Les trous dans les couches d’ozone arctique et antarctique // The holes in the Arctic and Antarctic ozone layers

Dans des notes publiées le 29 avril et 1er mai 2020, j’indiquais que le plus grand trou jamais observé dans la couche d’ozone au-dessus de l’Arctique était en train de se refermer. Cependant, les scientifiques du Copernicus Atmospheric Monitoring Service (CAMS) faisaient remarquer que ce n’était probablement pas la pandémie et la réduction significative de la pollution de l’air qui avait provoqué la fermeture du trou. En effet, elle avait été générée par la présence d’un vortex polaire inhabituellement fort et prolongé, sans lien avec le changement de qualité de l’air.
Selon les données de la NASA, le niveau d’ozone au-dessus de l’Arctique avait atteint un niveau record en mars 2020. 1997 et 2011 sont les seules autres années où l’on avait enregistré un tel appauvrissement stratosphérique au-dessus de l’Arctique.

On ne connaît pas la cause de la présence du trou dans la couche d’ozone en 2020, mais les scientifiques affirment que sans le Protocole de Montréal en 1987 interdisant l’injection de chlorofluorocarbones dans l’atmosphère, il aurait été bien pire.

Source: CBS News.

Alors que le trou dans la couche d’ozone arctique est en voie de comblement, celui observé en 2020 au-dessus de l’Antarctique est l’un des plus grands et des plus profonds de ces dernières années. Les scientifiques du Copernicus Climate Change Service (C3S) expliquent que le trou atteint actuellement une superficie de 23 millions de kilomètres carrés, soit plus du double de la surface des États-Unis. Le trou observé en 2020 se situe au-dessus de la moyenne de la dernière décennie et recouvre une grande partie du continent antarctique. Il ressemble à celui de 2018, qui était également assez grand, et compte parmi les plus vastes des quinze dernières années.
Avec le retour du soleil au pôle Sud au cours des dernières semaines, l’appauvrissement de la couche d’ozone s’est poursuivi dans la région. Au vu de la présence de cet immense trou, les scientifiques insistent – comme ils l’ont fait à propos de l’Arctique – que nous devons continuer d’appliquer le Protocole de Montréal interdisant les émissions de produits chimiques qui appauvrissent la couche d’ozone.

L’Ozone Watch de la NASA ajoute que la valeur la plus faible a été de 95 unités Dobson, enregistrée le 1er octobre 2020. Selon les scientifiques, le trou dans la couche d’ozone semble avoir atteint son maximum cette année.
La taille et la profondeur du trou s’expliquent par un vortex polaire froid, puissant et stable, qui a contribué à maintenir une très basse température au-dessus de l’Antarctique. Le trou s’est développé rapidement à partir de la mi-août et a atteint environ 24 millions de kilomètres carrés au début du mois d’octobre. Il couvre maintenant 23 millions de kilomètres carrés, ce qui est au-dessus de la moyenne de la dernière décennie.
La superficie du trou dans la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique augmente pendant la saison printanière dans l’hémisphère sud, qui va d’août à octobre. Il atteint son maximum entre mi-septembre et mi-octobre. Lorsque les températures dans la stratosphère commencent à augmenter à la fin du printemps dans l’hémisphère sud, l’appauvrissement de la couche d’ozone ralentit à mesure que le vortex polaire s’affaiblit. À la fin du mois de décembre, le niveau d’ozone revient à la normale.
Source: Copernicus Atmospheric Monitoring Service.

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In two posts published on April 29th and May 1st, 2020, I indicated that the largest ozone hole to ever open up over the Arctic was closing. However, the scientists at the Copernicus Atmospheric Monitoring Service (CAMS) said the pandemic and the significant reduction in air pollution likely were not the reason for the ozone hole closing. Indeed, the hole was driven by an unusually strong and long-lived polar vortex, and was not related to air quality changes.

According to NASA data, ozone levels above the Arctic reached a record low in March 2020. 1997 and 2011 are the only other years on record when similar stratosphere depletions took place over the Arctic.

It is not known what caused the ozone hole in 2020, but scientists are sure that that without the 1987 Montreal Protocol which forbade putting chlorofluorocarbons into the atmosphere, the Arctic depletion this year would have been much worse.

Source: CBS News.

While the hole in the Arctic ozone layer is closing, the 2020 ozone hole over the Antarctic is one of the largest and deepest in recent years. Scientists with the Copernicus Climate Change Service (C3S) explain that the hole has grown to 23 million square kilometres, more than twice the size of the U.S. The 2020 hole is above average for the last decade and is spreading over much of the Antarctic continent. It resembles the one from 2018, which also was also quite large, and is among the largest of the last fifteen years or so.

