Réchauffement climatique : le Perito Moreno (Argentine) fond lui aussi // Global warming : Perito Moreno (Argentina) is melting too

Partout dans le monde, les glaciers fondent à cause du réchauffement climatique. Cependant, certains d’entre eux semblaient faire de la résistance et être insensibles à la hausse des températures. Le Perito Moreno, situé dans le champ de glace sud de la Patagonie argentine, en faisait partie. On pensait que ce glacier était l’un des rares sur Terre à être relativement stable. Ce n’est plus le cas et le Perito Moreno connaît actuellement son « recul le plus important depuis le siècle dernier », selon une nouvelle étude publiée dans la revue Communications Earth & Environment.
Le Perito Moreno a commencé à perdre contact avec le substrat rocheux, ce qui entraîne une augmentation de la perte de glace à mesure qu’il recule. Un phénomène, par ailleurs observé au Groenland, se produit sur le glacier : de petits lacs d’eau de fonte sont apparus à sa surface. Avec le temps, cette eau s’est infiltrée à l’intérieur du glacier et a atteint le substrat rocheux où elle se comporte comme un lubrifiant, accélérant la vitesse du glacier qui, dans le même temps, perd de son épaisseur. .Ce changement, illustré par des vidéos en accéléré spectaculaires depuis 2020, met en évidence l’équilibre fragile de l’un des glaciers les plus connus au monde.

Lacs de fonte au Groenland 

Les auteurs de l’étude prévoient que le Perito Moreno reculera encore de plusieurs kilomètres au cours des prochaines années. Ils ont mené des travaux de terrain afin d’obtenir les données nécessaires à leurs calculs. Pour mesurer l’épaisseur de la glace, ils ont survolé le glacier en hélicoptère avec un radar suspendu sous l’appareil. Ils ont également utilisé un sonar sur le lac Argentino et des données satellitaires.
Chaque année, des centaines de milliers de personnes visitent le glacier Perito Moreno, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1981. Ce site est connu pour le vêlage d’énormes blocs de glace qui s’écroulent dans le lac Argentino de manière très spectaculaire.
Les négationnistes du réchauffement climatique pointent souvent du doigt des anomalies comme la résistance du Perito Moreno, qui, pendant longtemps, n’a pas reculé contrairement à la plupart des autres glaciers de la planète. Même sans réchauffement climatique, les glaciers fluctuent légèrement. Si le climat est stable, l’accumulation de neige et de glace en amont compense la fonte en aval. Malheureusement, l’accumulation de neige dans la partie supérieure du glacier est devenue insuffisante pour favoriser sa progression.
Au final, le Perito Moreno ne diffère plus des autres glaciers : il fond et recule.
Source : Associated Press via Yahoo News.

Source: Wikipedia

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Glaciers are melting all over the world because of global warming. However, it seemed a few of them were resilient and unaffected by the rising temperatures. Perito Moreno in Argentina’s Southern Patagonian Ice Field was one of them. The glacier was thought to be one of the few on Earth to be relatively stable. This is no longer true and Perito Moreno is now undergoing its “most substantial retreat in the past century,” according to new research releaszed in the journal Communications Earth & Environment.

Perito Moreno has started losing contact with the bedrock below, causing it to shed more ice as it inches backward. A phenomenon, already observed in Greenland has occurred at Perito Moreno. Small meltwater lakes have appeared on the glacier’s surface. With time, this water percolates into the glacier and reaches the beadrock where it acts as a lubricant, accelerating the speed of the glacier which loses thickness in the meantime. It’s a change, illustrated in dramatic timelapse photos since 2020, that highlights the fragile balance of one of the most well-known glaciers worldwide.

The authors of the study expect Perito Moreno to retreat several more kilometers in the next few years. They did extensive field work to get the data for their calculations. To measure ice thickness, they flew over the glacier in a helicopter with a radar device suspended beneath. They also used sonar on Lake Argentino and satellite information from above.

Every year, hundreds of thousands of people visit Glaciar Perito Moreno, which was declared a UNESCO World Heritage Site in 1981. It’s a site known to “calve” ice chunks that fall into Lake Argentino.

People who deny global warming frequently point to anomalies like Perito Moreno, which for a long time was not retreating when most other glaciers were. Even without global warming, glaciers fluctuate a bit. If the climate is stable, ordinary accumulation of snow and ice offsets the melting. Unfortunately, snow accumulation in the upper part of the glacier is insufficient to help the glacier move forward.

Another phenomenon has been observed at Perito Moreno. Small meltwater lakes have appeared on the glacier’s surface. With time, this water percolates into the glacier and reaches the beadrock where it acts as a libricant, accelerating the speed of the glacier which loses thickness in the meantime.

In the end, Perito Moreno is no longer different fromthe other glaciers : it is melting and retreating.

Source : Associated Press via Yahoo News.

L’effondrement des Dolomites (Italie)

Les Alpes ne sont pas le seul massif à subir les effets du réchauffement climatique. La hausse actuelle des températures provoque également le dégel du permafrost de roche dans les Dolomites, avec pour conséquence des effondrements qui menacent les randonneurs.

