L’éruption du Piton de la Fournaise payante, c’est pour bientôt ! // You will soon have to pay to see an eruption of the Piton de la Fournaise

drapeau-francaisL’éruption du Piton de la Fournaise qui a commencé le 31 janvier continue au moment où j’écris ces lignes. Dès la sortie de la lave, le Préfet a mis en place le niveau d’alerte 2-2, de sorte que « l’accès du public à l’Enclos Fouqué, que ce soit depuis le sentier du Pas de Bellecombe ou depuis tout autre sentier ainsi que le poser d’hélicoptère dans la zone du volcan sont interdits jusqu’à nouvel avis. »

Cela pourrait changer sous peu. On peut lire dans le Journal de l’Ile qu’une cinquantaine d’accompagnateurs en montagne vont entamer une formation dans le but de conduire des groupes dans l’Enclos pendant les éruptions. Le dispositif pourrait être opérationnel dès le mois d’avril….à condition que l’éruption n’ait pas cessé d’ici là ! Malheureusement, il faudra mettre la main au portefeuille….

Les dernières éruptions du Piton ont fait naître des protestations. En particulier, les Réunionnais sont furieux de ne pas pouvoir se rendre auprès des coulées de lave de LEUR volcan, tandis que des touristes fortunés peuvent se payer des survols en hélicoptère. C’est vous mettre l’eau à la bouche sans pouvoir profiter du festin !

Entre tout interdire et tout ouvrir, le Préfet a donc adopté une solution intermédiaire en annonçant début 2016 le lancement d’une formation pour les accompagnateurs en montagne afin de conduire le public au plus près de l’éruption tout en respectant les mesures de sécurité. Le programme de formation comprend la gestion d’une évacuation d’urgence, des communications (chaque guide sera équipé d’une radio et d’un GPS)…

Avec le nouveau système d’accompagnement, 80 personnes au maximum seront autorisées à descendre simultanément dans l’Enclos à raison de groupes de 7 personnes. Le nombre de participants dans chaque groupe est volontairement restreint pour permettre une évacuation rapide en cas d’urgence.

L’accompagnement sera payant. C’est le temps de marche qui fera varier le prix de l’excursion. Une bonne condition physique sera demandée pour les éruptions les plus éloignées. Ce sera à chaque accompagnateur de gérer ses réservations auprès de la clientèle.

La Préfecture indique que selon les conditions, une ouverture encadrée et gratuite de l’Enclos «à tous» reste toujours possible.

[NDLR : A mon avis, il ne faut pas trop croire à cette dernière éventualité. Dès lors qu’il y a de l’argent en jeu… vous connaissez la suite ! Pas sûr qu’avec cette nouvelle formule payante les Réunionnais profitent davantage du spectacle des éruptions.]

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drapeau-anglaisThe eruption of Piton de la Fournaise, which began on January 31st, continues while I am writing these lines. As soon as the lava erupted, the Préfet triggered alert level 2-2, so that « public access to the Enclos Fouqué, whether from the path of the Pas de Bellecombe or from any other trail, as well as helicopter landing in the area of the volcano are prohibited until further notice. »
This may change very soon. One can read in the Journal de l’Ile that about fifty mountain guides will start training courses in order to be able to lead groups in the Enclos during eruptions. The system could be operational as early as April … provided the eruption has not stopped by then! Unfortunately, it will not be free ….
The last eruptions of the Piton gave rise to protests. In particular, the Reunion Islanders are furious at not being able to go to the lava flows of their volcano, while wealthy tourists can afford helicopter flights. It is like making your mouth water without being able to enjoy the feast!
The Préfet therefore adopted an intermediate solution by announcing in early 2016 a new training course for mountain guides in order to bring the public closer to the eruption while respecting safety measures. The training program includes the management of an emergency evacuation, communications (each guide will be equipped with a radio and a GPS) …
With the new accompaniment system, a maximum of 80 people will be permitted to descend simultaneously into the Enclos, with groups of 7 people each. The number of participants in each group is deliberately restricted to allow for rapid evacuation in the event of an emergency.
Participants will have to pay for the service. It is the walking time that will determine the price of the excursion. Good physical condition will be required for the most distant eruptions. It will be up to each guide to manage his reservations with the clientele.
The Prefecture indicates that, according to the conditions, a free and controlled opening of the Enclos « to everybody » might be imagined.
[Editor’s note: In my opinion, we should not over-believe this latter possibility. Once there is money at stake … you know what happens next! I’m not sure that with this new costly formula the Reunionnais will enjoy the show of the eruptions.]

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Cône éruptif édifié par l’éruption en cours.