With the sunlight returning to the South Pole in the last weeks, ozone depletion has continued over the area. The presence of this large hole is inciting scientists to confirm that we need to continue enforcing the Montreal Protocol banning emissions of ozone-depleting chemicals. They already insisted on this crucial point about the Arctic ozone hole.

NASA’s Ozone Watch reports the lowest value of 95 Dobson Units recorded on October 1st, 2020, and scientists are seeing indications that this year’s ozone hole has appeared to have reached its maximum extent.

The large and deep ozone hole has been driven by a strong and stable cold polar vortex, which kept the temperature over Antarctica consistently cold. The hole grew fast from mid-August and peaked at around 24 million square kilometres in early October. It now covers 23 million square kilometres, which is above average for the past decade.

The ozone hole over the Antarctic increases in size during the Southern Hemisphere spring season, which is from August to October. It reaches its maximum between mid-September and mid-October. When temperatures in the stratosphere begin to rise in the late Southern Hemisphere spring, ozone depletion slows down as the polar vortex weakens. By the end of December, ozone levels return to normal.

Source: Copernicus Atmospheric Monitoring Service,

Evolution du trou dans la couche d’ozone antarctique (Source : Copernicus)

La dernière zone de glace // The Last Ice Area

Le réchauffement climatique réduit de plus en plus la taille et la durée de la glace de mer pendant l’été dans l’Arctique. Les projections scientifiques montrent que c’est au nord du Canada et du Groenland qu’elle résistera le plus longtemps. C’est là que se trouve  « la dernière zone de glace ». Dans les années à venir, elle sera vitale pour les populations dont la vie en dépend. En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une vidéo qui montre comment la glace de l’Arctique se déplace et change au fil du temps. Une grande partie de la glace la plus ancienne a déjà disparu et ce qui reste – la « dernière zone de glace » – se trouve le long des côtes septentrionales du Canada et du Groenland.
https://youtu.be/8auMIfF50Ng

Le dernier documentaire diffusé par le National Geographic, intitulé The Last Ice, montre à quel point les communautés Inuit du Canada et du Groenland sont touchées par la fonte de la glace de mer dans l’Arctique.
Le village de Pikialasorsuaq est entouré de la «dernière zone de glace», celle qui devrait subsister lorsque toutes les autres auront disparu pendant l’été. La protection de cette zone est essentielle pour les populations qui en dépendent et pour la faune dont la vie, ou plutôt la survie, est tributaire de la glace de mer.
Comme je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises, l’Arctique se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète. Les Inuit sont le visage humain du réchauffement climatique. Le drame, c’est que les activités qui génèrent la pollution avec les gaz à effet de serre ne se trouvent pas dans l’Arctique, mais plus au sud, là même où nous vivons, mais les Inuit en subissent les conséquences. Cela démontre à quel point tout est connecté et que si l’on trafique la Nature ou le Climat dans une partie du monde, les conséquences sont universelles.
L’Arctique est également menacé par les ressources naturelles qui se cachent sous la glace, avec les gisements de pétrole et de gaz. La fonte de l’Arctique signifie aussi l’ouverture de voies maritimes plus rapides et l’arrivée du tourisme.

La réalisation du documentaire The Last Ice a débuté en 2015. Au départ, ce devait être un documentaire plus scientifique montrant la faune traditionnelle et la glace de mer, mais l’équipe de tournage s’est rapidement rendue compte que le sujet était beaucoup plus vaste, avec beaucoup d’histoires humaines à raconter.
Le documentaire montre diverses menaces qui pèsent sur la survie des habitants de ces régions, la vie des animaux, le maintien des traditions culturelles, et même l’interdépendance relativement inconnue des habitants du Groenland et du Canada.
Les familles qui vivent dans ces régions depuis plusieurs générations et qui ont assimilé les pratiques traditionnelles transmises par ‘les détenteurs du savoir’ doivent non seulement s’adapter au changement climatique, mais aussi, apprendre à déménager vers une autre région. Ne serait-ce qu’au Nunavut, sept Inuit sur dix sont en situation d’insécurité alimentaire en raison du coût élevé de la vie. En effet, la nourriture doit être expédiée par avion vers ces régions.
La COVID-19 secoue le monde au moment de la sortie de ce documentaire. La pandémie montre que nous avons plus pris à la planète que ce qu’elle est capable de nous fournir. Le film rappelle que nous ne pouvons pas continuer à exploiter ses ressources comme nous l’avons fait jusqu’à présent ; nous n’avons pas besoin du pétrole de l’Arctique, nous devons éliminer progressivement les combustibles fossiles et les remplacer par des énergies renouvelables si nous voulons éviter des catastrophes.

