Le volcanisme norvégien // Norwegian volcanism

drapeau francaisLe quotidien norvégien Nyheter nous apprend que des chercheurs de l’Université de Bergen ont découvert des centaines de volcans dans la mer autour de la Norvège, le long de la dorsale atlantique entre Jan Mayen et le détroit de Fram. Ces volcans sont à une très faible profondeur et les scientifiques norvégiens sont convaincus qu’ils peuvent apparaître à la surface de la mer à tout moment et éventuellement former un nouveau groupe d’îles. Cette zone active – baptisée Loki’s Castle – recèle un grand nombre de « fumeurs » dont la température se situe autour de 300° C. Comme souvent dans ce cas, des organismes ont colonisé les sources chaudes. Ces « extrêmophiles » sont capables de subsister dans des conditions considérées comme impropres à la vie.

Une belle vidéo illustre le travail des chercheurs norvégiens:

http://www.dagbladet.no/2013/08/01/nyheter/innenriks/forskning/vulkan/28490961/

 

drapeau anglaisThe Norwegian daily Nyheter informs us that researchers from the University of Bergen have discovered hundreds of undersea volcanoes around Norway, along the Atlantic ridge between Jan Mayen and the Fram Strait. These volcanoes are very shallow and Norwegian scientists believe they might break the surface of the sea at any moment and form a new group of islands. The active area – Loki’s Castle – harbours a large number of “smokers” whose temperature averages 300°C. Organisms have colonised the hydrothermal vents. These “extremophiles” are able to survive in conditions considered as too difficult to live in.

A nice video illustrates the Norwegian researchers’ work:

http://www.dagbladet.no/2013/08/01/nyheter/innenriks/forskning/vulkan/28490961/

Un volcan sous-marin au large de la Sicile? // A submarine volcano off the coast of Sicily?

drapeau francaisUn article de la revue scientifique Elsevier nous apprend qu’une équipe de chercheurs italiens sous la houlette du Professeur Giuseppe Patanè a probablement découvert dans la Mer Ionienne, dans un secteur compris entre Riposto et Aci Castello, un volcan sous-marin couvrant une superficie d’environ 400 km2, donc encore plus grande que l’Etna. Bien qu’étant distant de quelques dizaines de kilomètres seulement du géant sicilien, le volcan sous-marin semble être totalement indépendant.

L’étude italienne renferme des révélations surprenantes, avec la démonstration de la théorie selon laquelle les violents séismes qui ont frappé la région de la Sicile ionienne au cours des siècles sont étroitement liés à  l’activité du volcan sous-marin. Selon le Professeur Patanè, sa taille est impressionnante. « Nous l’avons toujours eu sous votre nez, mais personne n’a jamais remarqué son existence ! » Sa structure globale rappelle celle de l’Etna, avec une énorme dépression sur le versant oriental qui part de 500 mètres en dessous du niveau de la mer pour se terminer à 2500 mètres de profondeur. A titre de comparaison, le diamètre maximal de la Valle del Bove de l’Etna est de 7 km, celui de la caldeira submergée est de 20 kilomètres, donc trois fois plus grand.
La découverte du volcan sous-marin s’est faite par hasard, lorsque les chercheurs ont examiné une carte des fonds marins le long de la côte ionio-etnéenne. Ils ont vite repéré l’étrange morphologie en «fer à cheval» en face de Riposto et Acireale. L’équipe scientifique a décidé de poursuivre les recherches en utilisant les cartes de la Marine et avec l’aide des plongeurs du service incendie de Catane. Finalement, le traitement de toutes les données recueillies ne laisse aucun doute: Au large de Riposto et en descendant plus au sud jusqu’à Capo Mulini, il y a bien un ancien volcan!
La structure du volcan sous-marin remonte à une époque plus ancienne que l’Etna. Aucun signe d’activité n’a été décelé mais la présence de «fluides chauds » ne saurait être exclue.

Source : InMeteo.

