Volcans du monde // Volcanoes of the world

Plusieurs événements ont été signalés depuis ma dernière note sur l’activité volcanique dans le monde.

L’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) indique que l’essaim sismique sur l’île de Taʻū dans les Samoa américaines se poursuit. Le réseau sismique de l’USGS a détecté au moins 30 événements suffisamment importants pour être ressentis par les habitants des îles Manuʻa. Cependant, aucun séisme susceptible de causer des dégâts n’a été signalé à l’intérieur de cet essaim.
Les données sismiques confirment que la source de cette sismicité est stable et n’a pas bougé depuis plusieurs jours.
Les scientifiques ne sont pas en mesure de dire si l’activité sismique actuelle peut déboucher sur une éruption volcanique, ni à quel endroit une éruption pourrait se produire. Selon le HVO, une telle éruption pourrait présenter des risques importants pour la population des Samoa américaines : gaz et cendres volcaniques, coulées de lave, séismes et tsunami.
Dans les semaines à venir, l’USGS installera des récepteurs GPS pour améliorer le réseau de surveillance des îles Manuʻa.
La couleur de l’alerte aérienne reste au Jaune.
Source : USGS, HVO.

Source: USGS

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Dans un bulletin émis le 31 août 2022, l’OVPF indique que depuis le 28 août 2022 une hausse de la sismicité est observée sous le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion). 20 séismes volcano-tectoniques ont été enregistrés le 28 août, 24 le 29 août et 41 le 30 août. Ces séismes de faible magnitude sont localisés sous le cratère Dolomieu entre 1,5 et 2,5 km de profondeur. Cette sismicité fait suite à plus de 7 mois d’inflation de la base et du sommet de l’édifice du Piton de la Fournaise.
Cette inflation est liée à une mise en pression du réservoir magmatique superficiel à environ 1,5-2 km de profondeur. Ce processus de recharge du réservoir superficiel peut durer plusieurs jours à plusieurs semaines avant que le toit du réservoir se fragilise et se rompe, donnant ainsi lieu à une éruption, mais peut également s’arrêter sans qu’aucun événement éruptif se produise. (Personnellement, j’appelle cela une prévision de Normand!)
Le niveau d’alerte volcanique reste à Vigilance

Source: OVPF.

Photo: C. Grandpey

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Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange our l’Ebeko, le Karymsky, le Klyuchevskoy et le Sheveluch. Elle est Jaune pour le Bezymianny.

Source: KVERT.

Klyuchevskoy (Crédit photo: KVERT)

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Le 23 août 2022, le maire de Lipari a publié une nouvelle ordonnance définissant l’accès au Stromboli (Sicile) dont il a la charge administrative.

https://drive.google.com/file/d/16t_wRRQ2gwOtV0eJo4R_Vq4GYKA5KeL8/view

On peut lire en particulier que l’accès au volcan est formellement interdit aux visiteurs au-dessus de 290 mètres d’altitude et jusqu’au sommet.

L’accès est interdit sur le versant côté Ginostra par le sentier de Punta Corvi au-dessus de 130 mètres d’altitude et jusqu’au sommet.

Toujours côté Ginostra, l’accès peut se faire avec l’accompagnement obligatoire des guides depuis 130 m jusqu’à 400 mètres d’altitude.

Toute personne ne respectant pas ces conditions d’accès recevra une amende de 500 euros.

Les guides qui enfreindraient la lois seront révoqués.

Source: Eolie News.

Photo: C. Grandpey

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Le 29 août 2022, une explosion au niveau du Dôme 4 du cratère Nicanor du Nevados de Chillán (Chili) a généré un panache riche en téphra qui s’est élevé à 2 km au-dessus du cratère. L’explosion a également généré une coulée pyroclastique qui est descendue jusqu’à 500 m sur les flancs E et SE. Le niveau d’alerte reste au Jaune. Le public doit rester à au moins 2 km du cratère.
Source : SERNAGEOMIN.

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Des anomalies thermiques d’intensité variable ont été détectées sur les images satellitaires des cratères N et S de l’Erta Ale (Éthiopie) en août 2022. Le 1er août, il y avait deux anomalies dans le cratère S et aucune dans le cratère N. Le 16 août, deux anomalies étaient à nouveau visibles dans le cratère S, tandis qu’une grande anomalie occupait le cratère N. Les nuages ont empêché de faire de bonnes observations les jours suivants mais une anomalie était encore visible dans le cratère S.
Source : Réseau Sentinel.