Le 27 juillet 2025, d’importantes chutes de pierres ont touché la Cima Falkner (Dolomites de Brenta, Trentin) sur ses versants ouest et est, heureusement sans faire de blessés. Ces derniers jours, des visiteurs avaient déjà signalé « de fortes explosions suivies de chutes de pierres et d’épais nuages de poussière » dans la région. Le 28 juillet au matin, une première inspection technique menée en hélicoptère par le Service géologique de la province autonome de Trente a révélé une situation préoccupante. En effet, l’ensemble du sommet semble affecté par un phénomène morphologique, probablement lié à la dégradation du pergélisol. Le glissement de terrain est toujours en cours et le risque d’aggravation demeure.
Par mesure de précaution, les sentiers et itinéraires d’alpinisme de la zone observée ont été fermés, conformément aux arrêtés signés par les maires des communes de Tre Ville et Ville d’Anaunia. Plus précisément, l’accès à la via ferrata des Bocchette « Alfredo e Rodolfo Benini » (sentier SAT n° 305) reste interdit, tout comme les sentiers n° 100 et n° 110. 315 (via ferrata Bruno Dallagiacoma), 316 (du Passo Grostè aux refuges Tuckett et Sella) et 331 (de la jonction du sentier 316 à la jonction avec le sentier 305).
Le 29 juillet, une nouvelle inspection menée par une équipe composée de l’unité de drones des pompiers de Trente, du Service géologique provincial et du Secours alpin et spéléologique du Trentin a confirmé d’importants élargissements des fractures rocheuses. Les techniciens ont procédé à une simulation tridimensionnelle de l’éventuelle « expansion » des roches en cas de nouveaux effondrements, compte tenu de leur instabilité. Les modèles sont certes indicatifs, mais ils sont utiles pour comprendre tous les scénarios possibles. Bien qu’il s’agisse d’un phénomène naturel dans les milieux dolomitiques, l’effondrement de la Cima Falkner semble significatif, tant par l’étendue que par le volume des matériaux impliqués.

Source : presse transalpine

 

Cima Falkner (Crédit photo: presse italienne)

UNOC-3 : un sommet pour rien ?

Pour qu’un sommet sur les océans, comme l’UNOC-3, se solde par un succès, il faut que tous les pays qui ont des côtes le long des mers et océans du globe soient présents. Or, c’était loin d’être le cas à Nice. Emmanuel Macron avait annoncé qu’il y aurait deux fois plus de chefs d’État et de gouvernement qu’en 2022 à Lisbonne qui avait accueilli l’UNOC-2. Au final, 63 d’entre eux se sont rendus sur la Côte d’Azur. L’Amérique latine était très bien représentée. L’Union Européenne avait à sa tête Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, mais on remarquait les absences du nouveau chancelier allemand, Friedrich Merz,, ou de Giorgia Meloni, la présidente du conseil italien. Keir Starmer, le premier ministre britannique était, lui aussi, aux abonnés absents. Pourtant ces deux pays ont des centaines de kilomètres de littoraux.

Les autres pays du monde étaient représentés par des ministres ou de simples « représentants ».C’est le cas des États-Unis, du Canada ou encore de l’Australie, dont les chefs d’État, à commencer par Donald Trump, ont été les grands absents de ce sommet. À noter tout de même la présence du vice-président chinois.

Il est bien évident que de telles absences ont inévitablement plombé l’UNOC-3 dont les résultats ne peuvent être que relatifs. Comme à l’issue de la réunion de Paris sur le climat, on va nous raconter que le bilan est très positif. On voit parfaitement aujourd’hui les effets quasi nuls de la COP 21, avec un réchauffement climatique qui ne cesse de s’accélérer ! Il est fort à parier que le sommet de Nice connaîtra le même sort.

Comme à l’issue de la COP 21, de nombreux pays auront pris des engagements sur la protection de l’océan, mais si aucune mesure n’est contraignante, une telle grand-messe ne servira à rien. De nouveaux engagements sur les aires marines protégées, la pollution plastique ou encore la sauvegarde d’espèces menacées, ont été annoncés. Un traité pour protéger la haute mer devrait bientôt être mis en œuvre. De nouvelles aires marines protégées devraient être créées, en sachant que leur délimitation est déjà critiquée par les associations environnementales françaises. Une centaine de pays se sont engagés « symboliquement » contre la pollution plastique, autrement dit contre rien, car rien de contraignant n’a été annoncé. Les délégations présentes se sont, bien sûr, élevées contre la décision de Donald Trump d’ouvrir la voie à l’extraction de minerais à grande échelle dans les fonds marins, y compris dans les eaux internationales, mais il est bien évident que cette protestation ne fera pas changer d’avis le président des États Unis.

Le 12 juin, à la veille de la clôture de l’UNOC-3, c’est un hémicycle quasi-vide qui a accueilli l’examen de la proposition de loi pour protéger les écosystèmes marins. Au final, on peut dire que ce sommet a eu le mérite d’exister mais que ce n’est pas demain que la situation de nos mers et océans commencera à s’améliorer. Rien, ou presque rien, n’étant fait pour limiter l’impact du réchauffement climatique sur les océans, la situation sera forcément problématique pour les prochaines générations.

