La plus puissante éruption jamais observée sur Io // The largest eruption ever seen on Io

Un article publié sur le site space.com le 29 janvier 2026 nous apprend que la plus puissante éruption volcanique jamais observée dans notre système solaire a eu lieu sur Io, la lune de Jupiter, grâce à la sonde Juno de la NASA. Des éruptions simultanées ont recouvert une vaste surface de 65 000 kilomètres carrés. Cette éruption, survenue le 27 décembre 2024, a été détectée par l’instrument JIRAM (Jovian InfraRed Auroral Mapper) de Juno, conçu pour capter les émissions thermiques de l’atmosphère de Jupiter et rechercher des aurores boréales. Le système infrarouge de JIRAM permet également de repérer les points chauds volcaniques sur Io. Cet événement volcanique a coïncidé avec un survol rapproché d’Io par Juno, alors que la sonde se trouvait à 74 400 kilomètres au-dessus de la surface de la lune. Io, d’un diamètre de 3 643 km, héberge environ 400 volcans actifs répartis sur sa surface. Cette colossale éruption est décrite dans un article publié le 10 janvier 2026 dans le Journal of Geophysical Research: Planets.

Source: NASA

Les éruptions synchrones observées en décembre 2024 révèlent l’existence d’un réseau jusqu’alors inconnu de réservoirs magmatiques interconnectés, situés juste sous la surface de Io.
Ces éruptions ont libéré une énergie estimée entre 140 et 260 térawatts (un térawatt équivaut à mille milliards de watts). L’éruption la plus puissante jamais enregistrée sur Io jusqu’à présent avait libéré environ 80 térawatts ; il s’agissait de l’éruption du volcan Surt en 2001. À titre de comparaison, l’éruption du mont Saint Helens en 1980, avait libéré une énergie estimée à 52 térawatts.

Données brutes communiquées par JIRAM et recueillies le 27 décembre 2024 à une distance d’environ 100 000 km. La sonde observait le pôle Sud d’Io ; le pic d’activité est clairement visible à droite du pôle.

Les scientifiques insistent sur le fait que cet événement est d’autant plus extraordinaire qu’il n’impliquait pas un seul volcan, mais plusieurs sources actives. Cette parfaite synchronisation laisse supposer qu’il s’agissait d’une seule et même éruption colossale, se propageant sur des centaines de kilomètres dans le sous-sol.

Coupe conceptuelle montrant le système de chambres magmatiques souterraines proposé.

Les auteurs de l’étude pensent que le sous-sol et le manteau d’Io sont comparables à une éponge, c’est-à-dire qu’ils regorgent de pores gorgés de magma. Fait intéressant, tous les volcans connus de la région n’ont pas connu d’éruptions, ce qui laisse supposer que ceux qui sont restés inactifs n’étaient pas connectés à ce réseau magmatique particulier, mais plutôt à d’autres.

Source : space.com

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An article published on the space.com website on January 29, 2026 informs us that the most violent volcanic cataclysm ever seen in our solar system has been witnessed on Jupiter’s moon Io by NASA’s Juno spacecraft, with simultaneous eruptions covering an enormous surface of 65,000 square kilometers. The volcanic outburst (see image above), which took place on December 27, 2024, was detected by Juno’s JIRAM (Jovian InfraRed Auroral Mapper) instrument which was designed to probe thermal emissions in Jupiter’s atmosphere and look for aurorae, but JIRAM’s infrared system also makes it suitable for spotting volcanic hotspots on Io. The volcanic event coincided with one of Juno’s close fly-bys of Io, when the spacecraft was 74,400 kilometers above the moon’s surface. Io, which has a diameter of 3,643 km, harbors approximately 400 active volcanoes scattered across its surface. It is described in a paper published on January 10, 2026 in the Journal of Geophysical Research: Planets.

The synchronous eruptions point to a hitherto undetected network of interconnected magma reservoirs just beneath the volcanic moon’s lava-encrusted surface.

The eruptions released an amount of energy estimated to be between 140 and 260 terawatts (one terawatt is a trillion watts). The previous most energetic volcanic eruption seen on Io was about 80 terawatts, from a volcano called Surt in 2001. For comparison, the Mount St Helens eruption in Washington state in 1980 had a power of 52 terawatts.