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L’éruption du Merapi (Indonésie) se poursuit, avec une intensification de la sismicité fin août. Le nombre de séismes profonds a augmenté et a indiqué une activité magmatique à moins de 1,5 km. Plusieurs avalanches descendent toujours la ravine de la Bebeng sur le flanc SO, jusqu’à 1,8 km de distance. La hauteur des dômes de lave SO et central reste inchangée. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester à 3-7 km du sommet selon les endroits.
Source : BPPTKG.

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Sans oublier, le 25 août 2022, la sortie du livre « Histoire de Volcans » de Dominique Decobecq et Claude Grandpey. Il est disponible dans tous les bonnes librairies au prix de 39 euros.

Comme écrit sur la 4ème de couverture, « cet ouvrage vous propose un voyage tout en couleur à travers photographies et documents historiques de premier plan. »

 

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Several events have been reported since my previous post about volcanic activity around the world.

The Hawaiian Volcano Observatory (HVO) indicates that the earthquake swarm related to Taʻū Island in American Samoa continues. The USGS seismic network has detected at least 30 earthquakes that were large enough to be felt by people on the Manuʻa Islands. However, no physically damaging earthquakes have been reported as part of this swarm.

Seismic data confirms that the source location of the earthquakes is stable and has not moved for many days.

Scientists are not able to say whether this earthquake unrest will escalate to a volcanic eruption and exactly where an eruption might occur. According to HVO, such an eruption could pose significant hazards to residents of American Samoa: volcanic gases, volcanic ash, lava flows, earthquake shaking, and tsunami.

In the coming weeks, USGS staff will install GPS receivers to improve the Manuʻa Islands’ monitoring network.

The Aviation Color Code remains at Yellow.

Source: USGS, HVO.

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In a bulletin released on August 31st, 2022, OVPF indicates that since August 28th, 2022 an increase in seismicity has been observed beneath Piton de la Fournaise (Reunion Island). 20 volcano-tectonic earthquakes were recorded on August 28th, 24 on August 29th and 41 on August 30th. These low magnitude earthquakes were located under the Dolomieu crater between 1.5 and 2.5 km deep. This seismicity follows more than 7 months of inflation of the base and summit of Piton de la Fournaise.
This inflation is linked to a pressurization of the shallow magma reservoir at a depth of about 1.5-2 km. This process of recharge can take several days to several weeks before the reservoir roof weakens and ruptures, triggering an eruption, but the process can also stop without any eruptive event occurring.
The volcanic alert level remains at « Vigilance » (Watch).
Source: OVPF.

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In Kamchatka, the aviation colour code remains Orange for Ebeko, Karymsky, Klyuchevskoy and Sheveluch. It is kept at Yellow for Bezymianny.

Source: KVERT.

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On August 23rd, 2022, the mayor of Lipari published a new ordinance defining access to the volcano of Stromboli (Sicily) which he manages administratively.
https://drive.google.com/file/d/16t_wRRQ2gwOtV0eJo4R_Vq4GYKA5KeL8/view
We can read in particular that access to the volcano is strictly forbidden to visitors above 290 meters above sea level and up to the summit.
Access is prohibited on the Ginostra side by the Punta Corvi trail above 130 meters and up to the summit.
Still on the Ginostra side, access can be done with the compulsory accompaniment of guides, from 130 m to 400 meters above sea level.
Anyone who would not respect these conditions of access will be fined 500 euros.
Guides who break the law will be revoked.
Source: Eolie News.

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On August 29th, 2022, an explosion at Dome 4 in Nevados de Chillán’s Nicanor Crater (Chile) produced a plume with a high tephra content that rose 2 km above the crater. The explosion also generated a pyroclastic flow that descended less than 500 m on the E and SE flanks. The Alert Level remains at Yellow. The public should stay at least 2 km away from the crater.

Source: SERNAGEOMIN.

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Thermal anomalies of variable intensities at Erta Ale’s N and S pit craters (Ethiopia) were periodically identified in satellite images during August 2022. On August 1st, there were two anomalies in the S pit crater and none in the N pit crater. On August 16th, two anomalies were again visible in the S pit crater while one large anomaly occupied the N crater. Clouds obscured views on the following days but an anomaly was still visible in the S pit crater.

