Poursuite du recul de la banquise arctique // The Arctic sea ice keeps receding

drapeau francaisLes dernières données satellitaires montrent que la banquise arctique continue à régresser. Son niveau en 2015 est le quatrième plus bas enregistré depuis le début des observations effectuées depuis l’espace dans les années 1980.
Les chercheurs de la NASA et du Centre National de Données sur la Neige et la Glace à l’Université du Colorado à Boulder ont relevé un minimum de 4,41 millions de kilomètres carrés le 11 septembre 2015. Cela représente environ 1 810 000 kilomètres carrés de moins que la moyenne minimale pour la période1981-2010.
Habituellement, la couverture minimale de la glace est liée à l’impact météorologique. Cependant, cette année, il semble que ce ne soit pas le cas car il n’y a pas eu d’événement météorologique majeur ou d’épisode météorologique de longue durée dans l’Arctique pendant l’été qui pourrait expliquer cette faible étendue de la glace, comme cela arrive fréquemment. Il a fait un peu plus chaud que l’an dernier dans certaines zones, mais il a aussi fait plus froid dans d’autres. En 2012, l’année avec la plus faible étendue de glace jamais enregistrée, l’Arctique a subi les assauts d’un puissant cyclone en août, ce qui a fracturé la couverture de glace et accéléré sa disparition.
D’une manière générale, le recul de la banquise s’est accéléré depuis 1996. Dix minima de surface couverte par la glace ont été observés au cours des 11 dernières années. La banquise, qui constituait autrefois un rempart quasiment infranchissable, est maintenant fragmentée en petits morceaux qui sont plus exposés aux eaux chaudes de l’océan. Dans le passé, la banquise arctique était comme une forteresse ; l’océan ne pouvait l’attaquer que sur les côtés alors que maintenant elle fond de l’intérieur.
On ne sait pas si cette année la présence d’El Niño a joué un rôle dans la fonte de la banquise de l’Arctique, même si les recherches ont établi un lien entre El Niño et l’étendue de la banquise autour de l’Antarctique. C’est probablement la raison pour laquelle la couverture de glace de l’Antarctique – qui se dirigeait vers une taille record pour 2015 – a chuté en dessous de son niveau normal vers la mi-août.
Pour valider les mesures satellitaires actuelles, l’opération IceBridge de la NASA – mission aérienne d’observation de la glace polaire – effectuera des survols de la banquise arctique à partir du 21 septembre.

La NASA a publié une vidéo en accéléré montrant les mouvements de la banquise dans l’Arctique entre janvier et la mi-septembre 2015:
https://www.youtube.com/watch?v=OpwM6PfcIbg&feature=youtu.be

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drapeau anglaisThe latest satellite data show the Arctic sea ice minimum extent of the year 2015 is the fourth lowest recorded since the beginning of the observations from space in the 1980s.
Researchers from NASA and the National Snow and Ice Data Center (NSIDC) at the University of Colorado at Boulder observed the annual minimum extent of 4.41 million square kilometres on September 11th, 2015. This number makes the minimum of 2015 about 1.81 million square kilometres lower than the minimum average in the period between 1981 – 2010.
Usually the low minimum ice extent is related to meteorological impact, however, this year it seems there has not been any major weather event or persistent weather pattern in the Arctic this summer that helped push the extent lower as often happens. It was a bit warmer in some areas than last year, but it was cooler in other places, too. 2012, the lowest year on record so far, was under the influence of a strong August cyclone that fractured the ice cover, accelerating its decline.
Generally speaking, decline of the sea ice coverage has accelerated since 1996. 10 lowest minimum extents have been observed during the last 11 years. The sea ice cap, which used to be a solid sheet of ice, now is fragmented into smaller floes that are more exposed to warm ocean waters. In the past, Arctic sea ice was like a fortress. The ocean could only attack it from the sides whereas now the ice pack melts from within.
It’s still uncertain if this year’s El Niño influenced the sea ice melting in the Arctic sea, although the research has established a strong link between.El Niño event and the sea ice cover extent around Antarctica. This is likely a good explanation why the growth of the Antarctic sea ice cover, which was climbing toward its yearly maximum extent through most of the 2015, has rapidly fallen below its normal levels during mid-August.
To validate current satellite measurements, NASA’s Operation IceBridge, an airborne survey of polar ice, will be carrying flights over sea ice across Arctic, as of September 21st.

