L’Australie défie le changement climatique // Australia challenges climate change

Alors que le feu continue de ravager la végétation dans les Etats de Nouvelle-Galles du Sud et de Victoria en Australie, les médias étrangers critiquent vertement l’attitude des autorités face à la crise.
La plupart des journaux écrivent que l’Australie est « prise dans une spirale climatique, » en partie par sa propre faute. Le pays est en train de payer le prix fort de son exploitation des combustibles fossiles. Deux des plus grandes catastrophes climatiques se produisent aujourd’hui en Australie : les feux de végétation, et la destruction irréversible de la Grande Barrière de Corail.
L’Australie est l’un des pays les plus exposés aux dangers du changement climatique. La majeure partie du 21ème siècle s’est déroulée dans une sécheresse historique. Les océans tropicaux autour de l’Australie sont plus menacés que tout autre biome par le changement climatique. Les habitants se sont regroupés le long des côtes tempérées et tropicales, là même où la hausse du niveau des océans menace les grandes villes. Ces mêmes bandes de terres habitables sont les endroits qui brûlent actuellement ou qui risquent d’être ravagés par le feu dans les prochaines années.
Confronté à de tels désastres, les Australiens pourraient se serrer les coudes pour éviter qu’ils se reproduisent. Au lieu de cela, ils ont élu des dirigeants ayant d’autres priorités. Par exemple, les exportations de charbon sont au cœur de la croissance économique du pays. L’Australie est le deuxième exportateur mondial de charbon et a évité la récession au cours des 27 dernières années en grande partie grâce à la vente du charbon.
La grande question est de savoir si l’Australie continuera d’être le proie des flammes et si la Grande Barrière de Corail continuera de mourir. Le Premier Ministre continuera-t-il à nier tout lien entre les feux de végétation et le changement climatique, comme l’a fait le président Trump en imputant les incendies de 2018 en Californie à la mauvaise gestion des forêts par cet État.
Les incendies qui ravagent actuellement l’Australie ont entamé la popularité de M. Morrison, le Premier Ministre. Des habitants furieux, dont certains avaient perdu leur maison, s’en sont pris verbalement à M. Morrison et ont refusé de lui serrer la main. Ils protestent contre le financement insuffisant des services d’incendie dans les campagnes. Certaines personnes l’ont accusé de « suicide climatique.»
Il est assez incroyable de constater que la réponse des dirigeants australiens à cette crise nationale sans précédent n’a pas été de défendre leur pays mais de défendre l’industrie des combustibles fossiles, comme s’ils voulaient que le pays soit condamné à sa perte. Alors que les incendies explosaient à la mi-décembre, le chef du parti travailliste d’opposition a fait une tournée des communautés minières pour exprimer son soutien sans équivoque aux exportations de charbon. Son argument est que si l’Australie cessait d’exporter aujourd’hui, la demande en charbon ne diminuerait pas ; le charbon proviendrait d’ailleurs. Cela ne réduirait donc pas les émissions de gaz à effet de serre. Il a ajouté que l’arrêt des exportations de charbon nuirait à l’économie et ne présenterait aucun avantage pour l’environnement.

Source : Journaux néo-zélandais et australiens.

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While bushfires keep destroying huge areas of Australia’s New Souh Wales and Victoria, overseas media outlets strongly criticize the authorities’response to the crisis  .

The general opinion is that Australia is « caught in a climate spiral » partly of its own creation. The country is paying the high price for the conditions that its fossil fuels have helped bring about. The two biggest kinds of climate calamity happening today have begun to afflict the continent. On the one hand, there are the bushfires, and on the other hand the irreversible destruction of the Great Barrier Reef.

Australia is one of the countries most at risk from the dangers of climate change. It has spent most of the 21st century in a historic drought. Its tropical oceans are more endangered than any other biome by climate change. Its people are clustered along the temperate and tropical coasts, where rising seas threaten major cities. Those same bands of liveable land are the places either now burning or at heightened risk of bushfire in the future.

Confronted with such challenges, Australia’s people might rally to reverse these dangers. Instead, they have elected leaders with other priorities. For instance, coal exports are at the heart of the country’s economic growth. Australia is the world’s second-largest exporter of coal, and has avoided recession for the past 27 years in part by selling coal.

The big question is to know whether Australia will continue to burn, and its coral will continue to die. Will Prime Minister Morrison distract from any link between the bushfires and climate change, as President Donald Trump did when he inexplicably blamed California’s 2018 blazes on the state’s forest mismanagement.