(Crédit photo:  OVPF)

La magie des aurores boréales // The magic of northern lights

drapeau-francaisJ’ai toujours été fasciné par les aurores boréales, aurora borealis. J’ai eu la chance d’en observer en Alaska, près de Juneau en septembre 2016, et dans le Yukon canadien deux ans auparavant. Dans le Yukon, pas très loin de Whitehorse, j’ai admiré les aurores avec une meute de loups qui hurlait à quelques centaines de mètres de l’endroit où je me trouvais. De la pure magie!
Les aurores boréales font partie de la culture arctique. D’un point de vue purement astrophysique, elles sont produites par le mariage à grande vitesse des particules solaires chargées avec des gaz atmosphériques. Dans le folklore inupiat, ce sont des esprits cosmiques, des guides ou des prédateurs. [NDLR : Les Inupiat sont une population autochtone qui vit dans le nord et le nord-ouest de l’Alaska].
Un nouveau film montrant les aurores boréales vient d’être réalisé en collaboration avec les scientifiques de l’Université de l’Alaska et les aînés d’Inupiat. «Kiuġuyat: Les aurores boréales» propose 25 minutes d’images d’aurores boréales en accéléré et des rencontres avec des autochtones des régions arctiques de l’Alaska. Les projections ont débuté le mois dernier au Planetarium et Visualization Center de l’Université de l’Alaska à Anchorage
Les Alaskiens partagent une relation ancestrale avec les aurores boréales. Dans «Kiuġuyat», plusieurs autochtones expliquent leurs liens culturels avec les aurores. Un habitant de Nome, sur la côte occidentale, décrit les aurores comme une présence lumineuse qui projette une lueur réconfortante sur les communautés du nord quand elles sont plongées dans l’obscurité hivernale. Une habitante de Barrow, localité sur la côte nord, les décrit comme un élément constant et coloré de la vie arctique. D’autres décrivent les aurores en train d’illuminer le chemin des voyageurs dans l’arrière-pays.
Beaucoup d’Inupiat ont évoqué les vieilles légendes destinées à faire peur aux enfants. Selon certains récits, les aurores sont des esprits cosmiques qui jouent au ballon dans le ciel en attendant de fondre sur les enfants méchants pour leur couper la tête. Une légende raconte que s’ils sont restés trop tard dehors ou s’ils ne viennent pas quand leur mère les appelle, ils se feront rattraper par les aurores.

Réalisée par Open-Lens Productions, une société basée dans l’Arizona, la vidéo sera projetée dans 20 localités rurales de l’Alaska où les écoliers pourront assister au spectacle à l’intérieur d’un planétarium portable et gonflable fourni par l’Institut Géophysique de l’Université de l’Alaska à Fairbanks. Un fascicule intitulé « Apprendre grâce aux liens culturels » est également proposé aux enfants afin de les initier aux histoires scientifiques et culturelles qui entourent les aurores boréales.
En cliquant sur ce lien, vous verrez une vidéo des aurores boréales tournée sur le Turnagain Pass, à quelques dizaines de kilomètres au sud d’Anchorage:
https://youtu.be/wlwtcKjI-GA

Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisI have always been fascinated with the northern lights, the popular name of aurora borealis. I was lucky enough to see some of them in Alaska, near Juneau in September 2016 and a few more in the Canadian Yukon two years before. In the Yukon, not far from Whitehorse, I could see the northern lights with a pack of wolves howling a few hundred metres away. It was pure magic!

Northern lights are part of the Arctic culture. In a strictly astrophysical sense, the lights are the high-speed union of charged solar particles and atmospheric gases. In Inupiat folklore, they’re cosmic spirits, guides and predators.

A new film has just been produced in collaboration with University of Alaska scientists and Inupiat elders. « Kiuġuyat: The Northern Lights » features 25 minutes of northern lights timelapse photography and interviews with Alaska Native people from Arctic regions of the state. It opened last month at the University of Alaska Anchorage Planetarium and Visualization Center.

Alaskans share an ancient relationship with the aurora. In « Kiuġuyat, » filmmakers interview more than half a dozen Alaska Native people about their cultural connections to the northern lights. A resident of Nome, on the western coast, described the lights as a bright presence, casting a comforting glow over northern communities blanketed in winter darkness. A resident of of Barrow, along the northern shore, described them as a constant, colourful part of Arctic life. Others described the way the lights illuminated the way for travellers in the backcountry.

Many people spoke about old legends meant to instill fear in children. According to some tellings, the lights are cosmic spirits playing ball in the sky, just waiting to swoop down and chop off the heads of wayward young people. If you stay out too late, or don’t come when your mother calls, or walk alone at night, « The northern lights will get you, » says another legend .