NASA has released a time lapse video showing the movements of the ice in the Arctic between January and mid-September 2015:
https://www.youtube.com/watch?v=OpwM6PfcIbg&feature=youtu.be

Groenland-blog

« La banquise est maintenant fragmentée en petits morceaux… »  (Photo: C. Grandpey)

Le Mont Sidley, le plus haut volcan de l’Antarctique // Mount Sidley, Antarctica’s highest volcano

drapeau francaisLe long d’une portion de 900 km de la côte Pacifique de l’Antarctique, 18 volcans imposants émergent de la calotte glaciaire. Cette chaîne volcanique, d’une taille semblable à la Chaîne des Cascades en Amérique du Nord, héberge le plus haut volcan du continent antarctique, le  Mont Sidley (4285 m) qu’il ne faudrait pas confondre avec le Mont Vinson (4892 m)qui est la plus haute montagne de l’Antarctique.
Les images du Mont Sidley (voir ci-dessous, image du bas) mises en ligne par la NASA ont été acquises le 20 Novembre 2014, par le système d’imagerie OLI du satellite Landsat 8. Le volcan se dresse à  4285 mètres au dessus du niveau de la mer et 2200 mètres au dessus du niveau de la glace qui l’entoure. Les parois de la caldeira présentent une hauteur moyenne d’environ 1 200 mètres tandis que le plancher de la caldeira s’étend sur cinq kilomètres.
Le volcan a été découvert par le contre-amiral Richard E. Byrd lors d’un survol de la région le 18 novembre 1934. Il a plus tard donné à la montagne le nom de la fille d’un contributeur à l’expédition antarctique Byrd, Mabelle E. Sidley.
Le Mont Sidley est l’un des cinq volcans de la Chaîne du Comité Exécutif de l’Antarctique (image du haut), qui s’étend sur 80 km du nord au sud. La chaîne a été découverte lors d’un vol effectué par le Service de l’Antarctique des États-Unis le 15 décembre 1940 et elle a reçu le nom du Comité Exécutif de ce Service. Le Mont Sidley est la seule montagne de la chaîne à ne pas avoir reçu le nom d’un membre du comité.
Le Mont Sidley est le plus jeune volcan parmi ceux de la Chaîne du Comité exécutif qui se dressent au-dessus de la calotte de glace.  Selon un rapport publié en 2013, les sismologues ont détecté une activité volcanique récente sous la calotte glaciaire à environ 50 km de Sidley.
Source: NASA.

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drapeau anglaisAlong a 900-kilometre stretch of Antarctica’s Pacific Coast, 18 major volcanoes jut from the ice sheet. The chain, similar in size to the Cascades in North America, is home to the continent’s tallest volcano – Mount Sidley (4285 m), not to be confused with Vinson Massif – 4892 m – Antarctica’s tallest mountain.

These images released by NASA (see below, bottom image) of Mount Sidley were acquired on November 20th, 2014, by the Operational Land Imager (OLI) on the Landsat 8 satellite. The volcano stands about 4,200 metres above sea level and 2,200 metres above ice level. The caldera wall is about 1,200 metres high while the caldeira floor spans 5 kilometres.

The volcano was discovered by Rear Admiral Richard E. Byrd during a flight on November 18th, 1934. He later named the mountain after Mabelle E. Sidley, the daughter of a contributor to the Byrd Antarctic Expedition.

Sidley is one of five volcanoes in the Executive Committee Range (top image), which stretches about 80 kilometres from north to south. The range was discovered during a flight by the United States Antarctic Service on December 15th, 1940 and it was named for the Service’s Executive Committee. Mount Sidley is the only mountain in the range not named for a committee member.

Mount Sidley is the youngest volcano in the Executive Committee Range to rise above the ice sheet. According to a 2013 news report, seismologists have detected new volcanic activity below the ice sheet about 50 km from Sidley.

Source:  NASA.

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Crédit photos:  NASA.

Volcans et refroidissement de la planète // Volcanoes and cooling of the planet

drapeau francaisEn visitant le site web LiveScience (http://www.livescience.com/), j’ai lu un article très intéressant expliquant que le refroidissement global causé par certaines éruptions volcaniques historiques n’était pas aussi extrême que les climatologues le pensaient jusqu’à présent. Les scientifiques sont arrivés à cette conclusion en étudiant de récentes carottes de glace prélevées en Antarctique.
On sait depuis longtemps que les éruptions volcaniques envoient du SO2 dans la stratosphère où il se transforme en minuscules particules appelées aérosols sulfatés qui renvoient l’énergie solaire et contribuent donc au refroidissement de la planète. La neige qui tombe en Antarctique enregistre les niveaux de sulfate dans l’air au moment des éruptions. Cette neige devient ensuite la glace forée par les chercheurs et prélevée en longues carottes tubulaires.
Les scientifiques ont mesuré les concentrations de sulfate dans 26 carottes de glace prélevées dans 19 endroits différents de l’Antarctique et couvrant les 2000 dernières années de l’histoire de la Terre. Ils ont comparé ces niveaux de sulfate avec des carottes de glace retirées du Groenland afin de vérifier si les éruptions avaient véritablement eu un effet à l’échelle mondiale.
Tout en découvrant dans les carottes de glace des éruptions volcaniques jusqu’alors inconnues avant l’an 500, les chercheurs ont réalisé que certaines éruptions historiques n’avaient pas eu pour la planète des effets aussi sévères que l’avaient laissé entendre les modèles climatiques antérieurs.
L’équipe scientifique a identifié 116 éruptions volcaniques dans les carottes de glace prélevées sur les 19 sites couvrant les 2000 dernières années, y compris des événements historiques tels que le Tambora en 1815, le Kuwae en 1458 et le Rinjani en 1257. La totalité de ces 116 éruptions n’a pas été enregistrée dans les carottes de glace du Groenland, mais pour leur prochain projet, les chercheurs envisagent d’évaluer les niveaux de sulfate dans les carottes de l’île danoise.