The current bushfires have made the Prime Minister unpopular. Furious locals, some of whom had lost their homes, shouted at Mr Morrison and refused to shake his hand. Their chief complaint was insufficient funding for the Rural Fire Service. Some people accused him of committing « climate suicide. »

Incredibly, the response of Australia’s leaders to this unprecedented national crisis has been not to defend their country but to defend the fossil fuel industry as if they were willing the country to its doom. While the fires were exploding in mid-December, the leader of the opposition Labour Party went on a tour of coal mining communities expressing his unequivocal support for coal exports. His argument is that if Australia stopped exporting today there would not be less demand for coal; it would come from a different place. So it would not reduce emissions. He added that stopping exporting coal would damage the economy and would not have any environmental benefit.

Source: New Zealand and Australian newspapers.

Source: ESA

Pas d’hiver à Moscou et en Norvège! // No winter in Moscow and in Norway!

Il y a quelques jours, j’indiquais que Moscou (Russie) avait enregistré des températures record en décembre avec 6,2°C la veille de Noël, la température la plus chaude jamais observée à cette date. Il n’y a pas de période vraiment froide dans les prévisions météorologiques.
La chose positive est que le temps exceptionnellement doux a donné naissance à des discussions au sein de la population sur la crise climatique, un sujet qui n’est pas une priorité dans un pays qui dépend fortement des exportations d’hydrocarbures. Sans surprise, le président Poutine a reconnu la hausse globale des températures, mais a mis en doute le rôle de l’Homme dans le changement climatique. On le sait depuis longtemps, Trump et Poutine ont tout intérêt à voir la glace fondre dans l’Arctique avec l’ouverture de nouvelles voies de navigation et l’exploitation de ressources minérales.

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2020 a commencé avec la chaleur dans plusieurs régions de Norvège. Le 2 janvier, le record du mois a été battu à deux reprises: d’abord avec 18,6°C à Åndalsnes et ensuite avec 19°C à Sunndalsøra. Ce nouveau record de chaleur a effacé l’ancien qui était de 17,9°C en janvier 1989 à Tafjord.
Les réactions à ce temps exceptionnellement chaud en janvier ont été très diverses. Beaucoup de personnes trouvent que c’est agréable mais anormal et inquiétant.
Les prévisions à long terme montrent que le temps doux durera encore un certain temps. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour le reste de l’Europe, en particulier pour les stations de sports d’hiver.
Il convient également de noter qu’il y a très peu d’aurores boréales ces jours-ci en Europe du Nord. En effet, l’activité solaire est actuellement très faible.

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 A few days ago, I indicated that Moscow (Russia) saw record high temperatures in December with 6.2°C on Christmas Eve, the warmest recorded temperature for that date. And there is no really cold period in the weather forecast.

The good thing is that the unusually warm weather prompted public discussion about the climate crisis, a subject that is not often a priority in a country that heavily depends on hydrocarbon exports. Not surprisingly, President Putin acknowledged rising global temperatures, but cast doubt on the human role in climate change. It has long been known that Trump and Putin have an interest in seeing the ice melt in the Arctic with the opening of new shipping routes and the exploitation of mineral resources.

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It has been a hot start to 2020 in several parts of Norway. On Janiary 2nd, the record for this month was broken twice: First, 18.6°C in Åndalsnes and 19°C in Sunndalsøra. The new Norwegian heat record erased the old one at 17.9+C measured in January 1989 in Tafjord.

The reactions to the warm January weather have been mixed. Many find it nice but disturbing.

The long-term forecast shows that the mild weather will last for a while. This is not good news for the rest of Europe, especially the winter sport resorts.

It should also be noted that there arevery few northern lights these days in Northern Europe. Solar activity is currently very low.

2019 : la deuxième année la plus chaude de l’histoire // The second hottest year ever

J’attends les résultats des mesures officielles de la NASA, mais on peut d’ores et déjà affirmer que l’année 2019 terminera à la deuxième place des annales derrière 2016. Les dernières observations ne laissaient guère de doute sur ce classement inquiétant.

Le mois de décembre 2019 a confirmé cette tendance globale, avec +0,657°C au-dessus de la moyenne 1981-2010. Lui aussi termine à la deuxième place, derrière 2015 (+0,71°C) et devant 2016 (+0,48°C). Les régions polaires dans leur ensemble ont connu des anomalies nettement positives en 2019. L’Antarctique n’y échappe pas. L’Australie et la Russie ont enregistré des records de chaleur en 2019. C’est aussi le cas de l’Alaska où Anchorage a connu le 31 décembre le plus chaud de son histoire. Donc au nord comme au sud, il fait chaud, beaucoup trop chaud !

