Oiseaux migrateurs et réchauffement climatique

Mon domicile en Limousin se trouve sous un couloir de migration, de sorte que chaque année nous voyons et entendons passer les grues au-dessus ou à proximité de la maison. Avec le réchauffement climatique d’origine anthropique, les oiseaux ont décalé leur période de migration. Ils ont tendance à descendre plus tard vers le sud et à remonter plus tôt pour se rendre en Scandinavie.

Photo: C. Grandpey

Il ne faudrait pas oublier que 2023 en France a été la 2ème année la plus chaude après 2022, avec des températures supérieures de +1.4°C par rapport aux normales de la période 1991-2020. La première quinzaine de février 2024 a été la plus chaude depuis 1930.

Des vols précoces d’oiseaux migrateurs se dirigeant vers le nord de l’Europe sont observés depuis le début du mois de février 2024. C’est assez logique : la douceur des températures modifie le rythme de ces oiseaux à l’approche de la fin de l’hiver.. Ainsi, les grues sont tentées de regagner le nord de plus en plus tôt à la fin de l’hiver pour la période de reproduction et de nidification. Plusieurs études ont montré que les oiseaux migrateurs arrivent en France cinq à six jours plus tôt que dans les années 1980.

Cette migration précoce peut devenir un problème pour les oiseaux. S’ils remontent vraiment trop tôt, quand l’hiver n’est pas terminé, ils sont inévitablement confrontés à des problèmes de nourriture. Jusqu’à ces dernières années, le cycle naturel faisait coïncider la période de ponte et la naissance des oisillons, au printemps, avec un pic d’abondance d’insectes et de végétaux dans la nature, ce qui permettait de les nourrir. Si un décalage trop grand apparaît, l’adaptation peut devenir compliquée.

A côté de la hausse des températures, les biologistes s’accordent pour dire que la plus grande menace pour la survie des oiseaux dans les années à venir réside dans les évolutions du milieu agricole. Une étude réalisée en 2023 a montré que l’agriculture intensive est la principale responsable du déclin des oiseaux en Europe. Les résultats des travaux ont montré que, plus que le réchauffement climatique, plus que la perte de surface forestière, c’est l’agriculture intensive qui pèse le plus sur la mortalité des oiseaux. Les engrais et pesticides ont modifié leur chaîne alimentaire et réduit les populations d’insectes. Les chercheurs ont calculé que 20 millions d’oiseaux disparaissent en Europe d’une année sur l’autre, depuis près de 40 ans.

La migration des oiseaux est un phénomène passionnant à observer. Lors de leurs voyages, les grues font des haltes dans des régions françaises comme les Landes ou la Brenne. Je trouve personnellement que le site le plus spectaculaire est le Lac du Der, dans le nord-est de la France, à la limite des départements de la Marne et de la Haute-Marne. Entre 200 000 à 350 000 grues cendrées y transitent chaque année, et 20 000 à 30 000 y restent l’hiver. Le 3 novembre 2019, les bénévoles ont comptabilisé 268 120 grues cendrées. C’était un record absolu. Le Lac du Der était le premier point ornithologique d’Europe et le 10ème au monde pour un tel phénomène.

Grues à proximité du Lac du Der en 2019 (Photo: C. Grandpey)

Le nombre de grues a chuté ces dernières années. Ainsi, le 19 novembre 2023, quelque 93 600 grues étaient présentes dans le Lac du Der. Les observateurs faisaient remarquer que « de nombreuses grues restent posées tardivement et la fréquentation humaine importante sur les digues en raison du festival photo de Montier, perturbe les grues qui ont du mal à sortir du lac… »

C’est vrai que le Festival International de la Photo Animalière et de Nature de Montier-en-Der attire des foules de visiteurs qui se rassemblent en fin de journée sur les digues pour assister au retour bruyant des oiseaux sur le lac où ils vont passer la nuit en toute sécurité.

