L’Ile de la Réunion au cœur de scandales

Il y a quelques semaines, la chaîne de télévision France Ô a rafraîchi nos mémoires en remettant au goût du jour un scandale qui a secoué l’île de la Réunion en 1970. Une dizaine d’années auparavant, un autre scandale, étouffé par les autorités françaises, avait défrayé la chronique. J’ai effectué un séjour de plusieurs semaines à la Réunion au mois de juin et j’ai eu l’occasion de discuter avec la population qui m’a confirmé les faits.

Dans les années 1960, la Réunion était déjà un département français, mais la pauvreté et l’explosion démographique mettaient l’île sous tension. En 1963, le nouveau député Michel Debré décida d’organiser la migration des enfants de la DDASS ( Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales). Certains étaient orphelins, mais beaucoup ont été carrément retirés à leur famille. On leur promettait un avenir plus radieux, et des retours réguliers aux vacances. Près de 2 000 enfants furent ainsi arrachés à leurs familles, puis exilés vers des départements en voie de désertification, comme la Creuse où je suis né, et je me sens donc un peu concerné par cette histoire qui laisse en moi un sentiment de honte. Beaucoup de ces enfants ont été confiés à des familles d’accueil, souvent dans des fermes où on les considérait en général comme des domestiques. On leur demandait d’effectuer les travaux de la ferme comme labourer les champs, semer l’engrais ou tailler les haies… D’autres enfants ont été bien accueillis, mais tous ont été déracinés, jusqu’à parfois perdre leur identité.

Depuis 2014, la responsabilité de l’Etat a été reconnue, et un dispositif a été mis en place pour aider ceux qu’on a surnommé « les enfants de la Creuse » à renouer avec leurs origines. À l’occasion de la remise du rapport d’enquête sur la transplantation des mineurs réunionnais, la Ministre des outre-mer a annoncé le 10 avril 2018 des mesures d’aide aux victimes. Elle a aussi déclaré : « Oui,  l’État a manqué à sa responsabilité morale à l’encontre de ces mineurs. Une faute a été commise et cette faute impose des réparations morales. » Une fois de plus, de belles paroles gouvernementales car les victimes attendent toujours des compensations…

J’ai eu l’occasion d’aborder ce problème avec des Réunionnais. Dans l’ensemble, les sentiments sont mitigés. La plupart des personnes que j’ai rencontrées pensent que l’idée n’était pas si mauvaise que cela pour éviter une surpopulation de l’île. En revanche, toutes sont unanimes pour condamner la méthode employée par Michel Debré qui manquait vraiment de tact. Aujourd’hui, peut-être faudrait-il mettre en place des mesures identiques pour éviter l’envahissement de la Réunion par les voitures. L’engorgement est proche!

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En 1970, cinq ans avant le vote de la loi Veil autorisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG), la police de l’île de la Réunion fut alertée par un médecin qui avait diagnostiqué chez une de ses patientes un avortement clandestin pratiqué à la clinique orthopédique de Saint-Benoît, et déposé une plainte contre X. L’enquête confirma les rumeurs d’avortements et de stérilisations forcées qui circulaient depuis plus d’un an dans la presse et parmi les familles. Des milliers d’avortements avaient effectivement eu lieu à la clinique du docteur Moreau à Saint-Benoît depuis le début des années 1960. Leur but non avoué était en réalité d’apporter une solution à la démographie galopante sur l’île. Le docteur Moreau était un influent notable de l’île de la Réunion, proche de Michel Debré, ancien Premier Ministre de Charles de Gaulle, devenu leader de la droite réunionnaise. Comme indiqué plus haut, Michel Debré était déjà tenu pour responsable de l’affaire des « enfants de la Creuse. » Une série de scandales fut dévoilée dans la presse locale et nationale. Elle mit au jour d’une part un système bien rôdé d’abus de la part des médecins envers les femmes réunionnaises les plus pauvres, et d’autre part un détournement massif de la Sécurité sociale qui a permis à ces médecins de s’enrichir sur le dos du contribuable français. Un procès a eu lieu. Le médecin qui avait effectué les avortements à l’hôpital de Saint-Benoît a été condamné à une peine de prison dont la moitié avec sursis. Le docteur Moreau a été acquitté. Les trente femmes courageuses qui avaient osé porter plainte ont été déboutées et n’ont reçu aucune compensation pour les blessures qui leur avaient été infligées.  Comme pour « les enfants de la Creuse », l’affaire est longtemps restée dans les archives de l’histoire.

Au début de l’année 2019, une trentaine de députés ont demandé la création d’une commission d’enquête afin d’avoir « une idée précise de l’ampleur des faits et évaluer l’étendue des responsabilités personnelles et institutionnelles ». On attend toujours les résultats…

Source : France Info et France Ô.

L’ « acqua alta » à Venise: Une punition pour le Conseil Régional de Vénétie ? // « Acqua alta » in Venice: A punishment for the Veneto Regional Council ?