La diffusion du documentaire The Last Ice est prévue en octobre sur le site du National Geographic WILD. Voici la bande-annonce:
https://www.youtube.com/watch?v=qpZdevJEA7I

Source : National Geographic.

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As climate change reduces the size and duration of summer Arctic sea ice, scientific projections show it will last the longest above Canada and Greenland. This is the Last Ice Area. In the coming years, it will be essential as an enduring home for ice-dependent life. This video shows how the Arctic’s oldest ice is moving and changing over time. Much of the oldest ice has already disappeared, and that which remains is found along the northern shores of Canada and Greenland – the Last Ice Area.

https://youtu.be/8auMIfF50Ng

National Geographic’s latest documentary, The Last Ice, tells the harrowing story of how Inuit communities in Canada and Greenland are being impacted by the melting sea ice in the Arctic.

The village of Pikialasorsuaq is surrounded by “last ice area, » which is expected to remain when all other areas with significant summer ice will be gone. Protecting this area is essential for the surrounding communities and the sea ice dependant wildlife.

As I put it several times before, the Arctic is warming twice as fast as the rest of the world. The Inuit are really the human face of global warming, and all the activities that produce all the carbon pollution are not in the Arctic region, they are mostly in a world where we are or farther south, but the Inuit are suffering the consequences. This is one more example of how everything is connected, how everybody is connected and that if you tamper with nature, or the climate, on one part of the world, the consequences are going to be global.

The Arctic is also being threatened by industrial opportunities from oil and gas deposits, the desire for faster shipping routes and tourism through these melting areas of ice. Creating The Last Ice documentary began in 2015. It was initially set to be a more scientific “traditional wildlife and sea-ice” documentary but the team quickly realized that the story was much bigger, with so many interconnected human stories to tell.

The documentary shows a variety of threats to how people in these areas survive, including the lives of animals, maintaining and carrying forward cultural traditions, and even the relatively unknown interconnectedness of the people in Greenland and Canada.

Families who have lived in those regions for many generations and learning traditional practices from the knowledge keepers are having to not only adapt to a changing climate but also, essentially, having to relocate to a whole other area that impacts that knowledge transfer and ability to safely live in your homeland. In Nunavut alone, seven out of 10 Inuit are food insecure due to the high cost of living, because food needs to be shipped to the area by plane.

As COVID-19 sweeps across the globe, coinciding with the release of this documentary, the pandemic shows that “we have taken too much out that the planet is providing for us. The film is a reminder that we cannot continue exploiting the resources of the planet, like we have until now, we do not need oil from the Arctic, we need to phase out fossil fuels and replace them with renewable energies if we are to prevent future disasters.

The Last Ice is expected to broadcast on National Geographic WILD this October. Here is the trailer:

https://www.youtube.com/watch?v=qpZdevJEA7I

Source: National Geographic.

L’étendue de la glace de mer se réduit comme peau de chagrin. Voici la surface qu’elle occupait en septembre 2016. Elle a diminué encore davantage depuis cette date (Source : WWF)

Mike Pence a tout faux ! // Mike Pence was definitely wrong !

Au cours du débat avec Kamala Harris, le vice-président Mike Pence a minimisé et même nié le nombre grandissant d’ouragans et leur impact sur les Etats-Unis. Au vu des données de la NOAA, l’agence responsable du suivi des phénomènes climatiques, il a déclaré: «Il n’y a pas plus d’ouragans aujourd’hui qu’il y a 100 ans.»
Le problème est que la NOAA a un point de vue très différent et que Mike Pence a menti. Le dernier rapport de la National Oceanic and Atmospheric Administration montre que les ouragans qui s’abattent sur les États-Unis sont en passe d’établir un nouveau record en 2020, avec une augmentation significative de leur intensité et de la destruction qu’ils occasionnent
Selon la NOAA, non seulement les États-Unis vont dépasser le nombre annuel d’événements extrêmes enregistré depuis près d’un siècle, mais le total des catastrophes liées au climat cette année – il a causé plus d’un milliard de dollars de dégâts – est déjà en train d’égaler le record de 16 événements établi en 2011 et 2017, avec trois mois à venir en 2020.

Mike Pence a fait sa déclaration mensongère au moment où l’ouragan Delta était sur le point d’impacter la Louisiane. Il s’agit du 10ème ouragan ou cyclone tropical à frapper les États-Unis cette année, ce qui bat un record établi il y a près de 90 ans.
En conclusion, les affirmations de Mike Pence sont totalement fausses. Espérons que les Américains s’en rendront compte lorsqu’ils voteront, mais je n’en suis pas si sûr!
Source: médias américains

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During the debate with Kamala Harris, Vice President Mike Pence downplayed and denied the intensifying barrage of hurricanes pummeling the U.S., citing what he heard from NOAA, the agency responsible for tracking the data. He said: “There are no more hurricanes today than there were 100 years ago.”