 

drapeau anglaisAn article in the scientific journal Elsevier tells us that a team of Italian researchers led by Professor Giuseppe Patanè probably discovered in the Ionian Sea, in an area between Riposto and Aci Castello, a submarine volcano covering an area of about 400 km2, so even larger than Mount Etna. Although a few tens of kilometers away from the Sicilian giant, the underwater volcano seems to be totally independent.
The Italian study contains startling revelations, with the demonstration of the theory that earthquakes that struck the region of the Ionian Sicily over the centuries are closely linked to the activity of the underwater volcano. According to Professor Patanè, its size is impressive. « It’s always been under our nose, but nobody ever noticed its existence!  » Its overall structure resembles that of Etna, with a huge depression on the eastern side which starts 500 meters below sea level and ends at a depth of 2500 meters. For comparison, the maximum diameter of Mount Etna’s Valle del Bove is 7 km while the width of the submerged caldera is 20 km, so three times larger.
The discovery of the underwater volcano was made by chance, when the researchers examined a map of the seabed along the Ionio-Etnean coast. They soon spotted the strange “horseshoe”morphology in front of Riposto and Acireale. The scientific team decided to continue the research using maps of the Navy and with the help of divers from Catania fire brigade. Finally, the processing of all the data leaves no doubt: Off Riposto and down further south to Capo Mulini there is an ancient volcano!
The structure of the underwater volcano dates back to an earlier period than Mount Etna. No sign of activity was detected but the presence of « hot fluids » should not be excluded.

Source: InMeteo.

Aci-Castello

Aci Castello est surtout connu pour les pillow lavas au pied du château  (Photo:  C. Grandpey)

Et si le Mont Fuji entrait en éruption? // What if Mount Fuji erupted?

drapeau francaisLes Japonais sont inquiets. Alors que le Mont Fuji vient d’apparaître sur la liste des sites du Patrimoine Culturel Mondial de l’UNESCO, ils craignent qu’un tremblement de terre majeur dans le pays déclenche une éruption de ce volcan mythique.
C’est pourquoi les autorités préfectorales de Yamanashi, Shizuoka et Kanagawa s’efforcent de mettre au point un plans d’évacuation, en collaboration avec le gouvernement central. Le plan devrait être prêt d’ici mars 2014.
Selon la première partie de ce plan, jusqu’à 750 000 personnes devraient être évacuées en raison des importantes coulées de lave et des écoulements pyroclastiques.
Le plan – qui est actuellement à l’état de projet – divise la région autour du mont Fuji 1) en une zone où des bouches éruptives sont susceptibles d’apparaître et 2) en trois autres zones que les coulées de lave pourraient atteindre respectivement en moins de trois heures, une journée et 40 jours.
Plus de 10 000 personnes escaladent le Mont Fuji chaque jour pendant la haute saison, mais elles ne figurent pas parmi les 750 000 personnes évacuées. (A noter que le nombre de visiteurs sur la montagne a augmenté depuis sa nomination en juin au Patrimoine Mondial de l’UNESCO).
Toute évacuation réelle devrait donc être plus difficile que prévu par le projet de plan. Le plan d’évacuation définitif va donc probablement inclure des mesures pour remédier à la paralysie généralisée des réseaux de circulation, y compris à Tokyo, ainsi que les coulées de boue générées par la fonte de la neige qui se déplacent plus rapidement et plus amplement que la lave.
Lorsque le plan d’évacuation définitif sera prêt en 2014, les trois préfectures ont l’intention de procéder à un exercice d’évacuation commun.

Source : The Japanese Times.

 

drapeau anglaisThe Japanese are anxious. While Mount Fuji has just been to UNESCO’s list of World Heritage cultural sites, it is feared that a major earthquake in the country might trigger an eruption of the mythical volcano.

Therefore, the Yamanashi, Shizuoka and Kanagawa prefectural governments are working out evacuation plans in collaboration with the central government. The plans should be ready by March 2014.

According to the first part of the plan, up to 750,000 residents would have to be evacuated due to widespread lava and pyroclastic flows.

The draft plan divides the region around Mount Fuji into 1) an area where volcanic vents are likely to be created and 2) three other areas lava flows are expected to reach within three hours, one day and up to 40 days, respectively.