Source: Sentinel Hub

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The eruption at Merapi (Indonesia) continues, with an intensifisation of seismicity by the end of August. The number of deep volcanic earthquakes increased and indicated magmatic activity at depths less than 1.5 km. Several lava avalanches travel down the Bebeng drainage on the SW flank, reaching a distance of 1.8 km. The height of the SW and central lava domes remains unchanged. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 3-7 km away from the summit based on location.

Source: BPPTKG.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Réchauffement climatique : le Pérou fait de la résistance // Global warming: Peru is resisting

Le réchauffement climatique affecte tous les pays du monde. J’ai écrit plusieurs notes (décembre 2017, mai 2018, juin 2020, par exemple) sur son impact dans les Andes en Amérique du Sud et plus particulièrement au Pérou où les glaciers fondent à une vitesse incroyable. Dans ce pays, la disparition des glaciers signifie qu’il n’y aura plus d’eau potable, plus d’électricité et plus d’irrigation pour les cultures. Du coup, les villageois seront obligés d’aller vivre en ville, notamment à Lima qui dépend aussi des glaciers des Andes pour son approvisionnement en eau.
Un article du Washington Post donne l’exemple d’un glacier péruvien près du Nevado Palcaraju qui a presque disparu. La hausse des températures a fait fondre la glace et donné naissance à un grand lac baptisé Laguna Palcacocha, retenu par une moraine fragile. À tout moment, une avalanche ou un effondrement de la montagne pourrait faire déborder l’eau de fonte par dessus ses berges. Près de 2 millions de mètres cubes d’eau dévaleraient le flanc de montagne et submergeraient la ville de Huaraz, où vivent quelque 120 000 personnes. Un système d’alerte précoce récemment installé au bord du lac est censé déclencher des sirènes dans toute la ville, donnant aux gens environ 20 minutes pour s’enfuir.
En 1941, une crue glaciaire de la Laguna Palcacocha a tué quelque 1 800 personnes – environ un tiers des habitants de Huaraz à l’époque. Les effets de la crue se sont fait sentir jusqu’à la côte, à 160 kilomètres de distance. Quelques années plus tard, une crue semblable au-dessus du site archéologique de Chavín de Huántar a tué 500 personnes. Une autre crue glaciaire a détruit une centrale hydroélectrique nouvellement construite. En 1970, un séisme a déstabilisé le glacier au pied de la plus haute montagne du Pérou, déclenchant une avalanche qui a englouti toute la ville de Yungay. Quelque 20 000 personnes ont été impactées. Seuls 400 habitants ont survécu.
Ces catastrophes ont incité le gouvernement péruvien à mettre en place une unité fédérale de glaciologie afin de surveiller les lacs glaciaires les plus dangereux du pays. On a creusé des canaux pour évacuer une partie de l’eau du lac Palcacocha et renforcé la moraine. Après des décennies sans autre crue meurtrière, le Pérou a dissous son unité fédérale de glaciologie et les responsabilités ont été transférées aux régions. À l’époque, peu de gens à Huaraz ont remarqué le changement. Ils croyaient que la Laguna Palcacocha était toujours sous contrôle. Ils pensaient qu’ils étaient en sécurité.
En 2009, des scientifiques qui travaillaient sur une nouvelle carte de la Laguna Palcacocha ont fait une découverte très inquiétante : depuis l’installation du système d’alerte, le lac avait augmenté son volume de 34 fois. Il était maintenant plus grand qu’avant la catastrophe de 1941. Bien que le système de vidange ait empêché le niveau de l’eau de monter trop haut, le recul du glacier avait permis au lac de s’étendre. Si une avalanche majeure se produisait, la moraine ne pourrait pas retenir le lac. Le président du Pérou a alors déclaré l’état d’urgence. Le gouvernement régional a fait installer plusieurs grandes buses pour évacuer le trop-plein d’eau et abaisser le niveau du lac. Des « gardiens » officiels ont été payés pour surveiller le lac 24 heures sur 24, et un système d’alerte précoce a été installé pour permettre l’évacuation des zones habitées en aval.
À partir de 2014, plusieurs habitants de la région, appuyés par des militants de l’association écologiste Germanwatch, ont décidé de faire de la résistance et ont intenté une action en justice contre la compagnie d’électricité allemande RWE qui tirait profit de la combustion de combustibles fossiles sans jamais rien donner en retour. Citant des études scientifiques qui établissent un lien entre la pollution des centrales électriques et le recul du glacier Palcaraju, les militants ont estimé que la compagnie d’électricité devrait participer au financement des mesures visant à prévenir une crue glaciaire catastrophique. Ils ont demandé à la compagnie de payer environ 20 000 dollars, soit environ 0,47 % du coût du projet de vidange du lac Palcacocha. Les avocats de la société ont rétorqué que toutes les opérations effectuées par RWE étaient légales et que le lien entre les émissions de gaz à effet de serre et l’impact climatique est trop complexe pour qu’une seule entité puisse être tenue responsable.
Après un premier rejet de la demande des militants par le tribunal allemand, l’appel a été couronné de succès et le tribunal s’est déplacé au Pérou pour recueillir des preuves sur le terrain, une première mondiale pour un procès autour du climat. Dans les prochains jours, des juges et des experts allemands parcourront les rues de Huaraz et pourront voir les maisons susceptibles d’être inondées. Ils monteront la route de Palcaraju et examineront le glacier