Shot by Arizona-based Open Lens Productions, the video is scheduled to travel to 20 rural Alaska communities, where students can watch the show with the help of a portable, inflatable planetarium operated by the UAF Geophysical Institute. Accompanying curriculum, « Learning Through Cultural Connections, » is intended to introduce elementary and middle-school age students to the science and cultural stories surrounding the aurora.

By clicking on this link, you will see a video of the northern lights shot on Turnagain Pass, a few tens of miles south of Anchorage:

https://youtu.be/wlwtcKjI-GA

Source: Alaska Dispatch News.

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Aurore boréale à côté de Juneau le 2 septembre 2016

(Photo: C. Grandpey)

Les courses de chiens de traîneaux en Alaska // Sled dog races in Alaska

drapeau-francaisLes courses de chiens de traîneaux font partie de la culture arctique et en particulier de l’Alaska où se déroulent deux courses mythiques : La Yukon Quest et l’Iditarod.

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(Crédit photo: Wikipedia)

La Yukon Quest suit le trajet qu’ont emprunté en 1897 les chercheurs d’or pour rejoindre le Klondike. C’est une course de 1 600 km entre Whitehorse au Yukon et Fairbanks en Alaska. La course est réputée pour être la plus difficile du monde. En effet, chaque équipage a pour obligation de transporter l’intégralité de ses provisions et de son matériel, soit 200 kg. La Yukon Quest vient de se terminer, avec la victoire de Matt Hall, l’un des meilleurs mushers au monde.

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Si la Yukon Quest est censée être la plus difficile, l’Iditarod est la plus célèbre. Elle rassemble chaque année les meilleurs attelages. Le départ aura lieu le 4 mars 2017 avec, parmi les participants, le Français Nicolas Vanier – Le Dernier Trappeur – qui a terminé à la neuvième place de la Yukon Quest 2015. En raison du changement climatique et pour la deuxième fois en trois ans, la départ de l’Iditarod est transféré de Willow à Fairbanks en raison des mauvaises conditions de piste. Le départ officieux est maintenu à Anchorage le 4 mars, jour où les mushers présenteront leurs attelages de chiens sur un circuit de 17 km à travers la ville. Ils parcourront ensuite 560 km pour se rendre à Fairbanks pour le départ officiel de la course qui aura lieu deux jours plus tard, le lundi 6 mars à 10 heures.

L’Iditarod est née d’une prouesse humaine. Au cours de l’hiver 1925, une épidémie de diphtérie frappa la ville de Nome, sur la côte ouest de l’Alaska. Alors que la glace instable et un blizzard persistant empêchaient tout acheminement de sérum par avion ou bateau, plusieurs mushers et leurs chiens se sont relayés pour rejoindre la localité avec le sérum salvateur. Ce trajet de 1750 kilomètres qui traverse tout le pays depuis Anchorage jusqu’à Nome a donné naissance à la piste sur laquelle s’affrontent aujourd’hui tous les plus grands mushers.

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Amoureux de l’Alaska, je suis avec attention le déroulement de ces épreuves passionnantes. Je sais que certains vont me critiquer en disant que je cautionne des courses qui impliquent une maltraitance des animaux. C’est vrai que la course est dure et s’effectue dans des conditions climatiques parfois très difficiles. Toutefois, je ne pense pas que les chiens sont davantage maltraités que les chevaux de courses. Tous ces animaux sont des sportifs de haut niveau, avec des régimes alimentaires très contrôlés. Des vétérinaires sont présents tout le long des parcours pour s’assurer que les chiens sont aptes à continuer.

Au mois de septembre dernier, j’ai eu la chance d’être invité par Bill Cotter, vainqueur de la Yukon Quest 1987 et participant à 20 Iditarod, à visiter son chenil de Nenana dans le centre de l’Alaska, et à aller me balader avec lui dans une carriole tirée par les chiens. Un grand moment ! D’autres mushers habitent à Nenana et tous entraînent quotidiennement leurs chiens en vue des grandes courses hivernales.

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drapeau-anglaisSled dog races are part of Arctic culture and especially Alaska where two mythical races are held: The Yukon Quest and the Iditarod.
The Yukon Quest follows the route taken by the gold diggers to reach the Klondike in 1897. It’s a 1,600-km race between Whitehorse in the Yukon and Fairbanks in Alaska. The race is said to be the most difficult in the world. Indeed, each musher has to carry all its own provisions and equipment, namely 200 kg. The Yukon Quest has just finished, with the victory of XXX, one of the best mushers in the world.
If the Yukon Quest is supposed to be the most difficult race, the Iditarod is the most famous. It brings together the best teams every year. The start will take place on March 4th, 2017 with Frenchman Nicolas Vanier – director of the flilm Le Dernier Trappeur – who finished in ninth place in the Yukon Quest 2015. Because of climate change and for the second time in three years, the Iditarod will move its official start from Willow to Fairbanks due to poor trail conditions. The ceremonial start will remain in Anchorage on March 4th when mushers and their sled dog teams snake 17 km through the city. They will then travel about 560 km north to Fairbanks for the official race start two days later, at 10 a.m. Monday, March 6.

