Les effets du SO2 du Bárðarbunga sur les nuages islandais // The effects of Bárðarbunga’s SO2 on Icelandic clouds

drapeau-francaisLes scientifiques pensent depuis longtemps que les émissions de SO2 dans l’atmosphère sont susceptibles de donner aux nuages des couleurs plus vives. Mais alors que l’Homme envoie du SO2 dans l’atmosphère terrestre depuis la révolution industrielle, les chercheurs n’ont jamais vraiment réussi à déterminer dans quelle mesure ces émissions affectent les nuages au-dessus de nos têtes. Les dernières recherches effectuées par des scientifiques de l’Université de Washington se sont appuyées sur l’éruption islandaise du Bárðarbunga.
La nouvelle étude, qui sera publiée dans la revue Geophysical Research Letters, montre que les émissions de SO2 réduisent effectivement la taille des gouttelettes dans les nuages, ce qui rend les nuages plus lumineux et réfléchit davantage la lumière du soleil.
Pendant six mois, entre l’été 2014 et le début de l’année 2015, l’éruption du Bárðarbunga a produit d’énormes quantités de lave et de SO2. Les scientifiques ont examiné les données fournies par le spectroradiomètre imageur à résolution modérée (MODIS) de la NASA, un instrument conçu pour mesurer la taille des gouttelettes dans la couche nuageuse au-dessus des océans. Ils ont remarqué que les émissions de SO2 du volcan avaient donné naissance à des gouttelettes qui étaient les plus petites jamais observées au cours des 14 dernières années.
Les résultats confirment que les volcans refroidissent notre planète, non seulement par l’intermédiaire des particules envoyées dans la haute atmosphère, mais aussi par les petites quantités de soufre qui modifient la formation des nuages. Lorsque l’air contient desaérosols, la même quantité de vapeur d’eau se condense en de nombreuses petites gouttes qui occupent une plus vaste surface qui réfléchit davantage la lumière du soleil. La différence de rayonnement solaire réfléchi entre septembre et octobre 2014 était de 2 watts par mètre carré dans la partie de l’Islande affectée par l’éruption.
Les résultats pourraient permettre de mieux comprendre l’impact de l’Homme sur les nuages. On pense que la pollution humaine depuis la révolution industrielle a modifié l’aspect du ciel dans l’hémisphère Nord. S’agissant du changement climatique, les scientifiques n’ont pas réussi à déterminer dans quelle mesure la quantité d’aérosols produits par l’homme a pu compenser le réchauffement climatique qui affecte la Terre aujourd’hui. Les données fournies par l’éruption du Bárðarbunga permettront peut-être d’améliorer les simulations concernant les effets du SO2 sur les nuages, et de mieux prévoir leur évolution dans les années à venir.
Source: Phys.org: http://phys.org/

On a pu lire dans la presse ces derniers temps des articles à propos de projets plus ou moins farfelus consistant à injecter artificiellement du SO2 dans l’atmosphère. Ce dernier serait capté par les nuages, ce qui contribuerait à refroidir l’atmosphère et réduire le réchauffement climatique. De telles idées sont bien sûr dangereuses car les dommages collatéraux qu’engendreraient de telles manipulations seraient au moins aussi néfastes que le réchauffement climatique proprement dit.

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drapeau-anglaisIt has long been suspected that SO2 emissions can brighten clouds. But while humans have pumped them into Earth’s atmosphere since the Industrial Revolution, it’s been hard to measure how they affect the clouds above. New University of Washington research uses the Bárðarbunga eruption in Iceland to measure the change.
The new study, to be published in the journal Geophysical Research Letters shows that SO2 emissions do indeed result in smaller cloud droplet size, leading to brighter clouds that reflect significantly more sunlight.
During six months from summer 2014 until early 2015, the Bárðarbunga eruption produced huge amounts of lava and SO2. The researchers looked at data for that region recorded by NASA’s MODIS, or Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer, an instrument designed to measure the size of droplets in the marine cloud layer. While the volcano was spewing SO2, the droplets were the smallest in the 14-year record of observations.
The results confirm that volcanoes cool the planet not just by emitting particles high in the atmosphere, but also by releasing low-level sulphur to influence cloud formation.
When the air contains aerosol particles, the same amount of water vapour condenses into many small drops, whose larger surface area reflects more sunlight. The difference in reflected solar radiation between September and October 2014 was 2 watts per square metre in the region over Iceland.
The results may help understand humans’ impact on clouds. Human pollution since the Industrial Revolution is believed to have altered skies in the Northern Hemisphere. One of the big uncertainties regarding climate change is how much human-produced aerosols have offset the warming until now. The data from this eruption will improve the model simulations of cloud effects, and narrow the uncertainties in projections of the future.
Source: Phys.org: http://phys.org/

One can read in the newspapers some articles about projects consisting in artificially injecting SO2 into the atmosphere. The latter would be picked up by the clouds, which would help to cool the atmosphere and reduce global warming. Such ideas are of course dangerous because the side effects caused by such manipulations would be at least as harmful as global warming itself.