Si les juges sont convaincus par les affirmations des militants, cela ouvrira la porte aux procès climatiques. Un succès à Huaraz signifierait que les principaux pollueurs, où qu’ils se trouvent, peuvent être tenus pour responsables des conséquences de plus en plus désastreuses des émissions de gaz à effet de serre. Cela pourrait ouvrir la voie à de nouvelles poursuites judiciaires de la part de pays en voie de développement qui n’ont pas contribué au réchauffement climatique, mais qui en supportent les conséquences. Cela pourrait forcer les pays riches et les grandes entreprises à reconsidérer les risques liés à la dépendance aux combustibles fossiles et permettre à ceux qui sont en première ligne du réchauffement climatique de demander réparation. Le Pérou a contribué à moins de 0,4 % des émissions globales de gaz à effet de serre en 2019, mais il se trouve parmi les pays les plus exposés aux conséquences du réchauffement climatique.
Il faudra plusieurs mois avant que les experts nommés par le tribunal allemand achèvent leur évaluation de la menace qui pèse sur Huaraz. Les juges ne devraient pas se prononcer avant au moins 2023. Quel que soit le verdict, ce sera un succès pour les militants écologistes qui ont fait se déplacer les juges allemands pour leur montrer ce qui se passe réellement au Pérou : les risques liés au recul des glaciers, Comme l’a dit un Péruvien : « Ils ont les informations et les preuves pour comprendre le problème. Et peut-être qu’ils changeront d’avis. »

Depuis que les militants péruviens et le groupe allemand Germanwatch ont déposé leur plainte, plus de 2 000 autres procès en matière de climat ont été intentés contre des entreprises et des gouvernements dans le monde. Plus de la moitié ont abouti à des résultats positifs pour le climat. En 2021, un tribunal néerlandais a jugé que le géant pétrolier Shell devait augmenter considérablement ses engagements climatiques. L’État français a été reconnu coupable de ne pas avoir réussi à réduire les gaz à effet de serre et la Cour suprême allemande a décidé que le pays était constitutionnellement obligé de « faire sa part » pour éviter un réchauffement catastrophique.
Source : Le Washington Post via Yahoo Actualités.

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Global warming is affecting all countries of the world. I have written several posts (December 2017, May 2018, June 2020, for instance) about its impact in South America’s Andes and more particularly on Peru where glaciers are melting at an inredible speed. In this country, no more glaciers means no more drinking water, no more electricity and no more irrigation for the cultures. As a result, villagers will go and live in town, especially in Lima which also depends on the glaciers of the Andes for its water. supply

An article in The Washington Post gives the example of a Peruvian glacier close to Nevado Palcaraju which is almost gone, transformed by rising temperatures from solid ice into a large, unstable lake dubbed Palcacocha held back by a fragile moraine. At any moment, an avalanche or rockslide could cause the meltwater to surge over its banks. Nearly 2 million cubic meters of water would go crashing down the mountainside and deluge the city of Huaraz, where some 120,000 people are living. A newly installed early warning system at the lake is supposed to set off sirens around the city, giving people about 20 minutes to evacuate.