Il faut également noter que le deuxième semestre 2019 a été plus chaud que le premier. Le record de 2016 avait été favorisé par le concours d’un des plus gros épisodes El Niño jamais observés, alors que les conditions sont restées relativement neutres dans l’est Pacifique ces derniers mois.

Les cinq dernières années sont toutes dans le top 5. Sur la période 1948-2019, la température annuelle s’est élevée au rythme de +0,13°C par décennie. Sur la période 1989-2019, le rythme s’est accéléré pour atteindre +0,25°C par décennie.

La France, quant à elle, a enregistré sa troisième année la plus chaude avec une moyenne de 13,7°C, juste derrière 2018 (13,9°C) et 2014 (13,8°C).

Source : NCEP-NCAR, global-climat.

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 I am waiting for NASA’s results, but there is very little doubt that 2019 will end in second place in history, behind 2016. The latest observations confirm this disturbing ranking.
December 2019 confirmed the overall trend, with + 0.657°C above the 1981-2010 average. It finished in second place, behind 2015 (+ 0.71°C) and ahead of 2016 (+ 0.48°C). The polar regions as a whole experienced significantly positive anomalies in 2019. Antarctica is no exception. Australia and Russia posted heat records in 2019, as did Alaska, where Anchorage had the hottest December 31st in history. So, it’s hot, much too hot both in the north and in the south!
It should also be noted that the second half of 2019 was warmer than the first. The 2016 record was helped by one of the most significant El Niño episodes ever, while conditions have remained relatively neutral in the eastern Pacific in recent months.
The last five years have all been in the top 5. Over the 1948-2019 period, the annual temperature rose at a rate of + 0.13¨°C per decade. Over the 1989-2019 period, the pace accelerated to reach + 0.25°C per decade.
France, meanwhile, recorded its third hottest year with an average of 13.7°C, just behind 2018 (13.9°C) and 2014 (13.8°C).
Source: NCEP-NCAR, global-climat.

Les 10 années les plus chaudes depuis 1948. Anomalies par rapport à la moyenne 1981-2010. (Source : NCEP-NCAR)

Incendies en Australie et changement climatique // Wildfires in Australia and climate change

Les incendies de végétation continuent de faire rage en Australie. Cette année, la saison des incendies est l’une des pires de l’histoire de l’Australie. On dénombre au moins 15 morts, des centaines de maisons détruites et des millions d’hectares brûlés. Et l’été est loin d’être terminé. Comme je l’ai écrit précédemment, l’Australie a enregistré sa journée la plus chaude de tous les temps avec 41,9°C. La vague de chaleur se poursuit cette semaine dans le sud-est du pays, avec des températures qui devraient atteindre 40,5 ° C à Canberra, la capitale. Cette chaleur extrême fait suite au printemps le plus sec jamais enregistré. La plupart des régions de Nouvelle-Galles du Sud et du Queensland manquent de pluie depuis le début de l’année 2017. La sécheresse a ainsi frappé les zones agricoles les plus productives du pays.
Les médias ont indiqué que des milliers d’habitants et de vacanciers dans le sud-est de l’Australie ont été contraints de se réfugier le long des côtes car des incendies encerclaient des zones habitées en détruisant des dizaines de bâtiments. Des navires et des avions militaires ont été déployés pour fournir de l’eau, de la nourriture et du carburant aux villes coupées par le feu.
En Nouvelle-Galles du Sud, les incendies ont détruit près de 1 000 maisons. Quelque 90 incendies font actuellement rage dans l’État, avec une trentaine d’autres plus au sud dans l’Etat de Victoria. Au total, c’est une zone de la taille du Danemark qui a été dévastée. Les dépôts de particules de cendre ont teinté de marron les glaciers néo-zélandais comme le Franz Josef!
Les incendies les plus dangereux se produisent lorsque le vent chaud et sec en provenance du centre désertique du continent souffle vers les côtes où se concentre la population. Un front météorologique, là où les masses d’air à différentes densités se rencontrent, peut provoquer un changement rapide de direction du vent. Cela signifie les incendies peuvent se propager dans plusieurs directions.
Ces incendies de végétation peuvent être si violents et générer une telle chaleur qu’ils développent leurs propres systèmes météorologiques. Ces tempêtes de feu peuvent produire des éclairs, des vents forts et même des tornades. Ce qu’ils ne produisent pas, c’est la pluie. Un pompier volontaire décédé la semaine dernière a été écrasé lorsqu’une telle tornade a soulevé et renversé un camion d’intervention.

