Etude approfondie du Mont St Helens (suite) // In-depth study of Mount St Helens (continued)

drapeau francaisComme je l’ai écrit auparavant (voir ma note du 26 juin), les scientifiques américains font actuellement des tests afin d’obtenir une meilleure image du système d’alimentation du Mont St Helens. Le projet est intitulé «Imaging Magma Under St. Helens, » ou IMUSH. Les chercheurs espèrent que les résultats des expériences effectuées au cours des deux prochaines années leur permettront d’améliorer leur capacité à prévoir les éruptions volcaniques. La première partie de la recherche concerne la phase sismique active. Il est appelée ‘active’ car les scientifiques utilisent des explosifs pour créer l’activité sismique. 33 forages ont été effectués selon un agencement précis dans des endroits éloignés autour du volcan. Chaque trou de forage, de 25 mètres ou plus de profondeur, a reçu une charge explosive de 450 ou 900 kg. Les chercheurs ont commencé à provoquer les détonations hier soir, 22 Juillet. Un autre série d’explosions aura lieu dans environ une semaine, une fois que les 3500 capteurs sismiques auront été repositionnés, ce qui doublera le nombre de sites de contrôle. Une série d’images est créée par les ondes sismiques générées sous des angles et des profondeurs différents. Une explosion est l’équivalent d’un séisme de M 2, événement enregistré en moyenne une fois par semaine dans la zone autour du Mont St Helens. Chaque explosion est enregistrée par les 3500 capteurs disposés à l’intérieur d’un cercle qui s’étend de la région de Portland-Vancouver jusqu’au Mont Rainier, soit un diamètre de plus de 150 km. Le Mont St. Helens, qui se trouve à environ 70 km au nord-est de Vancouver, est au milieu de ce cercle. Plus le cercle d’instruments sera vaste, plus la vision à l’intérieur de la Terre sera profonde. Les sismomètres les plus éloignés devraient pouvoir donner aux scientifiques un aperçu de la base de l’alimentation magmatique. À l’heure actuelle, les données recueillies à partir de la surveillance continue ont donné aux scientifiques une assez bonne idée du sous-sol jusqu’à une profondeur de sept ou huit kilomètres. Avec un peu de chance, ils espèrent être en mesure d’aller jusqu’à 100 km sous la surface, là où est généré le magma.

Source: The Columbian.

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drapeau anglaisAs I put it before (see my note of  June 26th ), US scientists are currently making tests in order to get a better image of Mount St Helens’ plumbing system.

The project is titled « Imaging Magma Under St. Helens, » or IMUSH. Researchers hope what they learn over the next couple of years will improve their ability to forecast volcanic eruptions.

The first part of the research is the active seismic phase. It is called active because the scientists are using explosives to create the seismic activity. 33 boreholes have been drilled in a precise pattern in remote locations around the mountain; each borehole, 25 metres or so deep, is loaded with a 450-kg or 900 kg explosive charge.

Researchers began the detonations last night, July 22nd. Another round will be detonated in about a week, after the 3,500 seismic instruments have been repositioned — doubling the number of monitoring sites. The imagery is created with seismic waves generated from different angles and depths. A blast is the equivalent of no more than an M 2 earthquake, an event the area around Mount St Helens gets on average once in a week.

Each explosion is logged by the 3,500 sensors arrayed within a circle that stretches from the Portland-Vancouver area to Mount Rainier — a diameter of more than 150 km. Mount St. Helens, which is about 70 km northeast of Vancouver, is in the middle of that circle.

The wider the ring of instruments, the deeper into the Earth the researchers will be able to look. The more distant seismometers should give them a glimpse of the bottom of the magma pipeline.

Right now, data collected from ongoing monitoring has given scientists a pretty good idea of the subsurface to a depth of seven or eight kilometres. With luck, the scientists say, they will be able to extend that to 100 km below the surface, where magma is generated.

Source: The Columbian.