As many as 10,000 people climb Mount Fuji daily during the peak climbing period, but they are not counted among the 750,000 evacuees. (The number of visitors to the mountain has been increasing since its designation as a World Heritage site in June.)

Any actual evacuation therefore is expected to be more difficult than envisioned by the draft plan. The final evacuation plan thus will likely include measures to address the widespread paralysis of traffic systems, including in Tokyo, as well as mud flows from melted snow, which move faster and more widely than lava.

When the final plan is ready in 2014, the three prefectures aim to conduct a joint evacuation drill.

Source: The Japanese Times.

Fuji-blog

(Crédit photo:  Wikipedia)

Irazu 1963: Un magma TGV! // Irazu 1963: A high-speed magma!

drapeau francaisDes tests géochimiques effectuées sur des cristaux d’olivine dans la cendre émise pendant l’éruption de l’Irazu (Costa Rica) en 1963 ont montré que la roche en fusion en provenance du manteau peut perforer des kilomètres de croûte terrestre en quelques mois seulement.  En effet, avant l’éruption dévastatrice de 1963, le magma a parcouru en deux mois seulement les 35 kilomètres entre le manteau et la chambre magmatique superficielle du volcan  C’est ce que des chercheurs de l’Université Columbia écrivent dans le numéro du 1er Août 2013 de la revue Nature. Cette nouvelle étude est la première preuve réelle d’une ascension rapide du magma.

Les tests effectués sur l’Irazu confirment d’autres indices concernant l’ascension rapide du magma, tels que les séismes profonds qui ont précédé les éruptions du Pinatubo aux Philippines et l’Eyjafjallajökull en Islande. Des secousses sismiques ont été enregistrées près du manteau sous le Pinatubo et l’Eyjafjallajökull dans les semaines et les mois avant les éruptions.
Malgré quelques indications suggérant que l’ascension du magma pourrait être rapide, la plupart des modèles de systèmes d’alimentation des volcans décrivent une lente progression de la matière en fusion. Les études révèlent généralement que la chambre magmatique se remplit par le bas. Le magma s’élève peu à peu des profondeurs, s’arrête, se mélange à d’autres magmas, poursuit sa lente ascension, jusqu’à ce que finalement il atteigne la chambre. Ce long voyage s’étire sur une période de milliers, voire de centaines de milliers d’années. «C’est comme pour monter un escalier. Chaque étape est un autre changement», explique un géologue de l’Oregon State University. « Au moment où il arrive à la surface, le magma a été modifié assez sensiblement. » C’est ce que le géologue français Hervé de Goer appelait les «magmas omnibus», comparant la lenteur du magma à celle d’un train omnibus dans lequel différents passagers montent à chaque gare de sorte qu’à la fin du voyage le groupe de voyageurs est très différent de ce qu’il était au début. A l’opposé, De Goer mentionnait les « magmas TGV » qui, comme les trains à grande vitesse, ne s’arrêtent pas à toutes les gares. De la même manière, la nouvelle étude a trouvé des preuves que le magma qui alimentait l’éruption de l’Irazu en 1963 avait pris un ascenseur ultra rapide pour atteindre la surface et ne s’était mélangé à d’autres roches qu’à de faibles profondeurs, à environ 10 kilomètres sous la surface de la Terre. Par ailleurs, la lave émise durant l’éruption de 1963 contenait nickel. Le magma issu du noyau de la Terre contient effectivement des traces de nickel, mais le métal se dissipe habituellement en même temps que le magma se déplace vers la surface. La présence de nickel suggère que le magma  est monté très vite de sorte que le métal n’a pas eu le temps de s’échapper.
Il serait vraiment intéressant que les chercheurs puissent trouver un comportement identique du magma en d’autres endroits de la planète. L’Irazu est un volcan d’arc, au-dessus d’une zone de subduction. Certains des éruptions les plus violentes de l’histoire se sont produites sur des volcans d’arc de la Ceinture de Feu du Pacifique, dans des zones de subduction. C’est pourquoi les scientifiques américains sont en train d’analyser des cristaux d’olivine d’autres volcans d’arc (îles Aléoutiennes en Alaska, Chili et Tonga) en espérant trouver des indices de magma à ascension rapide. En étudiant un plus grand nombre de volcans, on comprendra mieux pourquoi certains magmas sont très rapides, tandis que d’autres sont très lents.
Le problème est que la plupart des systèmes de surveillance volcanique sont conçus des nos jours pour fonctionner à de faibles profondeurs (10 km environ). Il faudra donc que de nouveaux réseaux soient conçus pour étudier le magma en provenance des profondeurs de la Terre.

