A propos de la fermeture des parcs nationaux aux Etats Unis // About the closure of U.S. national parks

drapeau francaisLa fermeture des parcs nationaux en raison du blocage budgétaire aux Etats Unis doit être prise au sérieux et il y a de nombreux récits de problèmes rencontrés par des visiteurs. Par exemple, des anciens combattants la Seconde Guerre mondiale ont été menacés d’arrestation lors d’une visite du mémorial qui leur est dédié. Un homme a été condamné à une amende de 100 dollars pour avoir fait du jogging dans Valley Forge National Historical Park.
L’un des incidents les plus graves a impliqué un groupe de retraités américains et étrangers à Yellowstone. Le groupe a été enfermé dans un hôtel pendant plusieurs heures sous l’autorité de gardes du parc en armes, donnant l’impression qu’ils étaient en état d’arrestation. Le groupe d’une cinquantaine de touristes s’est vu interdire toutes les formes d’activités. Quand un troupeau de bisons est apparu, un ranger a informé le groupe qu’il n’était pas autorisé à prendre des photos. Des sites célèbres comme le Vieux Fidèle sont fermés, protégés par des barricades et surveillés par le personnel du parc. Lorsque le groupe a finalement quitté le Parc, on leur a dit qu’ils ne pouvaient pas s’arrêter pour une raison quelconque, jusqu’à ce que leur bus ait quitté les terres fédérales. Cette restriction comprenait les arrêts aux toilettes.

Donc pas questions pour certains touristes français habitués à passer outre les interdictions d’envisager une visite des parcs nationaux américains. Dans ce pays, on ne badine pas avec la loi.
Source: Presse américaine.

 

drapeau anglaisThe closure of the national parks because of the U.S.government shutdown has to be taken seriously and there are lots of stories of visitor mistreatment. For instance, World War II veterans have been threatened with arrest for visiting the memorial dedicated to their service. A man was fined 100 dollars for taking a jog at Valley Forge National Historical Park.

One of the most serious incidents involved a group of U.S. and foreign senior citizens at Yellowstone. The group was locked inside a hotel for several hours under the authority of park rangers with firearms, giving the impression they were under arrest. The group of about 50 tourists was prohibited from any forms of recreation while on the property. When a herd of bison came near, a ranger informed passengers that they were not allowed to take photos. Unsurprisingly, famous sites such as the Old Faithful geyser are closed and protected by barricades and park staff. When the group finally left the park, they were told they could not stop for any reason until their bus had left federal land. This restriction included restroom stops.

This unjustifiable treatment of elderly tourists certainly lends credence to one park ranger’s accusation that he and his colleagues were “told to make life as difficult for people as we can.”

Source: American newspapers.

Bison-Yell

(Photo:  C.  Grandpey)

Fermeture des parcs nationaux aux Etats Unis

Sale temps pour les visiteurs des parcs nationaux américains ! Suite à l’impasse budgétaire actuelle, les fonctionnaires américains ne peuvent pas être rémunérés et ils ont été priés de quitter leur travail. Parmi les administrations les plus touchées, on note les parcs nationaux qui accueillent chaque année des centaines de milliers visiteurs (4000 à 5000 touristes par jour en moyenne à Hawaii), ce qui représente un apport financier non négligeable.

Parmi les parcs fermés, on note Yellowstone et le Parc des Volcans d’Hawaii. L’accès à ces deux parcs est interdit et des rangers ont été réquisitionnés pour s’assurer qu’aucun touriste n’essaye de frauder.Yellowstone-01

Moment de solitude pour le Vieux Fidèle: Plus de spectateurs dans le Parc et les webcams ne sont plus accessibles!

(Photo:  C.  Grandpey)

Le réchauffement climatique en Alaska

Il y a quelques jours, dans un magasin d’Anchorage, j’ai vu un T-shirt montrant un ours blanc sur une plaque de glace dans l’Océan Arctique. On pouvait lire sous le plantigrade : « Global warming sucks Alaska », autrement dit : le réchauffement climatique ronge l’Alaska.

La population du 49ème état de l’Union est très sensible à ce problème qui est évident dans plusieurs régions. Dans les zones arctiques les plus septentrionales, la banquise rétrécit à vue d’oeil. Les animaux qui y vivent ont de plus en plus de difficultés à faire la navette entre la glace et la terre ferme. Comme je l’avais signalé lors d’un précédent voyage en Alaska, de plus en plus de morses meurent d’épuisement. A mes yeux, l’un des risques majeurs de la disparition de la banquise est la mise à jour de gisements pétrolifères que les Etats-Unis n’hésiteront pas à exploiter, malgré les risques pour l’environnement. C’est sûrement l’une des raisons pour lesquelles le gouvernement fédéral n’a jamais ratifié le Protocole de Kyoto !