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Spirit Lake et le Mont Rainier vus depuis le sommet du St Helens  (Photo:  C.  Grandpey)

Les Cratères de la Lune (Idaho) intéressent la NASA // NASA is interested in Craters of the Moon (Idaho)

drapeau francaisSelon plusieurs journaux nord-américains, la NASA a investi 500 000 dollars dans une étude des Cratères de la Lune (Idaho) qui pourrait apporter des indices sur la surface de la planète Mars.
Une équipe scientifique de l’Université de l’Idaho (ISU) va essayer de comprendre le déroulement des éruptions sur le site de Craters of the Moon il y a des milliers d’années. Les données seront recueillies au cours des prochains mois et analysées par des super ordinateurs de l’ISU afin de mettre au point un modèle précis des variations de texture causées par les éruptions et par l’érosion qui a suivi. Cela permettra de créer une chronologie de la mise en place des formations géologiques.
L’activité volcanique des Cratères de la Lune a eu lieu au moment où le point chaud de Yellowstone se situait sous les Cratères avant de migrer plus à l’est. Il y a peu de doute que l’activité volcanique réapparaîtra un jour dans la région. Selon le site web du National Park Service, le prochain événement pourrait mettre en œuvre quelque 4,2 kilomètres cubes de lave, sans que l’activité soit vraiment explosive.
Les chercheurs de l’ISU veulent avant tout déterminer avec précision les différences de textures dans les zones qui ont cessé d’avoir une activité volcanique il y a plusieurs siècles. Comme ces coulées de lave sont relativement jeunes dans le temps géologique, elles sont particulièrement intéressantes à étudier.
Bon nombre de techniques et d’équipements utilisés par l’ISU lors de l’étude sont liés au projet FINESSE de la NASA (Fast Infrared Exoplanet Spectroscopy Survey Explorer) qui est consacré à la compréhension de la formation, de l’évolution et de l’architecture des systèmes exoplanétaires.
Afin de créer un modèle des variations de texture, les scientifiques examineront des blocs de lave de plus de 40 mètres de grosseur et ils passeront au peigne fin la vésiculation des échantillons. Les techniques utilisées dans le processus peuvent avoir d’autres applications tel que l’examen de motifs et de textures foliaires chez les plantes dans le but d’évaluer la santé des cultures, ou bien la compréhension de l’usure des structures en milieu urbain.
Une fois que le travail sur le terrain sera terminé et que les données seront analysées par les super-ordinateurs de l’ISU, les résultats seront présentés lors de la conférence de l’American Geological Union en décembre à San Francisco.

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drapeau anglaisAccording to several North American newspapers, NASA has invested 500,000 dollars in a study of Craters of the Moon National Monument (Idaho) that could bring clues about the surface of Mars.

A scientific team of Idaho State University (ISU) will try to understand how eruptions occurred at Craters thousands of years ago. Data will be gathered over the next several months and will be analyzed by ISU’s super computers to create a precise model of the variations in texture caused by the eruption and subsequent erosion. It will essentially create a timeline of how the formations progressed.

Volcanic activity in the Craters of the Moon area occurred when the Yellowstone hotspot existed below the crust at that location before shifting further to the east. There is little doubt that future volcanic activity is likely at Craters. According to the National Park Service website, the next event might involve about 4.2 cubic kilometres of lava without much explosion.

ISU researchers are interested in determining the exact textural differences in areas that ceased to have any volcanic activity centuries ago. Because these flows are relatively young in geological time, they make excellent areas to study.

Many of the techniques and equipment used by ISU during the study have a connection to NASA’s FINESSE project (Fast Infrared Exoplanet Spectroscopy Survey Explorer) and which is devoted to understanding the formation, evolution and architectures of exoplanetary systems.

In order to create a model of the variations in texture, scientists will be surveying blocks of lava more than 40 metres in size. They will also carefully examine the vesiculation of the samples. Techniques used in the process may lead to other uses such as examining leaf patterns and textures in plants to evaluate crop health or understanding the wear and tear on structures in urban settings.

Once the field work is performed and the data has been analyzed by the super computers at ISU, the findings will be presented at the December conference of the American Geological Union in San Francisco.