*L’éruption de 1963 ( 40 morts) est décrite dans mon dernier livre « Killer Volcanoes – Eruptions meurtrières des temps modernes » (voir colonne de gauche de ce blog).

Source : Live Science.

Un photographe du Los Angeles Times a réalisé une belle galerie des photos de l’éruption de l’Irazu en 1963. Vous la verrez en cliquant sur ce lien:

http://www.latimes.com/news/science/sciencenow/la-sci-sn-irazu-volcano-eruption-photos-20130801,0,6034811.photogallery

 

drapeau anglaisGeochemical tests performed on crystals of olivine from ash erupted in 1963 at Costa Rica’s Irazu volcano showed that molten rock from the Earth’s mantle can punch through kilometres of overlying crust in a matter of months only. The new study is the first real evidence of a fast mode in volcanoes.

Before the deadly 1963 eruption of Irazu, magma travelled the 35 kilometres from the mantle to the volcano’s shallow magma chamber in about two months. This is what Columbia University researchers report in the August 1st issue of the journal Nature.

The discovery at Irazu helps confirm other clues for high-speed magma ascents, such as deep-seated earthquakes before eruptions at Mount Pinatubo in the Philippines and Iceland’s Eyjafjallajökull volcano. Seismic tremors struck near the mantle below Pinatubo and Eyjafjallajökull in the weeks and months before the eruptions.

Despite some indications suggesting magma ascent could be fast, most models of volcano plumbing system refer to a slow ascent. Studies usually reveal that a volcano’s magma chamber fills from the bottom. Magma melts rise a bit, then mix together, and then climb a little more, until finally reaching the chamber. The long journey happens over a span of thousands to hundreds of thousands of years. « It’s like going up a set of stairs. Each step is another change, » says a geologist at Oregon State University. « By the time you get to the surface, the magma has been changed quite substantially. » This is what French geologist Hervé de Goer called “omnibus magmas”, comparing slow magma to an omnibus train in which different passengers climb at each station so that in the end the bunch of travellers is very different from what it was at the beginning of the trip. On the opposite side, De Goer mentioned “TGV (high-speed) magmas” which, like high-speed trains, do not stop at all stations. In the same way, the new study found evidence that magma feeding the 1963 eruption of Irazu took the express elevator to the surface, mixing with other molten rock only at shallow depths, around 10 kilometres below the Earth’s surface. Besides, lava rock from the 1963 eruption contained nickel. Magma in the Earth’s core holds trace amounts of nickel, but the metal usually diffuses out as the magma moves to the surface. The presence of nickel suggests the magma rose faster than the metal could escape.

It would really be interesting if researchers could find this behaviour of magma at many different places. Irazu is an arc volcano, rising above a subduction zone. Some of the most powerful eruptions in history came from arc volcanoes in the Pacific Ring of Fire which tower above subduction zones. That’s why American scientists are now analyzing olivine crystals from other arc volcanoes (Alaska’s Aleutian Islands, Chile and Tonga) for signs of fast-rising magma. Looking at more volcanoes will also help understand why some melts are very fast, while others are very slow.

The problem is that most monitoring systems are designed to look at shallow depths (10 km or so), so new networks would have to be built to monitor magma coming from the depths of the Earth.

Source : Live Science

A Los Angeles Times photographer has presented a nice photo gallery of Irazu’s 1963 eruption. You can see it by clicking on this link:

http://www.latimes.com/news/science/sciencenow/la-sci-sn-irazu-volcano-eruption-photos-20130801,0,6034811.photogallery

 

Irazu-blog

Vue du cratère de l’Irazu  (Crédit photo:  Wikipedia)