Voici une petite vidéo tournée en 2019 dans les champs autour du Lac du Der où les grues viennent se nourrir pendant la journée :

https://www.youtube.com/watch?v=DpUH2PCqsw0

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Autre situation inquiétante : l’organisation de protection des océans Sea Shepherd a recensé plus d’une centaine de cadavres d’oiseaux marins sur les plages de Vendée ces cinq dernières semaines, parmi lesquels de nombreux guillemots de Troïl. Les oiseaux étaient « dénutris, épuisés et en hypothermie ». Le phénomène n’est pas limité à la Vendée et s’étend également à la Bretagne et à la Manche.

Pour l’heure, aucune association n’est capable d’établir avec certitude les raisons de ces échouages sur les plages françaises. La LPO explique que la grippe aviaire ne semble pas impliquée. Plusieurs pistes sont évoquées : la plus probable est la raréfaction de la nourriture due à la « surpêche, au changement climatique ou à la conjonction des deux.

Alors que Sea Shepherd évoque un phénomène « sans précédent » dans son communiqué, l’Office français de la biodiversité (OFB) apparaît moins alarmiste. L’organisme rappelle qu’un échouage bien plus conséquent avait eu lieu au cours de l’hiver 2014 sur la façade atlantique, en raison d’une succession de tempêtes. Plus de 40 000 oiseaux marins avaient alors été retrouvés sur les littoraux entre les Pyrénées-Atlantiques et le Finistère.  Par ailleurs, de nombreux cadavres d’oiseaux marins ont déjà été retrouvés fin 2023 sur les plages de la façade atlantique. Cette fois, ce sont surtout les alcidés, et en particulier les guillemots de Troïl qui sont concernés.

Source : presse nationale.

Guillemots de Troïl à Duncansby Head (Ecosse) [photo: C. Grandpey]

 

Etude inquiétante sur le glacier Thwaites (Antarctique de l’Ouest) // Disturbing study on the Thwaites Glacier (West Antarctica)

J’ai écrit plusieurs notes sur ce blog à propos du glacier Thwaites en Antarctique occidental. C’est le glacier le plus large au monde avec un front de 120 km, et il a à peu près la même taille que la Floride.

Toutes les études s’accordent pour dire que la perte de glace s’accélère de façon spectaculaire depuis les années 1970. Toutefois, comme les données satellitaires ne remontent qu’à quelques décennies, personne ne savait exactement quand une fonte significative avait commencé. Il existe aujourd’hui une réponse à cette question ; elle est apportée par une étude publiée fin février 2024 dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.
En analysant des carottes de sédiments extraites du fond de l’océan, les chercheurs ont découvert que le glacier Thwaites avait commencé à reculer considérablement dans les années 1940. Ce phénomène a probablement été déclenché par un très fort épisode de réchauffement El Niño, semblable à celui qui a affecté la Terre au cours des derniers mois. Depuis cette époque, le glacier n’a pas pu se rétablir et continue à fondre, ce qui prouve l’impact croissant du réchauffement climatique d’origine anthropique.

Crédit photo: NASA

Ce qui se passe sur le Thwaites aura des conséquences à l’échelle mondiale. Le glacier contribue déjà à 4 % à l’élévation du niveau de la mer en déversant des milliards de tonnes de glace chaque année dans l’océan. Sa disparition pourrait faire monter le niveau de la mer de plus de 60 centimètres. Le Thwaites joue également un rôle essentiel dans la stabilité de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental en retenant la vaste étendue de glace située en amont. La disparition du glacier mettrait en péril la stabilité de la calotte glaciaire qui contient suffisamment d’eau pour élever le niveau de la mer d’au moins 3 mètres, avec à la clé des inondations catastrophiques sur la Terre entière. La fonte du Thwaites s’est également accélérée à cause du réchauffement de l’Océan Austral qui mine le glacier par en dessous.