Les locaux du Conseil Régional de Vénétie situés à Venise ont été inondés pour la première fois de leur histoire par l' »acqua alta » qui a affecté la Cité des Doges. Il semblerait que la montée soudaine des eaux se soit produite juste après que le Conseil Régional ait rejeté les amendements proposés par l’opposition et qui visaient à lutter contre le changement climatique. Le bâtiment a été inondé deux minutes après que deux partis de droite – la Liga et les Fratelli d’Italia- et le parti de centre-droit Forza Italia aient rejeté les amendements proposés par leurs opposants. Ces amendements incluaient des demandes de financement en faveur de davantage de sources d’énergie renouvelables, le remplacement des bus roulant au diesel et des mesures visant à réduire l’impact du plastique. L’opposition imputait également l' »acqua alta » – qui est montée à plus de 1,80 mètre au-dessus du niveau habituel et a causé au moins un décès – à une combinaison de facteurs, notamment la hausse du niveau de la mer due à la fonte des glaciers. L’opposition a été accusée par la majorité de faire de la propagande. La majorité a fait remarquer que le Conseil Régional a dépensé 965 millions d’euros au cours des trois dernières années dans le cadre de la lutte contre la pollution de l’air. Le maire de Venise avait tweeté plus tôt dans la semaine que les inondations avaient mis Venise à genoux, qualifiant d ‘ »apocalyptiques les conditions vécues.

Source: Huffington Post et journaux italiens.

Le premier magistrat de Venise a raison d’être inquiet car l' »acqua alta » n’est pas terminée. On prévoit une hauteur d’eau d’au moins 1,60 mètre aujourd’hui 17 novembre 2019. La situation actuelle à Venise ne fait que préfigurer ce qui va se passer dans les grandes villes côtières de la planète dans les prochaines années.  Les médias n’évoquent que du bout des lèvres le réchauffement climatique et la fonte des glaces pour expliquer la situation catastrophique à Venise. C’est pourtant là que se trouve la cause du problème. Il faudrait que nos dirigeants cessent de pratiquer la politique de l’autruche et prennent les vraies mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

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The premises of the Veneto Regional Council in Venice were flooded for the first time in known history during the acqua alta that affected the city. It was apparently right after the members of the Regional Council rejected amendments to tackle climate change. The building was flooded two minutes after two Italian right-wing parties – the League and Brothers of Italy –  and the center-right Forza Italia party rejected their opponents’ amendments. The rejected amendments included requests for funding for more renewable energy sources, the replacement of diesel buses and measures to reduce the impact of plastic. They also blamed Venice’s high tide, which peaked at more than1.80 metres above the usual level and caused at least one death, on a combination of factors including rising sea levels due to glacial melt. The opposition was accused by the majority of spreading propaganda. The majority pretends the Regional Council spent € 965 million over the past three years in the fight against air pollution,  The mayor of Venice had tweeted earlier this week that flooding had brought Venice to its knees, describing the conditions as “apocalyptic.

Source: Huffington Post and Italian newspapers.

The mayor of Venice is right to be worried because the « acqua alta » is not over. A water level of at least 1.60 metres is expected today, November 17th, 2019. The current situation in Venice only foreshadows what will happen in the major coastal cities of the planet in the coming years. The media only give lip service to global warming and melting ice to explain the catastrophic situation in Venice. This is where the problem lies. Our leaders should stop burying themselves in the sand and take real action to reduce greenhouse gas emissions.

L’inondation du Conseil Régional de Vénétie (Crédit photo: Presse italienne)

2019: Deuxième mois d’octobre le plus chaud !

La NASA vient d’indiquer qu’octobre 2019 a été le 2ème mois d’octobre le plus chaud de l’histoire. Le classement publié par l’agence américaine confirme celui des autres agences climatiques dans le monde. Octobre 2019 frôle ainsi le record établi lors de l’avènement du phénomène El Niño extrême de 2015. Avec +1,04°C au-dessus de la moyenne 1951-1980, l’anomalie relevée en octobre 2019 est la deuxième plus élevée des annales. Les anomalies sont surtout importantes dans l’hémisphère nord qui n’a jamais été aussi chaud en octobre.
Une fois de plus, le haut du classement est dominé par la période récente. Depuis 1880, les 5 mois d’octobre les plus chauds ont été observés ces 5 dernières années.
Pour le mois d’octobre, sur les 100 dernières années, le rythme du réchauffement est de +0,093°C par décennie. Sur les 20 dernières années (depuis 1999), on note une accélération de +0,29°C par décennie.
Au vu des chiffres actuels, 2019 terminera probablement à la 2ème place (La Poulidor de l’histoire, avec un clin d’oeil à notre champion limousin qui vient de nous quitter). Pour l’année en cours (janvier-octobre), 2019 se situe à +0,97°C, à mi-chemin entre le record de 2016 (+1,02°C) et 2017 (+0,92°C).
Source: NASA, global-climat.