Les dernières carottes de glace révèlent que le 13ème siècle a été marquée par un grand nombre d’éruptions sous les tropiques, comme la grande éruption du Rinjani en 1257. Certains chercheurs pensent que ces éruptions ont déclenché le Petit Age Glaciaire, épisode de refroidissement climatique qui a duré jusqu’aux années 1850.
Il s’avère que le Kuwae (Vanuatu) et le Rinjani (Indonésie), deux des plus grandes éruptions volcaniques tropicales observées dans les carottes de glace, ont déposé de 30 à 35 pour cent moins de sulfate dans l’Antarctique que l’avaient révélé les calculs antérieurs. Les résultats obtenus avec des dernières carottes de glace sont plus précis que par le passé et ils couvrent une plus grande surface de l’Antarctique, de sorte que les chercheurs peuvent mieux estimer la quantité de sulfate qui s’est déposée sur ce continent.

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drapeau anglaisWhile visiting the LiveScience website (http://www.livescience.com/), I read a very interesting article explaining that global cooling caused by some historic volcanic eruptions wasn’t as extreme as climate scientists recently thought, according to newly revised ice core records from Antarctica.

It is well known that volcanic eruptions send SO2 into the stratosphere, where it turns into tiny particles called sulfate aerosols that reflect the sun’s energy and cool the Earth. Snow falling in Antarctica records the levels of sulfate in the air at the time, and it eventually becomes ice drilled by researchers in long, tubular cores.

Researchers have measured sulfate concentrations in 26 ice cores from 19 different locations in Antarctica that cover the last 2,000 years of Earth’s history. They synchronized the sulfate records with ice cores from Greenland, to determine if the eruptions had a truly global effect.

Along with finding previously unknown volcanic eruptions in the ice cores from before A.D. 500, the researchers discovered that some historic eruptions weren’t as hard on the planet as earlier climate models suggested.

The team identified 116 volcanic eruptions in the ice cores from the 19 sites covering the past 2,000 years, including historic events such as Tambora in 1815, Kuwae in 1458 and  Rinjani in 1257. Not all of these 116 eruptions are recorded in Greenland’s ice cores, but for their next project, the researchers are planning to assess sulfate levels in the Greenland cores.

The new ice-core record reveals that the 13th century was marked by an onslaught of tropical eruptions, such as the massive 1257 eruption of Mount Rinjani. Some researchers think these eruptions triggered the start of the Little Ice Age, an episode of global cooling that lasted until the 1850s.

It turns out that Indonesia’s Kuwae and Rinjani, two of the largest tropical volcanic eruptions in the ice core record, deposited 30 to 35 percent less sulfate in Antarctica than previously had been calculated. The new ice core records are more detailed than before, and cover a greater area of Antarctica, so the researchers can better estimate how much sulfate was deposited across the continent.

Rinjani-blog

Vue de la caldeira du Rinjani  (Crédit photo:  Wikipedia)

Les volcans font fondre les glaciers de l’Antarctique // Volcanoes are melting Antarctic glaciers