Source: British Antarctic Survey

Les résultats de la dernière étude vont dans le sens de recherches antérieures sur le glacier de Pine Island qui se trouve à proximité. C’est, l’une des plus grandes rivières de glace de l’Antarctique. Les scientifiques ont découvert que ce glacier a également commencé à reculer rapidement dans les années 1940. Cela signifie que ce qui arrive sur le Thwaites n’est pas spécifique à un seul glacier, mais s’inscrit dans le contexte plus large du réchauffement climatique.

Pour dresser un tableau de l’évolution du Thwaites au cours des 12 000 dernières années, les scientifiques ont embarqué à bord d’un brise-glace et se sont approchés du front du glacier pour collecter des carottes de sédiments océaniques à différentes profondeurs. Chaque couche à l’intérieur de la carotte fournit des informations sur l’océan et la glace jusqu’à il y a des milliers d’années. En scannant et en datant les sédiments, les scientifiques ont pu déterminer le moment où une importante fonte a commencé.
À partir de ces informations, ils ont conclu que le recul du Thwaites a été déclenché par un El Niño extrême qui s’est produit à un moment où le glacier était probablement déjà dans une phase de fonte, accentuant son déséquilibre. Le constat est inquiétant car il montre qu’une fois que de grands changements sont déclenchés, il est très difficile de les arrêter. Il montre qu’une fois amorcé le retrait de la calotte glaciaire, il peut se poursuivre pendant des décennies, même si le phénomène qui l’a déclenché a disparu.
Des reculs glaciaires semblables se sont déjà produits dans le passé, mais la calotte glaciaire s’est rétablie et a recommencé à croître. En revanche, l’étude montre que le Thwaites et le Pine Island ne montrent aucun signe de rétablissement, ce qui est probablement dû à l’influence croissante du réchauffement climatique d’origine humaine.
L’Antarctique est parfois appelé le « géant endormi », car les scientifiques tentent encore de comprendre à quel point ce continent glacé et isolé est affecté par le réchauffement de l’atmosphère et des océans causé par les activités humaines. Cette étude est importante et inquiétante car elle montre ce qui pourrait arriver à la glace dans cette partie de l’Antarctique. Même si le déclencheur d’une fonte glaciaire rapide n’existe plus, cela ne signifie pas pour autant que le phénomène va s’arrêter.
Source : CNN via Yahoo Actualités.

Fonte de l’Antarctique depuis 1992 (Source: Ice Sheet Mass Balance Inter-comparison Exercise)

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I have written several posts on this blog about the Thwaites Glacier in West Antarctica. It is the world’s widest glacier with a front of 120 kilometers, with roughly the size of Florida. Reserach shows it has been losing ice at an accelerating rate since the 1970s, but because satellite data only goes back a few decades, nobody knew exactly when significant melting began. Today, there is an answer to this question, according to a study published late February 2024 in the journal Proceedings of the National Academy of Sciences.

By analyzing marine sediment cores extracted from beneath the ocean floor, researchers found the glacier began to significantly retreat in the 1940s. This phenomenon was likely kicked off by a very strong El Niño event, the warming phenomenon that has affected Earth in the past months. Since then, the glacier has been unable to recover, which may reflect the increasing impact of human-caused global warming.

What happens to Thwaites will have global consequences. The glacier already contributes 4% of sea level rise as it sheds billions of tons of ice a year into the ocean. Its complete collapse could raise sea levels by more than 60 centimeters. Thwaites also plays a vital role in the stability of the West Antarctic Ice Sheet by holding back the vast stretch of ice behind it. The collapse of the glacier would undermine the stability of the ice sheet, which holds enough water to raise sea levels by at least 3 meters, causing catastrophic global flooding.

The study’s findings match previous research on the neighboring Pine Island Glacier, one of the largest ice streams in Antarctica. Scientists have found that this glacier started retreating rapidly in the 1940s too. This means that what is happening to Thwaites is not specific to one glacier, but part of the bigger context of a warming climate.

To build a picture of Thwaites’ life over the past nearly 12,000 years, the scientists took an icebreaker vessel up close to the edge of the glacier to collect ocean sediment cores from a range of depths. Each layer yields information about the ocean and ice going back thousands of years. By scanning and dating the sediments, the scientists were able to pinpoint when the substantial melting began.

