Bons baisers d’Alaska (8) // From Alaska with love (8)

Comme je l’ai indiqué dans ma note précédente, le tourisme et l’or sont les principales ressources économiques de Dawson. Le minerai est essentiellement exploité dans Bonanza Creek où les pelleteuses et autres bulldozers remplacent depuis longtemps l’exploitation traditionnelle en bouleversant considérablement la morphologie de cette petite vallée. L’exploitation artisanale à force de pelles, pioches, sluices, etc.n’a duré que quelques années (entre 1896 et 1906) avant que les grosses dragues fassent leur apparition. La dernière d’entre elles (la n°4) trône toujours au milieu de Bonanza Creek et fait désormais partie des monuments historiques canadiens.
Il faut savoir que la plupart des milliers de chercheurs arrivés en 1898 lors du pic du Gold Rush se sont vite rendus compte que les meilleures places étaient déjà prises et qu’ils ne pourraient guère s’enrichir avec l’or qu’ils espéraient trouver. Ils se sont alors recyclés et ont proposé leurs services aux nouveaux arrivants, ce qui leur apporta plus de revenus que le peu d’or qu’ils auraient peut-être trouvé. Les autres chercheurs ont pris la direction de Nome, sur la côte ouest de l’Alaska, où de nouveaux gisements venaient d’être découverts. Avec leur départ, Dawson perdit de son aura et son économie déclina rapidement…
Dawson City – où vient de tomber la première neige – marque le point le plus septentrional de mon voyage. Je vais maintenant rouler en direction de l’Alaska avec une étape finale à Anchorage où je prendrai l’avion pour rejoindre la France via Seattle et Londres. A bientôt donc!

TVB.

Sluice

Lavage de l’or ‘à l’ancienne’ à l’aide d’un sluice

Dredge

La drague n°4, aujourd’hui monument historique

Claim

Concession à vendre. Vous avez même le numéro de téléphone du propriétaire. Avis aux amateurs!

(Photos:  C.  Grandpey)

Bons baisers d’Alaska (7) // From Alaska with love (7)

Dawson City (Dawson pour les intimes) n’est que l’ombre de ce que la ville était au moment de la Ruée vers l’Or. En la parcourant aujourd’hui au mois de septembre, il est difficile d’imaginer l’heure de gloire de cette bourgade perdue au confluent du Klondike et du Yukon! Comme à Skagway, les habitations ont été restaurées ou construites ‘à l’ancienne’ pour le bonheur des touristes.
Pourtant, aujourd’hui encore, plusieurs prospecteurs détiennent des concessions sur les rivières de la région. L’exploitation a bien sûr évolué et est fortement mécanisée. Le « gold panning » fait partie du folklore local, même si, avec un peu de chance, on arrive à récolter quelques poussières ou paillettes. Comme à Skagway et tout le long du parcours entre Dyea et Dawson, il faut avoir en tête les récits qui racontent la vie et les épreuves rencontrées par les chercheurs d’or. En y regardant bien, on peut encore voir le long de la route entre Whitehorse et Dawson des « log cabins » datant de la fin du 19ème siècle. Le buste de Jack London trône dans une rue de Whitehorse et son « Appel de la Forêt » (« The Call of the Wild » en V.O.) constitue un témoignage précieux de cette époque héroïque. L’angliciste que je suis éprouve au moins autant d’admiration pour la Ruée vers l’Or que pour la Conquête de l’Ouest et l’avancée de la « Frontière ». Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’Alaska a été surnommée « la Dernière Frontière »!

TVB

Yukon

Le Yukon, épine dorsale de la Ruée vers l’Or

Cabanes

Log cabins à Carmacks

Dawson City

Dawson City aujourd’hui

(Photos:  C.  Grandpey)

Bons baisers d’Alaska (6) // From Alaska with love (6)

Après l’Alaska, me voici dans le Yukon, sur les traces des chercheurs d’or. Après une traversée en bateau entre Haines et Skagway, je me suis rendu à Dyea, haut lieu de rassemblement des courageux qui entreprenaient la ruée vers l’or et s’apprêtaient à affronter le redoutable Chilkoot Pass. A la fin du 19ème siècle, Dyea comptait plusieurs milliers d’habitants. Aujourd’hui, les seules traces de la vie ici sont les pilotis qui supportaient le quai où arrivaient marchandises et équipements. Beaucoup d’hommes sont arrivées à Dyea mais ne sont pas allés plus loin, comme on peut s’en rendre compte en visitant les cimetières. Le plus émouvant est le « Slide Cemetery » près de Dyea où plusieurs dizaines d’hommes ont été emportés par une avalanche le 3 avril 1898.

Ma route va se poursuivre vers le nord, en empruntant le train pour franchir le White Pass, puis la voiture,  avec terminus à Dawson City, là où tous espéraient s’enrichir rapidement….

TVB.

Dyea

Dyea aujourd’hui…

Slide

Le Slide Cemetery

(Photos: C.  Grandpey)

Bons baisers d’Alaska (5) // From Alaska with love (5)

Les glaciers reculent. En Alaska, le phénomène est spectaculaire. J’avais pu m’en rendre compte en contemplant le Worthington Glacier et lors de ma visite au Columbia Glacier il y a quelques jours. Je viens d’en avoir la confirmation au cours d’un survol des glaciers de Glacier Bay, au sud-est de l’Etat. Dans quelques dizaines d’années, plusieurs auront disparu tandis que d’autres n’auront plus la force d’atteindre la mer. Du côté du West Arm, plus exposé aux précipitaions neigeuses car ouvert aux perturbations  océaniques, le recul est un peu moins rapide, tandis que sur l’East Arm, il s’effectue à une vitesse vertigineuse. Paul, mon pilote, me montrait les zones où arrivaient les glaciers il y a deux siècles; elles sont désormais envahies par l’océan. Que les négationistes du réchauffement climatique viennent en Alaska. Ils changeront probablement d’avis! Le spectacle reste toutefois magnifique.  TVB.

WA 1

WA 2

WA 3

(Photos:  C. Grandpey)