainsi couper les moteurs une fois à quai et supprimer la quasi-totalité des émissions polluantes. Un plan « Escales zéro fumée » a été présenté le jeudi 5 septembre 2019 par la région PACA. Il vise à généraliser le raccordement des navires au réseau électrique dans les grands ports de Marseille, Nice et Toulon, moyennant un investissement de 30 millions d’euros. Les compagnies maritimes devront donc payer leur consommation. Des quais électriques devraient être installés à partir de 2025. La plupart des riverains pensent que cette date est trop éloignée.

En attendant, on va continuer à enregistrer dans les prochaines années des milliers de nouveaux décès provoqués par cette pollution des bateaux en escale. Selon la société Marseille Provence Cruise Terminal, qui gère les terminaux de croisière dans la cité phocéenne, près de 500 escales ont été enregistrées en 2018. La pause enregistrée en 2020 à cause du coronavirus n’est probablement que provisoire…

Source : France Info.

Un navire de croisière comme l’ « Oasis of the Seas » peut accueillir 5400 passagers à son bord

Réchauffement climatique : La pollution des navires en escale // Global warming: Pollution of ships in ports of call

S’agissant des gaz à effet de serre, cause principale de l’accélération du réchauffement climatique, on nous parle beaucoup des voitures et des conséquences nocives des gaz d’échappement sur l’atmosphère. On nous parle des vignettes CRIT’AIR qui sont censées réduire la pollution automobile.

A côté de cela, il est un fléau que les médias oublient de mentionner : les fumées émises par les navires à quai dans les ports. Ainsi, à Marseille (Bouches-du-Rhône), les navires en escale sont responsables de près de 15% de la pollution atmosphérique. Ils rejettent dans l’atmosphère des gaz toxiques comme l’oxyde d’azote – jusqu’à 40% du taux présent dans la ville – des gaz à effet de serre et des suies perceptibles jusque dans les habitations des riverains. La solution à ce problème est bien connue, mais jamais mise en application. Elle consisterait à relier les bateaux en escale au réseau électrique.

Un plan « Escales zéro fumée » a été présenté le jeudi 5 septembre 2019 par la région PACA. Il vise à généraliser le raccordement des navires au réseau électrique dans les grands ports de Marseille, Nice et Toulon, moyennant un investissement de 30 millions d’euros. Les compagnies maritimes devront donc payer leur consommation. Des quais électriques devraient être installés à partir de 2025. La plupart des riverains pensent que cette date est trop éloignée. Tendant les prochaines années, on va continuer à enregistrer des milliers de nouveaux décès provoqués par cette pollution des bateaux en escale. 67 000 décès prématurés sont imputés chaque année à la pollution de l’air pour un coût estimé à 100 milliards d’euros. Un élu socialiste a demandé l’interdiction des bateaux à fioul lourd dans le port de Marseille, comme c’est le cas à Miami, affirmant que « les grandes compagnies de croisière envoient leurs bateaux les plus polluants à Marseille ». Selon la société Marseille Provence Cruise Terminal, qui gère les terminaux de croisière dans la cité phocéenne, près de 500 escales ont été enregistrées en 2018.

La chaîne de radio France Info nous explique que pour les riverains du quartier de Mourepiane qui surplombe le port de Marseille, la situation est souvent intenable. Ainsi, depuis le 3 juillet, le Liverpool Express, un porte-conteneurs allemand, est en maintenance dans la forme 10 du Grand Port de Marseille et les cheminées du navire continuent à  émettre en permanence leurs fumées toxiques ingérées par les poumons des riverains. Ce n’est qu’un exemple de la pollution générée par les ferries, cargos et navires de croisière lorsqu’ils sont à quai.

Source : France Info.

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When it comes to greenhouse gases, the main cause of accelerating global warming, we hear a lot about cars and the harmful effects of exhaust fumes on the atmosphere. We are told about the CRIT’AIR stickers that are supposed to reduce car pollution.
Beside that, there is a scourge that the media forget to mention: fumes emitted by ships docked in ports. In Marseilles (Bouches-du-Rhône), for example, ground-based vessels account for nearly 15% of air pollution. They release into the atmosphere toxic gases such as nitrogen oxide – up to 40% of the rate present in the city – greenhouse gases and soot that can be seen into the homes of residents. The solution to this problem is well known, but never implemented. It would consist in connecting the boats in call to the electricity network.
A plan « Ports of call with zero smoke » was presented on Thursday, September 5th, 2019 by the PACA region. It aims to generalize the connection of ships to the electricity network in the major ports of Marseilles, Nice and Toulon, with an investment of 30 million euros. Shipping companies will have to pay for their electricity consumption. Electric docks should be installed from 2025. Most residents think that this date is too far away. Over the next few years, there will still be thousands of new deaths caused by this pollution of vessels calling. 67,000 premature deaths are attributed each year to air pollution at an estimated cost of 100 billion euros. An elected Socialist asked for the ban of heavy fuel oil in the port of Marseilles, as is the case in Miami, saying that « the big cruise companies send their most polluting boats to Marseilles. » According to the company Marseille Provence Cruise Terminal, which manages cruise terminals in the Mediterranean city, nearly 500 stopovers were recorded in 2018.
The France Info radio channel explains that for the residents of the Mourepiane district overlooking the port of Marseilles, the situation is often unbearable. For instance, since July 3rd, the Liverpool Express, a German container ship, is in maintenance in Dock10 of the Grand Port of Marseille and the funnels of the ship continue to emit permanently their toxic fumes ingested by the lungs of the residents. This is just one example of the pollution generated by ferries, cargo ships and cruise ships when they are docked.
Source: France Info.

Les paquebots font escale dans le port de Juneau (Alaska) où ils déversent des milliers de touristes, mais aussi d’énormes quantités de gaz toxiques (Photo: C. Grandpey)