From this information, they believe Thwaites’ retreat was set off by an extreme El Niño that happened at a time when the glacier was likely already in a phase of melting, knocking it off balance. The findings are alarming because they suggest that once big changes are triggered, it is very hard to stop them. They show that once an ice sheet retreat is set in motion it can continue for decades, even if what started it gets no worse.

While similar retreats have happened much further back in the past, the ice sheet recovered and regrew. The study concludes that these glaciers show no signs of recovery, which likely reflects the growing influence of human-caused global warming.

Antarctica is sometimes called the “sleeping giant,” because scientists are still trying to understand how vulnerable this icy, isolated continent may be as humans heat up the atmosphere and oceans.This study gives important and alarming context for what might happen to the ice in this vital stretch of Antarctica. It shows that even if a trigger for rapid melting has ended, that does not mean the response stops.

Source :CNN via Yahoo News.

Le lac Titicaca victime du réchauffement climatique et de la fonte des glaciers // Lake Titicaca, a victim of global warming and glacier melting

Parmi tous les endroits au monde qui témoignent du réchauffement climatique figure le lac Titicaca, la plus grande étendue d’eau douce d’Amérique du Sud et le plus haut lac navigable du monde. A la frontière entre le Pérou et la Bolivie, le lac, long de 190 km et large de 80 km à plus de 3 800 mètres d’altitude, est niché au cœur des Andes et de leurs glaciers dont l’eau de fonte alimente normalement le lac. Comme ailleurs dans le monde, les glaciers reculent et leur eau n’est plus suffisante pour alimenter le lac. La conséquence, c’est que le lac perd son eau à un rythme alarmant, au grand désespoir des agriculteurs locaux.
Le lac, autrefois considéré comme une divinité par les peuples précolombiens qui vivaient sur ses rives, constitue un écosystème majeur pour la faune et une source d’eau pour des millions de personnes, comme les habitants d’El Alto, à environ 40 kilomètres à l’est. De plus, le lac Titicaca représente une zone de pêche de la plus haute importance pour les populations vivant le long de ses berges. Aujourd’hui, le niveau de l’eau est catastrophique, aggravé par le phénomène El Nino qui réduit les précipitations dans la région, avec une longue période de sécheresse et des températures trop élevées.
Les récoltes manquent d’eau, les puits se sont asséchés à cause de la longue période de sécheresse et le bétail souffre car il n’y a plus de nourriture. La sécheresse approche des niveaux critiques pour l’agriculture de la région. S’il ne pleut pas dans les prochains mois, on ne pourra pas planter les pommes de terre, l’un des aliments de base des communautés rurales et des villes boliviennes.
Autour du lac, les eaux se sont retirées du rivage. Les scientifiques expliquent que 95% de la perte d’eau est due à l’évaporation provoquée en très grande partie par le réchauffement climatique. L’ensemble de la Bolivie a connu une baisse de 39 % de ses eaux de surface naturelles, telles que les rivières et les lagunes, entre 1985 et 2022.
Le lac Titicaca a été nommé « Lac menacé de l’année » par le Global Nature Fund (GNF) et le réseau mondial des lacs Living Lakes, qu’il coordonne. En effet, outre la crise actuelle de l’eau, le lac est très pollué. Environ deux millions de Péruviens et de Boliviens vivent dans le bassin versant de cet immense lac et en dépendent comme réservoir d’eau potable. Le problème, c’est qu’une grande partie des eaux usées de la région s’écoulent directement dans le lac sans avoir été traitées. À cela s’ajoutent des pesticides issus de l’agriculture et des eaux contaminées par des métaux lourds provenant d’activités minières souvent illégales dans la région. Les conséquences sont dramatiques et expliquent les odeurs nauséabondes sur certaines rives du lac.
Source : Presse internationale.