In 1941, a glacial lake outburst flood from Palcacocha killed an estimated 1,800 people – about one third of Huaraz’s residents at the time. The path of destruction extended all the way to the coast, 160 kilometers away. A few years later, a flood above the nearby archaeological site of Chavín de Huántar killed 500 people. Then another outburst wiped out a newly built hydroelectric station. In 1970, an earthquake destabilized the glacier on Peru’s tallest mountain, unleashing an avalanche that engulfed the entire city of Yungay. Some 20,000 people were buried. Just 400 residents survived.

The disasters incited Peru’s government to establish a federal glaciology unit that would monitor the country’s most dangerous glacial lakes. Workers dug drainage channels to empty some of the water from the Palcacocha lake and reinforcred the moraine. As decades passed without another deadly outburst, Peru disbanded its federal glaciology unit and responsibilities were shifted to the regional governments. At the time, few in Huaraz worried about the change. They believed that Palcacocha was already under control. They thought they were safe.

In 2009, scientists working on a new underwater map of Laguna Palcacocha made a terrifying discovery: Since the security system was first installed, the lake had swelled to 34 times its former volume. It was now even bigger than it had been before the 1941 disaster. Although the drainage system prevented the water level from rising too high, the glacier’s retreat allowed the lake to extend. If a major avalanche occurred, the dams would not be able to hold back the swollen lake. Peru’s president declared a state of emergency. The regional government built several large plastic pipes to siphon off extra water and lower the surface level. Official « guardians » were paid to live on the mountain and monitor the lake around-the-clock, and an early warning system was installed to enable evacuations of the communities below.

Starting in 2014, several local residents, together with activists from the environmental nonprofit Germanwatch, have waged a lawsuit against the German energy company RWE that has benefited from burning fossil fuels, but is not paying for the consequences. Citing scientific studies that link pollution from power plants to the retreat of the Palcaraju glacier, the activists argue that the energy giant should help pay for measures to prevent a catastrophic flood. They modestly asked the firm to pay roughly $20,000, about 0.47 percent of the cost of the Palcacocha drainage project. The company’s lawyers countered that all of its operations were legal, and that the link between greenhouse gas emissions and climate impacts is too complex for any single entity to be held responsible.

After the activists’ claim was first rejected by the German court, the appeal was successful and the court travelled to Peru to collect on-the-ground evidence, a global first for any climate case. In the next few days, German judges and technical experts will walk the streets of Huaraz and view the homes that could be inundated. They will ascend the road to Palcaraju and examine the glacier.

If the judges are convinced by the activists’ claims, it will mark a breakthrough in the burgeoning realm of climate litigation. Success in Huaraz would mean that major polluters anywhere may be liable for the increasingly disastrous consequences of greenhouse gas emissions. It could pave the way for more lawsuits from developing nations that did little to cause climate change, but are bearing the brunt of its impacts. It might force rich countries and giant corporations to reconsider the risks of relying on fossil fuels, and allow those on the front lines of global warming to seek restitution for what they have lost. Peru contributed less than 0.4 percent of the world’s greenhouse gas emissions in 2019, yet it consistently ranks among the nations at high risk from climate damages.

It will be many months before the court-appointed experts complete their assessment of the threat to Huaraz. The judges aren’t expected to make a ruling until at least 2023. Whatever the verdict, il will be a success for the activists who brought all the judges from abroad to show them what’s really happening in Peru : the risk of the glacier retreat, As one Peruvian said : « They have the information and the evidence to understand the problem. And maybe they will change their minds. »

Since the Peruvian activists and the German Germanwatch filed their claim, more than 2,000 other climate lawsuits have been launched against companies and governments around the world, More than half have led to positive outcomes for climate. In 2021, a Dutch court ruled that the oil giant Shell had to dramatically boost its climate commitments. The French state was convicted of failing to curb greenhouse gases and the German Supreme Court decided that the country was constitutionally obligated to « do its part » to avoid catastrophic warming.

Source: The Washington Post via Yahoo News.

La Laguna Palacacocha en 1939

La Laguna Palcacocha en 2002

(Source: Wikipedia)