drapeau francaisDans une note publiée le 17 mai 2014, j’expliquais que la fonte des glaciers de l’Ouest Antarctique est en train de s’accélérer. Aujourd’hui, une nouvelle étude montre que les volcans sous-glaciaires et d’autres «points chauds» géothermiques contribuent à la fonte du glacier Thwaites. Des parties du glacier situées à proximité de zones géologiques d’origine volcanique fondent plus vite que les régions qui sont plus éloignées des points chauds. Cette fonte pourrait affecter de manière significative la perte de glace dans l’Ouest Antarctique.
Les chercheurs savent depuis longtemps que des volcans se cachent sous la glace de l’Antarctique occidental. Il s’agit d’une région sismiquement active, où l’Est et l’Ouest s’écartent l’un de l’autre. En 2013, une équipe scientifique a même découvert un volcan sous la calotte glaciaire de l’Antarctique Ouest (voir ma note du 21 Novembre, 2013).
L’ouest de l’Antarctique est également en train de perdre sa glace à cause du changement climatique et des études récentes ont suggéré qu’il n’existe aucun moyen d’inverser le recul des glaciers de cette région du globe. Toutefois, le délai de leur disparition est incertain: des centaines d’années? Des milliers d’années? Il est important de connaître la réponse, étant donné que l’eau de fonte de la calotte glaciaire de l’Antarctique Ouest contribue directement à l’élévation du niveau de la mer.
Les scientifiques utilisent des modèles informatiques pour tenter de prédire l’avenir de la couche de glace mais, jusqu’à présent, ils n’avaient pas réussi à comprendre le processus qui anime l’énergie géothermique sous-glaciaire. En effet, le volcanisme n’est pas uniforme et les points chauds géothermiques font fondre certaines régions plus rapidement que d’autres.
Pour essayer de comprendre le comportement de l’énergie géothermique sous-glaciaire, les chercheurs se sont appuyés sur une étude publiée en 2013 qui avait cartographié le système de chenaux sous le glacier Thwaites. En utilisant les données radar fournies par les satellites en orbite, ils ont pu déterminer les zones où ces flux sous-glaciaires étaient trop importants pour être expliqués par le seul flux en provenance de l’amont. Ils ont ensuite analysé la géologie sous-glaciaire de la région et ont constaté que les points où la glace fondait le plus vite se situaient essentiellement près des volcans connus ou supposés connus de l’Ouest Antarctique, ou à proximité d’autres points chauds. L’un d’eux se trouve à côté du Mont Takahe, un volcan qui émerge de la couche de glace.
Le flux thermique moyen minimum sous le Glacier Thwaites est de 114 milliwatts par mètre carré, avec quelques zones où l’on relève 200 milliwatts par mètre carré ou plus. En comparaison, le flux de chaleur moyen du reste des continents est de 65 milliwatts par mètre carré.
La fonte de la glace produite par les volcans sous-glaciaires pourrait accélérer l’écoulement de l’eau dans la mer. Pour comprendre à quel point les volcans sont responsables de cet écoulement et ce que cela signifie pour l’avenir de la calotte glaciaire de l’Antarctique Ouest, les glaciologues et les climatologues devront inclure dans leurs modèles ces nouveaux paramètres qui sont plus précis que ceux en leur possession jusqu’à présent.

Source : Fox News.

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drapeau anglaisIn a note released on May 17th, 2014, I explained that the melting of West Antarctica glaciers was accelerating. Now, a new study finds that subglacial volcanoes and other geothermal « hotspots » are contributing to the melting of Thwaites Glacier. Areas of the glacier that sit near geologic features thought to be volcanic are melting faster than regions farther away from hotspots. This melting could significantly affect ice loss in the West Antarctic.

Researchers have long known that volcanoes are hiding under the ice of West Antarctica. This is a seismically active region, where East and West Antarctica are rifting apart. In 2013, a team of scientists even found a volcano beneath the West Antarctic Ice Sheet (see my note of November 21st, 2013).

West Antarctica is also losing its ice because of the climate change, and recent studies have suggested there is no way to reverse the retreat of West Antarctic glaciers. However, the timing of this retreat is still in question : Hundreds of years? Thousands of years? It is important to understand which, given that meltwater from the West Antarctic Ice Sheet contributes directly to sea level rise.

Scientists use computer models to try to predict the future of the ice sheet, but up to now, they had failed to understand the process of subglacial geothermal energy. Indeed, volcanism isn’t uniform as geothermal hotspots influence melting more in some areas than in others.

To try and understand subglacial geothermal energy, the researchers built on a previous study published in 2013 that mapped out the system of channels that flows beneath the Thwaites Glacier. Using radar data from satellites, they were able to figure out where these subglacial streams were too full to be explained by flow from upstream. Next, they checked out the subglacial geology in the region and found that fast-melting spots were disproportionately clustered near confirmed West Antarctic volcanoes, suspected volcanoes or other presumed hotspots. One of them is next to Mount Takahe, which is a volcano that sticks out of the ice sheet.

The minimum average heat flow beneath Thwaites Glacier is 114 milliwatts per square metre, with some areas giving off 200 milliwatts per square metre or more. In comparison, the average heat flow of the rest of the continents is 65 milliwatts per square metre.

The melt caused by subglacial volcanoes could lubricate the ice sheet from beneath, hastening its flow toward the sea. To understand how much the volcanic melt contributes to this flow and what that means for the future of the West Antarctic Ice Sheet, glaciologists and climate scientists will have to include the new, more accurate findings in their models.

Source : Fox News.

Glaciers-Antarctique

Source:  British Antarctic Survey.