Craters of the Moon: Un superbe ensemble de coulées de lave, de cônes et d’étendues de scories:

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(Photos:  C.  Grandpey)

Le système AVOID refait surface! // The AVOID system is back!

drapeau francaisLe Daily Mail, toujours bien informé quand il s’agit d’écrire des articles à sensations, nous informe que la technologie destinée à aider les pilotes d’avions à détecter la cendre volcanique est en passe de passer en production commerciale et EasyJet sera la première compagnie aérienne à l’utiliser.
Théoriquement, le système AVOID (mentionné dans plusieurs de mes notes) cautionné par EasyJet est censé réduire le risque de voir se répéter la crise provoquée par le volcan islandais Eyjafjallajökull au printemps 2010.
Comme je l’ai déjà écrit, le système AVOID utilise la technologie infrarouge qui, une fois installée à bord d’un avion, fournit des images qui permettront aux pilotes de voir un nuage de cendre jusqu’à 95 kilomètres de distance et à une altitude comprise entre 1500 et 15 000 mètres. Cela leur permettra donc de faire de petites corrections de trajectoire pour éviter les nuages de cendre. Le concept est très similaire aux radars météorologiques dont sont équipés les avions de ligne aujourd’hui.
Au sol, les informations obtenues à bord de l’avion avec le système AVOID seront utilisées pour obtenir une image précise du nuage de cendre volcanique en utilisant des données en temps réel. Cela permettra d’ouvrir de vastes zones d’espace aérien qui seraient autrement fermées lors d’une éruption volcanique.
La technologie a été testée par l’avionneur européen Airbus en novembre dernier au cours d’une expérience unique qui a impliqué la création d’un nuage de cendre artificiel.
Ian Davies, responsable du secteur industriel de EasyJet a déclaré: «EasyJet a cautionné le développement de cette technologie innovante depuis l’éruption volcanique de 2010 qui a paralysé le trafic aérien en Europe. Nous nous réjouissons de pouvoir être la première compagnie à adapter cette technologie sur nos appareils. »

Reste à voir à quel point cette technologie pourra venir en aide aux pilotes et si elle permettra d’éviter une paralysie du trafic aérien comme en 2010. Il y a un fossé énorme entre un test artificiel avec le déversement de quelques sacs de cendre volcanique dans l’atmosphère et une éruption d’envergure comme celle de l’Eyjafjallajökull. Le système n’a encore jamais été testé dans de véritables conditions éruptives pourtant fournies ces derniers mois par des volcans comme l’Etna, le Sinabung, l’Ubinas ou encore le Sangeang Api. Pas sûr que les compagnies aériennes fassent totalement confiance à ce système et osent mettre en danger la vie de milliers de passagers. On peut facilement imaginer ce qui se passera si une catastrophe se produit !

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drapeau anglaisThe Daily Mail, always well informed when it plans to write sensational articles, informs us that the technology to help aircraft detect volcanic ash is set to go into commercial production, with EasyJet planning to be the first airline to use it.

Theoretically, the AVOID system (mentioned in several of my past notes) has been supported by EasyJet and is supposed to reduce the chances of a repeat of the Icelandic volcanic ash-cloud crisis of spring 2010.

As I put it before, the system utilises infra-red technology fitted to aircraft to supply images that will enable pilots to see an ash cloud up to 95 kilometres ahead of the aircraft and at altitudes between 1,500 and 15,000 metres, thus allowing them to make small adjustments to the plane’s flight path to avoid any ash cloud. The concept is very similar to weather radars which are standard on commercial airliners today.

On the ground, information from aircraft with AVOID technology would be used to build an accurate image of the volcanic ash cloud using real-time data. This could open up large areas of airspace that would otherwise be closed during a volcanic eruption.

The technology was tested by European planemaker Airbus last November through a unique experiment which involved the creation of an artificial ash cloud.

EasyJet’s engineering director Ian Davies said : « EasyJet has supported the development of this innovative technology since the 2010 volcanic eruption which brought aviation to a halt in Europe. We look forward to being the first airline to fit this technology on our aircraft. »

Let’s see how far this technology can help air pilots and if it will avoid a paralysis of air traffic as in 2010. There is a huge gap between an artificial test performed with the release of a few bags of volcanic ash the atmosphere and a major eruption like that of Eyjafjallajökull. The system has never been tested in real eruptive conditions even though the opportunity was given by such volcanoes as Mount Etna, Sinabung, Ubinas or else Sangeang Api. I’m not  sure that airlines will fully trust the system and dare put at risk the lives of thousands of passengers. One can easily imagine what would happen if a disaster occurred!