The Iditarod was born of human prowess. In the winter of 1925, an epidemic of diphtheria struck the town of Nome, on the west coast of Alaska. While unstable ice and a persistent blizzard prevented the delivery of any serum by plane or boat, several mushers and their dogs took turns to reach Nome with the salvage serum. This 1750-kilometer journey across the country from Anchorage to Nome gave birth to the track along which all the best mushers compete.

A lover of Alaska, I attentively observe the progress of these exciting events. I know that some people will criticize me by saying that I support races that involve animal abuse. It is true that the race is hard and takes place in climatic conditions that are sometimes very difficult. However, I do not think dogs are more abused than racehorses. All these animals are high level athletes with carefully controlled diets. Veterinarians are present along the routes to ensure that the dogs are able to continue.
Last September I was lucky enough to be invited by Bill Cotter, winner of the 1987 Yukon Quest and who completed 20 Iditarods. I could visit his kennel in Nenana in central Alaska and go for a ride with him in a cart pulled by the dogs. It was a great moment ! Other mushers live in Nenana and they all train their dogs daily for the major winter races.

yukon-quest-08En été, les entraînements se font sur les routes et les pistes. Le traîneau est souvent remplacé par un pickup!

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Les chiens sont impatients de courir!

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Un futur champion?

(Photos: C. Grandpey)

Saint Valentin : La bise de Pompéi // Valentine’s Day : Pompeii’s Kiss

drapeau-francaisÀ partir de ce week-end jusqu’à la Saint-Valentin, la Maison des Chastes Amants, remarquablement conservée, sera exceptionnellement ouverte au public à Pompéi. Les visiteurs pourront explorer le site à partir d’une nouvelle passerelle surélevée, installée sous un toit en aluminium et en plexiglas.
Cette riche demeure de boulanger, avec jardin, écuries, moulin et la somptueuse fresque d’un tendre baiser, se trouve sur la Via dell’Abbondanza,  une ancienne artère très fréquentée de l’ancienne cité romaine. Les visiteurs verront également des squelettes de mules pétrifiées, surprises par l’éruption du Vésuve en 79 après J.C. Le baiser décore l’un des murs du triclinium, petite salle à manger où les Romains s’allongeaient pour manger et boire.
La Maison a été explorée pour la première fois en 1912 et dévoilé un balcon qui fut endommagé par les bombes alliées pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce n’est qu’en 1982 que des fouilles sérieuses ont commencé. Elles se sont poursuivies jusqu’en 2004 et le site a ouvert brièvement en 2010, pour fermer de nouveau peu de temps après.
Pompéi, le deuxième site le plus visité en Italie après le Colisée à Rome, avec un record de 3,2 millions de visiteurs en 2016, a connu ces dernières années une série d’effondrements en raison du manque d’entretien et du mauvais temps.

Source: Journaux italiens.

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drapeau-anglaisStarting this week-end until Valentine’s Day, the exceptionally preserved House of the Chaste Lovers will be exceptionally opened to the public at Pompeii. Visitors will explore the site from a new raised walkway under an aluminum and plexiglas roof.
This rich baker’s dwelling, complete with garden, stables, mill and a sumptuous fresco of a tender kiss, stands on via dell’Abbondanza, the once-bustling thoroughfare of this ancient Roman city. It also boasts the skeletons of petrified mules caught in the 79AD eruption of Mount Vesuvius. The kiss decorates one of the walls of the triclinium, the small dining room where ancient Romans would have lounged on couches to eat and drink.

The House was first explored in 1912, unveiling a balcony later damaged by Allied bombs in the Second World War. It was not until 1982 that serious digs began. They ran until 2004 and the site opened briefly in 2010, only to close again.
Pompeii, the second most visited attraction in Italy after the Colosseum in Rome, with a record 3.2 million visitors in 2016, has been plagued in recent years by a series of collapses due to lack of maintenance and bad weather.

Source: Italian newspapers.

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Les scènes d’amour, parfois érotiques, étaient relativement fréquentes dans les demeures de Pompéi. (Photo : C. Grandpey)