Bardarbunga

L’éruption du Bárðarbunga a produit d’importantes quantités de SO2

(Crédit photo: Wikipedia)

Mais qui donc a tué les dinosaures ? // Who on earth killed the dinosaurs ?

drapeau-francaisLa cause de la disparition des dinosaures il y a quelque 66 millions d’années est une question qui taraude le monde scientifique et aucune réponse définitive n’a été fournie à ce jour. Il y a quelques semaines, certains chercheurs faisaient coïncider l’activité volcanique des trapps du Deccan en Inde avec la collision d’un astéroïde dans la péninsule du Yucatan au Mexique. Aujourd’hui, les partisans de cette dernière théorie défendent leur beefsteak et émettent des doutes sur l’hypothèse volcanique. Parmi ceux-ci, des chercheurs de l’Université britannique de Leeds pensent que les écoulements basaltiques des trapps n’ont joué qu’un rôle mineur, voire négligeable, dans la disparition des dinosaures. Ils pensent que les quantités de dioxyde de soufre émises par ces éruptions étaient très insuffisantes pour affecter la vie animale ou végétale sur Terre. Leurs modélisations révèlent que les émissions de SO2 n’auraient provoqué qu’une baisse de 4,5°C des températures et que l’effet de cette chute du mercure n’aurait pas duré plus d’une cinquantaine d’années. Pour entraîner une extinction de masse, il aurait fallu que le refroidissement se prolonge pendant un siècle ou plus. Dans le même temps, d’autres scientifiques pensent que l’impact de l’astéroïde au Mexique a pu contribuer à accélérer l’activité éruptive en Inde.
Le débat reste donc ouvert et ne semble pas près d’être clos !
Source : The Washington Post.

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drapeau-anglaisThe cause of the disappearance of the dinosaurs some 66 million years ago is a question that torments the scientific world and no definitive answer has been provided yet. A few weeks ago, some researchers explained that volcanic activity in the Deccan trapps coincided with the collision of an asteroid in the Yucatan Peninsula in Mexico. Today, proponents of this last theory defend their arguments and cast doubt on the volcanic hypothesis. Among these, researchers from the British University of Leeds believe the basaltic flows of the Indiann trapps played only a minor, if not negligible, part in the disappearance of the dinosaurs. They think that the quantities of sulfur dioxide emitted by these eruptions were very insufficient to affect animal and plant life on Earth. Their models show that SO2 emissions probably caused a temperature drop of 4.5°C whose effect did not last more than fifty years. To cause a mass extinction, the cooling should have continued at least for one century. Meantime, other scientists think that the impact of the asteroid in Mexico contributed to accelerate the eruptive activity in India.
The debate remains open and does not seem close to being closed!
Source: The Washington Post.

Tyrannosaurus

Tyrannosaurus, l’un des derniers dinosaures à prospérer sur Terre avant l’extinction.
(Source : Wikipedia)

A la recherche du Moho // Looking for Moho

drapeau-francaisUne équipe scientifique a quitté Colombo, au Sri Lanka, et se dirige vers Atlantis Bank dans le SO de l’Océan Indien, pour percer le plancher océanique sur 1,5 kilomètres de profondeur et récolter des échantillons de roches. La première phase de l’expédition commencera dans les prochains jours et durera jusqu’à la fin du mois de janvier 2016. Si elle est couronnée de succès, l’équipe reviendra sur le site afin d’essayer d’atteindre le Moho.
La frontière entre la croûte et le manteau terrestre, appelée discontinuité de Mohorovicic, ou MOHO, au niveau de laquelle les ondes sismiques modifient leur vitesse de déplacement, se situe à environ 7 km sous la croûte océanique et entre 30 et 60 km de profondeur sous les continents. A Atlantis Bank, le manteau se trouve à 2,5 km au-dessus du Moho, ce qui le rend à priori plus facile à atteindre.
Le projet de forage, baptisé « Slow Spreading Ridge Moho » (SloMo), tentera d’atteindre la transition croûte-manteau à Atlantis Bank. L’expédition espère obtenir des données fiables qui permettront de répondre à certaines questions sur notre planète, par exemple comment la roche en fusion monte depuis l’intérieur de la Terre et se refroidit tout en formant une nouvelle croûte océanique.
Pendant les années 1960, les scientifiques impliqués dans le projet « Mohole », ont tenté de percer le plancher océanique au large de l’île de Guadalupe, au Mexique. Le projet a atteint seulement 183 mètres de profondeur avant d’être arrêté par manque de financement.
Entre 2002 et 2011, quatre forages sur un site du Pacifique oriental ont réussi à atteindre une zone de roche friable, très probablement du magma refroidi juste au-dessus du Moho. Mais le forage a été incapable de descendre plus profondément.
De même, les forages à proximité de Hess Deep se sont heurtés à des roches de croûte profonde trop résistantes au cours de l’expédition de 2013.
En 2015, l’équipe scientifique effectuera le forage dans la dorsale de l’Océan Indien car il semble que des quantités de lave moins importantes alimentent le plancher océanique dans la région.
Un objectif préliminaire est d’atteindre 1,5 km de profondeur, ce qui a déjà été réalisé. Pendant cette première phase, les scientifiques espèrent pouvoir étudier la géologie et la biologie de la zone. Les cartes géologiques disponibles semblent montrer que l’eau de mer a percolé sur plusieurs kilomètres de profondeur à Atlantis Bank et a déclenché des réactions chimiques qui ont donné naissance à de la serpentinite.
Si la première phase de la mission SloMo est une réussite, les scientifiques reviendront dans la région pour tenter de parvenir à des profondeurs allant jusqu’à 3 km. Après cela, ils emprunteront le navire japonais Chikyu doté d’une très haute technologie pour essayer d’atteindre vraiment le Moho.
Source: Woods Hole Oceanographic Institution.