Formation volcanique au HVO // Volcanic training at the Hawaiian Volcano Observatory (Hawaii / Etats Unis)

drapeau francaisLes scientifiques et les techniciens d’observatoires volcanologiques de 11 pays (Chili, Colombie, Costa Rica, République Démocratique du Congo, Indonésie, Italie, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Pérou, Philippines, Arabie Saoudite et Corée du Sud) ont récemment visité le Hawaiian Volcano Observatory (HVO) pour se former aux techniques de surveillance des volcans actifs.
Grâce au Programme International de Formation à la Surveillance des Risques Volcaniques, les scientifiques américains ont initié les participants aux méthodes de suivi volcanique, à l’analyse et l’interprétation des données, à l’évaluation des risques volcaniques, ainsi qu’à l’utilisation et l’entretien des instruments de surveillance. Les participants ont également appris à réagir rapidement en cas de crise volcanique et à travailler en collaboration avec les autorités gouvernementales et les médias pour sauver des vies et des biens.
Les outils géologiques traditionnels ont également été abordés, ainsi que les dernières technologies, comme l’utilisation de systèmes d’information géographique permettant de prévoir la trajectoire des coulées de lave, comment procéder à une évaluation de la vulnérabilité et comment estimer les coûts associés aux dégâts causés par une coulée de lave. Les participants ont également appris les fondamentaux sismologiques et étudié les images d’essaims sismiques pré-éruptifs sur différents volcans de la planète.
Ce programme de formation, maintenant dans sa 24e année, est organisée par le Centre d’Etude des Volcans Actifs à l’Université d’Hawaii à Hilo, avec le soutien de l’Université d’Hawaii à Manoa et l’USGS-U.S. Agency for International Development Volcano Disaster Assistance Program.

L’USGS et le HVO ont toujours donné une grande importance à la formation. C’est ainsi qu’un programme de bénévolat invite des personnes venant du monde entier à travailler avec le HVO sur les volcans actifs. Si vous n’êtes pas un citoyen des États-Unis l’Exchange Visitor Program vous permettra de collaborer et de travailler avec des scientifiques de l’USGS et de bénéficier des instruments de mesure.

J’ai eu personnellement l’occasion de travailler sur le processus de refroidissement de la lave à Hawaii et de participer à une campagne de mesures de températures des sources chaudes à Yellowstone grâce au Volunteer Program. Ce furent des expériences très intéressantes. Maîtrise de l’anglais indispensable.
Plus de détails sur le programme de bénévolat à cette adresse:
http://hvo.wr.usgs.gov/volunteer/

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drapeau anglaisScientists and technicians from volcano observatories in 11 countries (Chile, Colombia, Costa Rica, Democratic Republic of Congo, Indonesia, Italy, Papua New Guinea, Peru, Philippines, Saudi Arabia and South Korea) recently visited the Hawaiian Volcano Observatory to learn techniques for monitoring active volcanoes.

Through the International Training Program in Volcano Hazards Monitoring, U.S. scientists trained the participants on monitoring methods, data analysis and interpretation, and volcanic hazard assessment, as well as instruction on the use and maintenance of volcano monitoring instruments. They also learned about responding rapidly during volcanic crises, and how to work with governing officials and the media to save lives and property.

Traditional geological tools were also covered, as well as the latest technology, such as using Geographic Information Systems to predict lava flow paths, conduct a vulnerability assessment, and tabulate the predicted costs associated with the damage from a lava flow and infrasound monitoring, which is critical for rapidly detecting volcanic explosions and/or rift zone eruptions. The participants also learned about basic seismological fundamentals and pre-eruptive seismic swarms at various volcanoes around the world.

The training program, now in its 24th year, is organized by the Center for the Study of Active Volcanoes at the University of Hawaii at Hilo, with support from the University of Hawaii at Manoa and the joint USGS-U.S. Agency for International Development Volcano Disaster Assistance Program.

USGS and HVO have always given a great importance to training. In the same way, a Volunteer Program invites people come from around the world to volunteer or work at HVO. Hawai`i’s active volcanoes. If you are not a citizen of the United States the USGS Exchange Visitor Program will enable you to collaborate and work with USGS scientists, similar to volunteers.

I had the opportunity to work on the cooling process of lava at Hawaii and to join a campaign of temperature measurement of the hot springs at Yellowstone through the Volunteer Program. They were very interesting experiences. A good knowledge of English is necessary.

More details about the Volunteer Program at this address:

http://hvo.wr.usgs.gov/volunteer/

Prelevement-lave-blog

Prélèvement de lave pour analyse  (Photo:  C. Grandpey)