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Among all the places in the world that bear witness to global warming, there is Lake Titicaca, South America’s largest body of fresh water and the highest navigable lake in the world. On the border between Peru and Bolivia, the lake, which is 190 km long and 80 km wide at an altitude of over 3,800 meters, is nestled amid the Andes mountains and their glaciers whose melt water normally feeds the lake. Like elsewhere in the world, there glaciers are retreating and their water is no longer sufficient. The consequence is that the lake is losing its water at an alarming rate, to the dispair of local farmers.

The lake, once seen as a deity by the pre-Columbian people that lived on its shores, is an important ecosystem for wildlife and a water source for millions of people, including in the city of El Alto, some 40 kilometers to the east. In addition, it represents the utmost important fishing ground for the people living along its shores. But its water levels are now reaching record lows, worsened by the El Nino weather phenomenon that means less rain in the area, compounding a long dry spell and high temperatures.

The crops are parched, nearby water wells have dried up amid a long spell of drought, and the livestock is suffering with no more food. The drought is approaching critical levels for the region’s agriculture. If it does not rain by early December there will be no planting of potatoes, one of the food staples for Bolivia’s rural communities and cities.

Around the lake, the waters have receded from the shoreline, Experts say ninety-five percent of the water loss from the lake is due to evaporation, which shows that this is totally or almost totally caused by global warming. Bolivia overall has seen a 39% drop in its natural surface waters, such as rivers and lagoons, between 1985 and 2022.

Lake Titicaca has been named « Threatened Lake of the Year » by the Global Nature Fund (GNF) and the global lake network Living Lakes, which it coordinates. Indeed, beside the current water crisis, the lake is highly polluted. About two million Peruvians and Bolivians live in the catchment area of this giant lake and depend on it as a drinking water reservoir. However, a large part of the wastewater from the region flows untreated directly into the lake. In addition, there are pesticides from agriculture and heavy metal contaminated wastewater from partly illegal mining in the region. The consequences are drastic and can be smelled by everyone, with a stench on some of the lake’s shores.

Source : International news media.

Image satellite du lac Titicaca (Source : Copernicus Sentinal 2)

Fonte du Glacier du Rhône et réchauffement du Lac Léman // Melting of the Rhône Glacier and warming of Lake Geneva

J’ai alerté à plusieurs reprises sur la fonte du Glacier du Rhône qui recule à vue d’oeil, à tel point que la grotte qui a été creusée dans la glace est en passe de ne plus exister. En 2020, sa visite à 2029 mètres d’altitude donnait envie de pleurer tellement la fonte était spectaculaire. En juillet 2023, il se disait que la grotte du glacier du Rhône vivait peut-être sa dernière saison, après 150 ans d’exploitation. La presse helvétique nous apprend aujourd’hui que la grotte s’est visiblement effondrée. On ne sait pas si la construction d’une nouvelle grotte de glace pour la prochaine saison estivale 2024 sera encore possible. La Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage critique le projet de création, sans permis, d’une nouvelle grotte sur le glacier, ainsi que l’utilisation de bâches destinées à retarder la fonte de la glace. En effet, ces dernières causent une pollution aux microplastiques.

 

S’agissant du Glacier du Rhône, au train où vont les choses, on peut se demander si dans quelques décennies – peut-être même avant – la source du Rhône existera encore. J’ai vu le Glacier du Rhône reculer au fil des ans. Dans les années 1980, sont front dominait encore la route du col de la Furka.

 

Le Glacier du Rhône en 1981….

Aujourd’hui, on ne voit plus le glacier depuis la route. Il faut emprunter un long sentier pour atteindre son front qui se termine en pente douce dans un petit lac d’où s’échappe le Rhône à son extrémité.

…..et en 2020 !

….avec le front en pente douce

Naissance du Rhône (Photos: C. Grandpey)

En une année, la langue du glacier où se trouvait la grotte a perdu 10 mètres d’épaisseur. Selon les modèles réalisés par l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, il devrait avoir disparu d’ici la fin du siècle.