Scientists insist that what makes the event even more extraordinary is that it did not involve a single volcano, but multiple active sources. This perfect synchrony suggests that it was a single enormous eruptive event, propagating through the sub-surface for hundreds of kilometers (see image above).

The authors of the study suggest that the sub-surface and mantle of Io may be like a sponge, in the sense that it is filled with pores filled with magma. Interestingly, not all the known volcanoes in the region erupted, suggesting that those that did not erupt were not connected to this particular magma network, but may be linked to others instead.

Source : space.com.

Sauveteur de drones sur l’île de la Réunion !

Il y a quelques années, les drones sont devenus tellement populaires en France que des restrictions ont dû être imposées pour éviter les abus. En particulier, la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) a imposé des règles très strictes concernant le pilotage des engins d’un poids supérieur à 250 grammes. Ces restrictions ont entraîné un net ralentissement de la vente de ces engins volants. La DGAC et les autorités ont défini des zones interdites de survol. Parmi elles, on peut mentionner les sites sensibles comme les centrales nucléaires, les prisons, les parcs nationaux, les bases militaires ou encore les aéroports. De même, il est interdit de faire voler un drone au-dessus de l’espace public en agglomération, et de dépasser 120 mètres de hauteur.

À l’attention des personnes qui se rendent aux États Unis, je signale que l’utilisation de drones dans les parcs nationaux est formellement interdite. Si vous vous faites prendre, c’est amende et confiscation de l’appareil assurées.

Photo: C. Grandpey

Les drones sont autorisés lorsqu’ils sont utilisés par les autorités à des fins de sécurité, comme ici sur le Kilauea :

Crédit photo: HVO

Le site Réunion la 1ère a récemment publié un article intéressant, mais aussi surprenant, à propos d’un « sauveteur de drones. » Étant donné que l’île a été érigée en Parc National en mars 2007, je me suis demandé quelle est la réglementation pour les drones. Elle est fort bien décrite à cette adresse :

https://www.reunion-parcnational.fr/fr/le-parc-national-de-la-reunion/reglementation/survol-en-drone

On y apprend que l’utilisation des drones est tolérée mais que certaines zones sont interdites « pour protéger nos oiseaux endémiques ». D’autres zones sont  « à éviter pour garantir la quiétude de tous ». Le survol en drone est également interdit sur plusieurs lieux dans un rayon de 200 mètres. Parmi ces lieux figurent le Point de vue du Maïdo, le Belvédère du Pas de Bellecombe, le sommet du Piton de la Fournaise, le Piton Partage ou encore le Piton de Bert. Lors de mon séjour à la Réunion en 2019, je me suis rendu compte que les drones volaient librement, mais la DGAC n’avait probablement pas encore imposé sa réglementation.

Au vu de l’article sur Réunion la 1ère, il semble que tout le monde ne respecte pas la loi. En effet, pour récupérer les engins en perdition, le sauveteur de drones arpente les endroits les plus escarpés de l’île pour « aller chercher les drones de pilotes maladroits ou victimes d’avaries diverses. Des accidents qui se produisent habituellement en nombre pendant les éruptions du Piton de la Fournaise. » La récupération intervient souvent dans le rempart au volcan, où il utilise ses compétences de cordiste. A noter que ces sauvetages ont un coût, entre 150 et 250 euros l’intervention et jusqu’à 1000 euros en fonction de la difficulté et de la distance.

Le dernier paragraphe de l’article de Réunion la 1ère explique qu’habituellement, les éruptions sont propices aux pertes de drones, mais que ce ne fut pas le cas pour la dernière éruption du mois de janvier 2026. Plusieurs appareils ont volé en même temps au même endroit, mais sans accidents. Le sauveteur de drones rappelle que « cette fois-ci le survol des drones était interdit. C’est d’ailleurs le cas dans de nombreux sites, comme le Piton des Neiges, au Maïdo, au Piton de Bert et dans pas mal d’endroits au sein du Parc National. » Mais il semblerait qu’à la Réunion le mot « interdit » n’ait pas tout à fait le même sens qu’en métropole…

Étant moi-même pilote de drone, je me plie à la loi, même si certaines interdictions font naître une certaine frustration.

Photo: C. Grandpey