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NASA has just indicated that October 2019 was the second hottest October in history. The ranking published by the US agency confirms the results of other climate agencies in the world. October 2019 is close to the record set by the advent of the extreme El Niño phenomenon of 2015. With + 1.04°C above the 1951-1980 average, the anomaly recorded in October 2019 is the second highest in the archives. The anomalies are especiallysignificant in the northern hemisphere, which has never been so hot in October.
Once again, the top of the ranking is dominated by the recent period. Since 1880, the warmest 5 months of October have been observed in the last 5 years.
For the month of October, over the last 100 years, the rate of warming is + 0.093°C per decade. Over the last 20 years (since 1999), there has been an acceleration of + 0.29°C per decade.
In view of the current figures, 2019 will probably finish in 2nd place. For the current year (January-October), 2019 is at + 0.97°C, halfway between the record of 2016 (+ 1.02°C) and 2017 (+ 0.92°C) .
Source: NASA, global-climat.

Source: global-climat

Mauvaises nouvelles de l’Arctique // Bad news of the Arctic

De nouveau, voici des nouvelles alarmantes de l’Arctique. Selon une étude récente publiée par l’American Geophysical Union, la glace la plus ancienne et la plus épaisse de l’Arctique fond deux fois plus vite que les autres glaces de la région. Les chercheurs ont découvert que la glace qui recouvre l’océan au nord du Groenland (qui est censé être le dernier endroit à perdre sa couverture de glace toute l’année) «rétrécit deux fois plus vite que la glace dans le reste de l’Arctique.» Les scientifiques pensent que cette fonte est probablement causée par les courants océaniques et les vents atmosphériques qui déplacent la glace ancienne et plus épaisse vers d’autres parties de la région. Encore plus alarmant, ils expliquent que l’Arctique pourrait être dépourvu de glace en été dès 2030.
Selon le rapport publié par l’American Geophysical Union, la plupart des glaces qui recouvrent l’Arctique ont entre un et quatre ans. A côté de cela, dans la «Dernière Zone de Glace»n cette dernière est âgée de plus de cinq ans et peut atteindre plus de 4 mètres d’épaisseur. Les vieux Inuits de la région ont surnommé la région «Similijuaq», ce qui signifie «le lieu de la grande glace». Le problème, c’est que l’étude montre que cette glace est en train de s’amincir dans deux secteurs de cette région.
La Dernière Zone de Glace est un refuge pour la faune. L’un des auteurs de l’étude a déclaré: «Si cette glace disparaît, il en sera de même des espèces qui y vivent. Cette zone sera un refuge où les espèces pourront survivre et, espérons-le, étendre leur territoire une fois que la glace aura commencé à revenir.”
Une vidéo de deux minutes (https://youtu.be/J7x9leQqrkc) montre le comportement de la glace de mer arctique entre 1984 et 2019. La couverture de glace plus ancienne, représentée en blanc, s’est considérablement réduite au fil des ans. On remarquera la fonte incroyable au cours de la dernière décennie.
Malheureusement, la fonte de la glace n’est pas une nouveauté et les glaciers en voie de disparition continuent de mettre à jour des paysages inédits. En janvier, des chercheurs ont découvert que la fonte des glaciers dans l’Arctique canadien faisait apparaître des plantes cachées sous la glace depuis au moins 40 000 ans. En octobre, la marine russe a découvert cinq nouvelles îles mises au jour par la fonte des glaciers.
Source: American Geophysical Union (AGU).

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Here is more alarming news about the Arctic. According to a new study by the American Geophysical Union, the region’s oldest and thickest ice is melting twice as fast as other ice in the Arctic Ocean. The researchers discovered that the ice in the ocean north of Greenland (which they thought would be the last place to lose year-round ice cover) was more mobile than they previously thought and was “declining twice as fast as ice in the rest of the Arctic.” The scientists think that the ice is likely affected by the ocean currents and atmospheric winds transporting the older, thicker ice to other parts of the area. Even more alarming, they predict the Arctic could be ice-free in the summers as early as 2030.

According to the report published by the American Geophysical Union, most ice covering the Arctic is about one to four years old. Conversely, the “Last Ice Area” is an area with ice that is more than five years old and can be more than 4 metres thick. Local Inuit elders called the region « Similijuaq, » meaning “place of the big ice.” The research shows, however, the ice is becoming thinner in two subregions of that area.

The Last Ice Area is considered a refuge for wildlife. Said one of the authors of the study: “If we lose all the ice, we lose those species. This area will be a refuge where species can survive and hopefully expand their regions once the ice starts returning.”

A two-minute video (https://youtu.be/J7x9leQqrkc ) shows the behaviour of the Arctic sea ice between 1984 and 2019. It displays the older ice cover, shown in white, shrinking significantly over the years. One can notice that the melting during the last decade is incredible.

Unfortunately, melting ice is not new and disappearing glaciers have continued to reveal landscapes not seen for thousands of years. In January, researchers found that plants that had been hidden for at least 40,000 years were revealed by melting glaciers in the Canadian Arctic. And in October, five new islands were discovered by the Russian navy following glacial melting.

Source: American Geophysical Union (AGU).

La glace de mer arctique en septembre 2019 ! (Image extraite de la vidéo)