Après sa naissance dans le canton suisse du Valais, le Rhône fait un brin de toilette dans le Lac Léman avant d’arriver en France et de poursuivre sa course vers la Mer Méditerranée.

 

Image satellite (Sentinel-2) du Lac Léman

A l’image des océans, la température du Lac Léman, d’une superficie de 580,1 km2, ne cesse d’augmenter. Cette surface étant moins importante que celle des océans, la température s’élève plus vite. La première réserve d’eau douce d’Europe occidentale se réchauffe quatre à cinq fois plus vite que les océans. C’est l’alerte que vient de lancer la Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (CIPEL) dans son dernier rapport publié le 12 février 2024.

La température moyenne annuelle des eaux de surface du Léman atteignait 13,6°C en 2022, ce qui constitue un record depuis 1990. Cette élévation de la température de l’eau est due à la multiplication des hivers doux qui empêchent les eaux de surface de se mélanger avec celles du fond.

La CIPEL prévient que la tendance n’est pas près de s’arrêter. En effet, les Alpes se réchauffent deux fois plus vite que le reste de la planète. Si la hausse atteint 4°C, ce qui est prévu dans le pire des scénarios, il n’y aura pas d’adaptation possible. Le réchauffement des eaux du Léman aura des conséquences majeures pour les écosystèmes, avec une faune qui manquera de nourriture. Des espèces de poissons, comme la féra, n’arriveront plus à se reproduire ; des bactéries prolifèreront, rendant le traitement de l’eau du lac plus coûteux pour le million de Français et de Suisses qui la boivent.

Source : France Info.

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I have warned on several occasions about the melting of the Rhône Glacier which is retreating, to the point that the cave which was dug in the ice is on the verge of no longer existing. In 2020, a visit to 2029 meters above sea level made you want to cry because the melting was so dramatic. In July 2023, it was said that the Rhône glacier cave was perhaps experiencing its last season, after 150 years of exploitation. The Swiss press tells us today that the old cave has visibly collapsed. It is not known whether the construction of a new ice cave for the next summer season 2024 will still be possible. The Swiss Foundation for Landscape Protection and Planning criticizes the plan to create, without a permit, a new cave on the glacier, as well as the use of tarpaulins intended to considerably delay the melting of the ice. In fact, they cause microplastic pollution.

Regarding the Rhône Glacier, at the rate things are going, we can wonder if in a few decades – perhaps even sooner – the source of the Rhône River will still exist. I have seen the Rhône Glacier retreat over the years. In the 1980s, its front still dominated the Furka Pass road.
Today, you have to take a long footpath to reach the front of the glacier which ends gently in a small lake from which the Rhône River escapes at its end.
In one year, the tongue of the glacier where the cave was located lost 10 meters in thickness. According to models produced by the Swiss Federal Institute of Technology in Zurich, it will probably have disappeared by the end of the century.
After its birth in the Swiss canton of Valais, the Rhône takes a quick bath in Lake Geneva before arriving in France and continuing its course towards the Mediterranean Sea.

Like the oceans, the temperature of Lake Geneva, with an area of 580.1 km2, continues to increase. A this surface area is smaller than that of the oceans, the temperature rises more quickly. Western Europe’s largest freshwater reserve is warming four to five times faster than the oceans. This is the alert that the International Commission for the Protection of the Waters of Lake Geneva (CIPEL) has just issued in its latest report published on February 12th, 2024.
The average annual temperature of Lake Geneva’s surface waters reached 13.6°C in 2022, which is a record since 1990. This rise in water temperature is due to the increase in mild winters which prevent surface waters from mix with those at the bottom.
CIPEL warns that the trend is not about to stop. In fact, the Alps are warming twice as fast as the rest of the planet. If the rise reaches 4°C, which is expected in the worst-case scenario, there will be no adaptation possible. The warming of the waters of Lake Geneva will have major consequences for ecosystems, with fauna that will lack food : species of fish, such as the féra, will no longer be able to reproduce; bacteria will proliferate, making water treatment more expensive for the million French and Swiss who drink lake water.
Source: France Info.