Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

   Hier soir, alors que le soleil s’était couché depuis longtemps en France, il ne faisait que se lever à Hawaii. Entre deux rideaux de pluie, sa lumière illuminait le site où la lave entre en plusieurs points dans l’Océan Pacifique en dégageant des panaches de gaz et de vapeur.

 

   Last night, at a moment when the sun had set for quite a long time in France, it was rising in Hawaii. Between two curtains of rain, sunlight illuminated the site where lava falls into the Pacific Ocean in multiple entries, producing plumes of gas and steam.

Kilauea-rivage

(Avec l’aimable autorisation du HVO)

Royal Gardens (Kilauea / Hawaii / Etats Unis)

   La NASA a mis en ligne deux photos prises depuis l’espace en 1977 et en 2011.
http://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=80258
Elles montrent les transformations subies par les Royal Gardens sous les assauts de la lave. Dans l’image de 1977, on distingue parfaitement la zone habituée avec son réseau de rues au sein d’un paysage forestier. En 2011, la lave avait pratiquement tout recouvert, épargnant seulement un petit secteur où se trouvait la maison de Jack Thompson qui a fini par disparaître le 2 mars 2012 pendant que son propriétaire était évacué par hélicoptère.
http://www.hawaiinewsnow.com/story/17073848/lava-claims-final-home-in-royal-gardens-subdivision

   NASA has released (see link below) two photos taken from space in 1977 and 2011.
http://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=80258
They show the transformations undergone by the Royal Gardens under the assaults of lava. In the 1977 image, one can see the populated area with its network of roads amidst the forested landscape. In 2011, lava had covered almost everything, leaving aside a very small area with Jack Thompson’s house which finally disappeared on March 2nd 2012 while its owner was evacuated by helicopter.
http://www.hawaiinewsnow.com/story/17073848/lava-claims-final-home-in-royal-gardens-subdivision

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

   La situation est stable sur le Kilauea, avec l’alternance habituelle d’épisodes plus ou moins prononcés de gonflement et de dégonflement (voir la courbe ci-dessous). Lorsque le volcan gonfle, signe d’une arrivée de la lave depuis les profondeurs, le niveau du lac de lave s’élève dans le pit crater de l’Halema’uma’u. La lave atteint parfois la petite terrasse qui s’est formée à une quarantaine de mètres de profondeur, mais elle la recouvre rarement. Il faudrait une phase de gonflement longue et intense pour qu’un débordement puisse avoir lieu sur le plancher du cratère.
Comme on a pu s’en rendre compte sur les dernières photos mises en ligne par le HVO, le Pu’uO’o est tellement plein de lave qu’il en déborde sur son flanc est. La lave continue à entrer dans l’océan en plusieurs points à l’intérieur et à l’extérieur du Parc des Volcans.

Source: HVO.

 

   The situation is stable on Kilauea, with the usual succession of inflation and deflation episodes (see the curve below). When the volcano is inflating, which is the indication of new magma ascent, lava rises within the Halema’uma’u pit crater. It sometimes reaches the ledge that built up 40 metres or so below the rim but rarely covers it. It would take a long and intense inflation episode to see an overflow on the main crater floor.
As could be seen on the latest photos released by HVO, the Pu’uO’o crater is so full of lava that it overflows on the eastern flank. Lava keeps flowing into the ocean on multiple sites both in and out of Hawaii Volcanoes National Park.

Source: HVO.

Kilauea-25-janvier

(Avec l’aimable autorisation du HVO)

Mauna Loa 1984 (Hawaii / Etats Unis)

Chaque semaine, les scientifiques en poste au Hawaiian Volcano Observatory (HVO) publient un article relatant un événement éruptif survenu sur la Grande Ile d’Hawaii depuis la création de l’Observatoire en 1912. Après avoir consacré une page au 30ème anniversaire de l’éruption du Kilauea, ils s’attardent cette semaine sur la colossale éruption du Mauna Loa en 1984.
L’éruption a débuté vers 1h30 du matin (heure hawaiienne) le 25 mars 1984, après une séquence d’activité sismique de quelques heures seulement. Les premières fontaines de lave ont jailli dans toute la caldeira sommitale avant de migrer dans la partie supérieure de la southwest rift zone (zone de fracturation SO). Toutefois, très vite, l’activité a fait demi-tour pour occuper la northeast rift zone. A 5 heures du matin, les bouches apparues dans ce secteur sont devenues la source principale de l’éruption qui dura 3 semaines avec des coulées qui s’arrêtèrent à seulement 6,5 km des premières habitations de Hilo.
L’éruption 1984 du Mauna Loa est la première du genre à avoir été suivie scientifiquement. Les volcanologues du HVO ont pu atteindre en quelques heures la northeast rift zone et récolter des données intéressantes sur les coulées de lave pendant les trois semaines qu’a duré l’événement. Il fallait avant tout s’assurer que la lave n’allait pas menacer Hilo, mais les observations ont permis d’en savoir beaucoup plus sur le comportement des coulées.
Les éruptions du Mauna Loa sont différentes de celles du Kilauea par leur intensité. Le débit d’émission de la lave sur le Mauna Loa est bien supérieur. Ainsi, on a estimé que la quantité de lave produite pendant les 22 jours d’éruption en 1984 représentait l’équivalent de deux années d’émission de lave sur le Kilauea !
Pendant l’éruption de 1984, les scientifiques ont observé l’écoulement de lave dans les chenaux qui s’étaient formés. Ils ont pu ainsi récolter des données intéressantes sur la largeur de ces chenaux, le débit éruptif, la vitesse d’écoulement, la température, la densité, la composition chimique de la lave et, surtout, les modifications de ces paramètres dans le temps. Les volcanologues américains n’étaient pas seuls au bord des coulées pendant l’éruption de 1984. De nombreux scientifiques étaient venus de l’étranger. On n’oubliera pas le film fantastique de l’événement tourné par le regretté Maurice Krafft.
Au final, le travail a permis de mieux comprendre le comportement des coulées de lave canalisées et quels facteurs intervenaient dans leur morphologie, en particulier lors du passage du type pahoehoe à a’a. Cela a aussi permis de mettre au point des modèles décrivant la longueur et la trajectoire des coulées. Aujourd’hui, les coulées produites en 1984 par le Mauna Loa servent de référence pour interpréter les écoulements plus anciens et pour mettre au point des modèles sur l’évolution des coulées plus récentes.
J’ai réalisé un travail dans ce sens lors de mes dernières visites à Hawaii. L’étude du processus de refroidissement de la lave sur les coulées pahoehoe (voir le résumé dans la colonne de gauche de ce blog) permet de connaître leur vitesse de progression en fonction du relief et de différents paramètres extérieurs.

Mauna-Loa-blog

Zone sommitale du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)