L’éruption du Fuego (Guatemala) // The eruption of Fuego (Guatemala)

Comme je l’ai mentionné dans des notes précédentes, le volcan Fuego (sud du Guatemala) traverse actuellement une crise éruptive majeure. L’éruption a débuté le 4 juin 2025, après des semaines d’activité intense. Les explosions ont produit des panaches de cendres atteignant jusqu’à 4 800 m d’altitude, et des coulées de lave ont affecté plusieurs zones autour du volcan. Selon les agences locales, entre cinq et huit explosions étaient enregistrées, chacune accompagnée de grondements durant de 1 à 13 minutes. Des projections incandescentes, des avalanches et des retombées de cendres continues ont été signalées. Des avalanches et une coulée de lave s’étirant sur environ 600 m ont été observées sur plusieurs versants, en particulier dans les ravines Seca et de Ceniza.

L’activité éruptive s’est poursuivie le 5 juin 2025. Une puissante explosion a provoqué la chute d’un énorme bloc, ce qui a généré une onde pyroclastique. Des coulées de lave ont emprunté les ravines Las Lajas, Ceniza et Seca, jusqu’à 7 km du cratère, On a observé d’épais nuages ​​de cendres et de débris volcaniques d’intensité modérée à forte. Suite à l’intensification de l’activité volcanique, les autorités ont évacué environ 700 personnes dans plusieurs villages. De fortes pluies ont aggravé la situation en déclenchant des lahars qui ont bloqué les routes et entravé les secours. Les autorités ont déclenché une alerte Orange. Les cours ont été interrompus dans 43 écoles. La route nationale 14 a également été fermée par mesure de précaution. Une coulée de lave d’environ 1,2 km de long, se déplaçant du cratère vers la ravine Ceniza, a également été observée. Des matériaux incandescents ont été éjectées à plus de 300 m au-dessus du cratère, avec des grondements faibles à modérés pouvant durer jusqu’à cinq minutes.
Un bulletin d’alerte a été adressé aux pilotes volant à proximité du volcan. Les habitants des environs sont invités à rester vigilants et à suivre les instructions officielles. L’accès aux volcans Fuego et Acatenango est actuellement interdit. Dans les zones touchées par les cendres, le port du masque est fortement recommandé.

Crédit photo: Clima Guatemala

Dans sa dernière mise à jour (7 juin 2025), l’INSIVUMEH indique que des explosions générant des colonnes de cendres s’élevant jusqu’à 4 800 m d’altitude sont toujours observées. On peut entendre des grondements, semblables à ceux d’une locomotive. L’Institut prévient que d’autres éruptions, ainsi que des coulées pyroclastiques, sont encore possibles. De fortes pluies peuvent déclencher d’autres lahars.

https://twitter.com/i/status/1930773081582182439

Source : INSIVUMEH, CONRED.

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As I put it in previous posts, Fuego (southern Guatemala) is currently going through a significant eruptive episode. The eruption began on June 4, 2025, following weeks of increased activity. Explosions produced ash plumes reaching up to 4 800 m above sea level, and lava flows have impacted several nearby areas.According to local agencies, between five and eight explosions were recorded, each accompanied by loud sounds lasting from 1 to 13 minutes. Incandescent emissions, avalanches, and continuous ashfall were reported. Avalanches and a lava flow extending approximately 600 m were observed on multiple sides of the volcano, predominantly advancing toward the Seca and Ceniza ravines.

Eruptive activity continued into June 5, 2025. A powerful explosion sent a huge boulder crashing down as part of a pyroclastic surge. Flows moved through the Las Lajas, Ceniza, and Seca ravines, traveling as far as 7 km from the crater, carrying dense ash clouds and volcanic debris with moderate to strong force. As a result of increased activity, local authorities evacuated an estimated 700 people from several villages. Heavy rains worsened conditions by triggering lahars that blocked roads and hampered emergency efforts. Authorities closed schools, shut down roads, and issued an Orange alert. Classes have been called off at 43 schools. National Route 14 was shut down as a precaution. A lava flow of about 1.2 km moving from the crater into the Ceniza ravine, with glowing material clearly visible, has also been observed. Bursts of incandescent material were ejected more than 300 m above the crater, accompanied by weak to moderate rumbling sounds lasting up to five minutes.

A warning has been issued to pilots flying near the volcano. People in the surrounding areas are urged to stay alert and follow official instructions. Access to both Fuego and Acatenango is currently prohibited. In areas affected by the ash, wearing a mask is strongly recommended..

In its latest update (June 7, 2025), INSIVUMEH indicates that explosions generating ash columns rising up to 4,800 m above sea level are still observed. Rumblings can be heard, looking like those of a locomotive. The Institute warns that more eruptions are still possible, together with pyroclastic flows. Heavy rains may trigger more lahars.

Source : INSIVUMEH, CONRED.