Plus au sud, les glaciers reculent et certains d’entre eux sont même en voie de disparition. Le phénomène est particulièrement visible lorsque l’on survole les rivières et langues de glace de Glacier Bay qui, au 18ème siècle, constituaient un unique bloc – le Grand Pacific Glacier – de 1200 mètres d’épaisseur et d’une largeur de 32  kilomètres. Cette masse de glace a ensuite commencé à se morceler et à donner naissance à plusieurs langues séparées par des bras de mer. La fonte des glaces a aussi pour conséquence l’augmentation des séismes car le poids que doit supporter la croûte terrestre est moins important.

D’autres signes indiquent que quelque chose d’anormal est en train de se produire. Les Alaskiens m’ont affirmé que leurs étés étaient plus longs. Si les hivers sont encore très froids, en particulier dans la partie centrale de l’Etat, les températures descendent rarement au dessous de -40°C, ce qui était monnaie courante il y a quelques années seulement. Suite au raccourcissement de la période froide, l’hibernation des ours est moins longue. La migration des saumons subit elle aussi les effets du réchauffement climatique.

Mes voyages à travers le monde, ne serait-ce que dans nos Alpes françaises, me font prendre de plus en plus conscience du danger qui menacera notre planète dans les prochaines décennies. Certains parlent de cycles climatiques ; d’autres accusent nos industries et notre société de consommation. Quel que soit le responsable, le problème est bien réel et nos gouvernants auraient tout intérêt à le prendre en compte le plus vite possible !

Columbia 01

En 2009, les icebergs empêchaient l’approche  du front en pente douce du Columbia Glacier que l’on aperçoit au fond de la photo.

Columbia 02

Depuis cette époque, le glacier a considérablement reculé et le front en pente douce a été remplacé en 2013 par un mur d’une centaine de mètres de hauteur.

(Photos:  C.  Grandpey)

La mort au coin du bois (Yukon / Canada)

Pour clôturer mon périple en Alaska et au Yukon, j’aimerais vous raconter une histoire vraie assez extraordinaire. Elle se passe à l’automne 1968, époque des amours chez les cervidés, les élans en particulier. Comme toujours dans ce cas, les mâles s’affrontent pour obtenir les faveurs des femelles. Les combats sont parfois extrêmement violents.
Au cours de l’automne 1968, un pilote d’hélicoptère survolait en compagnie d’un ami Lake Creek, petite rivière du Yukon, au sud de Stewart Crossing, sur la route du Klondike. Après quelques dizaines de minutes de vol, les deux hommes aperçurent deux élans en train de se battre. C’est du moins la première impression qu’ils eurent en contemplant la scène en dessous de l’appareil. En y regardant mieux, ils s’aperçurent que les deux élans ne bougeaient pas! Très étrange pour des animaux censés se battre! En fait, l’affrontement avait été si sévère que leurs bois s’étaient entremêlés et bloqués et qu’il leur avait été impossible de se séparer. Paralysés dans cette position, ils étaient voués à une mort certaine car ils ne pouvaient plus toucher le sol avec leurs museaux. Il ne pouvaient donc ni manger, ni boire. De plus, ils n’avaient plus aucun moyen de se défendre mis à part leurs sabots. Les loups et les ours étant nombreux dans la région, leur sort était scellé d’avance.
Le jour de la découverte de la scène, le pilote d’hélicoptère et son ami n’eurent pas le temps de se poser pour accéder au lieu du drame. Ils repérèrent l’endroit avec précision, se promettant de revenir prochainement. Malheureusement, l’hiver, la neige et le froid arrivèrent trop vite et ils durent attendre le printemps de l’année suivante pour effectuer leur visite. Là où les deux élans étaient immobilisés dans la position de combat, ils ne découvrirent que quelques os et les bois des deux cervidés, toujours entremêlés. Ils les  transportèrent soigneusement jusqu’à Whitehorse, la capitale du Yukon, où ils sont aujourd’hui exposés dans le hall du Riverside Hotel. Leur poids est estimé à une trentaine de kilos chacun, en sachant qu’ils étaient plus lourds du vivant des élans car ils se sont desséchés par la suite. Leur envergure est d’environ 1,60 mètre.

Les bois emmêlés des deux élans au Riverside Hotel de Whitehorse

Elan fem

Il n’est pas rare d’observer des élans femelles en Alaska et dans le Yukon. Les mâles sont beaucoup plus difficiles à approcher. Par crainte des chasseurs, ils se cachent dans des lieux reculés.

(Photos:  C.  Grandpey)