La précocité de la saison des feux de végétation a confirmé les prédictions des scientifiques: ils deviendront plus fréquents et plus intenses en Australie avec l’accélération du changement climatique. Le pays est normalement chaud et sec en été, mais le changement climatique, qui entraîne des périodes de chaleur extrême plus longues et plus fréquentes, aggrave ces conditions et rend la végétation plus sèche et plus susceptible de brûler.
Les derniers incendies ont mis l’accent sur l’incapacité du gouvernement australien à réduire les émissions de dioxyde de carbone, le gaz qui emprisonne la chaleur lorsqu’elle est rejetée dans l’atmosphère. Alors que les émissions de gaz à effet de serre continuent de monter en flèche, le pays, actuellement dirigé par une coalition conservatrice, n’a jamais réussi à parvenir à un consensus politique sur la politique énergétique et climatique. Comme je l’ai expliqué il y a quelques jours, cette politique est en partie influencée par la longue histoire minière de l’Australie et le puissant lobby du charbon.
Source: Journaux américains et australiens.

Dernière minute: D’après le Bureau of Meteorology australien (BOM), la température annuelle moyenne a atteint en Australie un niveau record depuis le début des relevés en 1910. Avec +1,52°C au-dessus de la moyenne 1960-1990, l’année 2019 devance le précédent maximum observé en 2013 avec +1,33°C. La température annuelle sur 2019 s’élève à 23,3°C, sachant que la moyenne a été de 21,8°C sur la période 1960-1990. En 1910, première année des archives, la température fut seulement de 21,3°C, soit deux degrés de moins qu’en 2019.

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Wildfires keep raging in Australia. This fire season has been one of the worst in Australia’s history, with at least 15 people killed, hundreds of homes destroyed and millions of hectares burned. And summer is far from over. As I put it before, Australia recorded its hottest day on record. The heat wave is continuing this week in southeastern Australia, with temperatures expected to reach 40.5°C in Canberra, the capital. The extreme heat has followed the driest spring on record. Most of New South Wales and Queensland have been experiencing shortfalls in rain since early 2017. The drought has hit the country’s most productive agricultural areas.

The media have informed us that thousands of residents and vacationers in southeastern Australia were forced to evacuate to shorelines as bush fires encircled communities and razed scores of buildings. Military ships and aircraft have been deployed to deliver water, food and fuel to towns cut off by the fires.

In New South Wales, the fires have destroyed nearly 1,000 homes. Around 90 fires are currently raging in the state, with about three dozen more to the south in Victoria. In total, an area the size of Denmark has been devastated.

The most dangerous fire days occur when hot, dry air blows from the desert center of the continent toward the populous coasts. A weather front — where air masses at different densities meet — can cause the direction of the wind to change rapidly. Ultimately, that means bigger fires spreading in multiple directions.

Bush fires can be so large and hot that they generate their own dangerous, unpredictable weather systems. These so-called firestorms can produce lightning, strong winds and even fire tornadoes. What they don’t produce is rain. A volunteer firefighter who died last week was crushed after a fire tornado lifted a fire truck off the ground.

 

The devastating start to the fire season confirmed what scientists have been predicting: that Australia’s bush fires will become more frequent and more intense as climate change worsens. The country is normally hot and dry in the summer, but climate change, which brings longer and more frequent periods of extreme heat, worsens these conditions and makes vegetation drier and more likely to burn.

The catastrophic fire conditions have put an intense focus on the Australian government’s failure to reduce emissions of carbon dioxide, which traps heat when released into the atmosphere. Even as emissions continue to soar, the country, currently governed by a conservative coalition, has found it difficult to reach a political consensus on energy and climate change policy. Those politics, in part, are influenced by Australia’s long mining history and its powerful coal lobby.

Source : American and Australian newspapers.

Last minute: According to the Australian Bureau of Meteorology (BOM), the average annual temperature in Australia has reached a record level since the start of the surveys in 1910. With + 1.52°C above the 1960-1990 average, 2019 is ahead of the previous maximum observed in 2013 with + 1.33°C.
The annual temperature in 2019 was 23.3°C, whereas the average was 21.8°C over the period 1960-1990. In 1910, the first year of the records, the temperature was only 21.3°C, two degrees lower than in 2019.

Incendies de végétation en Australie vus depuis l’espace à la mi décembre (Source : NASA)

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On peut voir sur cette page de Twitter plusieurs images des glaciers néo-zélandais, habituellement blancs, qui ont pris une nuance de couleur caramel.

https://twitter.com/Rachelhatesit/status/1212149468579028993