Une note rédigée le 28 octobre 2013 abordait déjà la discontinuité de Mohorovicic et les efforts des scientifiques pour essayer d’en percer les secrets.

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drapeau-anglaisA group of scientists has departed Colombo, Sri Lanka, and is heading out for the Atlantis Bank, in the southwestern Indian Ocean, to drill through 1.5 kilometres of rock, collecting core samples on the way. The first phase of the expedition will commence in the next few days and last until the end of January 2016. If the start is successful the team will come back again to try and drill all the way down to the MOHO layer. .
The crust-mantle boundary named Mohorovicic discontinuity, or MOHO, at which seismic waves change their travel velocity is located about 7 km beneath the oceanic crust and between 30 and 60 km down beneath continents. At Atlantis Bank, the mantle is settled 2.5 km above the MOHO, making it easier to reach.atlantis bank
The drilling project, named « Slow Spreading Ridge Moho » (SloMo), will try to reach the crust-mantle transition at Atlantis Bank. The expedition hopes to provide good quality data to answer some questions about other properties of our planet, for example how molten rock rises from the interior and cools while forming fresh oceanic crust.
During the 1960s, scientists involved into the « Project Mohole », tried to drill into the sea floor off Guadalupe Island, Mexico. The project reached depths of only 183 metres before it was shut down due to too high expenses.
In the period between 2002 and 2011, four holes at a site in the eastern Pacific managed to reach an area of brittle rock, most likely a cooled magma sitting just above the Moho. But the drill was unable to pierce further. Similarly, drillers at the nearby Hess Deep were limited by tough deep-crustal rocks in the 2013 expedition.
The 2015 team of experts will conduct the drilling in the Indian Ocean Ridge instead, as much smaller lava quantities seem to feed the seafloor there.
A preliminary goal is set to penetrate to the depths of 1.5 km, and it has been done before. During this first phase, the scientists are hoping to explore the geology and biology of the area. Available geological maps suggest the seawater has percolated several kilometres deep at Atlantis Bank and triggered chemical reactions responsible for turning the rock into serpentite.
If SloMo’s first phase is successfully completed, experts will return to the area to try to reach depths up to 3 km. After that, the researchers will sail out on the Japanese state of the art ship Chikyu to try to drill all the way down to MOHO layer.
Source : Woods Hole Oceanographic Institution.

A previous note written on 28 October 2013 already tackled the Mohorovicic discontinuity and the efforts made by scientists to try and pierce its secrets.

Moho-blog

Hawaii: Nouvel obstacle pour la construction du TMT // New obstacle to TMT building

drapeau-francaisLa Cour suprême de l’Etat d’Hawaï vient d’invalider le permis de construction du Thirty Meter Telescope (TMT) sur le volcan Mauna Kea que de nombreux Hawaïens considèrent comme sacré. Un groupe d’universités de Californie et du Canada envisagent de construire le TMT avec des partenariats avec la Chine, l’Inde et le Japon.
La Cour a jugé mercredi que le Board of Land and Natural Resources (qui gère les ressources naturelles à Hawaii) n’aurait pas dû délivrer le permis de construire avant d’avoir pris en compte une pétition mise en place par un groupe qui conteste l’approbation du projet. La décision renvoie donc l’affaire devant le Board qui devra se réunir en conséquence.
La construction du télescope a déjà été suspendue lorsque des manifestants ont bloqué la route d’accès au sommet du Mauna Kea.
Source: Journaux hawaïens.

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drapeau-anglaisThe Hawaii Supreme Court has just invalidated a permit awarded for the construction of the Thirty Meter Telescope (TMT) on Mauna Kea volcano, a mountain many Native Hawaiians consider sacred. A group of universities in California and Canada plan to build the TMT with partners from China, India and Japan.
The court ruled Wednesday that the state Board of Land and Natural Resources should not have issued a permit for the telescope before it held a hearing to evaluate a petition by a group challenging the project’s approval.
The ruling sends the case back to the Board for a new hearing.
The building of the telescope was already suspended after protesters blocked the road to the summit of Mauna Kea.
Source: Hawaiian newspapers.