The problem is that NOAA holds a very diffrent view and that Mike Pence lied. A new report from the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), shows that hurricanes making landfall in the U.S. are on track to set a new record in 2020, with a notable increase in intensity and destruction.

According to NOAA, not only the U.S. is pacing to pass the annual amount of storms set nearly 100 years ago, but the total of climate-related disasters this year causing more than $1 billion in damage is also already tied with the record of 16 events set in 2011 and 2017, despite three months still left to go in 2020.

Mike Pence made his statement at the moment when Hurricane Delta was about to make landfall in Louisiana. This is the 10th hurricane or tropical cyclone to hit the U.S. this year which breaks a record previously set almost 90 years ago.

In conclusion, Mike Pence was definitely wrong in his assertions. Let’s hope Americans will realise it when they are voting, but I am not so sure!

Source: US news media.

Image satellite montrant l’arrivée de l’ouragan Delta en Louisiane (Source : NOAA)

Venise : le système Mose enfin opérationnel // Venice : Mose system operational, at last

C’est un projet que les Vénitiens n’attendaient plus. Le système Mose (« Moïse » en italien), un vaste ensemble de digues mobiles, a été activé pour la première fois le week-end dernier à Venise. Il a permis d’éviter que la ville et sa célèbre place Saint-Marc soient inondées par l’acqua alta, phénomène de crue rapide qui se produit en cas de fortes intempéries.

L’activation des digues mobiles a eu lieu à 8 h 35 et s’est achevé à 9 h 52. Le résultat de l’opération a été parfaitement visible sur la Place Saint-Marc, qui est restée sèche alors que l’eau de la mer atteignait les 125 centimètres prévus par le Centre des Marées. La montée de la mer vers la lagune a été interrompue avec succès. Ainsi, à Punta della Salute, le niveau de la marée est resté stable entre 70 et 75 centimètres. Autrement dit, l’activation des digues a permis de gagner une cinquantaine de 50 centimètres. Normalement, l’eau serait arrivée à hauteur des genoux sur la Place Saint Marc.

Conçu en 1984 par l’Italien Alberto Scotti, le projet Mose n’a été lancé officiellement qu’en 2003 suite à retards de chantier, des défauts de conception et un scandale de pots-de-vin impliquant le maire de Venise. Surnommé le « barrage maudit », le système a finalement été livré avec dix ans de retard, et un coût total de 5,5 milliards d’euros, soit trois fois plus que le budget initialement prévu.

Ses 58 parois mobiles, réparties sur quatre immenses barrières, doivent permettre de résister à une crue maximale de trois mètres. L’acqua alta est de plus en plus sévère à Venise avec l’accélération du réchauffement climatique et la hausse du niveau des océans. D’après ses concepteurs, le barrage devrait tenir 100 ans s’il est entretenu correctement.

Source : France Info et la presse italienne.

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It is a project that the Venetians no longer expected. The Mose system (« Moses » in Italian), a large set of movable dikes, was first activated last weekend in Venice. It made it possible to prevent the city and its famous Saint Mark’s Square from being flooded by the acqua alta, a phenomenon of rapid flooding which occurs in the event of severe weather.
The activation of the mobile dikes took place at 8:35 am and was completed at 9:52 am The result of the operation was perfectly visible in St. Mark’s Square, which remained dry while the water from the sea reached the 125 centimetres predicted by the Tide Center. The rise of the sea towards the lagoon was successfully interrupted. Thus, in Punta della Salute, the tidal level has remained stable between 70 and 75 centimetres. In other words, the activation of the dikes made it possible to gain about 50 centimetres. Normally, the water would have reached knee height in St. Mark’s Square.
Designed in 1984 by Italian Alberto Scotti, the Mose project was not officially launched until 2003 following construction delays, design flaws and a bribe scandal involving the mayor of Venice. Dubbed the « damn dam », the system was finally delivered ten years late, and a total cost of 5.5 billion euros, three times the budget initially planned.
Its 58 movable walls, spread over four huge barriers, are supposed to be able to withstand a maximum flood of three metres. Acqua alta is getting more and more severe in Venice because of global warming and the rising level of oceans. According to its designers, the dam is expected to last 100 years if maintained properly.
Source: France Info and the Italian press.

Le système Mose et son principe de fonctionnement (Source ; Wikipedia)